Jacinthe Laforest
La Voix acadienne

Ile-du-Prince-Édouard : Les lettres de mandat ne font aucune place aux services en français

Le premier ministre Dennis King a rendu publiques les lettres de mandat destinées aux ministres des dix ministères qu’il a créés lors de son assermentation en mai dernier. Ces lettres de mandat énoncent de façon très explicite les priorités de chaque ministère et vont jusqu’à détailler avec lesquels de ses collègues chaque ministre devra collaborer, pour la mise en œuvre desdites priorités. Étant donné la précision de toutes ces instructions à chaque ministre, il faut considérer la possibilité que ce qui ne s’y trouve pas ait été omis intentionnellement, parce que ça ne fait pas partie des priorités.

Le français, invisible

Les grands absents qui ne sont mentionnés nulle part dans les lettres de mandats sont les services en français. Dans les instructions pourtant très précises, aucun ministre n’est invité à collaborer avec le ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones (le premier ministre) sur des dossiers pourtant prioritaires de la collectivité de langue française, ni en éducation, ni en santé, ni dans la mise en place de nouvelles initiatives. 

Si les lettres de mandats étaient de simples énoncés vagues et généraux, il n’y aurait pas matière à s’inquiéter, mais comme les directives sont très précises, il y a de quoi s’interroger. 

Le premier ministre Dennis King est lui-même responsable des Affaires acadiennes et francophones, ainsi que des Affaires autochtones, et ces responsabilités ne font l’objet d’aucune lettre de mandat. Cela pourrait vouloir dire que les «responsabilités» ne font pas l’objet de lettres de mandat, mais au contraire, la lettre de mandat de la ministre Darlene Compton tient compte de sa responsabilité de ministre responsable de la condition féminine à l’Île. Pourquoi les autres responsabilités ne sont-elles pas au moins mentionnées pour indiquer qu’à tout le moins, on les reconnaît? 

À plusieurs reprises dans les documents, l’obligation d’agir conformément aux cadres législatifs en place est mentionnée. En théorie, cela devrait inclure le respect de la Loi sur les services en français et c’est sans doute le cas, mais il y a une différence entre son respect strict et minimal, et des instructions directes pour accroître la capacité bilingue de la province et de la fonction publique provinciale.


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