Christian Bergeron, PhD, sociologue
<em>Hurons quittant leur résidence près d'Amherstburg, Haut-Canada, pour une excursion de chasse</em>, par William Bent Berczy.
<em>Hurons quittant leur résidence près d'Amherstburg, Haut-Canada, pour une excursion de chasse</em>, par William Bent Berczy.

L’expérience des Indiens d’Amérique peut nous aider avec l’après COVID-19

Tel un volcan, la COVID-19 est venue laver l’actualité ; elle a pénétré tous les pores de nos existences et englouti sur son passage notre vie quotidienne. En à peine quelques semaines, nous vivons tous comme des ermites, sans avoir choisi cette vocation. Même si le déconfinement va progresser, nous pensons à l’avenir et nous oscillons entre les scénarios catastrophiques («plus rien ne sera comme avant») et optimistes («ça va bien aller»), tout en observant qu’un certain monde s’éclipse et qu’un autre se pointe à l’horizon. Beaucoup d’apprentis prophètes, vêtus des habits de la science, s’aventurent dans la lecture du (des) temps. Qui croire?

En cette période incertaine, j’aimerais vous parler un peu de la Nouvelle-France, des pandémies et surtout des Indiens d’Amérique, aujourd’hui nommés les Premières Nations, les Métis et les Inuits (PNMI).

Dès les débuts de la Nouvelle-France, les Européens ont amené en Amérique des maladies contagieuses : rougeole, variole, grippe, typhus, etc. Par exemple, «pendant les épidémies de variole de 1634 à 1640, les Hurons subissent une perte de la moitié de leur population. Entre 1600 et 1700, on estime que l’ensemble des Amérindiens (Canada et États-Unis actuels) voient leur population s’effondrer de 90 %, passant de sept millions à 700 000 autochtones en Amérique du Nord», rapporte l’historienne Isabelle Bernier dans un article publié dans Futura Sciences et intitulé Histoire : Amérindiens et Français du Canada.

Plus de trois siècles plus tard, les Indiens d’Amérique sont revenus sensiblement au même nombre. Aux États-Unis, il y a 5 millions de Native Americans (2 % de la population), alors qu’au Canada, les Premières Nations sont 1,8 million (5 % de la population).

Qu’est-ce qui peut expliquer une si longue période de 300 ans avant de retrouver une population similaire? Les PNMI ont traversé entre autres des épidémies, des guerres, des tentatives d’extermination et plus de 150 ans de tentatives d’assimilation dans les pensionnats indiens. Il fallait à tout prix «tuer l’Indien dans l’enfant» au nom de la civilisation occidentale.

La longue période des pensionnats indiens a cherché à faire disparaitre leurs cultures, leurs langues, leurs spiritualités, leurs us et coutumes, leurs identités, etc. De ces nombreuses années découlent, depuis quelques décennies, des problématiques sociales, psychologiques et spirituelles dans les communautés autochtones. Sans oublier la méfiance fondée des PNMI à l’égard des Canadiens et des ravages du colonialisme au cœur de leurs communautés.

Les nombreuses recommandations de la Commission Vérité et Réconciliation du Canada (CVR) proposent, à juste titre, de construire des chemins de réconciliation à partir de la vérité des réalités vécues.

L’adversité peut écraser comme elle peut intensifier une logique de conservation vers une intensification des forces individuelles et collectives. Les PNMI ont expérimenté douloureusement cette réalité. L’expérience autochtone non seulement de survie, mais aussi de vivacité et de force pourrait contribuer au monde à venir.

Je ne suis pas historien ni spécialiste des PNMI. Peut-être que les chiffres historiques sont contestables, mais il n’en demeure pas moins qu’ils sont là pour de bon. Ni les actions haineuses et mortifères ni les pandémies n’auront le dernier mot. Ils sont des enfants de la Terre. Ils sont constitutifs à l’équilibre de la Terre.

Le déséquilibre que nous connaissons entre la nature et l’être humain, entre l’espèce animale et l’être humain ou encore entre le monde spirituel et l’être humain témoigne qu’il est grand temps de s’arrêter ; de prendre une pause de nous-mêmes et de réfléchir à notre place dans cet équilibre à retrouver entre nous et la Terre.

Les PNMI peuvent nous guider. À nous de le (re)découvrir et d’écouter le savoir et la sagesse autochtone.

Suggestions de lecture pour aller plus loin dans la réflexion : 

  1. Ce que nous devons aux Indiens d’Amérique, Jack Weatherford, Éditions Albin Michel, 1993.
  2. Pour une histoire amérindienne de l’Amérique, Georges E. Sioui, Presses de l’Université Laval, 1999.

Christian Bergeron (PhD) est sociologue et professeur dans le domaine de l'éducation et des sciences de la santé à l'Université d'Ottawa (Faculté d'éducation et École interdisciplinaire des sciences de la santé). Il est également professeur à temps partiel à l'Université Saint-Paul (Faculté des sciences humaines).

Mychèle Fortin
Coup d'oeil sur le monde

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Comme beaucoup de mes semblables, je regarde avec effarement ce qui se passe chez nos voisins états-uniens. Misère! Il y a bien sûr le cauchemar de la COVID-19 et le spectacle d’un président inapte et dangereux qui se prend pour un tsar. Il y a une société profondément divisée, dangereusement armée et belliqueuse. Et, depuis quelques semaines, cet éveil populaire qu’est Black Lives Matter, immense mouvement dont Trump a dit qu’il était un «symbole de haine» et qu’il compte bien réprimer par la force.
Martin Normand, chroniqueur
Langues officielles

FRANCOPRESSE – Depuis le début de la crise sanitaire, le Commissariat aux langues officielles (CLO) a noté une série d’accrocs aux obligations linguistiques chez les institutions fédérales et dans la société canadienne. Par exemple, l’information relayée en français lors des points de presse n’a pas toujours été de qualité équivalente à celle qui l’était en anglais et des règlements quant à l’étiquetage de produits désinfectants et de nettoyage ont pu être temporairement ignorés. Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, a d’ailleurs confirmé en avril dernier avoir reçu des plaintes à cet égard de la part de citoyens inquiets et a indiqué qu’il allait préparer un rapport spécial sur les langues officielles en situation d’urgence.
Julie Gillet, chroniqueuse
Consentement

FRANCOPRESSE – C’est l’été ; les jours allongent et les jupes raccourcissent. Ce qui n’est pas une raison pour tenter de voir en dessous, quoi qu’en dise la chanson.
Mélanie Tremblay
Éditorial

FRANCOPRESSE – On n’a pas l’habitude de vous parler directement à Francopresse. On préfère laisser nos chroniqueurs et nos journalistes vous tenir informés des dossiers d’actualité d’intérêt pour les francophones de partout au pays. Par contre, aujourd’hui, on considère que c’est différent.
Réjean Grenier, chroniqueur
International

FRANCOPRESSE – Les accusations d’espionnage portées la semaine dernière par la Chine contre deux citoyens canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, donnent un tout autre sens au titre de ce livre publié en 1961 par Jacques Hébert et Pierre-Elliot Trudeau. Et le fait que ce soit le fils Trudeau qui soit «pogné» avec cette situation rocambolesque est quand même un cruel retour de l’Histoire.
Julie Gillet, chroniqueuse
Fête des Pères

FRANCOPRESSE – Ce dimanche, c’est la fête des Pères! Ou bien est-ce celle des magasins? Je ne sais plus, je confonds toujours. Mais une chose est sure : il y aura du sexisme en cadeau.
Réjean Grenier, chroniqueur
Racisme systémique

FRANCOPRESSE – En voyant l’arrestation et le décès de l’Afro-Américain George Floyd aux mains de policiers blancs de Minneapolis, les Canadiens ont, tout comme des millions de personnes de par le monde, été horripilés. Pour plusieurs, notre première réaction aura été de se dire «qu’heureusement, ça ne se passe pas comme ça ici». Une réflexion un peu plus poussée nous obligera cependant à revoir notre supposée supériorité nationale au sujet du racisme.
Chronique

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Saskatoon, juillet 2013. La caméra de Guy Odishaw est centrée sur une pie d’Amérique, inerte sur la route. Pas de doute, l’animal est mort, vraisemblablement fauché par une voiture. L’image a de quoi attrister, mais malheureusement pour les automobilistes chevronnés que nous sommes, ceci est loin d’être un cas isolé.
Bernard Richard
Éditorial

LE MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – La COVID-19 a ébranlé le monde des médias qui, déjà, était affligé depuis quelques années. Depuis le début de la pandémie, en Ontario et au Manitoba, un groupe de presse a fermé 15 de ses journaux. Plus près de chez nous, l’Étoile a suspendu temporairement ses opérations et mis à pied ses employés. Plusieurs journaux, dont La Voix acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard, ont temporairement cessé d’imprimer une version papier pour diminuer leurs frais de production.
Réjean Grenier, chroniqueur
Contre la COVID-19

FRANCOPRESSE – Depuis le début de la pandémie de COVID-19, il est devenu clair que la découverte d’un vaccin est la seule façon de vaincre le coronavirus qui cause cette maladie. Mais pour qu’un vaccin élimine la COVID-19, il faut que la grande majorité des citoyens se fasse vacciner. Or, un sondage Léger effectué du 24 au 26 avril dernier indiquait que seulement 60 % des Canadiens et Canadiennes voudraient recevoir l’éventuel vaccin, alors que 40 % affirment que l’inoculation ne devrait pas être obligatoire. Et pire encore, un récent article nous apprenait que 15 % affirment qu’ils refuseront le vaccin.
François Gravel
Économie

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Même en temps de pandémie, les pommes de friction entre le gouvernement du Canada et les provinces ne disparaissent jamais complètement. Dernière controverse en date: Ottawa est prêt à verser des millions de dollars au Nouveau-Brunswick, mais en imposant des conditions jugées inacceptables par le premier ministre Blaine Higgs.
Julie Gillet, chroniqueuse
Changements climatiques

FRANCOPRESSE – Des cerfs se promenant nonchalamment dans les rues désertes de Paris, un puma à la recherche de nourriture dans un quartier populaire de Santiago au Chili, des eaux translucides accueillant à nouveau poissons, pieuvres et cygnes à Venise : voilà plusieurs semaines que les images idylliques d’une faune reprenant librement ses droits ont envahi nos réseaux sociaux. Les mesures de confinement permettraient aux animaux de folâtrer gaiment dans nos parcs et forêts délaissés, tandis que la baisse des activités industrielles et du transport aérien entrainerait une amélioration drastique de la qualité de l’air.
Économie

FRANCOPRESSE – En utilisant ce titre, loin de moi l’idée de concurrencer l’illustre Émile Zola qui a écrit plus de 400 pages sur le sujet. Mais en guise d’introduction, permettez-moi plutôt de citer un auteur contemporain, Dan Fesperman, qui dans son roman L’écrivain public — que je recommande chaudement — écrit : «[…] l’argent a ses lois et ses servitudes, plus importantes pour eux que le respect de leur pays.» Quand il écrit «pour eux», Fesperman parle des banquiers. Nous reviendrons aux banquiers plus loin. Commençons plutôt par les fraudeurs.
Ça va bien aller

L’EXPRESS (Toronto) – Depuis presque deux mois, on voit apparaitre des drapeaux arc-en-ciel avec la mention «Ça va bien aller», laissant entendre qu’on va se sortir de cette pandémie. Le symbole a été lancé en Italie et a rapidement fait le tour du monde, comme cela avait été le cas dans les années 1990 pour illustrer la Fierté gaie.
Société

FRANCOPRESSE – Ça fait déjà quelques années que je me dis que le monde est vraiment dans la «schnoutte» quand les deux pays qui se battent pour le leadeurship du monde sont la Chine de Xi Jinping et les États-Unis de Donald Trump. Et c’est sans compter la Russie de Vladimir Poutine qui continue à rêver de grandeur. La crise du coronavirus n’a certainement pas changé mon opinion.
Nouvelle-Écosse

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Ce qui est survenu en Nouvelle-Écosse, dans la nuit de samedi à dimanche, est inimaginable. C’est tellement gros, tellement horrible, que notre cerveau peine à prendre la mesure de ce qui est – et de loin – la tuerie la plus meurtrière de toute l’histoire du Canada.
Francophonie

LE DROIT (ONTARIO) – Notre journaliste à Queen’s Park voulait poser une question en français. On lui a dit de revenir plus tard…
Humanité

FRANCOPRESSE – La pandémie du coronavirus n’en est qu’à ses débuts, mais déjà nous pouvons en tirer quelques leçons. En voici quelques-unes.
COVID-19

FRANCOPRESSE – La crise actuelle de la COVID-19 nous force à faire des choses auxquelles nous ne sommes pas habitués : rester chez nous, travailler à distance, maintenir une distance entre nous, etc. En fait, elle nous fait mettre de côté plusieurs aspects plus frivoles de nos vies pour réfléchir à ce qui est vraiment important. Nous délaissons les sorties, les fêtes et les voyages au profit de l’hygiène, la cuisine, la famille. Mais cette crise devrait aussi nous faire réfléchir à «l’après».
COVID-19

MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – Les temps difficiles peuvent faire surgir ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de pire chez les êtres humains que nous sommes. La pandémie de la COVID-19 en est la preuve irréfutable, si on en avait besoin.
COVID-19

L’EXPRESS – Il est généralement difficile de discerner les opportunités qui émergent d’une crise – qu’elle soit locale, nationale ou même mondiale. La raison se trouve enracinée dans le fait que la crise ne vient généralement pas seule. Elle est toujours accompagnée d’une incertitude, d’un manque d’information qui nous pousse souvent à spéculer sur les effets négatifs qui en découleront.
Éditorial

L’AURORE BORÉALE (Yukon) – Tandis que le Yukon vit une extrême déception, à la fois sportive, communautaire et économique, tandis que les maux de tête montent (à cause des médias sociaux plus que de la fièvre), il se passe dans le monde un truc complètement malade : un pas vers un changement de paradigme. En cette période de montée de la peur, si c’était plutôt l’optimisme que nous rendions viral?
Chronique

Vous penserez certainement que je fais une fixation sur Radio-Canada/CBC mais non. En fait, j’ai plein d’autres intérêts, mais quelques fois il faut bien rapporter certains développements dans l’actualité qui autrement passeraient inaperçus. En voici un qui cette fois met en scène le réseau anglais de Radio-Canada. Si j’en parle, ce n’est pas juste pour écorcher CBC, mais c’est plutôt pour démontrer la méconnaissance et l’insouciance de nos médias anglais envers les Francos hors Québec.
Chronique

LE SAINT-JEANNOIS (Nouveau-Brunswick) – Une couverture piquée au pied d’un lit ou d’un dossier de chaise : l’image évoque chaleur et tranquillité. Bien qu’on ait tendance à penser que ces couvertures remontent au temps de nos grands-parents, en réalité elles sont nées environ 3400 ans avant notre ère, en Égypte. Culicita, le mot latin désignant une couverture piquée, fut introduit en Europe par les Chevaliers templiers lors de leurs croisades. La France abrégea le mot culcita à cuilte, puis les Anglais le traduisirent à quilt.
Éditorial

AURORE BORÉALE (Yukon) — Sous ses apparats grandioses et éloquents, le français laisse dépasser le jupon de son sexisme. Exit les Beauvoir, Sand ou Veil, c’est la langue de Molière! Encore aujourd’hui, les échos de son idéologie patriarcale et archaïque résonnent dans les salles de classe et de rédaction francophones.
Chronique

Deux évènements, un personnel et l’autre sur les réseaux sociaux, me forcent à réfléchir sur l’état du discours social et politique au Canada. Je crois qu’il est important que nous y réfléchissions ensemble.