Lettre ouverte au gouvernement de l’Ontario, à l’AEFO, au monde de la culture Le secteur des arts et de la culture de l’Ontario français ressent les effets du différend

Anik Bouvrette
Présidente de l’Alliance culturelle de l’Ontario
OPINION — Le secteur des arts et de la culture de l’Ontario français commence à subir les contrecoups du différend qui oppose les enseignants ontariens et le gouvernement provincial. L’Alliance culturelle de l’Ontario leur demande d’éviter de pénaliser financièrement les organismes et les artistes.

Au gouvernement de l’Ontario, ses ministères et organismes qui appuient les arts et la culture,

À l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO),

Aux conseils scolaires francophones de l’Ontario,

Au Conseil des arts du Canada,

Au ministère du Patrimoine canadien,

L’Alliance culturelle de l’Ontario (ACO) vous demande de faire preuve de bienveillance et d’éviter de pénaliser financièrement les organismes et les artistes qui doivent modifier leurs projets artistiques scolaires à cause du conflit qui oppose présentement le gouvernement provincial aux enseignantes et aux enseignants de l’élémentaire et du secondaire.

Le secteur des arts et de la culture de l’Ontario français commence à subir les contrecoups de ce différend.

Déjà, l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) estime qu’elle perdra environ 50 000 $ en revenus propres à la suite de l’annulation de la 17e édition de son festival musical en milieu scolaire, Quand ça nous chante, qui devait avoir lieu à la mi-février à North Bay. L’évènement a été annulé à la demande du Conseil scolaire catholique Franco-Nord.

Trois compagnies de théâtre, le Théâtre Catapulte (Ottawa), Vox Théâtre (Ottawa) et le Théâtre français de Toronto, de même que deux compagnies de danse, Tara Luz Danse (Ottawa) et Lua Shayenne Dance Company (Toronto), ont signalé qu’elles pourraient être privées collectivement d’environ 120 000 $ en revenus propres si elles annulent des représentations de spectacles destinées à des clientèles scolaires aux mois de février et mars. D’autres organismes risquent de se retrouver dans une situation semblable au cours des prochaines semaines si le conflit se prolonge.

La communauté artistique tente actuellement de reporter autant de projets que possible au printemps 2020, dans l’espoir que le différend entre la province et les enseignants se règle d’ici là. Cependant, dans certains cas, un report ne sera tout simplement pas possible.

Entre temps, bien des artistes s’inquiètent à savoir si les projets auxquels ils sont liés iront de l’avant et s’ils auront accès aux cachets prévus.

L’ACO continuera de suivre la situation de près. Si le conflit se prolonge, elle s’adressera directement aux parties concernées pour les sensibiliser à l’impact de leur désaccord sur le milieu des arts et de la culture.

Rappelons que les activités artistiques en milieu scolaire font partie du paysage éducatif francophone en Ontario depuis des décennies. Les élèves et les enseignants anticipent leur participation aux différents festivals provinciaux voués aux arts et l’accueil d’artistes dans leurs écoles.

L’ACO est un forum d’échange et de collaboration entre toutes les intervenantes et tous les intervenants artistiques et culturels de l’Ontario français. Elle agit à tous les niveaux décisionnels pour assurer le positionnement de l’ensemble du secteur des arts et de la culture dans la société.