François Gravel
Acadie Nouvelle
François Gravel

L’argent malgré les conditions

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Même en temps de pandémie, les pommes de friction entre le gouvernement du Canada et les provinces ne disparaissent jamais complètement. Dernière controverse en date: Ottawa est prêt à verser des millions de dollars au Nouveau-Brunswick, mais en imposant des conditions jugées inacceptables par le premier ministre Blaine Higgs.

Le Canada vit une crise économique. Une crise créée artificiellement par la décision de fermer pratiquement tous les commerces afin d’empêcher la propagation de la COVID-19. Mais une crise quand même. Et personne ne sait combien de temps cela prendra pour nous relever.

Le gouvernement Trudeau, qui n’a pas à s’occuper des hôpitaux et des foyers de soins, met surtout ses efforts sur l’aspect économique de la crise. Le nombre de travailleurs sans emploi atteint des niveaux catastrophiques. En temps de récession, quoi de mieux qu’un bon vieux programme d’infrastructures pour relancer la machine?

Blaine Higgs a lancé un pavé dans la mare la semaine dernière. Il a demandé à Ottawa de faire preuve de plus de flexibilité. Il aimerait consacrer une plus grande part des fonds fédéraux disponibles à réparer les infrastructures déjà existantes plutôt qu’à en construire de nouvelles «dont nous n’avons pas besoin».

Il souhaite aussi payer un plus petit pourcentage de la facture des projets qui seront approuvés.

À écouter le premier ministre, nous serions portés à croire que la seule façon de profiter des fonds fédéraux est d’ériger une passerelle entre Moncton et Caraquet ou de construire un aéroport international à Saint-Quentin.

Ce programme fédéral existait déjà avant la pandémie. Il n’est pas aussi rigide que le laisse entendre M. Higgs. Il peut être utilisé pour une foule de choses, comme la réfection des écoles, par exemple.

Cela dit, M. Higgs a raison sur un point.

S’il y a une constante depuis le début de la crise, c’est la capacité du fédéral de s’adapter.