Jean Johnson est président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada

Déclaration du président de la FCFA à la suite des remarques du chef du Bloc Québécois à Casselman (Ontario)

La dualité linguistique, c’est l’affaire de tous les partis qui aspirent à siéger à la Chambre des communes. Tous sont appelés à se positionner à cet égard. Après l’engagement du chef du NPD [le 23 septembre], j’apprécie les déclarations d’Yves-François Blanchet [chef du Bloc Québécois] en solidarité avec les communautés francophones et acadiennes et, surtout, les propositions claires du Bloc Québécois pour la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Ce genre de propositions claires, c’est ce qu’on cherche de tous les partis et j’appelle les chefs du Parti libéral, du Parti conservateur et du Parti vert à préciser leurs intentions à cet égard.

Le Bloc appuie plusieurs changements que la FCFA souhaite voir dans la Loi, comme l’obligation de bilinguisme pour les juges à la Cour suprême du Canada et la stimulation de la croissance démographique de nos communautés par l’immigration francophone. La proposition d’inclure dans la Loi une reconnaissance des réalités spécifiques et distinctes des minorités de langue française au pays est également la bienvenue.

Les Québécoises, les Québécois et les communautés francophones et acadiennes ont en commun d’être inquiets de la perte de statut du français 50 ans après l’adoption de la Loi sur les langues officielles de 1969. C’est pourquoi la FCFA propose que le préambule d’une Loi modernisée reconnaisse clairement que le français est la langue officielle minoritaire au pays et en Amérique du Nord et qu’il faut des mesures spécifiques pour protéger cette langue».

Notre système de santé est malade. Les infrastructures qui devaient répondre aux besoins en santé de la population canadienne n’y parviennent plus. Les médecins le constatent tous les jours : les patients et les familles leur parlent de l’engorgement des hôpitaux, des longs délais d’attente et des difficultés d’accès aux soins appropriés.

Le moment est venu de changer le discours.

L’Association médicale canadienne (AMC) a entendu des résidentes et des résidents de toutes les régions du pays. Ils veulent un système de santé sur lequel ils peuvent compter aujourd’hui, et pourront compter demain. Non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs êtres chers. Et surtout pour leurs parents vieillissants. La solution passe par une hausse du financement accordé aux provinces et aux territoires.

Au cours de la campagne électorale fédérale, les soins de santé ont rapidement monté dans l’échelle de priorité des électeurs, et le gouvernement a réagi en s’engageant à investir dans les soins primaires, qui constituent l’épine dorsale de nos systèmes de santé. Maintenant, les premiers ministres des provinces et des territoires doivent s’unir et obliger le gouvernement fédéral à tenir parole, parce que pour avoir un système de santé très performant et accessible à tous, il nous faut d’abord un système de soins primaires robuste.

Lettre ouverte

Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

Monsieur le Ministre,


Permettez-nous de vous féliciter pour votre nomination au poste de ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile et pour vous offrir notre appui au moment où vous vous apprêtez à réaliser les promesses électorales reliées au contrôle des armes à feu. Nous sommes très optimistes quant à la réalisation de ces promesses au cours du prochain mandat libéral compte tenu de l’appui explicite de trois partis d’opposition (NPD, Bloc Québécois et Parti Vert) en faveur de plusieurs des mesures proposées, notamment l’interdiction des armes d’assaut.

C’est dans l’esprit de ces promesses que nous vous demandons aujourd’hui de mettre en œuvre un moratoire immédiat sur la vente des armes d’assaut, ainsi qu’une interdiction permanente sur l’importation et la fabrication des armes de poing.

Comme vous le savez, les crimes et les actes de violence commis à l'aide d'armes à feu sont en augmentation et requièrent des solutions urgentes. D’après Statistique Canada, le nombre d’homicides par armes à feu a augmenté pour une quatrième année consécutive, ayant plus que doublé entre 2013 et 2017 (de 131 à 266) avec le taux actuel représentant «le plus élevé observé au Canada depuis 1992». Notons que cette recrudescence suit de près le démantèlement de mesures de contrôle majeures entrepris à partir de 2012 par le précédent gouvernement Harper.

Atlantique

La rumeur de fermeture du bureau du Consulat de France en Atlantique se confirme. Les présidences des organismes de représentation de l’Acadie s’indignent de la décision prise par le gouvernement français.

Louise Imbeault, présidente de la Société Nationale de l’Acadie
Norbert LeBlanc, président de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse
Robert Melanson, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick
Colleen Soltermann, présidente de la Société Saint-Thomas-d’Aquin
Sophie Thibodeau, présidente de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador

Un article du quotidien néo-brunswickois l’Acadie Nouvelle publié [le 3 octobre] nous a révélé que la France aurait pris la décision de fermer le Consulat de France dans les Provinces de l’Atlantique en 2022.

Dernièrement, la communauté francophone de Whitehorse a reçu la visite de l’équipe des Productions Rivard du Manitoba. Leur but : tourner quatre segments au Yukon sur la francophonie hors Québec, expression qui devrait titrer la série d’émissions.

En tant qu’artiste francophone, j’ai participé au tournage fait à la galerie d’art Yukon Artists @Work.

Je tiens à préciser que mes commentaires ne visent pas l’équipe super sympathique des Productions Rivard. Je veux ici mettre à jour les pratiques des producteurs télé en général, en témoignant de mon expérience personnelle. Je me suis levée à 6 h du matin, j’ai parcouru 100 km aller-retour pour aller à la galerie d’art, j’ai consacré quatre heures de ma journée à cette production télévisuelle, et ce, sans aucune compensation financière. En plus de ne pas être rémunérée, j’ai cédé mes droits sur l’utilisation totale ou partielle des images captées et des propos que j’ai tenus. C’est une pratique courante chez les producteurs de contenu télévisuel et je la dénonce.

Les producteurs de télévision croient qu’ils nous rendent service en parlant de nous et qu’il est donc normal que nous soyons acteurs bénévoles. Mais dans la réalité, si les acteurs n’existent pas, il n’y a pas d’émission. J’utilise le nom «acteur» parce nous participons à un scénario. Cela n’implique pas de nous faire filmer sur le vif. «Coupez!» «On reprend.» Les équipes de production tiennent pour acquis que nous sommes à leur service et qu’il est normal que l’on chamboule nos horaires personnels et professionnels pour les accommoder. Pourquoi devrions-nous être bénévoles pour aider les producteurs à faire de l’argent? Pour de la visibilité? La visibilité, ça ne paie pas le loyer.

Le 7 septembre dernier marquait l’entrée en vigueur de la toute première Loi sur les langues officielles (LLO) au Canada. À l’époque, le Gouvernement canadien tentait de rectifier une injustice historique suivant les recommandations de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (1963-1969) qui avait d’ailleurs qualifié la situation de la plus grande crise de l’histoire du Canada.

Un demi-siècle plus tard, malgré certaines avancées du gouvernement fédéral et nonobstant les combats menés par de nombreux organismes de la société civile, qui sont les véritables héros de la mise en œuvre de la LLO? Qui incarne réellement la dualité linguistique canadienne, et qui porte jour après jour le fardeau de revendiquer la pleine mise en œuvre de cette loi quasi constitutionnelle?

René Cormier, sénateur indépendant

Lors des dernières élections fédérales, 14 candidats francophones ont remporté des sièges à l’extérieur du Québec. À moins de deux mois du prochain scrutin, il est intéressant de s’interroger à quoi pourrait ressembler la prochaine délégation de députés issus des communautés francophones à partir d’un tour d’horizon des circonscriptions où des candidats francophones semblent avoir de réelles chances de l’emporter. Les projections présentées dans ce texte sont tirées du site 333Canada.com, qui propose un modèle statistique de projection électorale basé sur les tendances électorales, l'évolution démographique et les sondages politiques. Les données utilisées ont été mises à jour le 18 août 2019.

Dans l’Ouest

L’Alberta pourrait bientôt ne plus avoir de député franco-albertain aux Communes. Il est difficile d’imaginer comment le libéral Randy Boissonnault pourrait conserver son siège dans une province où la popularité de son parti est au plus bas. Son adversaire conservateur dispose d’une avance de plus de 20 points sur lui.

Le Manitoba compte actuellement deux députés fédéraux francophones, ce qui ne devrait pas changer après les élections. Les libéraux et les conservateurs sont au coude-à-coude dans la circonscription de Saint-Boniface – Saint-Vital, qui est celle avec la plus grande proportion de francophones dans l’Ouest canadien. Le député libéral sortant est le Franco-Manitobain Dan Vandal qui aura pour principale adversaire la conservatrice Réjeanne Caron, elle aussi francophone. Dans la circonscription de Winnipeg-Centre, le libéral Robert-Falcon Ouellette, autochtone d’origine et francophone, est en bonne position pour être réélu. Fait intéressant, en janvier dernier, il a présenté le premier discours en langue autochtone interprété aux Communes.


En Ontario

Cinq sièges sont présentement détenus par des Franco-Ontariens aux Communes. Ce nombre, qui a déjà été plus élevé par le passé, pourrait augmenter à la suite du scrutin d’octobre. Le député libéral sortant de la circonscription Glengarry – Prescott – Russell, Francis Drouin, jouit d’une avance confortable sur son plus proche rival, Pierre F. Lemieux du Parti conservateur. Il en va de même pour le libéral Paul Lefebvre dans la circonscription de Sudbury qui devance les néo-démocrates d’une dizaine de points. Dans Ottawa-Vanier, la libérale Mona Fortier est loin devant la néo-démocrate Stéphanie Mercier et le conservateur Joël Bernard dans les intentions de vote. Dans la circonscription de Nickel Belt, une lutte chaude semble se dessiner entre le député sortant, Marc Serré du Parti libéral, et le chanteur franco-ontarien Stef Paquette du NPD. Dans la circonscription d’Algoma– Manitoulin – Kapuskasing, la néo-démocrate Carol Hugues jouit d’une avance confortable. Elle pourrait devenir l’une des principales voix pour la francophonie au sein du caucus de son parti cet automne dans un contexte où plusieurs de ses collègues sont en difficulté.  La circonscription d’Orléans, qui a déjà été représentée par des francophones par le passé, pourrait bientôt l’être à nouveau. Les libéraux sont en bonne posture pour conserver ce siège pour lequel l’ancienne ministre provinciale des Affaires francophones Marie-France Lalonde est candidate à l’investiture du parti. Enfin, dans la circonscription de Timmins – Baie James détenue par le néo-démocrate Charlie Angus (dont l’anglais est la seule langue de correspondance affichée sur le site du Parlement), la libérale Michelle Boileau pourrait causer la surprise si la descente du NPD se poursuit. À l’heure actuelle, cela semble toutefois peu probable puisque le député sortant dispose d’une avance confortable dans les sondages en plus d’être devenu une figure d’avant-plan de son parti depuis sa première élection en 2004.

Petite controverse dans le monde de la Fête nationale de l’Acadie, alors qu’un chanteur a profité sa présence sur scène pour critiquer le premier ministre Blaine Higgs. Serge Brideau est-il allé trop loin? Aurait-il dû choisir un autre moment pour s’exprimer? Non. Il était en droit de partager ses opinions.

 

Serge Brideau et son groupe, Les Hôtesses d’Hilaire, ne sont pas allergiques à la controverse. Ils n’ont pas hésité par le passé à dénoncer des situations politiques, parfois lors de moments les plus inattendus.

Au début de l’année à l’émission Belle et Bum, diffusée sur Télé-Québec, Brideau a soudainement déboutonné sa chemise, pendant une chanson. Sur son ventre était écrit en grosses lettres Kris Austin (le nom du chef de la People’s Alliance).

Le droit des francophones du Nouveau-Brunswick d’être servis dans leur langue chez Ambulance NB était alors victime d’un assaut sans précédent de la part du gouvernement progressiste-conservateur et de la People’s Alliance. En réalisant son coup d’éclat, Brideau s’assurait de tourner les projecteurs vers cet enjeu.

L’Aurore boréale, Yk.

«Dépêche-toi de mettre tes chaussures, viens vite, on va être en retard. Finis vite ton déjeuner, quoi? Tu n’as pas encore brossé tes dents?» J’ai réalisé récemment (oui, réalisé! Il me semble que je n’en avais jamais pris conscience) que ma fille de six ans n’avait aucune idée de ce que voulait dire «se presser». Grand bien lui fasse! Car ces phrases-là, c’est pendant nos vacances que je me suis entendue les dire…

L’Orléanais, On. Le gouvernement fédéral a un plan d’aide pour les grands journaux. Mais qu’advient-il des journaux communautaires qui racontent l’histoire des citoyens? Un éditorial de Nicole Patry.

Le nom d’un enfant, lauréat d’un concours d’orthographe ou d’art oratoire, un coup d’œil sur les talents sportifs ou musicaux exceptionnels de nos ados, l’histoire d’un ainé qui souffle ses 100 chandelles; la publication des succès de nos écoles francophones et de nos associations, la présentation de nos héros, de nos organismes de bienfaisance, des enjeux traitant de la francophonie ontarienne; un regard historique sur les pionniers d’Orléans; voilà quelques exemples de ce que L’Orléanais, la voix francophone d’Orléans, s’est donné comme mandat de transmettre à sa communauté.

Serge Miville, Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français, directeur de l’Institut franco-ontarien et professeur adjoint, département d’histoire, Université Laurentienne Stéphanie Chouinard, professeure adjointe, science politique, Collège militaire royal de Kingston et Queen’s University

Le protocole d’entente entre le Quebec Community Groups Network (QCGN), l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a été dévoilé le 3 juillet 2019. Il énonce le double objectif de faire des langues officielles, notamment de la modernisation de la Loi sur les langues officielles, un enjeu électoral d’une part et, d’autre part, de défendre les institutions existantes chez les minoritaires.

Opinions

La cohabitation linguistique au Canada a deux faces. La première est attrayante. Elle se dessine sous les traits de la Loi sur les langues officielles. Elle présente le visage d’un bel idéal comme un portrait exempt de tout défaut. C’est beau, mais ce n’est pas réel.
Opinions

Le mouvement a touché des centaines de villes sur cinq continents. Les foules les plus imposantes ont été, entre autres, à Sydney, Berlin, Paris, Bruxelles, Londres et Paris. À Montréal seulement, des dizaines de milliers d’étudiants ont protesté. Aux États-Unis, la mobilisation était plus modeste. …
Opinions

À notre époque apocalyptique où le climat s’emballe, les inégalités s’amplifient, il semble tout à fait logique que la fête de l’amour, la Saint-Valentin, prenne une tournure commerciale.
Opinions

« Francophobie ». Voilà que ce mot nauséabond réapparait dans le vocabulaire courant. Il plane sur tout le Canada. Le Nouveau-Brunswick est gouverné par un gouvernement minoritaire à la merci d’un parti hostile aux francophones.
Dans nos journaux

Il est là, juste devant moi. Dix mètres nous séparent et pourtant il reste là, impassible sur son poteau dans son épais manteau blanc. Sa tête pivote, un sourcil se lève de temps à autre pour être certain que je ne m’approche pas plus près. Je recule pour être sûr de pouvoir profiter du spectacle au…