Ralentir

L’Aurore boréale, Yk.

«Dépêche-toi de mettre tes chaussures, viens vite, on va être en retard. Finis vite ton déjeuner, quoi? Tu n’as pas encore brossé tes dents?» J’ai réalisé récemment (oui, réalisé! Il me semble que je n’en avais jamais pris conscience) que ma fille de six ans n’avait aucune idée de ce que voulait dire «se presser». Grand bien lui fasse! Car ces phrases-là, c’est pendant nos vacances que je me suis entendue les dire…

Ah! Cette culture d’être tout le temps pressé…

Structure de performance, culture de la productivité à tout prix… Pour beaucoup d’entre nous, la suractivité permanente est devenue un mode de vie. «Cette “surchauffe permanente” est souvent valorisante», observe le Dr Dominique Servant, psychiatre, responsable de l’unité spécialisée sur le stress et l’anxiété au CHU de Lille, cité dans un article du journal Le Figaro (lefigaro.fr). Dans notre société, être débordé est souvent vu une comme une réussite. C’est même parfois valorisant.

Mais que donnons-nous comme exemple à nos enfants en étant sans cesse à la course? Dans un monde où des jeunes d’une quinzaine d’années connaissent déjà des diagnostics de surmenage, il est intéressant de se demander quel sera l’avenir d’une telle culture. Sommes-nous réellement plus productifs pour autant?

Avec nos téléphones intelligents qui nous permettent d’être joignables partout et en tout temps, difficile parfois de décrocher. Nous partons en vacances avec une liste de suivis à faire, courriels à répondre, urgences à gérer… Les collaborateurs ou les clients ne semblent plus avoir conscience des horaires de travail : en arrivant chez un mécanicien à 21 h le soir sans rendez-vous ou en téléphonant la fin de semaine pour un sujet professionnel. Les limites de temps et surtout de «temps personnel» sont désormais floues.

Nous courons trop souvent après le temps, pour faire toujours plus, toujours plus vite et surtout, faire toujours quelque chose, tout le temps. Au-delà du contexte professionnel, nous nous engageons sans cesse dans plus de projets. Moi-même, j’avoue avoir inscrit mes enfants à des activités parascolaires plus que de raison, sous prétexte qu’ils en avaient envie. Loin de moi l’idée que cela pourrait être trop (pour eux comme pour moi), et surtout, qu’en les habituant à en faire toujours plus, je leur envoyais le message que ce qu’ils font de 8 h 35 à 15 h 15 n’est «pas assez». Pas assez pour quoi? Pour eux, pour moi, pour la société, pour leur avenir?

Catherine Forest, blogueuse nomade (roaditup.com), a proposé récemment sur sa page de média social de «commencer la révolution Anti-busy». Est-ce cela la vraie révolution de notre société : ralentir? Est-il possible de vivre nos vies en travaillant moins? De réussir à combiner nos attentes face à la vie tout en réduisant nos moyens de subsistance? Existe-t-il un système dans lequel nous pourrions tout simplement être moins rushés? La performance passe-t-elle forcément par l’occupation continue?

Autant de questions que je laisse en suspens. Je pense qu’il est bon de décrocher, de ralentir un peu. Une fois de temps en temps, il est bon de rappeler à ses collaborateurs «que la plupart des choses pourront attendre», de laisser notre enfant finir son assiette tranquillement… Même si cela implique que nous aurons quelques minutes de retard au cours de natation!

Allez, je vous laisse méditer là-dessus. Asseyez-vous donc confortablement pour lire le journal. Une petite pause lecture, ça fait toujours le plus grand bien!


« Travailler plus, gagner plus : vous aurez moins de temps. Le temps, c’est de l’argent ; vous aurezmoins d’argent! »
Extrait de la chanson J’aime pas travailler de Zoufris Maracas.

Steve Rohard
COVID-19

FRANCOPRESSE – La crise actuelle de la COVID-19 nous force à faire des choses auxquelles nous ne sommes pas habitués : rester chez nous, travailler à distance, maintenir une distance entre nous, etc. En fait, elle nous fait mettre de côté plusieurs aspects plus frivoles de nos vies pour réfléchir à ce qui est vraiment important. Nous délaissons les sorties, les fêtes et les voyages au profit de l’hygiène, la cuisine, la famille. Mais cette crise devrait aussi nous faire réfléchir à «l’après».

Personne ne peut prédire combien de temps cette crise va durer. Certains parlent de mois, d’autres affirment que nous n’en sortirons que dans un an. Quoi qu’il en soit, il y aura un après. La grande question : à quoi ressemblera cet après?

Certains y réfléchissent déjà. On peut trouver certaines pistes dans les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux, même si ce n’est pas sur ces derniers qu’on trouve habituellement des perles de sagesse. À l’heure actuelle, les réflexions sur l’après se divisent entre optimisme et pessimisme.

Plusieurs chroniqueurs, analystes, chercheurs et autres penseurs croient que l’actuel arrêt forcé devrait nous permettre de planifier notre avenir autrement. On examine entre autres l’égocentrisme de notre culture sociale actuelle, qui place l’individu au centre de tout au détriment du bienêtre collectif. Certains croient qu’il est temps de penser à une vie collective plus harmonieuse.

COVID-19

MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – Les temps difficiles peuvent faire surgir ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de pire chez les êtres humains que nous sommes. La pandémie de la COVID-19 en est la preuve irréfutable, si on en avait besoin.

En Chine, un jeune médecin de 34 ans de Wuhan a utilisé les médias sociaux afin d’alerter les autorités de son pays du danger de cette pneumonie virale sévère. Il a été atteint du virus lui-même et en a perdu la vie, mais pas avant avoir été arrêté par la police pour avoir «répandu des rumeurs». Si seulement il avait été écouté.

En Italie, un des pays les plus touchés par la pandémie, un pourcentage important des malades sont des professionnels de la santé. Là et partout dans le monde, des milliers de médecins et d’infirmiers, hommes et femmes, sortent de leur retraite pour venir prêter main-forte.

À travers le Canada, d’innombrables travailleurs ont perdu leur emploi et vivent des moments de grandes incertitudes. La grande majorité de nos concitoyens vivent des journées interminables en isolement. Pour réduire autant que possible les sorties des gens vulnérables, le village de Cap-Pelé vient de mettre en place un service de livraison à domicile gratuit et efficace.

Consultez le site du Moniteur acadien

Guy Badeaux
COVID-19

L’EXPRESS – Il est généralement difficile de discerner les opportunités qui émergent d’une crise – qu’elle soit locale, nationale ou même mondiale. La raison se trouve enracinée dans le fait que la crise ne vient généralement pas seule. Elle est toujours accompagnée d’une incertitude, d’un manque d’information qui nous pousse souvent à spéculer sur les effets négatifs qui en découleront.

Informations erronées

Après avoir collecté un maximum d’informations erronées, cet état d’incertitude laisse place à une prétention insensée de croire que nous comprenons parfaitement les tenants et les aboutissants de cette crise.

La crise de la COVID-19 ne fait pas exception, surtout lorsqu’on voit le mouvement de panique artificielle dans certains pays.

D’après plusieurs sondages, il semble que la majorité des personnes interrogées vont chercher leurs informations relatives aux effets du virus sur les réseaux sociaux, internet, la télévision… mais pas auprès de leur médecin. Je vous laisse juger de la situation. C’est comme si nous cherchions nos clés égarées seulement là où il y a de la lumière.

Éditorial

L’AURORE BORÉALE (Yukon) – Tandis que le Yukon vit une extrême déception, à la fois sportive, communautaire et économique, tandis que les maux de tête montent (à cause des médias sociaux plus que de la fièvre), il se passe dans le monde un truc complètement malade : un pas vers un changement de paradigme. En cette période de montée de la peur, si c’était plutôt l’optimisme que nous rendions viral?

Sans remettre en cause le caractère exponentiellement épidémique du virus aux consonances éthyliques, j’aimerais attirer votre attention au-delà des boites de mouchoirs. Oui, au premier plan, il y a cette incompréhension générale. Et, qui dit incompréhension dit «inquiétude». C’est bien humain. Difficile de comprendre pourquoi ce virus nécessite qu’un pays mette ses six millions d’habitants en quarantaine tandis qu’on nous informe par ailleurs de rester calme. Mais vu mon illettrisme médical avoué, je préfère regarder au-delà. Comme quand on regarde en louchant un peu un de ces tableaux d’art abstrait qui font ressortir une image en 3D, vous voyez?

Le Canard enchainé, hebdo français satirique, note avec justesse que ce virus aura tout de même quelques effets secondaires positifs et invite à la réflexion : moins de déplacements, c’est bon pour l’environnement ; prise de conscience de l’origine de nos biens de consommation, c’est bon pour la production locale… En gros, il s’agit de réfléchir à nos priorités. Et on notera (sans grande surprise) que pour certains, la priorité se sera portée sur le confort du popotin…

Chronique

Vous penserez certainement que je fais une fixation sur Radio-Canada/CBC mais non. En fait, j’ai plein d’autres intérêts, mais quelques fois il faut bien rapporter certains développements dans l’actualité qui autrement passeraient inaperçus. En voici un qui cette fois met en scène le réseau anglais de Radio-Canada. Si j’en parle, ce n’est pas juste pour écorcher CBC, mais c’est plutôt pour démontrer la méconnaissance et l’insouciance de nos médias anglais envers les Francos hors Québec.

L’histoire remonte à l’émission «Cross-country Checkup» du 2 février dernier. Cette émission de type ligne ouverte demandait à ses auditeurs, «Croyez-vous que le premier ministre devrait être bilingue?». Avant de continuer, permettez-moi de dévoiler immédiatement que la majorité des répondants téléphoniques ont dit «oui». Ouf!

Mais revenons à la controverse. Histoire d’étoffer le débat, les producteurs avaient réuni quelques personnes connues pour leur intérêt envers les langues officielles. Entre autres, la professeure au Collège militaire royal de Kingston et à l’Université Queens, Stéphanie Chouinard (rappelez-vous son passage remarqué avec la brochette de Franco-Ontariennes à l’émission «Tout le monde en parle»), ainsi que Gordon Miller, le porte-parole du mal-nommé groupe anti-bilinguisme Canadians for Language Fairness (CLF).

Mme Chouinard n’a pas apprécié de devoir, sans préavis de la part des producteurs de l’émission, affronter une personne reconnue pour ses sentiments anti-francophones. Dès la fin de l’émission, elle envoyait un courriel bien senti au réalisateur Richard Goddard. Elle y affirme que la CBC a contrevenu à son propre code de déontologie en journalisme (Journalistic Standards and Practices) en invitant le représentant d’un groupe extrémiste qui mélange langue et religion pour s’en prendre aux francophones. Elle y fait référence à plusieurs publications sans fondement publiées sur le site web de CLF et rappelle qu’elle a d’ailleurs dû corriger Miller qui avait affirmé pendant l’émission que 70 % des employés fédéraux sont des francophones du Québec. En fait, seulement 43 % des fonctionnaires fédéraux sont bilingues. Mme Chouinard affirme aussi que l’émission aurait pu trouver des opposants au bilinguisme sans racler le fond du baril (mes mots, pas les siens). En lisant son message, je n’ai pu que la féliciter.

Chronique

LE SAINT-JEANNOIS (Nouveau-Brunswick) – Une couverture piquée au pied d’un lit ou d’un dossier de chaise : l’image évoque chaleur et tranquillité. Bien qu’on ait tendance à penser que ces couvertures remontent au temps de nos grands-parents, en réalité elles sont nées environ 3400 ans avant notre ère, en Égypte. Culicita, le mot latin désignant une couverture piquée, fut introduit en Europe par les Chevaliers templiers lors de leurs croisades. La France abrégea le mot culcita à cuilte, puis les Anglais le traduisirent à quilt.

De nos jours, la plupart des couvertures piquées sont faites au moulin et non à la main. Cependant, il existe encore quelques puristes, telles que Charlotte (Despres) Goguen de Rogersville, qui ne peuvent s’amener à piquer autrement qu’à la main. D’où lui vient cette passion? Elle en est incertaine. Lorsqu’elle était jeune, dit-elle, sa meilleure amie s’intéressait à la couture et au brochage. Sa grand-mère paternelle, Elmina (Mina) Despres avait gagné divers prix de mérite et était reconnue pour ses couvertures.

Puis, elle a pris l’habitude de mettre de côté les chemises usagées de son mari, avec l’idée d’en faire bon usage un jour.

L’idée d’en faire une couverture lui venue plus tard. Avec quelques directives de sa belle-mère et autres, elle s’est mise au travail, passant l’hiver 1998-1999 assise auprès de son rack à couvarte dans sa maison en bois rond, piquant et écoutant la télévision ainsi que la radio. Curieuse, elle a compté 52 560 points de couture, 8 points pour chaque pouce. Longue et répétitive, cette confection est devenue un mode de méditation.

Passionnée, elle en fit une deuxième.

Guy Badeaux
Chronique

L’EXPRESS (Ontario) – La Colombie-Britannique a violé le droit constitutionnel à l’instruction dans la langue de la minorité en sous-finançant son système éducatif de langue française.

La Cour suprême du Canada (CSC) a entendu cette cause le 26 septembre dernier au Palais de justice de Winnipeg, première ville à accueillir des audiences de la Cour suprême du Canada à l’extérieur d’Ottawa. Une décision est attendue au cours des prochaines semaines.

Éditorial

AURORE BORÉALE (Yukon) — Sous ses apparats grandioses et éloquents, le français laisse dépasser le jupon de son sexisme. Exit les Beauvoir, Sand ou Veil, c’est la langue de Molière! Encore aujourd’hui, les échos de son idéologie patriarcale et archaïque résonnent dans les salles de classe et de rédaction francophones.

Son mantra d’oppression fétiche, imaginé à une époque révolue (au XVIIe siècle quand même!), mais toujours répété à ce jour, impose la notion pernicieuse d’un sexe supérieur. En effet, le masculin ne l’emporte-t-il pas sur le féminin? Comment espérer un changement social si notre propre langue nous l’empêche?

Chronique

Deux évènements, un personnel et l’autre sur les réseaux sociaux, me forcent à réfléchir sur l’état du discours social et politique au Canada. Je crois qu’il est important que nous y réfléchissions ensemble.

Le premier incident s’est passé lors d’une récente vacance dans les Caraïbes. Comme des centaines de milliers de Canadiens, nous avions décidé de fuir l’hiver pour un centre de villégiature dans le sud. Sans que nous le sachions avant d’y arriver, celui que nous avions choisi était surtout fréquenté par des Américains.

Dans ce genre d’endroit, on rencontre toutes sortes de gens venus de plusieurs horizons. On jase un peu pour faire connaissance. D’où venez-vous? Est-ce votre première fois ici? Vous faites quoi dans la vie? Il y a certains sujets, la religion et la politique, que la plupart des voyageurs évitent.

Guy Badeaux

Depuis quelques années la francophobie montre de plus en plus son petit museau arrogant. On peut penser aux groupuscules antibilinguisme qui pullulent en Alberta, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Dans cette dernière province, ils ont même réussi à faire élire un premier ministre conservateur, Blaine Higgs, connu pour son vitriol antibilinguisme lorsqu’il était membre du parti Confederation of Regions. Plus récemment, c’est une chronique parue dans le Globe and Mail qui a mis le feu aux poudres. Si on en juge par les commentaires que l’article a suscités, on pourrait presque croire que «conservateur» veut de plus en plus dire «francophobe».

Le 17 janvier dernier, Kenneth Whyte, ex-rédacteur en chef au très «conservative» National Post publiait un article intitulé «Conservatives think the party’s next leader should be bilingual. They are wrong». Whyte commence son brulot en expliquant qu’avant les années ’70, aucun chef conservateur ou libéral n’était bilingue. Comme si le passé était garant de l’avenir!

L’argument principal de Whyte pour appuyer sa thèse d’un chef anglophone unilingue (il n’a évidemment jamais considéré un chef francophone unilingue) tourne autour des chances de succès des Conservateurs au Québec. Chiffres à l’appui, il démontre qu’aucun chef conservateur bilingue — sauf le Québécois Brian Mulroney qui en fait élire 63 — n’a réussi à faire élire plus de dix députés au Québec. Sa conclusion est assez simpliste : «Who cares?»

En ne parlant que de l’électorat québécois, Whyte occulte la vingtaine de circonscriptions hors Québec où les francophones ont un vrai poids politique. Soit il a oublié ce détail, soit il ne le sait même pas. De toute façon, «Who cares, hein?»

Et si vous pensez que 20 sièges ce n’est pas important, demandez donc à Justin Trudeau. Il mène maintenant un gouvernement minoritaire après avoir perdu exactement 20 députés lors de la dernière élection.

Éditorial

L'ORLÉANAIS - Je suis né dans l’environnement francophone de la basse-ville d’Ottawa et j’y ai vécu jusqu’à mon adolescence. En 1956, j’ai déménagé avec mes parents à Eastview (maintenant Vanier), encore un milieu très francophone. En 1978, marié et père de deux enfants, j’ai opté avec mon épouse d’élever notre famille à Orléans, un village d’environ 15 000 personnes et majoritairement francophone. À l’époque.

Cependant, j’ai découvert en peu de temps que nous avions déménagé dans un village en pleine évolution démographique avec une forte concentration d’anglophones qui voulaient eux aussi s’acheter une maison et vivre dans ce paisible village non loin de la ville d’Ottawa.

Certains francophones d’Orléans commençaient à s’inquiéter de l’environnement francophone et des services en français. J’étais parmi ces francophones et je me suis joint à un groupe qui mijotait la création du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO). Une fois le MIFO fondé, j’en suis devenu le 1er président des activités socioculturelles, lesquelles rassemblaient les familles francophones et contribuaient à faire connaitre l’organisme à ses débuts.

Le MIFO, qui a brillamment réussi dans le domaine communautaire, a amélioré la qualité de vie des Orléanais francophones et francophiles de tout âge. Cependant, l’implication de l’organisme dans l’affichage et dans l’offre de services en français par les commerces et les organismes à Orléans s’est graduellement effacée.

Langues officielles

OPINION —Nous apprenions récemment que la Commission scolaire English-Montreal avait obtenu un financement du Programme de contestation judiciaire (PCJ) en soutien de ses procédures de contestation de la Loi 21 au Québec. La couverture médiatique a largement fait état des reproches formulés par le gouvernement du Québec sur l’octroi de ce financement, mais a malheureusement fourni peu d’information sur son importance pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Il m’apparait donc primordial ici de rappeler certains faits omis sur le PCJ, particulièrement eu égard au rôle crucial que celui-ci a eu, et a toujours, dans le respect des droits linguistiques et l’épanouissement du français au Canada.

Le PCJ a vu le jour dans le contexte de la contestation de la Loi 101 au Québec et de l’affaire Forest au Manitoba à la fin des années 70. Initialement prévu pour les droits linguistiques, le PCJ fut élargi afin d’inclure les droits à l’égalité. Durant les 40 dernières années, la pérennité du PCJ a été rudement mise à l’épreuve : annulé une première fois en 1992 par le premier ministre Mulroney, il fut rétabli en 1994 et finalement aboli en 2006 par le gouvernement Harper.

Cette dernière coupure incita la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, appuyée par d’autres organismes, à entreprendre des procédures judiciaires contre cette décision. Une entente hors cour est alors intervenue, laquelle créa le Programme d’appui aux droits linguistiques, entré en vigueur en 2009. Tel que son nom l’indique, ce dernier n’était destiné que pour les droits linguistiques et a obtenu un financement du gouvernement jusqu’en 2017. Depuis sa mise en œuvre en janvier 2019, le nouveau PCJ inclut désormais le financement des dossiers fondés sur la Loi sur les langues officielles (LLO) et rétablit la section des droits à l’égalité au programme.

Opinion

OPINION — Le secteur des arts et de la culture de l’Ontario français commence à subir les contrecoups du différend qui oppose les enseignants ontariens et le gouvernement provincial. L’Alliance culturelle de l’Ontario leur demande d’éviter de pénaliser financièrement les organismes et les artistes.

Au gouvernement de l’Ontario, ses ministères et organismes qui appuient les arts et la culture,

À l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO),

Aux conseils scolaires francophones de l’Ontario,

Au Conseil des arts du Canada,

Au ministère du Patrimoine canadien,

Agriculture

LE DROIT (Ontario) – Les gens du village ont deviné ce qui s’était produit. Même si l’avis de nécrologie disait simplement : c’est avec tristesse que nous vous faisons part du décès de M. X, à l’âge de 65 ans.

Le mot s’est passé dans la communauté. M. X, un producteur agricole de l’Outaouais, s’était suicidé. Son décès a causé une onde de choc dans ce petit milieu où tout le monde se connait.

En l’espace de 4 mois, en 2019, quatre agriculteurs de l’Outaouais se sont enlevé la vie.

Chronique

Ça doit bien faire plus de 30 ans que nous, Canadiens-Français du ROC (Rest of Canada), nous plaignons du pauvre service des réseaux nationaux de Radio-Canada. Nous savons que le «Ici» dans Ici Radio-Canada veut, la plupart du temps, dire Ici Québec. Voici une petite histoire qui illustre bien ce que nous percevons. Et ce n’est pas parce qu’on en rit que c’est drôle.

C’est jeudi matin, juste avant 8 h, le 30 janvier 2020. Je suis en voiture et j’écoute Le matin du Nord à la radio régionale de Radio-Canada à Sudbury. L’émission se termine afin de faire place au bulletin «national» de 8 h. Dois-je rappeler qu’en radiodiffusion, ce bulletin est un des plus importants de la journée.

Chronique

Le site web Le projet Voltaire définit cette expression ainsi : «Une personne qui tente de ménager la chèvre et le chou est … perçue comme cherchant à satisfaire des intérêts ou des protagonistes opposés…». C’est ce qu’a fait de main de maitre l’ombudsman de Radio-Canada, Guy Gendron, dans sa décision concernant l’émission spéciale de la soirée électorale du 21 octobre dernier.

Dès le lendemain de l’élection, Madame Aude Rahmani d’Ottawa logeait une plainte contre l’émission dénonçant, entre autres, «le parti pris éditorial québécocentriste». Elle écrivait : «Accent mis sur les résultats des circonscriptions québécoises en termes de nombre de vues et de temps d’antenne, et le traitement pauvre ou quasi inexistant des résultats des circonscriptions des autres provinces et territoires.» Elle affirmait qu’étant donné son statut national, Radio-Canada se devait «d’informer avec la même attention et le même respect les spectateurs francophones à la grandeur du pays sur tous les résultats et d’en faire une analyse province par province, territoire par territoire».

Guy Badeaux
Chronique

LE COURRIER (Nouvelle-Écosse) – Combien restera-t-il de l’Australie? C’est la question qui court sur beaucoup de lèvres en ce début d’année alors que des incendies ravagent plusieurs secteurs de l’ile-continent, détruisant tout sur leur passage.

Ce ne sont pas les dossiers explosifs qui font défaut en ce début d’année. Un bombardement effectué en Irak par les États-Unis vient de tuer le général iranien Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods chargée des opérations extérieures non conventionnelles au service de son pays. Les tensions entre l’Iran et les États-Unis pourraient tourner au conflit ouvert.

S’il y a un trait d’union entre ces deux points saillants de l’actualité, c’est bel et bien le lien entre les ressources énergétiques, qui suscitent l’intérêt stratégique du Moyen-Orient aux yeux de l’Occident, et l’environnement, de plus en plus menacé par l’activité humaine.

Au cours de la dernière année, la militante écologique Greta Thunberg, une adolescente suédoise, a connu une célébrité fulgurante grâce à sa campagne pour dénoncer l’insuffisance des mesures prises face au changement climatique. Héroïne des uns, bête noire des autres — comme le président américain Donald Trump qui l’attaque sur Twitter — elle est devenue le visage du mouvement des grèves scolaires pour le climat.

Mais elle n’est ni la seule ni la première de sa génération à s’engager pour cette cause. Comme elle le reconnait elle-même, c’est la jeunesse des pays en développement et des communautés marginalisées qu’il faut écouter pour comprendre les enjeux.

Voici cinq étoiles montantes du mouvement écologique planétaire.

FRANCOPRESSE – Deux-mille-vingt a commencé sur une note un peu sèche. La Bibliothèque municipale de Toronto voulait retirer des dizaines de milliers de titres en français de ses rayons. Le livre est pourtant un des plus importants fondements matériels d’une culture.

La mauvaise nouvelle s’est vite répandue dans l’actualité. Le quotidien Le Devoir l’a dénoncée. Livres Hebdo, en France, a fait de même tandis que TV5 Monde l’a publiée à l’intention de la francophonie planétaire.

Le milieu politique s’en est mêlé. Les ministres Mélanie Joly à Ottawa et Caroline Mulroney à Toronto, les deux responsables des questions francophones dans leur gouvernement respectif, ont protesté.

Indignation aussi chez les francophones; l’Association des communautés francophones de l’Ontario à Toronto (ACFO-Toronto) et la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) ont sonné les clairons.

Étonnée par l’ampleur du mouvement, la bibliothécaire en chef de Toronto, Vickery Bowles, s’est finalement confondue en excuses. Elle va ajouter 20 000 titres à la collection.

Cette fausse note faisait suite aux échos du Jeudi noir de l’automne 2018, l’œuvre du premier ministre ontarien, Doug Ford. L’Université de l’Ontario français était mise en dormance puis le Commissaire aux services en français disparaissait.

Tourmente par la suite, les protestations ont fusé de partout au pays avec de bons résultats. L’Ontario a maintenant une nouvelle commissaire aux services en français puis l’Université de l’Ontario français, toujours en projet, est remise sur les rails.

Les voltes-faces sont rares en politique. La règle habituelle veut qu’un décideur ne se trompe pas. Ce qui est fait est fait, et le restera, mais pas cette fois. L’erreur n’a pas résisté au poids de l’opinion. On a l’impression que le Canada que l’on dit «anglais» a testé ses limites.

Éditorial

LE MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – La nouvelle année apporte avec elle de nouveaux défis pour le journal Le Moniteur Acadien. Certains des changements que nous entreprenons se font par nécessité et non par choix, tandis que d’autres font partie des exigences d’un monde en changement et du besoin de s’adapter à de nouvelles réalités pour survivre.

En même temps, nous sommes toujours à la recherche de façons d’améliorer la qualité du Moniteur afin de mieux répondre à vos attentes, aux besoins des commerçants qui nous appuient et à l’évolution des communautés acadiennes que nous desservons.

Le premier élément de renouveau a été imposé par la fermeture de Transcontinental, notre imprimerie depuis sept ans. Heureusement, nous avons pu trouver une imprimerie de remplacement, Advocate Printing de Pictou, en Nouvelle-Écosse, qui nous permettra de poursuivre nos opérations sans interruption. Ce changement, qui prendra effet la semaine du 20 janvier, aura quand même des conséquences. Le journal sera un peu plus petit (2,5 cm ou un pouce plus court) et la livraison sera repoussée d’une journée, du mardi au mercredi.

Si tout va bien, l’année 2020 risque aussi d’apporter un nouveau choix à nos lecteurs. Un de nos projets est de vous offrir une version numérique d’ici quelques mois. Cela demande un investissement considérable mais, encore là, c’est une option qui s’impose dans un monde assoiffé de nouvelles technologies et de nouvelles manières d’avoir accès à l’information. Votre humble serviteur, d’un certain âge, s’informe lui-même par l’entremise d’abonnements à l’Acadie Nouvelle et au Globe & Mail et grâce aux sites web du journal Le Devoir, du Washington Post et du journal Le Point, pour ne mentionner que ceux-là. C’est bien connu, on n’arrête pas le progrès!

Chronique

AURORE BORÉALE (Yukon) – L’ampleur des changements climatiques est sans précédent. Les effets de ces changements sont plus marqués et se produisent à un rythme plus rapide dans le Nord qu’ailleurs dans le monde. Face à ce constat, réduire son impact environnemental est devenu le mantra de nombreuses personnes. Dont moi.

Pour la survie de la planète, des abeilles et des glaciers, je me suis mise à consommer moins, consommer mieux, manger local, refuser les produits transformés, réparer, coudre, recycler. Décrypter les étiquettes, m’informer et passer des heures sur Internet à chercher comment voyager sans faire exploser mon bilan carbone. Me déplacer à vélo, fabriquer mes produits d’entretien, mon pain et mon kombucha.

Opinion

Les livres sont les gardiens de la mémoire des hommes. Une mémoire qui, à travers le temps, a parfois été malmenée.

C’est pourquoi l’histoire nous apprend à observer le passé pour mieux comprendre le présent et tenter d’anticiper l’avenir.

La décision très mal avisée de la Bibliothèque publique de Toronto de retirer des tablettes de ses bibliothèques 26 000 livres et ressources en français a généré une onde de choc auprès des francophones, tant en Ontario qu’ailleurs au pays.

Chronique

L’EXPRESS, Ontario. «Toute ma vie, je me suis battu pour la francophonie et pour l’égalité des deux communautés linguistiques… Peut-être que la guerre que j’ai menée toute ma vie rapportera quelque chose, et ce, même si les défaites s’additionnent.»

C’est ce qu’écrit Michel Bastarache dans une autobiographie réalisée avec le journaliste Antoine Trépanier comme coauteur, publiée sous le titre Ce que je voudrais dire à mes enfants par Les Presses de l’Université d’Ottawa.

Une préface signée par sa compatriote acadienne Antonine Maillet prédit que «ce récit d’une vie, pétri avec le cœur autant qu’avec le cerveau, restera un joyau indispensable à tous ceux qui se penchent sur leur propre existence, parce qu’il nous révèle à la fois les plages cachées de notre passé, les ambigüités de notre présent et surtout les espoirs insoupçonnés de notre avenir».