De la visibilité, mais à quel prix?

Dernièrement, la communauté francophone de Whitehorse a reçu la visite de l’équipe des Productions Rivard du Manitoba. Leur but : tourner quatre segments au Yukon sur la francophonie hors Québec, expression qui devrait titrer la série d’émissions.

En tant qu’artiste francophone, j’ai participé au tournage fait à la galerie d’art Yukon Artists @Work.

Je tiens à préciser que mes commentaires ne visent pas l’équipe super sympathique des Productions Rivard. Je veux ici mettre à jour les pratiques des producteurs télé en général, en témoignant de mon expérience personnelle. Je me suis levée à 6 h du matin, j’ai parcouru 100 km aller-retour pour aller à la galerie d’art, j’ai consacré quatre heures de ma journée à cette production télévisuelle, et ce, sans aucune compensation financière. En plus de ne pas être rémunérée, j’ai cédé mes droits sur l’utilisation totale ou partielle des images captées et des propos que j’ai tenus. C’est une pratique courante chez les producteurs de contenu télévisuel et je la dénonce.

Les producteurs de télévision croient qu’ils nous rendent service en parlant de nous et qu’il est donc normal que nous soyons acteurs bénévoles. Mais dans la réalité, si les acteurs n’existent pas, il n’y a pas d’émission. J’utilise le nom «acteur» parce nous participons à un scénario. Cela n’implique pas de nous faire filmer sur le vif. «Coupez!» «On reprend.» Les équipes de production tiennent pour acquis que nous sommes à leur service et qu’il est normal que l’on chamboule nos horaires personnels et professionnels pour les accommoder. Pourquoi devrions-nous être bénévoles pour aider les producteurs à faire de l’argent? Pour de la visibilité? La visibilité, ça ne paie pas le loyer.

Plusieurs personnes de la communauté francophone ont été sollicitées pour les différents tournages. Le temps qu’elles ont consacré aux producteurs a été pris sur leurs heures de travail ou sur leur temps personnel, et il y a certaines personnes qui ont travaillé beaucoup plus d’heures que moi! Si les membres des équipes de production sont payées pour faire leur travail, pourquoi les personnes primordiales de leur émission travailleraient-elles bénévolement?

J’aimerais, par cette lettre, faire réfléchir les producteurs d’émissions de télévision. Dans vos budgets de production, incluez des cachets pour les acteurs. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas membres de l’Union des artistes (UDA) [organisme qui représente les artistes professionnels œuvrant en français au Québec et ailleurs au Canada] qu’il faut les considérer comme des «bénévoles». Leur temps s’avère aussi précieux que le leur. Surtout, n’oubliez pas que sans contenu, il n’y a pas d’émission.

Serge Miville, professeur adjoint et titulaire de la Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français
Lettre ouverte

LETTRE OUVERTE – L’annonce récente de la démission de Pierre Jury, éditorialiste depuis 17 ans au journal Le Droit d’Ottawa, devrait ébranler tout l’Ontario français. En choisissant de prendre ses distances avec l’éditorial quotidien, un processus enclenché en avril et qui semble se confirmer avec ce départ, Le Droit contribue à réduire la capacité de l’Ontario français de se penser comme sujet politique autonome, ce qui du même coup affaiblit l’un des rares contre-pouvoirs présents en milieu francophone minoritaire au pays.
Lettre ouverte

LETTRE OUVERTE – L’ancien premier ministre albertain, Ralph Klein, en parlait comme du secret le mieux gardé de l’Ouest. Fondé en 1908, le juniorat Saint-Jean, devenu une faculté de l’Université de l’Alberta en 1977, occupe depuis plus de 100 ans une place incontournable dans la francophonie albertaine, canadienne et internationale.
Langues officielles

OPINION —Nous apprenions récemment que la Commission scolaire English-Montreal avait obtenu un financement du Programme de contestation judiciaire (PCJ) en soutien de ses procédures de contestation de la Loi 21 au Québec. La couverture médiatique a largement fait état des reproches formulés par le gouvernement du Québec sur l’octroi de ce financement, mais a malheureusement fourni peu d’information sur son importance pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Opinion

OPINION — Le secteur des arts et de la culture de l’Ontario français commence à subir les contrecoups du différend qui oppose les enseignants ontariens et le gouvernement provincial. L’Alliance culturelle de l’Ontario leur demande d’éviter de pénaliser financièrement les organismes et les artistes.

Notre système de santé est malade. Les infrastructures qui devaient répondre aux besoins en santé de la population canadienne n’y parviennent plus. Les médecins le constatent tous les jours : les patients et les familles leur parlent de l’engorgement des hôpitaux, des longs délais d’attente et des difficultés d’accès aux soins appropriés.

La dualité linguistique, c’est l’affaire de tous les partis qui aspirent à siéger à la Chambre des communes. Tous sont appelés à se positionner à cet égard. Après l’engagement du chef du NPD [le 23 septembre], j’apprécie les déclarations d’Yves-François Blanchet [chef du Bloc Québécois] en solidarité avec les communautés francophones et acadiennes et, surtout, les propositions claires du Bloc Québécois pour la modernisation de la Loi sur les langues officielles.
René Cormier

Le 7 septembre dernier marquait l’entrée en vigueur de la toute première Loi sur les langues officielles (LLO) au Canada. À l’époque, le Gouvernement canadien tentait de rectifier une injustice historique suivant les recommandations de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (1963-1969) qui avait d’ailleurs qualifié la situation de la plus grande crise de l’histoire du Canada.

Lors des dernières élections fédérales, 14 candidats francophones ont remporté des sièges à l’extérieur du Québec. À moins de deux mois du prochain scrutin, il est intéressant de s’interroger à quoi pourrait ressembler la prochaine délégation de députés issus des communautés francophones à partir d’un tour d’horizon des circonscriptions où des candidats francophones semblent avoir de réelles chances de l’emporter. Les projections présentées dans ce texte sont tirées du site 333Canada.com, qui propose un modèle statistique de projection électorale basé sur les tendances électorales, l'évolution démographique et les sondages politiques. Les données utilisées ont été mises à jour le 18 août 2019.
Serge Miville

Serge Miville, Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français, directeur de l’Institut franco-ontarien et professeur adjoint, département d’histoire, Université Laurentienne Stéphanie Chouinard, professeure adjointe, science politique, Collège militaire royal de Kingston et Queen’s University
Opinions

La cohabitation linguistique au Canada a deux faces. La première est attrayante. Elle se dessine sous les traits de la Loi sur les langues officielles. Elle présente le visage d’un bel idéal comme un portrait exempt de tout défaut. C’est beau, mais ce n’est pas réel.
Opinions

Le mouvement a touché des centaines de villes sur cinq continents. Les foules les plus imposantes ont été, entre autres, à Sydney, Berlin, Paris, Bruxelles, Londres et Paris. À Montréal seulement, des dizaines de milliers d’étudiants ont protesté. Aux États-Unis, la mobilisation était plus modeste. …
Opinions

À notre époque apocalyptique où le climat s’emballe, les inégalités s’amplifient, il semble tout à fait logique que la fête de l’amour, la Saint-Valentin, prenne une tournure commerciale.
Opinions

« Francophobie ». Voilà que ce mot nauséabond réapparait dans le vocabulaire courant. Il plane sur tout le Canada. Le Nouveau-Brunswick est gouverné par un gouvernement minoritaire à la merci d’un parti hostile aux francophones.
Dans nos journaux

Il est là, juste devant moi. Dix mètres nous séparent et pourtant il reste là, impassible sur son poteau dans son épais manteau blanc. Sa tête pivote, un sourcil se lève de temps à autre pour être certain que je ne m’approche pas plus près. Je recule pour être sûr de pouvoir profiter du spectacle au…