La chronique «Environnement» d’Arthur Béague.
La chronique «Environnement» d’Arthur Béague.

Une médaille de la honte

Arthur Béague, chroniqueur
L'Eau Vive
L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Voilà une médaille dont la Saskatchewan se serait bien passée : celle de la plus grande émettrice de gaz à effet de serre par habitant du Canada… Et à peu de chose près, de la terre.

L’empreinte carbone, c’est la quantité d’émissions de gaz carbonique induite par notre mode de vie. Par exemple, lorsque vous faites un aller-retour Saskatoon-Paris en avion, votre bilan carbone est en moyenne de 1,93 tonne de CO2 émis.

De nombreuses applications permettant de calculer son bilan carbone ont vu le jour. Hormis un côté quelquefois moralisateur qui vise encore et toujours le consommateur, ces outils ont le mérite de sensibiliser et de nous faire prendre conscience concrètement des répercussions de certaines de nos activités.

Le site Carbon Brief propose un outil interactif qui permet d’estimer combien chaque citoyen pourrait émettre de CO2 tout au long de sa vie, en fonction de sa date de naissance et de son pays, afin de limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, une exigence si l’on veut respecter l’accord de Paris sur le climat, signé en 2016 par 195 pays, dont le Canada.

La Saskatchewan est «la plus grande émettrice de gaz à effet de serre par habitant du Canada… Et à peu de chose près, de la terre», écrit le chroniqueur Arthur Béague.

Injustice intergénérationnelle

Prenons un jeune Canadien né en 2017 que nous appellerons Justin (au hasard). Son budget carbone est estimé à 170 tonnes de CO2 à vie. En prenant l’espérance de vie moyenne au Canada de 82 ans, le jeune Justin pourra donc consommer 2,07 tonnes de CO2 par an. La tour Eiffel, Justin ne la verra qu’en photo.

Bien lourd est le fardeau de cette époque préindustrielle, et espérons que Justin ne fouille pas trop dans les archives, car il pourrait découvrir que ses grands-parents, des babyboumeurs, avaient un budget carbone plus de 7 fois supérieur au sien. Un budget quasiment épuisé par des décennies d’utilisation d’énergies fossiles très polluantes.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Eau vive