Louise Imbeault, présidente
Société Nationale de l'Acadie
Louise Imbeault, présidente
«Depuis 1604, nous sommes Acadiens et fiers de l’être», écrit la présidente de la Société Nationale de l’Acadie, Louise Imbeault.
«Depuis 1604, nous sommes Acadiens et fiers de l’être», écrit la présidente de la Société Nationale de l’Acadie, Louise Imbeault.

Les identités des francophones du Canada sont une richesse à valoriser

LETTRE OUVERTE – Ceci est une réaction à la chronique de M. Réjean Grenier, publiée sur votre site Web le mercredi 17 février. Il n’est pas coutume pour la SNA de répondre à une chronique, mais dans le cas qui nous occupe, nous croyons que certaines affirmations devaient être corrigées.

Rappelons que dans cette chronique, M. Grenier accuse le Québec d’avoir provoqué l’éclatement du concept et de l’identité canadienne-française. Il parle d’une rupture entre le Québec et le reste du Canada français. M. Grenier finit par lancer un appel de solidarité entre tous les Canadiens français.

Soyons clairs : nous souhaitons cette solidarité et y apportons notre contribution depuis toujours.

Cependant, il nous semble utile de rappeler que les Acadiens et Acadiennes, bien que citoyens canadiens, ne se sont jamais définis comme Canadien français.

Même aux États généraux du Canada français des années soixante, notre délégation se nommait et s’exprimait au nom de l’Acadie. Depuis 1604, nous sommes Acadiens et fiers de l’être.

«Un allié québécois fort»

Les fondements institutionnels de l’Acadie remontent à plus de 150 ans, lorsque les élites acadiennes de l’époque se sont donné des institutions nationales dépassant les frontières provinciales en fondant notamment la Société Nationale de l’Acadie (SNA) en 1881.

Il est tout à fait sain et normal que les communautés francophones cherchent à se définir selon d’autres paramètres, en vertu de leur histoire et de leur vécu.

Le Québec a également cherché à confirmer son identité nationale. Bien que le Québec possède une certaine autonomie que d’autres communautés francophones ne possèdent pas, il ne faut pas y voir une confrontation, mais bien une évolution nécessaire dans un parcours historique complexe entre peuples et nations.

L’Acadie possède aujourd’hui un allié québécois fort, ouvrant ainsi une nouvelle ère de collaboration qui nous permet, entre autres, de mieux faire avancer plusieurs dossiers importants, dont la modernisation de la Loi sur les langues officielles du Canada.

Enfin, il faut bien comprendre que les francophones qui vivent dans les provinces autres que le Québec ne sont pas des Québécois exilés. Ils et elles ont fait le choix de vivre en français au Canada. Ce faisant, ils se sont donné des identités particulières qui ne sont pas seulement en rapport à l’identité canadienne. Par exemple : fransaskois, ontarois, etc.

Les identités des francophones du Canada sont une richesse à valoriser.

Louise Imbeault, présidente de la Société Nationale de l’Acadie