La solidarité humaine en temps de pandémie

Bernard Richard
Bernard Richard
Le Moniteur acadien
MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – Les temps difficiles peuvent faire surgir ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de pire chez les êtres humains que nous sommes. La pandémie de la COVID-19 en est la preuve irréfutable, si on en avait besoin.

En Chine, un jeune médecin de 34 ans de Wuhan a utilisé les médias sociaux afin d’alerter les autorités de son pays du danger de cette pneumonie virale sévère. Il a été atteint du virus lui-même et en a perdu la vie, mais pas avant avoir été arrêté par la police pour avoir «répandu des rumeurs». Si seulement il avait été écouté.

En Italie, un des pays les plus touchés par la pandémie, un pourcentage important des malades sont des professionnels de la santé. Là et partout dans le monde, des milliers de médecins et d’infirmiers, hommes et femmes, sortent de leur retraite pour venir prêter main-forte.

À travers le Canada, d’innombrables travailleurs ont perdu leur emploi et vivent des moments de grandes incertitudes. La grande majorité de nos concitoyens vivent des journées interminables en isolement. Pour réduire autant que possible les sorties des gens vulnérables, le village de Cap-Pelé vient de mettre en place un service de livraison à domicile gratuit et efficace.

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En même temps, des résidents de retour de vacances refusent encore de se mettre en quarantaine (ou en quatorzaine, comme on dit en France). Le pire, ce n’est pas le risque qu’ils assument, mais le mal qu’ils peuvent répandre, sans même le savoir.

Et jusqu’à cette semaine, des milliers de jeunes faisaient la fête sans gêne sur les plages de la Floride, mettant en danger les membres de leur propre famille, plus âgés et plus vulnérables.

Sur les réseaux sociaux, comme c’est devenu la norme, certains s’obstinent à blâmer les Asiatiques, les nouveaux arrivants, les travailleurs saisonniers ; bref, les autres.

S’il y a un moment où nous devons nous élever au-dessus de nos instincts primitifs et sauvages, c’est bien maintenant. Si nous voulons ressortir de l’autre côté de ce fléau avec un brin de dignité, il faudra nous serrer les coudes (à deux mètres de distance bien sûr), nous retrousser les manches et nous soutenir les uns les autres.

La décence l’exige et nous savons le faire. Le plus important reste dans les gestes simples : se laver les mains souvent et comme il faut, respecter la distanciation sociale et protéger les plus vulnérables.

Si nous pouvons accomplir ces simples actes de solidarité et pratiquer les valeurs qui sont les nôtres, tout porte à croire que ça va bien aller!