En octobre dernier, un représentant de l-express.ca s’est fait inviter par un fonctionnaire à renvoyer ses questions en anglais.
En octobre dernier, un représentant de l-express.ca s’est fait inviter par un fonctionnaire à renvoyer ses questions en anglais.

«S’il vous plait, veuillez renvoyer vos questions en anglais…»

Gérard Lévesque, chroniqueur
Gérard Lévesque, chroniqueur
L'Express
L’EXPRESS (Toronto) – Les gouvernements reconnaissent le rôle important que les médias jouent dans la diffusion de l’information du public. Ainsi, chaque ministère a des personnes-ressources qui sont disponibles pour répondre rapidement aux questions des journalistes et autres représentants des médias.

Le 5 octobre dernier, un représentant de l-express.ca consulte le site en français du ministère de la Santé de l’Ontario, à la recherche de l’adresse courriel que le ministère réserve aux représentants des médias.

Il envoie à cette adresse courriel quelques questions et, pour démontrer qu’il fait réellement partie de l’équipe du journal, il joint des liens Internet vers 16 articles récemment publiés.

Quatre minutes plus tard, il reçoit du fonctionnaire C non pas des réponses à ses questions, mais une invitation à renvoyer ses questions en anglais.

Cet échange de courriels est alors transmis à l’Unité des services en français de l’Ombudsman de l’Ontario. Quelques heures plus tard, le fonctionnaire C récidive. Il écrit de nouveau en anglais au représentant du journal : «My apologies. I was not aware that we had the capability to respond to Qs in French.» Soit : «Toutes mes excuses. Je n’étais pas au courant que nous étions capables de répondre aux questions en français.»

Ignorance

Il est surprenant qu’un fonctionnaire chargé de répondre aux questions des médias ne soit pas au courant que son ministère a la capacité de répondre aux questions en français.

Je présume que cela signifie qu’il ignore, entre autres, que dans la structure de son ministère, il existe un Bureau de services en français dont le mandat est de fournir au ministère de l’orientation, des conseils stratégiques et de l’aide pour respecter les exigences de la Loi sur les services en français et s’acquitter des diverses obligations liées aux services en français, y compris la mesure de la performance.

Ce bureau aide également le ministère à gérer les questions d’intérêt ou initiatives qui ont des répercussions pour la communauté francophone de l’Ontario.

Gérard Lévesque déplore : «Il est surprenant qu’un fonctionnaire chargé de répondre aux questions des médias ne soit pas au courant que son ministère a la capacité de répondre aux questions en français.»

Ministères, conseils, bureaux

D’autre part, ce bureau collabore avec le ministère des Affaires francophones et aide le ministère de la Santé dans ses relations avec la commissaire aux services en français.

Il assure aussi les fonctions de secrétariat pour le Conseil consultatif des services de santé en français, lequel est présentement présidé par Mariette Carrier-Fraser.

Les lecteurs de longue date de ma chronique sont d’ailleurs au courant de l’existence du Bureau des services en français du ministère de la Santé.

Depuis 34 ans

Ce qui m’apparait encore plus surprenant, c’est qu’une personne-ressource chargée de répondre aux questions des médias ne soit pas au courant que son ministère a l’obligation de communiquer en français, responsabilité ancrée dans la législation ontarienne depuis plus de 34 ans.

C’est triste de constater qu’une telle carence a lieu en 2020.

Avant le 5 octobre dernier, si un journaliste du Globe and Mail, du Toronto Star ou du Toronto Sun avait demandé en anglais si le ministère a la capacité et l’obligation de communiquer en français avec les francophones, il aurait été induit en erreur par le fonctionnaire C. Et, à son tour, ce journaliste aurait induit ses lecteurs en erreur.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Express