Lettre ouverte aux premiers ministres du Canada. Système de santé : le temps est venu de changer de discours

Notre système de santé est malade. Les infrastructures qui devaient répondre aux besoins en santé de la population canadienne n’y parviennent plus. Les médecins le constatent tous les jours : les patients et les familles leur parlent de l’engorgement des hôpitaux, des longs délais d’attente et des difficultés d’accès aux soins appropriés.

Le moment est venu de changer le discours.

L’Association médicale canadienne (AMC) a entendu des résidentes et des résidents de toutes les régions du pays. Ils veulent un système de santé sur lequel ils peuvent compter aujourd’hui, et pourront compter demain. Non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs êtres chers. Et surtout pour leurs parents vieillissants. La solution passe par une hausse du financement accordé aux provinces et aux territoires.

Au cours de la campagne électorale fédérale, les soins de santé ont rapidement monté dans l’échelle de priorité des électeurs, et le gouvernement a réagi en s’engageant à investir dans les soins primaires, qui constituent l’épine dorsale de nos systèmes de santé. Maintenant, les premiers ministres des provinces et des territoires doivent s’unir et obliger le gouvernement fédéral à tenir parole, parce que pour avoir un système de santé très performant et accessible à tous, il nous faut d’abord un système de soins primaires robuste.

L’AMC continue de diriger les échanges nationaux sur les solutions concrètes qui donneront aux patients les soins auxquels ils s’attendent, au moment et à l’endroit où ils en ont besoin.

Fidèles à la stratégie pancanadienne qui consiste à investir dans les soins primaires, nous demandons au gouvernement fédéral d’injecter un supplément ciblé de 1,2 milliard de dollars dans le Fonds pour l’adaptation des soins de santé primaires (FASSP), afin d’aider les gouvernements des provinces et des territoires à atteindre les objectifs de leur propre réforme dans ce secteur. Le but est simple : veiller à ce que les soins fournis au Canada répondent aux besoins des patients, aujourd’hui et à l’avenir.

Ce fonds s’appuie sur le succès qu’a connu l’enveloppe multigouvernementale lancée en 2000. Le fonds initial a entrainé un changement durable et à grande échelle des modèles de prestation des soins primaires dans trois provinces, soit en Ontario, au Québec et en Alberta.

Tous les gouvernements bénéficieraient de l’augmentation du FASSP. Le ralliement autour de cet investissement direct dans les soins primaires aiderait à créer un Canada en santé.

Les provinces et territoires pourraient améliorer l’efficacité des interventions en adoptant une stratégie axée sur l’offre de soins continus plutôt qu’épisodiques, stratégie qui permettrait aux médecins de famille, aux infirmières, aux travailleurs sociaux et aux autres professionnels de la santé de fournir ensemble un éventail complet de soins primaires.

Sans ce supplément, nos ainés continueront à porter le fardeau que représentent les problèmes du système de santé. Voilà pourquoi l’AMC exhorte aussi le gouvernement à verser un supplément au Transfert canadien en matière de santé, dont le montant serait calculé selon le nombre de personnes âgées dans une province ou un territoire donné. Cette façon de faire permettrait de libérer des lits d’hôpital, d’établir de meilleurs modèles de soins communautaires et de voir à ce que tous les ainés reçoivent les meilleurs soins possible.

La population souhaite que le gouvernement fédéral tienne sa promesse électorale d’affecter davantage de financement à la réforme des soins primaires et s’occupe mieux de notre population vieillissante.

Au nom des patients et dans l’intérêt de toute la population, nous demandons aux premiers ministres des provinces et des territoires de conjuguer leurs efforts pour donner aux gens de chez nous des systèmes de santé dignes de les servir.

Serge Miville, professeur adjoint et titulaire de la Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français
Lettre ouverte

LETTRE OUVERTE – L’annonce récente de la démission de Pierre Jury, éditorialiste depuis 17 ans au journal Le Droit d’Ottawa, devrait ébranler tout l’Ontario français. En choisissant de prendre ses distances avec l’éditorial quotidien, un processus enclenché en avril et qui semble se confirmer avec ce départ, Le Droit contribue à réduire la capacité de l’Ontario français de se penser comme sujet politique autonome, ce qui du même coup affaiblit l’un des rares contre-pouvoirs présents en milieu francophone minoritaire au pays.
Lettre ouverte

LETTRE OUVERTE – L’ancien premier ministre albertain, Ralph Klein, en parlait comme du secret le mieux gardé de l’Ouest. Fondé en 1908, le juniorat Saint-Jean, devenu une faculté de l’Université de l’Alberta en 1977, occupe depuis plus de 100 ans une place incontournable dans la francophonie albertaine, canadienne et internationale.
Langues officielles

OPINION —Nous apprenions récemment que la Commission scolaire English-Montreal avait obtenu un financement du Programme de contestation judiciaire (PCJ) en soutien de ses procédures de contestation de la Loi 21 au Québec. La couverture médiatique a largement fait état des reproches formulés par le gouvernement du Québec sur l’octroi de ce financement, mais a malheureusement fourni peu d’information sur son importance pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Opinion

OPINION — Le secteur des arts et de la culture de l’Ontario français commence à subir les contrecoups du différend qui oppose les enseignants ontariens et le gouvernement provincial. L’Alliance culturelle de l’Ontario leur demande d’éviter de pénaliser financièrement les organismes et les artistes.

La dualité linguistique, c’est l’affaire de tous les partis qui aspirent à siéger à la Chambre des communes. Tous sont appelés à se positionner à cet égard. Après l’engagement du chef du NPD [le 23 septembre], j’apprécie les déclarations d’Yves-François Blanchet [chef du Bloc Québécois] en solidarité avec les communautés francophones et acadiennes et, surtout, les propositions claires du Bloc Québécois pour la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Dernièrement, la communauté francophone de Whitehorse a reçu la visite de l’équipe des Productions Rivard du Manitoba. Leur but : tourner quatre segments au Yukon sur la francophonie hors Québec, expression qui devrait titrer la série d’émissions.
René Cormier

Le 7 septembre dernier marquait l’entrée en vigueur de la toute première Loi sur les langues officielles (LLO) au Canada. À l’époque, le Gouvernement canadien tentait de rectifier une injustice historique suivant les recommandations de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (1963-1969) qui avait d’ailleurs qualifié la situation de la plus grande crise de l’histoire du Canada.

Lors des dernières élections fédérales, 14 candidats francophones ont remporté des sièges à l’extérieur du Québec. À moins de deux mois du prochain scrutin, il est intéressant de s’interroger à quoi pourrait ressembler la prochaine délégation de députés issus des communautés francophones à partir d’un tour d’horizon des circonscriptions où des candidats francophones semblent avoir de réelles chances de l’emporter. Les projections présentées dans ce texte sont tirées du site 333Canada.com, qui propose un modèle statistique de projection électorale basé sur les tendances électorales, l'évolution démographique et les sondages politiques. Les données utilisées ont été mises à jour le 18 août 2019.
Serge Miville

Serge Miville, Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français, directeur de l’Institut franco-ontarien et professeur adjoint, département d’histoire, Université Laurentienne Stéphanie Chouinard, professeure adjointe, science politique, Collège militaire royal de Kingston et Queen’s University
Opinions

La cohabitation linguistique au Canada a deux faces. La première est attrayante. Elle se dessine sous les traits de la Loi sur les langues officielles. Elle présente le visage d’un bel idéal comme un portrait exempt de tout défaut. C’est beau, mais ce n’est pas réel.
Opinions

Le mouvement a touché des centaines de villes sur cinq continents. Les foules les plus imposantes ont été, entre autres, à Sydney, Berlin, Paris, Bruxelles, Londres et Paris. À Montréal seulement, des dizaines de milliers d’étudiants ont protesté. Aux États-Unis, la mobilisation était plus modeste. …
Opinions

À notre époque apocalyptique où le climat s’emballe, les inégalités s’amplifient, il semble tout à fait logique que la fête de l’amour, la Saint-Valentin, prenne une tournure commerciale.
Opinions

« Francophobie ». Voilà que ce mot nauséabond réapparait dans le vocabulaire courant. Il plane sur tout le Canada. Le Nouveau-Brunswick est gouverné par un gouvernement minoritaire à la merci d’un parti hostile aux francophones.
Dans nos journaux

Il est là, juste devant moi. Dix mètres nous séparent et pourtant il reste là, impassible sur son poteau dans son épais manteau blanc. Sa tête pivote, un sourcil se lève de temps à autre pour être certain que je ne m’approche pas plus près. Je recule pour être sûr de pouvoir profiter du spectacle au…