Lettre ouverte au Gouvernement de la France au sujet de la fermeture du Consulat Général de France dans les Provinces de l’Atlantique

La rumeur de fermeture du bureau du Consulat de France en Atlantique se confirme. Les présidences des organismes de représentation de l’Acadie s’indignent de la décision prise par le gouvernement français.

Louise Imbeault, présidente de la Société Nationale de l’Acadie
Norbert LeBlanc, président de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse
Robert Melanson, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick
Colleen Soltermann, présidente de la Société Saint-Thomas-d’Aquin
Sophie Thibodeau, présidente de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador

Un article du quotidien néo-brunswickois l’Acadie Nouvelle publié [le 3 octobre] nous a révélé que la France aurait pris la décision de fermer le Consulat de France dans les Provinces de l’Atlantique en 2022.

Cette information a initialement été transmise à M. François Lubrina, Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Étranger, dans une réponse à une de ses questions posées à cette entité plus tôt cette semaine. Cette fermeture a «[…] été actée dans le cadre de l’exercice Action publique 2022. Elle résulte d’une décision prise en réunion des ministres en janvier dernier, présidée par le Premier ministre sur les réseaux de l’État à l’étranger», peut-on y lire.

Voilà qui viendrait confirmer la rumeur que nous entendons courir depuis plusieurs mois. Si cela est bel et bien la décision prise par le gouvernement français, nous en sommes indignés.

Il n’y a pas moins d’un an jour pour jour, le président de la France, Emmanuel Macron, affirmait aux représentants et représentantes de 84 nations au Sommet de la Francophonie, à Érevan, que «[…] la Francophonie sera une force dans la mondialisation et [qu’] il faudra utiliser tous les outils pour cela». Comment la France pourrait-elle prétendre vouloir être solidaire au fait français en Amérique du Nord et du même coup tourner le dos aux Acadiens et Acadiennes en fermant ce Consulat?

Le Consulat Général de France dans les Provinces de l’Atlantique est pourtant un outil formidable de création de richesse.

Le Consulat Général de France à Moncton et Halifax a eu un grand impact depuis ses tous débuts en Acadie. Sa présence est venue confirmer le caractère privilégié des relations entre le peuple acadien et le gouvernement français et a laissé place au développement de plusieurs ententes de coopération entre la France et l’Acadie. Ce même Consulat a également facilité avec la France de nombreuses occasions portant sur le partage d’expertise, sur le développement de liens économiques, sur la mobilité des jeunes, sur le développement d’ententes entre institutions postsecondaires et sur la mobilité et la promotion de nos artistes.

Le Consulat a également contribué à la mise en œuvre d’un programme conjoint de bourses qui vise à encourager les Acadiens et les Acadiennes à parfaire leurs études en France et les jeunes Français et Françaises à parfaire leurs études en Acadie. Chaque année, par l’entremise du Fonds France-Acadie, le consulat apporte son appui à des organismes culturels et communautaires acadiens afin de réaliser leurs projets d’échanges qui servent principalement à créer des liens d’amitié entre la jeunesse acadienne et française, afin de renforcer les liens qui unissent la Francophonie internationale.

Le Consulat est aussi un joueur clef dans le développement des relations triangulaires entre la France, l’Acadie et le Québec, tant sur le plan économique que culturel.

Tout récemment, lors de notre mission en sol européen, le ministère des Affaires étrangères de la France nous a invité pour discuter du désir d’une vingtaine de collectivités françaises à renouveler leurs jumelages existants avec des communautés acadiennes ou à en voir naître de nouveau. Le succès du développement des contours d’une telle initiative de développement de jumelages entre des collectivités francophones et acadiennes de la région Atlantique et des collectivités à l’échelle de la France nécessitera la participation active du Consulat pour en assurer le succès.

N’oublions surtout pas nos cousins et cousines de Saint-Pierre-et-Miquelon. Le Consulat joue un rôle déterminant dans la Commission mixte de collaboration régionale avec l’archipel français, région avec laquelle nous entretenons des liens culturels et économiques notoires. En plus de compliquer nos relations avec eux, la fermeture du Consulat risquerait de les isoler davantage.

Le flux d’immigration française dans les provinces de l’Atlantique risque également de décliner si le Consulat devait fermer ses portes, au moment où nous voudrions le voir augmenter.

Il va sans dire que les relations avec la France occupent une place centrale auprès de la Société Nationale de l’Acadie.

Aujourd’hui, pour toutes ces raisons, nous appelons le Gouvernement de la France à maintenir le Consulat Général de France dans les Provinces de l’Atlantique et à reconnaître toute son importance pour nous.

Donnons-nous l’occasion de poursuivre cette riche collaboration, au bénéfice de la France et de l’Acadie.

Serge Miville, professeur adjoint et titulaire de la Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français
Lettre ouverte

LETTRE OUVERTE – L’annonce récente de la démission de Pierre Jury, éditorialiste depuis 17 ans au journal Le Droit d’Ottawa, devrait ébranler tout l’Ontario français. En choisissant de prendre ses distances avec l’éditorial quotidien, un processus enclenché en avril et qui semble se confirmer avec ce départ, Le Droit contribue à réduire la capacité de l’Ontario français de se penser comme sujet politique autonome, ce qui du même coup affaiblit l’un des rares contre-pouvoirs présents en milieu francophone minoritaire au pays.
Lettre ouverte

LETTRE OUVERTE – L’ancien premier ministre albertain, Ralph Klein, en parlait comme du secret le mieux gardé de l’Ouest. Fondé en 1908, le juniorat Saint-Jean, devenu une faculté de l’Université de l’Alberta en 1977, occupe depuis plus de 100 ans une place incontournable dans la francophonie albertaine, canadienne et internationale.
Langues officielles

OPINION —Nous apprenions récemment que la Commission scolaire English-Montreal avait obtenu un financement du Programme de contestation judiciaire (PCJ) en soutien de ses procédures de contestation de la Loi 21 au Québec. La couverture médiatique a largement fait état des reproches formulés par le gouvernement du Québec sur l’octroi de ce financement, mais a malheureusement fourni peu d’information sur son importance pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Opinion

OPINION — Le secteur des arts et de la culture de l’Ontario français commence à subir les contrecoups du différend qui oppose les enseignants ontariens et le gouvernement provincial. L’Alliance culturelle de l’Ontario leur demande d’éviter de pénaliser financièrement les organismes et les artistes.

Notre système de santé est malade. Les infrastructures qui devaient répondre aux besoins en santé de la population canadienne n’y parviennent plus. Les médecins le constatent tous les jours : les patients et les familles leur parlent de l’engorgement des hôpitaux, des longs délais d’attente et des difficultés d’accès aux soins appropriés.

La dualité linguistique, c’est l’affaire de tous les partis qui aspirent à siéger à la Chambre des communes. Tous sont appelés à se positionner à cet égard. Après l’engagement du chef du NPD [le 23 septembre], j’apprécie les déclarations d’Yves-François Blanchet [chef du Bloc Québécois] en solidarité avec les communautés francophones et acadiennes et, surtout, les propositions claires du Bloc Québécois pour la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Dernièrement, la communauté francophone de Whitehorse a reçu la visite de l’équipe des Productions Rivard du Manitoba. Leur but : tourner quatre segments au Yukon sur la francophonie hors Québec, expression qui devrait titrer la série d’émissions.
René Cormier

Le 7 septembre dernier marquait l’entrée en vigueur de la toute première Loi sur les langues officielles (LLO) au Canada. À l’époque, le Gouvernement canadien tentait de rectifier une injustice historique suivant les recommandations de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (1963-1969) qui avait d’ailleurs qualifié la situation de la plus grande crise de l’histoire du Canada.

Lors des dernières élections fédérales, 14 candidats francophones ont remporté des sièges à l’extérieur du Québec. À moins de deux mois du prochain scrutin, il est intéressant de s’interroger à quoi pourrait ressembler la prochaine délégation de députés issus des communautés francophones à partir d’un tour d’horizon des circonscriptions où des candidats francophones semblent avoir de réelles chances de l’emporter. Les projections présentées dans ce texte sont tirées du site 333Canada.com, qui propose un modèle statistique de projection électorale basé sur les tendances électorales, l'évolution démographique et les sondages politiques. Les données utilisées ont été mises à jour le 18 août 2019.
Serge Miville

Serge Miville, Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français, directeur de l’Institut franco-ontarien et professeur adjoint, département d’histoire, Université Laurentienne Stéphanie Chouinard, professeure adjointe, science politique, Collège militaire royal de Kingston et Queen’s University
Opinions

La cohabitation linguistique au Canada a deux faces. La première est attrayante. Elle se dessine sous les traits de la Loi sur les langues officielles. Elle présente le visage d’un bel idéal comme un portrait exempt de tout défaut. C’est beau, mais ce n’est pas réel.
Opinions

Le mouvement a touché des centaines de villes sur cinq continents. Les foules les plus imposantes ont été, entre autres, à Sydney, Berlin, Paris, Bruxelles, Londres et Paris. À Montréal seulement, des dizaines de milliers d’étudiants ont protesté. Aux États-Unis, la mobilisation était plus modeste. …
Opinions

À notre époque apocalyptique où le climat s’emballe, les inégalités s’amplifient, il semble tout à fait logique que la fête de l’amour, la Saint-Valentin, prenne une tournure commerciale.
Opinions

« Francophobie ». Voilà que ce mot nauséabond réapparait dans le vocabulaire courant. Il plane sur tout le Canada. Le Nouveau-Brunswick est gouverné par un gouvernement minoritaire à la merci d’un parti hostile aux francophones.
Dans nos journaux

Il est là, juste devant moi. Dix mètres nous séparent et pourtant il reste là, impassible sur son poteau dans son épais manteau blanc. Sa tête pivote, un sourcil se lève de temps à autre pour être certain que je ne m’approche pas plus près. Je recule pour être sûr de pouvoir profiter du spectacle au…