Le sénateur indépendant René Cormier

50 ans de langues officielles au Canada : les véritables héros des langues officielles

Le 7 septembre dernier marquait l’entrée en vigueur de la toute première Loi sur les langues officielles (LLO) au Canada. À l’époque, le Gouvernement canadien tentait de rectifier une injustice historique suivant les recommandations de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (1963-1969) qui avait d’ailleurs qualifié la situation de la plus grande crise de l’histoire du Canada.

Un demi-siècle plus tard, malgré certaines avancées du gouvernement fédéral et nonobstant les combats menés par de nombreux organismes de la société civile, qui sont les véritables héros de la mise en œuvre de la LLO? Qui incarne réellement la dualité linguistique canadienne, et qui porte jour après jour le fardeau de revendiquer la pleine mise en œuvre de cette loi quasi constitutionnelle?

René Cormier, sénateur indépendant

Sans contredit, ce sont les citoyennes et citoyens, habitant de petites communautés partout au pays, qui s’acquittent de cette grande responsabilité. Il suffit de jeter un coup d’œil au rapport annuel du Commissariat aux langues officielles (Commissariat), lequel fait état de 1087 plaintes jugées recevables pour l’année 2018-2019. Bien qu’impressionnant, ce nombre ne représente vraisemblablement que la pointe de l’iceberg de l’ensemble des violations à la LLO commises au pays.

Récemment, la Cour fédérale donnait raison à Michel et Lynda Thibodeau, à la suite du dépôt de 22 plaintes en 2016 au Commissariat pour des infractions alléguées à la LLO par Air Canada. C’est grâce à ces plaintes formulées par des individus vigilants et les acteurs de la société civile que les droits linguistiques se sont façonnés au Canada.

Je pense aussi à Emma, une jeune femme engagée de Hillsborough, que j’ai eu la chance de rencontrer dans le cadre de la Semaine de la Fierté de Moncton. Convaincue que la maitrise des deux langues officielles du pays constitue une richesse, Emma a eu la volonté et la détermination d’apprendre le français en dépit du fait qu’elle habite dans une municipalité majoritairement anglophone du sud du Nouveau-Brunswick.

Il faut évidemment reconnaitre toutes celles et tous ceux qui œuvrent dans nos médias communautaires. Alors que la survie de nos radios et journaux communautaires est grandement menacée, nous prenons la pleine mesure du rôle et de l’impact de ces instruments de communication dans l’épanouissement et la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada. Leur disparition serait un désastre pour notre avenir collectif.

À l’aube d’un automne chargé de promesses, il me semble crucial qu’un réel dialogue, empreint d’écoute et porteur d’actions, s’établisse entre les instances gouvernementales, actuelles et futures, et la population canadienne concernant l’avenir de la dualité linguistique au Canada. Cela doit se faire en tenant compte de notre responsabilité collective de promouvoir les langues autochtones, tout en réaffirmant haut et fort l’importance de ce contrat social qui unit les Canadiennes et Canadiens.  

Afin de susciter un engagement de tous, il est de notre responsabilité individuelle et collective de faire valoir sur toutes les plateformes possibles la force et l’impact de cette loi et l’importance de la moderniser pour qu’elle soit réellement cohérente, efficace et contraignante.

Promouvoir et comprendre le bilinguisme et la dualité linguistique au Canada c’est reconnaitre et apprécier le contrat social qui unit les citoyennes et citoyens de notre pays. C’est aussi adhérer à une vision du Canada ancrée dans sa Constitution, ses lois et sa Charte canadienne des droits et libertés.

Au Sénat du Canada, j’ai le privilège de représenter le Nouveau-Brunswick, une province où, il y a cinquante ans, des élus visionnaires ont eu le courage et la détermination d’inscrire dans un cadre législatif provincial notre réalité linguistique et culturelle. Malgré les défis auxquels le Nouveau-Brunswick fait toujours face, cette province demeure à ce jour, une source d’inspiration pour le pays tout entier.

Reconnaissons le chemin parcouru, célébrons nos «héros linguistiques» partout au pays et surtout, poursuivons le travail en restant vigilants et mobilisés, afin que cette loi essentielle pour l’avenir de notre pays soit modernisée dans les plus brefs délais.

Lors des dernières élections fédérales, 14 candidats francophones ont remporté des sièges à l’extérieur du Québec. À moins de deux mois du prochain scrutin, il est intéressant de s’interroger à quoi pourrait ressembler la prochaine délégation de députés issus des communautés francophones à partir d’un tour d’horizon des circonscriptions où des candidats francophones semblent avoir de réelles chances de l’emporter. Les projections présentées dans ce texte sont tirées du site 333Canada.com, qui propose un modèle statistique de projection électorale basé sur les tendances électorales, l'évolution démographique et les sondages politiques. Les données utilisées ont été mises à jour le 18 août 2019.

Dans l’Ouest

L’Alberta pourrait bientôt ne plus avoir de député franco-albertain aux Communes. Il est difficile d’imaginer comment le libéral Randy Boissonnault pourrait conserver son siège dans une province où la popularité de son parti est au plus bas. Son adversaire conservateur dispose d’une avance de plus de 20 points sur lui.

Le Manitoba compte actuellement deux députés fédéraux francophones, ce qui ne devrait pas changer après les élections. Les libéraux et les conservateurs sont au coude-à-coude dans la circonscription de Saint-Boniface – Saint-Vital, qui est celle avec la plus grande proportion de francophones dans l’Ouest canadien. Le député libéral sortant est le Franco-Manitobain Dan Vandal qui aura pour principale adversaire la conservatrice Réjeanne Caron, elle aussi francophone. Dans la circonscription de Winnipeg-Centre, le libéral Robert-Falcon Ouellette, autochtone d’origine et francophone, est en bonne position pour être réélu. Fait intéressant, en janvier dernier, il a présenté le premier discours en langue autochtone interprété aux Communes.


En Ontario

Cinq sièges sont présentement détenus par des Franco-Ontariens aux Communes. Ce nombre, qui a déjà été plus élevé par le passé, pourrait augmenter à la suite du scrutin d’octobre. Le député libéral sortant de la circonscription Glengarry – Prescott – Russell, Francis Drouin, jouit d’une avance confortable sur son plus proche rival, Pierre F. Lemieux du Parti conservateur. Il en va de même pour le libéral Paul Lefebvre dans la circonscription de Sudbury qui devance les néo-démocrates d’une dizaine de points. Dans Ottawa-Vanier, la libérale Mona Fortier est loin devant la néo-démocrate Stéphanie Mercier et le conservateur Joël Bernard dans les intentions de vote. Dans la circonscription de Nickel Belt, une lutte chaude semble se dessiner entre le député sortant, Marc Serré du Parti libéral, et le chanteur franco-ontarien Stef Paquette du NPD. Dans la circonscription d’Algoma– Manitoulin – Kapuskasing, la néo-démocrate Carol Hugues jouit d’une avance confortable. Elle pourrait devenir l’une des principales voix pour la francophonie au sein du caucus de son parti cet automne dans un contexte où plusieurs de ses collègues sont en difficulté.  La circonscription d’Orléans, qui a déjà été représentée par des francophones par le passé, pourrait bientôt l’être à nouveau. Les libéraux sont en bonne posture pour conserver ce siège pour lequel l’ancienne ministre provinciale des Affaires francophones Marie-France Lalonde est candidate à l’investiture du parti. Enfin, dans la circonscription de Timmins – Baie James détenue par le néo-démocrate Charlie Angus (dont l’anglais est la seule langue de correspondance affichée sur le site du Parlement), la libérale Michelle Boileau pourrait causer la surprise si la descente du NPD se poursuit. À l’heure actuelle, cela semble toutefois peu probable puisque le député sortant dispose d’une avance confortable dans les sondages en plus d’être devenu une figure d’avant-plan de son parti depuis sa première élection en 2004.

Petite controverse dans le monde de la Fête nationale de l’Acadie, alors qu’un chanteur a profité sa présence sur scène pour critiquer le premier ministre Blaine Higgs. Serge Brideau est-il allé trop loin? Aurait-il dû choisir un autre moment pour s’exprimer? Non. Il était en droit de partager ses opinions.

 

Serge Brideau et son groupe, Les Hôtesses d’Hilaire, ne sont pas allergiques à la controverse. Ils n’ont pas hésité par le passé à dénoncer des situations politiques, parfois lors de moments les plus inattendus.

Au début de l’année à l’émission Belle et Bum, diffusée sur Télé-Québec, Brideau a soudainement déboutonné sa chemise, pendant une chanson. Sur son ventre était écrit en grosses lettres Kris Austin (le nom du chef de la People’s Alliance).

Le droit des francophones du Nouveau-Brunswick d’être servis dans leur langue chez Ambulance NB était alors victime d’un assaut sans précédent de la part du gouvernement progressiste-conservateur et de la People’s Alliance. En réalisant son coup d’éclat, Brideau s’assurait de tourner les projecteurs vers cet enjeu.

L’Aurore boréale, Yk.

«Dépêche-toi de mettre tes chaussures, viens vite, on va être en retard. Finis vite ton déjeuner, quoi? Tu n’as pas encore brossé tes dents?» J’ai réalisé récemment (oui, réalisé! Il me semble que je n’en avais jamais pris conscience) que ma fille de six ans n’avait aucune idée de ce que voulait dire «se presser». Grand bien lui fasse! Car ces phrases-là, c’est pendant nos vacances que je me suis entendue les dire…

L’Orléanais, On. Le gouvernement fédéral a un plan d’aide pour les grands journaux. Mais qu’advient-il des journaux communautaires qui racontent l’histoire des citoyens? Un éditorial de Nicole Patry.

Le nom d’un enfant, lauréat d’un concours d’orthographe ou d’art oratoire, un coup d’œil sur les talents sportifs ou musicaux exceptionnels de nos ados, l’histoire d’un ainé qui souffle ses 100 chandelles; la publication des succès de nos écoles francophones et de nos associations, la présentation de nos héros, de nos organismes de bienfaisance, des enjeux traitant de la francophonie ontarienne; un regard historique sur les pionniers d’Orléans; voilà quelques exemples de ce que L’Orléanais, la voix francophone d’Orléans, s’est donné comme mandat de transmettre à sa communauté.

Serge Miville, Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français, directeur de l’Institut franco-ontarien et professeur adjoint, département d’histoire, Université Laurentienne Stéphanie Chouinard, professeure adjointe, science politique, Collège militaire royal de Kingston et Queen’s University

Le protocole d’entente entre le Quebec Community Groups Network (QCGN), l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a été dévoilé le 3 juillet 2019. Il énonce le double objectif de faire des langues officielles, notamment de la modernisation de la Loi sur les langues officielles, un enjeu électoral d’une part et, d’autre part, de défendre les institutions existantes chez les minoritaires.

Opinions

La cohabitation linguistique au Canada a deux faces. La première est attrayante. Elle se dessine sous les traits de la Loi sur les langues officielles. Elle présente le visage d’un bel idéal comme un portrait exempt de tout défaut. C’est beau, mais ce n’est pas réel.
Opinions

Le mouvement a touché des centaines de villes sur cinq continents. Les foules les plus imposantes ont été, entre autres, à Sydney, Berlin, Paris, Bruxelles, Londres et Paris. À Montréal seulement, des dizaines de milliers d’étudiants ont protesté. Aux États-Unis, la mobilisation était plus modeste. …
Opinions

À notre époque apocalyptique où le climat s’emballe, les inégalités s’amplifient, il semble tout à fait logique que la fête de l’amour, la Saint-Valentin, prenne une tournure commerciale.
Opinions

« Francophobie ». Voilà que ce mot nauséabond réapparait dans le vocabulaire courant. Il plane sur tout le Canada. Le Nouveau-Brunswick est gouverné par un gouvernement minoritaire à la merci d’un parti hostile aux francophones.
Dans nos journaux

Il est là, juste devant moi. Dix mètres nous séparent et pourtant il reste là, impassible sur son poteau dans son épais manteau blanc. Sa tête pivote, un sourcil se lève de temps à autre pour être certain que je ne m’approche pas plus près. Je recule pour être sûr de pouvoir profiter du spectacle au…