Mélanie Tremblay
Francopresse
Mélanie Tremblay
Nos médias ou ne pas avoir les deux pieds dans la même bottine.
Nos médias ou ne pas avoir les deux pieds dans la même bottine.

Nos médias ou ne pas avoir les deux pieds dans la même bottine

FRANCOPRESSE – On n’a pas l’habitude de vous parler directement à Francopresse. On préfère laisser nos chroniqueurs et nos journalistes vous tenir informés des dossiers d’actualité d’intérêt pour les francophones de partout au pays. Par contre, aujourd’hui, on considère que c’est différent.

Comme les trois derniers mois de gestion pandémique ont été rocambolesques, que c’est la Saint-Jean-Baptiste (fête de TOUS les Canadiens français en passant) et qu’on est à la veille de la remise des Prix d’excellence de la presse francophone de l’Association de la presse francophone (APF), on a cru bon vous partager nos réflexions.

«Bon, bon, bon, dites-vous, Francopresse et l’APF, c’est la même chose. Vous faites juste de l’autopromotion.»

Précisons plutôt que, tout comme les 23 journaux membres de l’APF, la salle de rédaction de Francopresse* est indépendante et respecte la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada

Autrement dit, on ne nous a pas passé de commande et on n’a pas demandé la permission non plus!

Avoir le feu sacré

D’un numéro à l’autre, depuis de trop nombreuses années, les journaux locaux tirent le diable par la queue. Ils grattent les fonds de tiroir, créent des projets et des partenariats pour assurer continuellement la publication du prochain numéro. Pour maintenir le contact avec la communauté. Ce n’est pas nouveau.

On entend parler depuis trop longtemps des difficultés des journaux communautaires. Que ce soit de la perte de revenus publicitaires, des appuis gouvernementaux insuffisants, de l’augmentation des coûts de production ou des difficultés de recrutement de main d’œuvre qualifiée, on en parle depuis tellement longtemps que ça semble presque normal.

Attention, ce n’est pas normal!

Aucun de ces journaux ne reçoit des millions en fonds publics pour produire de l’information locale à partir d’un centre d’information régional ou national. Voilà, c’est dit.

Et pour en ajouter, comme partout ailleurs, la pandémie a frappé. Du jour au lendemain, les revenus publicitaires sont presque totalement disparus, les bureaux n’étaient plus accessibles et les imprimeurs ont suspendu leurs activités.

À lire aussi : Le virus affecte durement les finances des médias et Médias communautaires : le temps presse

Rapidement, les journaux ont dû s’adapter pour continuer à nous informer sur nos réalités locales. La plupart d’entre eux ont publié davantage de contenus sur leur site Web, certains ont assuré une distribution gratuite de la version numérique du journal alors que d’autres ont distribué leur édition papier gratuitement.

Pourquoi ont-ils investi autant d’énergie et de ressources? Parce qu’ils ont le feu sacré. Ils l’ont fait sans compter les heures, parce qu’ils croient en l’information locale et participent activement à la vitalité des collectivités francophones.

Trois mois plus tard, contrairement à certains grands groupes médiatiques anglophones, la totalité des 23 journaux membres de l’APF ont survécu à la tempête.

L’équipe de Francopresse est fière de collaborer quotidiennement avec ces salles de rédaction dispersées d’un bout à l’autre du pays. Nous sommes donc bien placés pour témoigner de leur engagement dans leurs communautés et de l’investissement qu’ils mettent dans leur travail.

Un peu de biais

Encore une fois cette année, l’APF soulignera l’excellence de ses journaux membres lors de son Anti-Gala de la presse francophone et l’équipe de Francopresse vous y invite pour saluer le travail de votre journal local et pour apprendre à découvrir les journaux des autres régions du pays.

L’APF remettra en tout 14 prix d’excellence, dont le Prix du journal de l’année. Pandémie oblige, la célébration de cette année sera présentée virtuellement sur la page Facebook de l’APF, le jeudi, 25 juin à 19 h (HAE). C’est un rendez-vous.

*Francopresse est un média de la francophonie canadienne qui produit des contenus originaux mis à la disposition des 23 journaux membres de l’APF et assure la mise en commun de certains contenus produits par ces derniers.