Vieillissement de la population: exit!

Vieillissement de la population: exit!
Guy Badeaux

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim MacPherson, a sonné l’alarme au sujet de la diminution de familles d’accueil dans la province. Dans un rapport navrant de 60 pages, elle décrit un système en détérioration.

Une de ses conclusions se lit comme suit : «Le ministère ne gère pas efficacement le placement et les soins des enfants sous leur garde dans les foyers de groupe et les placements spécialisés.» La situation est importante, selon madame MacPherson, parce que «des soins inadéquats peuvent avoir des conséquences désastreuses, contribuant aux tentatives de suicide, aux dépendances, aux problèmes de santé mentale à long terme et à l’itinérance.»

Le rapport nous apprend que de plus en plus de très jeunes enfants sont placés dans des foyers de groupe, y compris des enfants de moins de cinq ans. Comment cela est-il possible? En fait, le nombre de familles d’accueil a diminué de 30 % depuis 2014. Une mère nourricière qui accueille des enfants depuis plus de 20 ans nous disait que la diminution est bien plus grande si on regarde sur une plus longue période.

Guy Badeaux

Le site web Le projet Voltaire définit cette expression ainsi : «Une personne qui tente de ménager la chèvre et le chou est … perçue comme cherchant à satisfaire des intérêts ou des protagonistes opposés…». C’est ce qu’a fait de main de maitre l’ombudsman de Radio-Canada, Guy Gendron, dans sa décision concernant l’émission spéciale de la soirée électorale du 21 octobre dernier.

Dès le lendemain de l’élection, Madame Aude Rahmani d’Ottawa logeait une plainte contre l’émission dénonçant, entre autres, «le parti pris éditorial québécocentriste». Elle écrivait : «Accent mis sur les résultats des circonscriptions québécoises en termes de nombre de vues et de temps d’antenne, et le traitement pauvre ou quasi inexistant des résultats des circonscriptions des autres provinces et territoires.» Elle affirmait qu’étant donné son statut national, Radio-Canada se devait «d’informer avec la même attention et le même respect les spectateurs francophones à la grandeur du pays sur tous les résultats et d’en faire une analyse province par province, territoire par territoire».

Avant de poursuivre, permettez-moi d’avouer que je n’ai pas regardé cette émission. J’ai compris il y a longtemps que, pour avoir une vision vraiment nationale, il faut écouter CBC. Lors de la soirée du 21 octobre, j’ai donc syntonisé CBC et j’ai, à quelques occasions, pitonné pour m’apercevoir que Radio-Canada me parlait encore du Québec. J’ai donc regardé les résultats en anglais. C’est malheureux, mais c’est ainsi.

La plainte de Madame Rahmani ayant été envoyée à la direction de l’information du diffuseur national, c’est un des directeurs du service de l’Information qui lui a répondu. Et comme de raison, il se dit fier de l’émission même si «tout n’était pas parfait». Il défend le québécocentrisme en expliquant que les changements électoraux causés par la remontée spectaculaire du Bloc Québécois nécessitaient une plus grande analyse.

Insatisfaite de ce blabla institutionnel, Madame Rahmani a demandé à l’ombudsman de Radio-Canada de réviser sa plainte.

Notre système de santé est malade. Les infrastructures qui devaient répondre aux besoins en santé de la population canadienne n’y parviennent plus. Les médecins le constatent tous les jours : les patients et les familles leur parlent de l’engorgement des hôpitaux, des longs délais d’attente et des difficultés d’accès aux soins appropriés.

Le moment est venu de changer le discours.

L’Association médicale canadienne (AMC) a entendu des résidentes et des résidents de toutes les régions du pays. Ils veulent un système de santé sur lequel ils peuvent compter aujourd’hui, et pourront compter demain. Non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs êtres chers. Et surtout pour leurs parents vieillissants. La solution passe par une hausse du financement accordé aux provinces et aux territoires.

Au cours de la campagne électorale fédérale, les soins de santé ont rapidement monté dans l’échelle de priorité des électeurs, et le gouvernement a réagi en s’engageant à investir dans les soins primaires, qui constituent l’épine dorsale de nos systèmes de santé. Maintenant, les premiers ministres des provinces et des territoires doivent s’unir et obliger le gouvernement fédéral à tenir parole, parce que pour avoir un système de santé très performant et accessible à tous, il nous faut d’abord un système de soins primaires robuste.

Ce qui enrage Greta Thunberg et qui nous interpelle tant par sa justesse, c’est qu’elle exige de nos gouvernements d’écouter les vérités scientifiques concernant le réchauffement climatique et d’agir en conséquence.

De façon similaire, c’est bien connu et répété sur de nombreuses tribunes que notre système économique, fondé sur l’idéologie capitaliste, n’est pas viable tel qu’il est conçu maintenant.

Éditorial

Quatorze jeunes femmes ont trouvé la mort dans leur salle de classe parce qu’elles étaient des femmes. Mais avec ce 30e anniversaire, la commémoration des évènements survenus à l’École polytechnique de Montréal prend place dans une société qui se veut plus égalitaire.

En 1989, c’était un tueur fou qui avait commis l’horreur. En 2019, c’est un acte antiféministe contre une nation qui pensait avoir bien avancé sur l’égalité des sexes.

Ne pas se reposer sur ses lauriers… C’est pour cela qu’il est important de commémorer et de réactualiser l’histoire à la lumière de notre évolution. Le temps fait comprendre des choses, mais en fait oublier également.

Guy Badeaux

«Maman…» Deux syllabes, deux phonèmes, le mot français le plus facile à prononcer, le premier appel parlé d’un jeune enfant à sa mère. C’est comme une seconde naissance : celle du bébé d’abord puis celle du francophone. Ce mot, c’est la jeune pousse fragile qui sort de terre après les semailles. En milieu fertile, elle trouvera le soleil et grandira sans césure pour devenir un beau tournesol. Dans le cas contraire, elle cherchera en vain la lumière.

C’est contre cette issue fatale que l’on doit protéger ce francophone naissant, en évitant la cassure qui brisera sa croissance. Ce n’est pas facile quand on est minoritaires.

Il faut aller plus loin que la Charte des droits et libertés qui ne porte que sur l’enseignement en français. L’enfant a six ans quand il ouvre son premier étui à crayon et découvre le tableau noir. Entre le berceau et l’école, le chérubin aura rencontré sa voisine Judy ou son voisin Trevor à la garderie ou ailleurs. Il aura emprunté leurs mots comme il empruntait ceux de ses parents depuis ses premiers balbutiements. Le milieu ne lui aurait pas apporté cette force nécessaire à la vie. Petit à petit, la confusion va s’installer dans son esprit. Son sentiment identitaire va accuser le choc. L’insécurité finira par gruger sa confiance.

Une initiative toute récente vise à lever cet écueil. La Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) vient d’annoncer un ensemble de projets de développement de la petite enfance et de services de garde en français dans les communautés minoritaires. Oui, c’est là qu’il faut commencer.

Lettre ouverte

Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

Monsieur le Ministre,


Permettez-nous de vous féliciter pour votre nomination au poste de ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile et pour vous offrir notre appui au moment où vous vous apprêtez à réaliser les promesses électorales reliées au contrôle des armes à feu. Nous sommes très optimistes quant à la réalisation de ces promesses au cours du prochain mandat libéral compte tenu de l’appui explicite de trois partis d’opposition (NPD, Bloc Québécois et Parti Vert) en faveur de plusieurs des mesures proposées, notamment l’interdiction des armes d’assaut.

C’est dans l’esprit de ces promesses que nous vous demandons aujourd’hui de mettre en œuvre un moratoire immédiat sur la vente des armes d’assaut, ainsi qu’une interdiction permanente sur l’importation et la fabrication des armes de poing.

Comme vous le savez, les crimes et les actes de violence commis à l'aide d'armes à feu sont en augmentation et requièrent des solutions urgentes. D’après Statistique Canada, le nombre d’homicides par armes à feu a augmenté pour une quatrième année consécutive, ayant plus que doublé entre 2013 et 2017 (de 131 à 266) avec le taux actuel représentant «le plus élevé observé au Canada depuis 1992». Notons que cette recrudescence suit de près le démantèlement de mesures de contrôle majeures entrepris à partir de 2012 par le précédent gouvernement Harper.

Guy Badeaux

Guy Badeaux

Deux visions de la Francophonie se côtoient. L’une évoque l’avenir d’un Québec en évolution à côté des minorités en perdition. L’autre croit toujours en la force d’un français épanoui partout au Canada.

On a beaucoup entendu parler de la première ces dernières semaines. C’est celle de Denise Bombardier. L’autre provient de Sonia LeBel, ministre québécoise responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne. Elle l’a exposée à Winnipeg, bien loin du plateau de Tout le monde en parle, au congrès annuel de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF), au moment même où le documentaire Denise au pays des Francos semait l’émoi.

«Il y a un éveil fragile, une brèche au Québec», a-t-elle dit aux membres de la FNCSF. «Mon travail c’est de l’agrandir. Je suis convaincue qu’une francophonie canadienne forte va servir autant au Québec pour agrandir ses horizons.»

On est loin de la pensée souverainiste. Au soir de la défaite référendaire de 1995, Jacques Parizeau avait invité les Québécois à cesser de s’appeler «francophones». Ceci faisait d’eux une classe à part dont le lien avec la francophonie canadienne était fort ténu.

Loin aussi de la vision de René Lévesque.

Je l’ai rencontré dans une librairie de Charlottetown à l’Ile-du-Prince-Édouard. Il présentait la version anglaise de sa biographie publiée en 1986. Je lui avais demandé ce qu’il pensait de ce concept qui veut que le nord du Nouveau-Brunswick et l’est de l’Ontario agissent comme coussin protecteur de la francité québécoise.

Sa réponse fut immédiate. C’était plutôt le contraire, avait-il répondu. C’est le Québec qui à ses yeux était protecteur de ces minorités.

La vérité est peut-être entre les deux.

Le « Printemps érable », les « carrés rouges », ça vous rappelle quelque chose ? C'était en 2012, inoubliable printemps de grèves étudiantes contre la hausse des frais de scolarité. Je me souviens d'avoir été portée par une immense espérance devant ces milliers de jeunes défilant dans les rues du Québec, impressionnée par le discours et la manière de faire de leurs porte-paroles. À l'instar de beaucoup de citoyens de tous âges, j'ai arboré le carré rouge des étudiants. Leur mobilisation m’a redonné confiance en l'avenir.

C'est ce que j'ai ressenti quand j'ai découvert Greta Thunberg. De l'espoir. Tout le monde connaît désormais la jeune activiste environnementale suédoise. Celle qu'on a appelée «la Jeanne d'Arc de l'environnement» porte sa cause sur toutes les tribunes et inspire des millions de jeunes (et moins jeunes). Il y avait longtemps que scientifiques et autres gens concernés parlaient des changements climatiques. Greta Thunberg les a propulsés à l’avant-scène.

Guy Badeaux

Commencer une nouvelle chronique qui paraitra dans plusieurs médias est un peu énervant. On se demande quel style adopter, un ton enjoué ou « deadpan » sérieux, une accumulation de faits ou plutôt une analyse mêlée d’opinions? On se questionne aussi sur le sujet. Quelle question intéressera des lecteurs de partout au pays? Peut-on trouver un angle national à la hausse d’impôts fonciers à Saskatoon ou la réfection des routes à Sudbury? L’élection de gouvernements conservateurs purs et durs au Nouveau-Brunswick et en Ontario pourrait-elle avoir une incidence sur les Franco-Manitobains? Voilà des questions que je tenterai de démêler dans les prochains mois.

Devant ces dilemmes, j’ai donc choisi de parler d’un sujet qui devrait intéresser tous les Canadiens, soit le sommet de notre pyramide politique, le Sénat.

La semaine dernière, onze sénateurs annonçaient la création d’une nouvelle formation, le Groupe des sénateurs canadiens (GSC) au sein de la Chambre haute. On retrouve dans ce groupe des sénateurs conservateurs, libéraux et même quelques indépendants. Le leader par intérim du nouveau groupe, l’honorable Scott Tannas, affirmait en entrevue à Radio-Canada : «Nous avons été créés pour protéger les régions du pays et les minorités». Là-dessus, le conservateur albertain a bien raison. C’est pourquoi les provinces ont un nombre prédéterminé de sénateurs. On comprend aussi pourquoi M. Tannas serait préoccupé par le fait que sa province n’ait, depuis la dernière élection, aucun député élu du côté du gouvernement libéral. Et qu’il se pose en porte-parole de l’Alberta. Mais on pourrait aussi voir dans la création de ce nouveau groupe plus une occasion de bien paraitre que de service au pays.

Environnement

Nous lui devons la vie, nos saisons, le beau surnom de Louis XIV et même les aurores polaires. Merci ô grande étoile. Laisse-nous graviter encore un peu près de toi pour profiter de ta superbe. Soleil, ce n’est pas pour le tube de Lara Fabian et ces quelques brûlures chaque été que nous ne cesserons de t’aimer.

Tu es une force de la nature, il se passe chez toi plus d’évènements violents que dans n’importe quel match de la NFL. Une boule de gaz d’hydrogène tellement dense et chaude que tu ferais fondre n’importe qui. À ton cœur, sous 15 millions de degrés, tu es capable de rapprocher et faire fusionner quatre noyaux d’hydrogène en un d’hélium plus léger.

Éditorial

Peu importe les raisons, des gens de partout au monde émigrent vers d’autres cieux : certains pour fuir, d’autres pour chercher et enfin d’autres pour trouver. Une vie meilleure, peut-être, mais certainement, une vie différente.

Le phénomène de l’immigration n’est pas nouveau. Ce qui est cependant relativement nouveau, c’est la course aux immigrants, en particulier ceux qui ont des compétences précises recherchées dans des domaines jugés prioritaires, où il y a des pénuries.

Guy Badeaux

J’ai discuté récemment avec une enseignante à la retraite au sujet du documentaire de Denise Bombardier sur la francophonie canadienne. Je vais taire son nom pour la bonne raison que son cœur s’est toujours ouvert aux bouts de chou qui ont peuplé ses classes plutôt qu’aux controverses médiatisées.

Un court passage l’a bouleversée. C’est celui où Denise au pays des Francos reprend un jeune Franco-Ontarien qui venait d’employer le verbe «supporter» dans le sens d’«appuyer». Anglicisme. Ô sacrilège! Pris en flagrant délit d’inconduite linguistique…

Cette ex-enseignante acadienne m’a fait comprendre en peu de mots que la langue parlée n’est pas qu’affaire de dictionnaire. Elle a à voir avec l’estime de soi et l’expression de sa personne.

«C’est blessant pour ce jeune, dit-elle. Aura-t-il le gout de parler français s’il se fait humilier?»

Jeanne-Mance (nom fictif) parle un français tout à fait correct. Elle est fière de sa langue et heureuse de la transmettre. À l’écouter, on perçoit son idéal, celui d’une langue parlée qui serait un cocon confortable. On y vivrait avec sa famille et ses amis dans des mots nés du cœur plutôt que copiés des grands dictionnaires. 

Faut-il toujours parler lexique en poche? Répondre oui à cette question priverait la langue française de tous ses accents et de ses couleurs locales. Impensable et inconcevable.

«Votre langue n’est pas la mienne», dit Denise Bombardier à l’intention des francophones minoritaires. Or, des années passées en France, au Québec, en Acadie, en Saskatchewan et en Ontario m’ont fait entendre bien des sons français qui ne sont pas les siens, ni les miens, ni les vôtres probablement. Mais ils sont nôtres. C’est ce qui compte. Et bien sûr, dans toutes ses «parlures», on entend des fautes.

Guy Badeaux

Quand une personnalité francophone rend l’âme au Nouveau-Brunswick, il est de mise de déclarer qu’il s’agit d’une lourde perte pour l’Acadie. Peu de gens méritent autant que l’on dise cela à propos d’eux que Robert Pichette.

Robert Pichette est décédé le 24 octobre. Il était âgé de 83 ans. Son héritage est immense. Il est l’un de ceux qui ont contribué à sortir le Nouveau-Brunswick du Moyen-Âge, où la province a été enfermée jusque dans les années 1960.

Élections fédérales

157 libéraux, 121 conservateurs, 32 bloquistes, 24 néodémocrates, 3 verts, 1 indépendante. La carte politique canadienne redessinée par les élections fédérales du 21 octobre peut laisser croire que le Canada est plus divisé que jamais :

– Le gouvernement libéral de Justin Trudeau est reconduit, mais minoritaire et quasiment absent des trois provinces des Prairies qui ont voté massivement conservateur.

– Les conservateurs ont plafonné en Ontario à cause de l’impopularité du gouvernement provincial de Doug Ford, et dans le reste du pays à cause du déficit de charisme d’Andrew Scheer et de sa campagne hors focus.

– Au cours du prochain mandat, les libéraux auront régulièrement besoin de l’appui du NPD de Jagmeet Singh, lui aussi affaibli, qui a presque tout perdu au Québec.

– Le Bloc québécois séparatiste, qu’on croyait moribond, est de retour en force, grâce à un chef dynamique et éloquent.

Le premier ministre Dennis King a rendu publiques les lettres de mandat destinées aux ministres des dix ministères qu’il a créés lors de son assermentation en mai dernier. Ces lettres de mandat énoncent de façon très explicite les priorités de chaque ministère et vont jusqu’à détailler avec lesquels de ses collègues chaque ministre devra collaborer, pour la mise en œuvre desdites priorités. Étant donné la précision de toutes ces instructions à chaque ministre, il faut considérer la possibilité que ce qui ne s’y trouve pas ait été omis intentionnellement, parce que ça ne fait pas partie des priorités.

Le français, invisible

Les grands absents qui ne sont mentionnés nulle part dans les lettres de mandats sont les services en français. Dans les instructions pourtant très précises, aucun ministre n’est invité à collaborer avec le ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones (le premier ministre) sur des dossiers pourtant prioritaires de la collectivité de langue française, ni en éducation, ni en santé, ni dans la mise en place de nouvelles initiatives. 

Si les lettres de mandats étaient de simples énoncés vagues et généraux, il n’y aurait pas matière à s’inquiéter, mais comme les directives sont très précises, il y a de quoi s’interroger. 

Guy Badeaux

Les communautés francophones peuvent espérer que les initiatives amorcées à leur intention depuis 2015 vont continuer. Le souvenir des années Harper avait momentanément assombri leur ciel pendant la campagne électorale. La montée au pouvoir des descendants de ce gouvernement guère ouvert aux langues officielles était envisageable. Cette crainte est désormais effacée pour au moins quelques années.

Tout compte fait, la mosaïque politique de 2019 ressemble à celle de 2015; rouge plus que bleue dans l’Est du pays avec des libéraux là où les francophones sont assez nombreux pour désigner le vainqueur.

Cela dit, la teinte orange des néodémocrates va faire tache d’huile aux Communes. Minoritaires, les troupes de Justin Trudeau seront obligées de compter sur le NPD pour gouverner.

Somme toute, le dernier gouvernement avait donné une belle poussée aux langues officielles depuis 2015. Consultations pancanadiennes, engagements en éducation et en immigration, annonce de la modernisation de la Loi sur les langues officielles meublent une feuille de route acceptable. Toutefois, le travail reste à faire.

Les cibles en immigration francophone ne sont pas atteintes, les écoles attendent les nouveaux crédits et la nouvelle Loi sur les langues officielles est toujours à l’étude. Bref, on est loin de l’idéal d’égalité exprimé dans la Charte des droits et libertés et qui alimente les rêves des minorités.

L’égalité est un bel idéal à défendre dans toute société. La constitution canadienne en a fait une fibre du tissu social canadien en matière de bilinguisme. N’empêche que cet idéal ne s’est jamais hissé au rang des grands dossiers débattus pendant cette dernière campagne. 

Créditons toutefois au chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, d’en être préoccupé. Il s’est rendu en Ontario pour rencontrer des Franco-Ontariens pendant la campagne, et a pris la défense des minorités francophones devant ses partisans après avoir remporté son siège aux Communes.

Pour le reste, force nous est de constater que le Canada bilingue n’est pas de ces idées que l’on crie haut et fort pour gagner des votes. Cette vision ne fait jamais l’objet des slogans criés et chantés dans les grands rassemblements-spectacles chers aux stratèges et organisateurs de campagne.

Cela dit, la balance du pouvoir est aux mains d’un parti ouvert aux minorités, ouvert aussi à l’intervention de l’état dans l’évolution de la société en général. 

La participation récente à Tout le monde en parle de trois jeunes femmes engagées dans l’affirmation de leur identité francophone en milieu minoritaire, en Ontario et au Manitoba, a mis en lumière la vitalité de leurs communautés et la nécessité d’une solidarité accrue entre francophones des Amériques afin de relever les défis auxquels ils sont confrontés.

En effet, quelle que soit la communauté d’appartenance des 33 millions de francophones et francophiles des Amériques, la plupart d’entre eux partage collectivement une réalité, soit celle de vivre en situation minoritaire par rapport à l’ensemble de la population du continent. Les enjeux démographiques associés à cette réalité rendent encore plus nécessaire d’affirmer ensemble notre identité linguistique partagée, dans chacune de ses incarnations.

Le Centre de la francophonie des Amériques (Centre), créé en 2008 par la volonté du Gouvernement du Québec, a précisément pour mission de contribuer à la promotion et à la mise en valeur d’une francophonie plurielle et inclusive, porteuse d’avenir pour la langue française. Par ses actions, le Centre favorise l’interaction entre les différentes communautés francophones du territoire. Sa vision est celle d’une francophonie en mouvement et solidaire, dont les liens durables stimulent les échanges et les actions concertées dans le respect de la riche diversité des communautés qui la composent et l’animent.

Le Centre compte aujourd’hui plus de 47 000 membres répartis sur l’ensemble des Amériques et il travaille avec de nombreux partenaires afin d’élargir l’espace francophone et de multiplier les liens entre les communautés. Ces liens de solidarité sont essentiels, ils se tissent dorénavant par-delà les distances en raison des nouvelles technologies et de la mobilisation des acteurs. Les 15 membres de notre conseil d’administration reflètent la diversité de cette francophonie trop méconnue mais si vivante. Ils sont de l’Ouest canadien, d’Haïti, d’Acadie, du Brésil, de Louisiane, de l’Ontario et du Québec.

La vision du Centre s’incarne d’abord et avant tout par les nombreux programmes et activités qu’il soutient. Par ses initiatives, le Centre met en valeur la créativité, l’innovation et la solidarité entre francophones et francophiles. Le Parlement francophone des jeunes des Amériques, le Forum des jeunes ambassadeurs francophones des Amériques, l’Université d’été sur la francophonie des Amériques, la Bibliothèque des Amériques, le concours Slame tes accents et le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique sont quelques exemples et autant d’occasions de rencontres et d’échanges visant à promouvoir une francophonie inclusive et solidaire.

Nous croyons qu’il nous faut répondre positivement à l’appel au dialogue et à la solidarité lancé par les Franco-Ontariennes Stéphanie Chouinard et Caroline Gélineault ainsi que la Franco-Manitobaine Chloé Freynet-Gagné lors de l’émission Tout le monde en parle. Le Centre s’y engage concrètement et invite toutes celles et tous ceux qui ont le français à cœur à se joindre à lui.


Ce qui s’annonçait être une autre course à deux, entre conservateurs et libéraux, pour les élections fédérales est en train de se transformer.

Au Québec, le Bloc québécois prend de plus en plus de place. Dans d’autres parties du Canada, c’est le Nouveau Parti démocratique, et son chef Jagmeet Singh, qui a gagné en sympathisants au cours des derniers jours. Les plus récents sondages indiquent un gain de 13 % d’intention de vote pour le NPD par rapport au début de la campagne.

Cette tendance est certainement le résultat d’une multitude de facteurs influencés par les performances de tous les partis, mais regardons-en deux.

Guy Badeaux
Enjeux électoraux

Aux détracteurs de l’engagement citoyen chez les plus jeunes, la présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne française demande : quand avez-vous pour la dernière fois engagé la discussion avec une personne de moins de 25 ans?

Sue Duguay, présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne française (FJCF)

J’entends souvent dire que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique. Pour certaines personnes, ce désengagement peut être démontré en étudiant le taux de participation des jeunes électeurs qui est inférieur à celui de la moyenne nationale.

À tous les détracteurs de l’engagement citoyen chez les plus jeunes générations, je demande : quand avez-vous pour la dernière fois engagé la discussion avec une personne de moins de 25 ans?

Je côtoie des jeunes engagés au quotidien et je sais qu’ils ont de grandes aspirations pour leur pays. Je ne suis d’ailleurs pas la seule à le penser!

Le lundi 14 octobre, nous fêtons l’Action de grâce! Petit rappel à ceux qui ont le sommeil lourd en cours d’histoire.

Pourquoi dire merci? Il est primordial de dire merci quand on vous offre un jour chômé et si cela ne tenait qu’à moi, des Thanksgiving il y en aurait une décalogie.

L’Action de grâce trouve ses origines dans les fêtes de la moisson célébrées dans les sociétés paysannes européennes. Agenouillé sur l’île de Baffin en 1578, la tête tournée vers le ciel pour remercier Dieu d’être toujours en vie après un périple usant, Martin Frobisher ne se doutait pas qu’il serait à l’origine de la première Action de grâce. En 1879, le parlement du Canada a fait de cette date une journée fériée et cela fait maintenant 62 ans que nous la célébrons le 2e lundi d’octobre.

À cette occasion, bien souvent dinde farcie et purée de patate douce viennent combler de bonheur nos papilles en reste par rapport à notre esprit déjà gâté d’être tous réunis autour d’une même table.

C’est en revenant de chez mes amis l’année dernière, gonflé comme les pneus de ma Dodge, que je me suis mis à penser à toute cette nourriture. Le lait de poule aromatisé au rhum aidant, il en va sans dire! Je me revoyais deux heures auparavant acquiescer pour la troisième fois à cette question : «Tu reprendras bien encore un peu de dinde, Arthur?» C’est arrivé au moment des aurevoir et en m’y reprenant à plusieurs fois pour m’extraire du canapé que mon esprit s’est éveillé, le corps étant déjà entré en gestation.

Lire la chronique dans son intégralité sur le site du journal L'Eau vive