François Gravel, éditorialiste

Élections fédérales : La boîte à surprises du Nouveau-Brunswick

C’est fait. Le Canada est officiellement entré en campagne électorale. Les principaux chefs fédéraux passeront 40 jours à sillonner notre grand pays afin de convaincre les électeurs de voter pour leurs candidats, le lundi 21 octobre.

Nous n’en avons pas fait de secret en éditorial, nous aurions préféré que la campagne électorale soit déclenchée dimanche.

Les Maritimes se remettent encore du passage de l’ouragan Dorian. Au moment où le premier ministre Justin Trudeau s’est présenté à la résidence de la gouverneure générale Julie Payette afin de dissoudre le Parlement, un peu moins de 300 clients d’Énergie NB attendaient encore de retrouver le courant. La situation est pire en Nouvelle-Écosse, où plus de 63 000 clients entreprenaient une cinquième journée de suite sans électricité.

À sa décharge, M. Trudeau s’est toutefois rendu mardi en Nouvelle-Écosse afin de visiter les sinistrés. Il n’est pas non plus le seul qui a hâte d’en découdre devant l’électorat. Le chef conservateur Andrew Scheer et la chef du Parti vert Elizabeth May avaient déjà annoncé leur intention de lancer leur campagne mercredi.

Le NPD, lui, était encore plus pressé. Sa campagne a débuté en fin de semaine. Une autre preuve que ce tiers parti est décidément bien déconnecté de la réalité des Maritimes.


Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal Acadie Nouvelle

Chronique

LE COURRIER (Nouvelle-Écosse) – Combien restera-t-il de l’Australie? C’est la question qui court sur beaucoup de lèvres en ce début d’année alors que des incendies ravagent plusieurs secteurs de l’ile-continent, détruisant tout sur leur passage.

Ce ne sont pas les dossiers explosifs qui font défaut en ce début d’année. Un bombardement effectué en Irak par les États-Unis vient de tuer le général iranien Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods chargée des opérations extérieures non conventionnelles au service de son pays. Les tensions entre l’Iran et les États-Unis pourraient tourner au conflit ouvert.

S’il y a un trait d’union entre ces deux points saillants de l’actualité, c’est bel et bien le lien entre les ressources énergétiques, qui suscitent l’intérêt stratégique du Moyen-Orient aux yeux de l’Occident, et l’environnement, de plus en plus menacé par l’activité humaine.

Au cours de la dernière année, la militante écologique Greta Thunberg, une adolescente suédoise, a connu une célébrité fulgurante grâce à sa campagne pour dénoncer l’insuffisance des mesures prises face au changement climatique. Héroïne des uns, bête noire des autres — comme le président américain Donald Trump qui l’attaque sur Twitter — elle est devenue le visage du mouvement des grèves scolaires pour le climat.

Mais elle n’est ni la seule ni la première de sa génération à s’engager pour cette cause. Comme elle le reconnait elle-même, c’est la jeunesse des pays en développement et des communautés marginalisées qu’il faut écouter pour comprendre les enjeux.

Voici cinq étoiles montantes du mouvement écologique planétaire.

FRANCOPRESSE – Deux-mille-vingt a commencé sur une note un peu sèche. La Bibliothèque municipale de Toronto voulait retirer des dizaines de milliers de titres en français de ses rayons. Le livre est pourtant un des plus importants fondements matériels d’une culture.

La mauvaise nouvelle s’est vite répandue dans l’actualité. Le quotidien Le Devoir l’a dénoncée. Livres Hebdo, en France, a fait de même tandis que TV5 Monde l’a publiée à l’intention de la francophonie planétaire.

Le milieu politique s’en est mêlé. Les ministres Mélanie Joly à Ottawa et Caroline Mulroney à Toronto, les deux responsables des questions francophones dans leur gouvernement respectif, ont protesté.

Indignation aussi chez les francophones; l’Association des communautés francophones de l’Ontario à Toronto (ACFO-Toronto) et la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) ont sonné les clairons.

Étonnée par l’ampleur du mouvement, la bibliothécaire en chef de Toronto, Vickery Bowles, s’est finalement confondue en excuses. Elle va ajouter 20 000 titres à la collection.

Cette fausse note faisait suite aux échos du Jeudi noir de l’automne 2018, l’œuvre du premier ministre ontarien, Doug Ford. L’Université de l’Ontario français était mise en dormance puis le Commissaire aux services en français disparaissait.

Tourmente par la suite, les protestations ont fusé de partout au pays avec de bons résultats. L’Ontario a maintenant une nouvelle commissaire aux services en français puis l’Université de l’Ontario français, toujours en projet, est remise sur les rails.

Les voltes-faces sont rares en politique. La règle habituelle veut qu’un décideur ne se trompe pas. Ce qui est fait est fait, et le restera, mais pas cette fois. L’erreur n’a pas résisté au poids de l’opinion. On a l’impression que le Canada que l’on dit «anglais» a testé ses limites.

Éditorial

LE MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – La nouvelle année apporte avec elle de nouveaux défis pour le journal Le Moniteur Acadien. Certains des changements que nous entreprenons se font par nécessité et non par choix, tandis que d’autres font partie des exigences d’un monde en changement et du besoin de s’adapter à de nouvelles réalités pour survivre.

En même temps, nous sommes toujours à la recherche de façons d’améliorer la qualité du Moniteur afin de mieux répondre à vos attentes, aux besoins des commerçants qui nous appuient et à l’évolution des communautés acadiennes que nous desservons.

Le premier élément de renouveau a été imposé par la fermeture de Transcontinental, notre imprimerie depuis sept ans. Heureusement, nous avons pu trouver une imprimerie de remplacement, Advocate Printing de Pictou, en Nouvelle-Écosse, qui nous permettra de poursuivre nos opérations sans interruption. Ce changement, qui prendra effet la semaine du 20 janvier, aura quand même des conséquences. Le journal sera un peu plus petit (2,5 cm ou un pouce plus court) et la livraison sera repoussée d’une journée, du mardi au mercredi.

Si tout va bien, l’année 2020 risque aussi d’apporter un nouveau choix à nos lecteurs. Un de nos projets est de vous offrir une version numérique d’ici quelques mois. Cela demande un investissement considérable mais, encore là, c’est une option qui s’impose dans un monde assoiffé de nouvelles technologies et de nouvelles manières d’avoir accès à l’information. Votre humble serviteur, d’un certain âge, s’informe lui-même par l’entremise d’abonnements à l’Acadie Nouvelle et au Globe & Mail et grâce aux sites web du journal Le Devoir, du Washington Post et du journal Le Point, pour ne mentionner que ceux-là. C’est bien connu, on n’arrête pas le progrès!

Chronique

AURORE BORÉALE (Yukon) – L’ampleur des changements climatiques est sans précédent. Les effets de ces changements sont plus marqués et se produisent à un rythme plus rapide dans le Nord qu’ailleurs dans le monde. Face à ce constat, réduire son impact environnemental est devenu le mantra de nombreuses personnes. Dont moi.

Pour la survie de la planète, des abeilles et des glaciers, je me suis mise à consommer moins, consommer mieux, manger local, refuser les produits transformés, réparer, coudre, recycler. Décrypter les étiquettes, m’informer et passer des heures sur Internet à chercher comment voyager sans faire exploser mon bilan carbone. Me déplacer à vélo, fabriquer mes produits d’entretien, mon pain et mon kombucha.

Opinion

Les livres sont les gardiens de la mémoire des hommes. Une mémoire qui, à travers le temps, a parfois été malmenée.

C’est pourquoi l’histoire nous apprend à observer le passé pour mieux comprendre le présent et tenter d’anticiper l’avenir.

La décision très mal avisée de la Bibliothèque publique de Toronto de retirer des tablettes de ses bibliothèques 26 000 livres et ressources en français a généré une onde de choc auprès des francophones, tant en Ontario qu’ailleurs au pays.

Chronique

L’EXPRESS, Ontario. «Toute ma vie, je me suis battu pour la francophonie et pour l’égalité des deux communautés linguistiques… Peut-être que la guerre que j’ai menée toute ma vie rapportera quelque chose, et ce, même si les défaites s’additionnent.»

C’est ce qu’écrit Michel Bastarache dans une autobiographie réalisée avec le journaliste Antoine Trépanier comme coauteur, publiée sous le titre Ce que je voudrais dire à mes enfants par Les Presses de l’Université d’Ottawa.

Une préface signée par sa compatriote acadienne Antonine Maillet prédit que «ce récit d’une vie, pétri avec le cœur autant qu’avec le cerveau, restera un joyau indispensable à tous ceux qui se penchent sur leur propre existence, parce qu’il nous révèle à la fois les plages cachées de notre passé, les ambigüités de notre présent et surtout les espoirs insoupçonnés de notre avenir».

La Saskatchewan se prête bien à l’exploration. Nos chemins de campagne mènent tous éventuellement à des endroits intéressants, mais parfois oubliés. Peut-être qu’il s’agit d’une vieille église ou d’une étable balayée par le vent. Un photographe de Shaunavon explore ces coins perdus et partage leur découverte.

Chris Attrell capte surtout les symboles des Prairies. C’est-à-dire qu’il se concentre sur les villages fantômes, les élévateurs et les bâtisses abandonnées. Ce qui distingue sa photographie et la rend mémorable est que Chris Attrell prend souvent ses photos la nuit.

Ni animal, ni végétal, ni champignon, mais bien vivant! Dépourvu de cerveau, mais intelligent! Unicellulaire, mais géant! Rencontre avec le blob, cette créature qui sort de 500 millions d’années de mutisme.

Nombre de marcheurs sont surement passés devant lui, qui est présent dans tous les sous-bois du globe, sans connaitre son incroyable pouvoir, le confondant avec un vulgaire lichen. Non, le myxomycète ne fait pas partie de ce monde : il est tout droit sorti d’un Marvel!

Guy Badeaux

Le parc des Collines de Cyprès compte parmi les parcs les plus visités de la Saskatchewan. La majorité des touristes y vont l’été, mais l’hiver, grâce à sa neige abondante et le calme de sa saison creuse, le parc offre une expérience de plein air digne de votre considération.

Situé à 20 minutes au sud de Maple Creek, ce parc provincial accorde une belle gamme d’activités d’hiver. Vous y trouverez de la raquette, de la motoneige, du toboggan, du ski de fond et du patinage.

«On sait ben! C’est l’garçon de son père!» Expression d’usage courant, mais fort curieuse… On ne peut pas être père sans fils, ni fils sans père. L’un ne va pas sans l’autre.

Cette bizarrerie langagière nous est familière. Elle m’est venue en mémoire en écoutant la gouverneure générale lire le discours du Trône.

Ce n’est pas Julie Payette qui, penchée sur son écritoire à Rideau Hall, a rédigé cet exposé de 40 minutes sur le prochain mandat libéral. C’est plutôt le voisin d’en face, celui du 24 Sussex, Justin Trudeau, qui a couché ces mots sur papier, probablement avec les conseils de son entourage.

Ainsi vont les choses dans notre pays. Le chef d’État agit toujours sur les conseils du premier ministre. Par conséquent, tout comme son père et ses autres prédécesseurs, Justin Trudeau peut dicter ses volontés et intentions à la gouverneure générale.

Le passage suivant m’a rappelé les années de son père.

On va s’affairer à mener «à bien un plan qui procure des résultats pour tous les Canadiens, y compris les femmes, les membres des minorités visibles et linguistiques, les personnes handicapées, ainsi que les membres de communautés LGBTQ2».

Et voilà! Les minorités linguistiques se retrouvent diluées dans la masse, parmi toutes les minorités qui peuplent le Canada. On oublie la notion des deux peuples fondateurs. Entre les lignes, on lit la formule du multiculturalisme cher à Pierre Elliott Trudeau qui en a fait une politique officielle dans les années 70 et 80.

C’était peu de temps après la Commission Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme.

Guy Badeaux

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim MacPherson, a sonné l’alarme au sujet de la diminution de familles d’accueil dans la province. Dans un rapport navrant de 60 pages, elle décrit un système en détérioration.

Une de ses conclusions se lit comme suit : «Le ministère ne gère pas efficacement le placement et les soins des enfants sous leur garde dans les foyers de groupe et les placements spécialisés.» La situation est importante, selon madame MacPherson, parce que «des soins inadéquats peuvent avoir des conséquences désastreuses, contribuant aux tentatives de suicide, aux dépendances, aux problèmes de santé mentale à long terme et à l’itinérance.»

Le rapport nous apprend que de plus en plus de très jeunes enfants sont placés dans des foyers de groupe, y compris des enfants de moins de cinq ans. Comment cela est-il possible? En fait, le nombre de familles d’accueil a diminué de 30 % depuis 2014. Une mère nourricière qui accueille des enfants depuis plus de 20 ans nous disait que la diminution est bien plus grande si on regarde sur une plus longue période.

Guy Badeaux

Le site web Le projet Voltaire définit cette expression ainsi : «Une personne qui tente de ménager la chèvre et le chou est … perçue comme cherchant à satisfaire des intérêts ou des protagonistes opposés…». C’est ce qu’a fait de main de maitre l’ombudsman de Radio-Canada, Guy Gendron, dans sa décision concernant l’émission spéciale de la soirée électorale du 21 octobre dernier.

Dès le lendemain de l’élection, Madame Aude Rahmani d’Ottawa logeait une plainte contre l’émission dénonçant, entre autres, «le parti pris éditorial québécocentriste». Elle écrivait : «Accent mis sur les résultats des circonscriptions québécoises en termes de nombre de vues et de temps d’antenne, et le traitement pauvre ou quasi inexistant des résultats des circonscriptions des autres provinces et territoires.» Elle affirmait qu’étant donné son statut national, Radio-Canada se devait «d’informer avec la même attention et le même respect les spectateurs francophones à la grandeur du pays sur tous les résultats et d’en faire une analyse province par province, territoire par territoire».

Avant de poursuivre, permettez-moi d’avouer que je n’ai pas regardé cette émission. J’ai compris il y a longtemps que, pour avoir une vision vraiment nationale, il faut écouter CBC. Lors de la soirée du 21 octobre, j’ai donc syntonisé CBC et j’ai, à quelques occasions, pitonné pour m’apercevoir que Radio-Canada me parlait encore du Québec. J’ai donc regardé les résultats en anglais. C’est malheureux, mais c’est ainsi.

La plainte de Madame Rahmani ayant été envoyée à la direction de l’information du diffuseur national, c’est un des directeurs du service de l’Information qui lui a répondu. Et comme de raison, il se dit fier de l’émission même si «tout n’était pas parfait». Il défend le québécocentrisme en expliquant que les changements électoraux causés par la remontée spectaculaire du Bloc Québécois nécessitaient une plus grande analyse.

Insatisfaite de ce blabla institutionnel, Madame Rahmani a demandé à l’ombudsman de Radio-Canada de réviser sa plainte.

Notre système de santé est malade. Les infrastructures qui devaient répondre aux besoins en santé de la population canadienne n’y parviennent plus. Les médecins le constatent tous les jours : les patients et les familles leur parlent de l’engorgement des hôpitaux, des longs délais d’attente et des difficultés d’accès aux soins appropriés.

Le moment est venu de changer le discours.

L’Association médicale canadienne (AMC) a entendu des résidentes et des résidents de toutes les régions du pays. Ils veulent un système de santé sur lequel ils peuvent compter aujourd’hui, et pourront compter demain. Non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs êtres chers. Et surtout pour leurs parents vieillissants. La solution passe par une hausse du financement accordé aux provinces et aux territoires.

Au cours de la campagne électorale fédérale, les soins de santé ont rapidement monté dans l’échelle de priorité des électeurs, et le gouvernement a réagi en s’engageant à investir dans les soins primaires, qui constituent l’épine dorsale de nos systèmes de santé. Maintenant, les premiers ministres des provinces et des territoires doivent s’unir et obliger le gouvernement fédéral à tenir parole, parce que pour avoir un système de santé très performant et accessible à tous, il nous faut d’abord un système de soins primaires robuste.

Ce qui enrage Greta Thunberg et qui nous interpelle tant par sa justesse, c’est qu’elle exige de nos gouvernements d’écouter les vérités scientifiques concernant le réchauffement climatique et d’agir en conséquence.

De façon similaire, c’est bien connu et répété sur de nombreuses tribunes que notre système économique, fondé sur l’idéologie capitaliste, n’est pas viable tel qu’il est conçu maintenant.

Éditorial

Quatorze jeunes femmes ont trouvé la mort dans leur salle de classe parce qu’elles étaient des femmes. Mais avec ce 30e anniversaire, la commémoration des évènements survenus à l’École polytechnique de Montréal prend place dans une société qui se veut plus égalitaire.

En 1989, c’était un tueur fou qui avait commis l’horreur. En 2019, c’est un acte antiféministe contre une nation qui pensait avoir bien avancé sur l’égalité des sexes.

Ne pas se reposer sur ses lauriers… C’est pour cela qu’il est important de commémorer et de réactualiser l’histoire à la lumière de notre évolution. Le temps fait comprendre des choses, mais en fait oublier également.

Guy Badeaux

«Maman…» Deux syllabes, deux phonèmes, le mot français le plus facile à prononcer, le premier appel parlé d’un jeune enfant à sa mère. C’est comme une seconde naissance : celle du bébé d’abord puis celle du francophone. Ce mot, c’est la jeune pousse fragile qui sort de terre après les semailles. En milieu fertile, elle trouvera le soleil et grandira sans césure pour devenir un beau tournesol. Dans le cas contraire, elle cherchera en vain la lumière.

C’est contre cette issue fatale que l’on doit protéger ce francophone naissant, en évitant la cassure qui brisera sa croissance. Ce n’est pas facile quand on est minoritaires.

Il faut aller plus loin que la Charte des droits et libertés qui ne porte que sur l’enseignement en français. L’enfant a six ans quand il ouvre son premier étui à crayon et découvre le tableau noir. Entre le berceau et l’école, le chérubin aura rencontré sa voisine Judy ou son voisin Trevor à la garderie ou ailleurs. Il aura emprunté leurs mots comme il empruntait ceux de ses parents depuis ses premiers balbutiements. Le milieu ne lui aurait pas apporté cette force nécessaire à la vie. Petit à petit, la confusion va s’installer dans son esprit. Son sentiment identitaire va accuser le choc. L’insécurité finira par gruger sa confiance.

Une initiative toute récente vise à lever cet écueil. La Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) vient d’annoncer un ensemble de projets de développement de la petite enfance et de services de garde en français dans les communautés minoritaires. Oui, c’est là qu’il faut commencer.

Lettre ouverte

Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient Nathalie Provost, diplômée de Polytechnique, survivante et porte-parole de PolySeSouvient

Monsieur le Ministre,


Permettez-nous de vous féliciter pour votre nomination au poste de ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile et pour vous offrir notre appui au moment où vous vous apprêtez à réaliser les promesses électorales reliées au contrôle des armes à feu. Nous sommes très optimistes quant à la réalisation de ces promesses au cours du prochain mandat libéral compte tenu de l’appui explicite de trois partis d’opposition (NPD, Bloc Québécois et Parti Vert) en faveur de plusieurs des mesures proposées, notamment l’interdiction des armes d’assaut.

C’est dans l’esprit de ces promesses que nous vous demandons aujourd’hui de mettre en œuvre un moratoire immédiat sur la vente des armes d’assaut, ainsi qu’une interdiction permanente sur l’importation et la fabrication des armes de poing.

Comme vous le savez, les crimes et les actes de violence commis à l'aide d'armes à feu sont en augmentation et requièrent des solutions urgentes. D’après Statistique Canada, le nombre d’homicides par armes à feu a augmenté pour une quatrième année consécutive, ayant plus que doublé entre 2013 et 2017 (de 131 à 266) avec le taux actuel représentant «le plus élevé observé au Canada depuis 1992». Notons que cette recrudescence suit de près le démantèlement de mesures de contrôle majeures entrepris à partir de 2012 par le précédent gouvernement Harper.

Guy Badeaux

Guy Badeaux

Deux visions de la Francophonie se côtoient. L’une évoque l’avenir d’un Québec en évolution à côté des minorités en perdition. L’autre croit toujours en la force d’un français épanoui partout au Canada.

On a beaucoup entendu parler de la première ces dernières semaines. C’est celle de Denise Bombardier. L’autre provient de Sonia LeBel, ministre québécoise responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne. Elle l’a exposée à Winnipeg, bien loin du plateau de Tout le monde en parle, au congrès annuel de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF), au moment même où le documentaire Denise au pays des Francos semait l’émoi.

«Il y a un éveil fragile, une brèche au Québec», a-t-elle dit aux membres de la FNCSF. «Mon travail c’est de l’agrandir. Je suis convaincue qu’une francophonie canadienne forte va servir autant au Québec pour agrandir ses horizons.»

On est loin de la pensée souverainiste. Au soir de la défaite référendaire de 1995, Jacques Parizeau avait invité les Québécois à cesser de s’appeler «francophones». Ceci faisait d’eux une classe à part dont le lien avec la francophonie canadienne était fort ténu.

Loin aussi de la vision de René Lévesque.

Je l’ai rencontré dans une librairie de Charlottetown à l’Ile-du-Prince-Édouard. Il présentait la version anglaise de sa biographie publiée en 1986. Je lui avais demandé ce qu’il pensait de ce concept qui veut que le nord du Nouveau-Brunswick et l’est de l’Ontario agissent comme coussin protecteur de la francité québécoise.

Sa réponse fut immédiate. C’était plutôt le contraire, avait-il répondu. C’est le Québec qui à ses yeux était protecteur de ces minorités.

La vérité est peut-être entre les deux.

Le « Printemps érable », les « carrés rouges », ça vous rappelle quelque chose ? C'était en 2012, inoubliable printemps de grèves étudiantes contre la hausse des frais de scolarité. Je me souviens d'avoir été portée par une immense espérance devant ces milliers de jeunes défilant dans les rues du Québec, impressionnée par le discours et la manière de faire de leurs porte-paroles. À l'instar de beaucoup de citoyens de tous âges, j'ai arboré le carré rouge des étudiants. Leur mobilisation m’a redonné confiance en l'avenir.

C'est ce que j'ai ressenti quand j'ai découvert Greta Thunberg. De l'espoir. Tout le monde connaît désormais la jeune activiste environnementale suédoise. Celle qu'on a appelée «la Jeanne d'Arc de l'environnement» porte sa cause sur toutes les tribunes et inspire des millions de jeunes (et moins jeunes). Il y avait longtemps que scientifiques et autres gens concernés parlaient des changements climatiques. Greta Thunberg les a propulsés à l’avant-scène.

Guy Badeaux

Commencer une nouvelle chronique qui paraitra dans plusieurs médias est un peu énervant. On se demande quel style adopter, un ton enjoué ou « deadpan » sérieux, une accumulation de faits ou plutôt une analyse mêlée d’opinions? On se questionne aussi sur le sujet. Quelle question intéressera des lecteurs de partout au pays? Peut-on trouver un angle national à la hausse d’impôts fonciers à Saskatoon ou la réfection des routes à Sudbury? L’élection de gouvernements conservateurs purs et durs au Nouveau-Brunswick et en Ontario pourrait-elle avoir une incidence sur les Franco-Manitobains? Voilà des questions que je tenterai de démêler dans les prochains mois.

Devant ces dilemmes, j’ai donc choisi de parler d’un sujet qui devrait intéresser tous les Canadiens, soit le sommet de notre pyramide politique, le Sénat.

La semaine dernière, onze sénateurs annonçaient la création d’une nouvelle formation, le Groupe des sénateurs canadiens (GSC) au sein de la Chambre haute. On retrouve dans ce groupe des sénateurs conservateurs, libéraux et même quelques indépendants. Le leader par intérim du nouveau groupe, l’honorable Scott Tannas, affirmait en entrevue à Radio-Canada : «Nous avons été créés pour protéger les régions du pays et les minorités». Là-dessus, le conservateur albertain a bien raison. C’est pourquoi les provinces ont un nombre prédéterminé de sénateurs. On comprend aussi pourquoi M. Tannas serait préoccupé par le fait que sa province n’ait, depuis la dernière élection, aucun député élu du côté du gouvernement libéral. Et qu’il se pose en porte-parole de l’Alberta. Mais on pourrait aussi voir dans la création de ce nouveau groupe plus une occasion de bien paraitre que de service au pays.

Environnement

Nous lui devons la vie, nos saisons, le beau surnom de Louis XIV et même les aurores polaires. Merci ô grande étoile. Laisse-nous graviter encore un peu près de toi pour profiter de ta superbe. Soleil, ce n’est pas pour le tube de Lara Fabian et ces quelques brûlures chaque été que nous ne cesserons de t’aimer.

Tu es une force de la nature, il se passe chez toi plus d’évènements violents que dans n’importe quel match de la NFL. Une boule de gaz d’hydrogène tellement dense et chaude que tu ferais fondre n’importe qui. À ton cœur, sous 15 millions de degrés, tu es capable de rapprocher et faire fusionner quatre noyaux d’hydrogène en un d’hélium plus léger.

Éditorial

Peu importe les raisons, des gens de partout au monde émigrent vers d’autres cieux : certains pour fuir, d’autres pour chercher et enfin d’autres pour trouver. Une vie meilleure, peut-être, mais certainement, une vie différente.

Le phénomène de l’immigration n’est pas nouveau. Ce qui est cependant relativement nouveau, c’est la course aux immigrants, en particulier ceux qui ont des compétences précises recherchées dans des domaines jugés prioritaires, où il y a des pénuries.

Guy Badeaux