Guillaume Deschênes-Thériault, chroniqueur
Francopresse
Guillaume Deschênes-Thériault, chroniqueur
La circonscription d’Orléans, dont un peu plus du tiers de la population est francophone, est représentée depuis 2019 par Marie-France Lalonde.
La circonscription d’Orléans, dont un peu plus du tiers de la population est francophone, est représentée depuis 2019 par Marie-France Lalonde.

Portrait de circonscriptions d’intérêt pour les Franco-Ontariens

FRANCOPRESSE – La date limite pour soumettre sa candidature à l’élection fédérale était le 30 aout et les courses à surveiller se précisent. En Ontario, plus d’une vingtaine de candidats francophones briguent les suffrages, la majorité sous les bannières libérale et néodémocrate.

Il s’agit du premier de deux textes qui s’intéressent de plus près aux circonscriptions d’intérêt pour les francophones de l’extérieur du Québec.

Glengarry–Prescott–Russell

La circonscription de Glengarry–Prescott–Russell est la seule en Ontario où les francophones sont majoritaires. Le député libéral sortant, Francis Drouin, souhaite obtenir un 3e mandat. En 2019, il avait défait par plus de 7 500 votes son plus proche adversaire, l’ancien député conservateur Pierre Lemieux.

Cette année, la course s’annonce plus serrée. La controverse autour de la nomination de Susan McArthur comme candidate conservatrice joue toutefois en faveur de M. Drouin dans cette circonscription à tradition libérale.

L’association conservatrice a appris sa candidature à travers les réseaux sociaux, alors que plusieurs auraient préféré un retour de M. Lemieux. L’un des vice-présidents de l’exécutif a même remis sa démission.

De plus, Mme McArthur, une femme d’affaires bilingue, n’habite pas la circonscription qu’elle souhaite représenter. Elle vit plutôt à Hudson, au Québec, de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

Du côté du NDP, Konstantine Malakos tente à nouveau sa chance. Ce candidat bilingue avait terminé 3e en 2019, avec un peu plus de 10 % des voix.

L’ancienne circonscription de Prescott, puis celle de Glengarry–Prescott–Russell ont été représentées par un francophone en continu de 1878 jusqu’à l’élection de Pierre Lemieux en 2006. Au cours de l’histoire, les électeurs de la région ont élu un total de 14 députés fédéraux franco-ontariens.

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La circonscription de Glengarry–Prescott–Russell est la seule en Ontario où les francophones sont majoritaires.

Ottawa–Vanier

La circonscription fédérale d’Ottawa–Vanier, dont le tiers de la population est francophone, est celle que détiennent les libéraux depuis le plus longtemps sans interruption à l’échelle du pays.

Elle n’a jamais changé d’allégeance politique depuis sa création en 1935. Elle a notamment été représentée par les Franco-Ontariens Mauril Bélanger et Jean-Robert Gauthier.

La ministre libérale sortante, Mona Fortier, est candidate à sa réélection. Celle qui a été élue une première fois en 2017 lors de l’élection partielle à la suite du décès de Mauril Bélanger a obtenu plus de 50 % des voix en 2019. Il s’agit d’un siège sûr pour l’équipe Trudeau.

Lors des trois dernières élections générales, les néodémocrates sont arrivés en deuxième position dans cette circonscription. Cette année, le parti est représenté par la fonctionnaire fédérale Lyse-Pascale Inamuco.

Celle-ci avait fait de la défense des services en français l’une de ses priorités lors de sa campagne infructueuse pour obtenir un siège au Conseil municipal d’Ottawa l’année dernière.

Orléans

La circonscription d’Orléans, dont un peu plus du tiers de la population est francophone, est représentée depuis 2019 par Marie-France Lalonde.

Cette ancienne ministre provinciale des Affaires francophones est encore une fois favorite pour remporter la circonscription, devant Mary-Elsie Wolfe du Parti conservateur et Jessica Joanis du NPD. Lors des dernières élections, elle a obtenu 54 % des voix.

La circonscription est demeurée libérale depuis sa création en 1988, sauf pour les trois mandats consécutifs de Royal Galipeau durant l’ère Harper.

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London-Ouest

La circonscription de London-Ouest n’est généralement pas surveillée de près par les francophones. Ce qui la rend particulièrement intéressante cette année est la candidature d’Arielle Kayabaga.

Mme Kayabaga est arrivée comme réfugiée au Canada durant son enfance. Son élection serait une avancée pour la représentativité des personnes d’origine immigrante issues des communautés francophones.

La députée libérale sortante, Kate Young, ne se représente pas. Même si les libéraux semblent être les favoris pour conserver la circonscription, le tout n’est pas joué d’avance.

La circonscription a déjà été détenue par les conservateurs de 2008 à 2015 et est présentement représentée par les néodémocrates au niveau provincial. On parle ici d’une course à trois entre Arielle Kayabaga, le conservateur Rob Flack et la néodémocrate Shawna Lewkowitz.

Algoma–Manitoulin–Kapuskasing

La circonscription d’Algoma–Manitoulin–Kapuskasing, dont un peu plus du quart de la population est francophone, est représentée depuis 2008 par la néodémocrate Carol Hugues, qui est encore une fois candidate cette année. Lors de son élection, elle a mis fin à la mainmise des libéraux sur la région qui remontait à 1935.

Au début de la dernière législature, Mme Hugues a été très brièvement la porte-parole de son parti en matière de langues officielles avant d’être reconduite dans ses fonctions de vice-présidente adjointe de la Chambre des communes.

En 2019, la représentante du NPD a remporté par plus de 6000 voix de majorité cette circonscription, qui inclut la totalité du district de Manitoulin, la majeure partie de celui d’Algoma et des sections de ceux de Sudbury, de Thunder Bay et de Cochrane.

Ses principaux adversaires sont le libéral Duke Peltier, un leadeur autochtone du nord de la province, et le conservateur John Sagman.

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«Les troupes de Justin Trudeau devront travailler d’arrachepied pour conserver la circonscription de Sudbury, également dans la ligne de mire des néodémocrates», écrit notre chroniqueur Guillaume Deschênes-Thériault.

Nickel Belt

Les jeux sont loin d’être faits dans la circonscription de Nickel Belt, qui compte la plus forte proportion de francophones du nord de la province. Depuis la fondation du NPD en 1961, les néodémocrates ont remporté la circonscription à huit reprises en comparaison à 11 fois pour les libéraux.

En 2019, le député libéral sortant, Marc Serré, a devancé le chanteur franco-ontarien Stéphane Paquette par plus de 3 000 voix. Cette année, la néodémocrate Andréane Chénier est en bonne posture pour le déloger dans une course qui s’annonce très serrée, avec la montée de son parti dans les sondages en Ontario.

Plusieurs francophones ont déjà représenté la circonscription, dont le père du député sortant, Gaétan Serré, à la fin des années 1960.

Sudbury

Les troupes de Justin Trudeau devront travailler d’arrachepied pour conserver la circonscription de Sudbury, également dans la ligne de mire des néodémocrates.

Cette circonscription à tradition libérale est passée au NPD de 2008 à 2015 après avoir été représentée durant six mandats par l’ancienne ministre franco-ontarienne Diane Marleau. Elle a été reprise par le libéral Paul Lefebvre en 2015.

Réélu en 2019 avec une majorité de plus de 5 700 voix, le député sortant n’est pas candidat à sa réélection cette année.

Les libéraux sont représentés par Viviane Lapointe, directrice générale de l’organisme Intégration communautaire Grand Sudbury.

Elle fait face à une candidate néodémocrate bien connue, la politologue Nadia Verrelli, qui a récemment perdu son poste de professeure lors de la vague de coupures à l’Université Laurentienne.

Les circonscriptions de Nickel Belt et de Sudbury représentent des gains potentiels du NPD aux dépens des libéraux cette année.