CBC et les Francos

Vous penserez certainement que je fais une fixation sur Radio-Canada/CBC mais non. En fait, j’ai plein d’autres intérêts, mais quelques fois il faut bien rapporter certains développements dans l’actualité qui autrement passeraient inaperçus. En voici un qui cette fois met en scène le réseau anglais de Radio-Canada. Si j’en parle, ce n’est pas juste pour écorcher CBC, mais c’est plutôt pour démontrer la méconnaissance et l’insouciance de nos médias anglais envers les Francos hors Québec.

L’histoire remonte à l’émission «Cross-country Checkup» du 2 février dernier. Cette émission de type ligne ouverte demandait à ses auditeurs, «Croyez-vous que le premier ministre devrait être bilingue?». Avant de continuer, permettez-moi de dévoiler immédiatement que la majorité des répondants téléphoniques ont dit «oui». Ouf!

Mais revenons à la controverse. Histoire d’étoffer le débat, les producteurs avaient réuni quelques personnes connues pour leur intérêt envers les langues officielles. Entre autres, la professeure au Collège militaire royal de Kingston et à l’Université Queens, Stéphanie Chouinard (rappelez-vous son passage remarqué avec la brochette de Franco-Ontariennes à l’émission «Tout le monde en parle»), ainsi que Gordon Miller, le porte-parole du mal-nommé groupe anti-bilinguisme Canadians for Language Fairness (CLF).

Mme Chouinard n’a pas apprécié de devoir, sans préavis de la part des producteurs de l’émission, affronter une personne reconnue pour ses sentiments anti-francophones. Dès la fin de l’émission, elle envoyait un courriel bien senti au réalisateur Richard Goddard. Elle y affirme que la CBC a contrevenu à son propre code de déontologie en journalisme (Journalistic Standards and Practices) en invitant le représentant d’un groupe extrémiste qui mélange langue et religion pour s’en prendre aux francophones. Elle y fait référence à plusieurs publications sans fondement publiées sur le site web de CLF et rappelle qu’elle a d’ailleurs dû corriger Miller qui avait affirmé pendant l’émission que 70 % des employés fédéraux sont des francophones du Québec. En fait, seulement 43 % des fonctionnaires fédéraux sont bilingues. Mme Chouinard affirme aussi que l’émission aurait pu trouver des opposants au bilinguisme sans racler le fond du baril (mes mots, pas les siens). En lisant son message, je n’ai pu que la féliciter.

Mais c’est la réponse du réalisateur Goddard qui suscite cette chronique. On y sent l’arrogance de la personne qui ne connait rien à notre réalité mais qui sait qu’il est le boss. Il y fait le procès du courriel de Mme Chouinard mais, dès son deuxième paragraphe, il dévoile son jeu. Il affirme sans vergogne que le but de l’exercice n’était pas juste de répondre à la question au sujet du bilinguisme du premier ministre mais «to reflect on the future of Canada’s Official Languages Act … particularly as Canada becomes increasingly multicultural and multilingual.» Et voilà, tout est dit. Le reste de sa réponse est de la bouillie pour les chats.

Évidemment que Cross-Country Checkup a eu raison et n’a pas enfreint le code de journalisme; évidemment que Mme Chouinard aurait dû demander avant l’émission qui y était invité; et évidemment ses connaissances ont été appréciées.

Le pire dans tout ça, c’est que Goddard est comme presque toutes les personnalités qui forment la gent médiatique du Canada anglais. Des personnes bienpensantes qui, en général, appuient l’intégration des femmes, des Canadiens-Africains et des homosexuels dans la société, mais pour qui le French-bashing est ben correct.

Voilà donc nos médias publics. Un réseau «national» francophone qui n’a de nation que le Québec et des médias anglais qui ne nous connaissent pas et qui s’en fichent éperdument.

COVID-19

FRANCOPRESSE – La crise actuelle de la COVID-19 nous force à faire des choses auxquelles nous ne sommes pas habitués : rester chez nous, travailler à distance, maintenir une distance entre nous, etc. En fait, elle nous fait mettre de côté plusieurs aspects plus frivoles de nos vies pour réfléchir à ce qui est vraiment important. Nous délaissons les sorties, les fêtes et les voyages au profit de l’hygiène, la cuisine, la famille. Mais cette crise devrait aussi nous faire réfléchir à «l’après».

Personne ne peut prédire combien de temps cette crise va durer. Certains parlent de mois, d’autres affirment que nous n’en sortirons que dans un an. Quoi qu’il en soit, il y aura un après. La grande question : à quoi ressemblera cet après?

Certains y réfléchissent déjà. On peut trouver certaines pistes dans les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux, même si ce n’est pas sur ces derniers qu’on trouve habituellement des perles de sagesse. À l’heure actuelle, les réflexions sur l’après se divisent entre optimisme et pessimisme.

Plusieurs chroniqueurs, analystes, chercheurs et autres penseurs croient que l’actuel arrêt forcé devrait nous permettre de planifier notre avenir autrement. On examine entre autres l’égocentrisme de notre culture sociale actuelle, qui place l’individu au centre de tout au détriment du bienêtre collectif. Certains croient qu’il est temps de penser à une vie collective plus harmonieuse.

COVID-19

MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – Les temps difficiles peuvent faire surgir ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de pire chez les êtres humains que nous sommes. La pandémie de la COVID-19 en est la preuve irréfutable, si on en avait besoin.

En Chine, un jeune médecin de 34 ans de Wuhan a utilisé les médias sociaux afin d’alerter les autorités de son pays du danger de cette pneumonie virale sévère. Il a été atteint du virus lui-même et en a perdu la vie, mais pas avant avoir été arrêté par la police pour avoir «répandu des rumeurs». Si seulement il avait été écouté.

En Italie, un des pays les plus touchés par la pandémie, un pourcentage important des malades sont des professionnels de la santé. Là et partout dans le monde, des milliers de médecins et d’infirmiers, hommes et femmes, sortent de leur retraite pour venir prêter main-forte.

À travers le Canada, d’innombrables travailleurs ont perdu leur emploi et vivent des moments de grandes incertitudes. La grande majorité de nos concitoyens vivent des journées interminables en isolement. Pour réduire autant que possible les sorties des gens vulnérables, le village de Cap-Pelé vient de mettre en place un service de livraison à domicile gratuit et efficace.

Consultez le site du Moniteur acadien

COVID-19

L’EXPRESS – Il est généralement difficile de discerner les opportunités qui émergent d’une crise – qu’elle soit locale, nationale ou même mondiale. La raison se trouve enracinée dans le fait que la crise ne vient généralement pas seule. Elle est toujours accompagnée d’une incertitude, d’un manque d’information qui nous pousse souvent à spéculer sur les effets négatifs qui en découleront.

Informations erronées

Après avoir collecté un maximum d’informations erronées, cet état d’incertitude laisse place à une prétention insensée de croire que nous comprenons parfaitement les tenants et les aboutissants de cette crise.

La crise de la COVID-19 ne fait pas exception, surtout lorsqu’on voit le mouvement de panique artificielle dans certains pays.

D’après plusieurs sondages, il semble que la majorité des personnes interrogées vont chercher leurs informations relatives aux effets du virus sur les réseaux sociaux, internet, la télévision… mais pas auprès de leur médecin. Je vous laisse juger de la situation. C’est comme si nous cherchions nos clés égarées seulement là où il y a de la lumière.

Éditorial

L’AURORE BORÉALE (Yukon) – Tandis que le Yukon vit une extrême déception, à la fois sportive, communautaire et économique, tandis que les maux de tête montent (à cause des médias sociaux plus que de la fièvre), il se passe dans le monde un truc complètement malade : un pas vers un changement de paradigme. En cette période de montée de la peur, si c’était plutôt l’optimisme que nous rendions viral?

Sans remettre en cause le caractère exponentiellement épidémique du virus aux consonances éthyliques, j’aimerais attirer votre attention au-delà des boites de mouchoirs. Oui, au premier plan, il y a cette incompréhension générale. Et, qui dit incompréhension dit «inquiétude». C’est bien humain. Difficile de comprendre pourquoi ce virus nécessite qu’un pays mette ses six millions d’habitants en quarantaine tandis qu’on nous informe par ailleurs de rester calme. Mais vu mon illettrisme médical avoué, je préfère regarder au-delà. Comme quand on regarde en louchant un peu un de ces tableaux d’art abstrait qui font ressortir une image en 3D, vous voyez?

Le Canard enchainé, hebdo français satirique, note avec justesse que ce virus aura tout de même quelques effets secondaires positifs et invite à la réflexion : moins de déplacements, c’est bon pour l’environnement ; prise de conscience de l’origine de nos biens de consommation, c’est bon pour la production locale… En gros, il s’agit de réfléchir à nos priorités. Et on notera (sans grande surprise) que pour certains, la priorité se sera portée sur le confort du popotin…

Chronique

LE SAINT-JEANNOIS (Nouveau-Brunswick) – Une couverture piquée au pied d’un lit ou d’un dossier de chaise : l’image évoque chaleur et tranquillité. Bien qu’on ait tendance à penser que ces couvertures remontent au temps de nos grands-parents, en réalité elles sont nées environ 3400 ans avant notre ère, en Égypte. Culicita, le mot latin désignant une couverture piquée, fut introduit en Europe par les Chevaliers templiers lors de leurs croisades. La France abrégea le mot culcita à cuilte, puis les Anglais le traduisirent à quilt.

De nos jours, la plupart des couvertures piquées sont faites au moulin et non à la main. Cependant, il existe encore quelques puristes, telles que Charlotte (Despres) Goguen de Rogersville, qui ne peuvent s’amener à piquer autrement qu’à la main. D’où lui vient cette passion? Elle en est incertaine. Lorsqu’elle était jeune, dit-elle, sa meilleure amie s’intéressait à la couture et au brochage. Sa grand-mère paternelle, Elmina (Mina) Despres avait gagné divers prix de mérite et était reconnue pour ses couvertures.

Puis, elle a pris l’habitude de mettre de côté les chemises usagées de son mari, avec l’idée d’en faire bon usage un jour.

L’idée d’en faire une couverture lui venue plus tard. Avec quelques directives de sa belle-mère et autres, elle s’est mise au travail, passant l’hiver 1998-1999 assise auprès de son rack à couvarte dans sa maison en bois rond, piquant et écoutant la télévision ainsi que la radio. Curieuse, elle a compté 52 560 points de couture, 8 points pour chaque pouce. Longue et répétitive, cette confection est devenue un mode de méditation.

Passionnée, elle en fit une deuxième.

Chronique

L’EXPRESS (Ontario) – La Colombie-Britannique a violé le droit constitutionnel à l’instruction dans la langue de la minorité en sous-finançant son système éducatif de langue française.

La Cour suprême du Canada (CSC) a entendu cette cause le 26 septembre dernier au Palais de justice de Winnipeg, première ville à accueillir des audiences de la Cour suprême du Canada à l’extérieur d’Ottawa. Une décision est attendue au cours des prochaines semaines.

Éditorial

AURORE BORÉALE (Yukon) — Sous ses apparats grandioses et éloquents, le français laisse dépasser le jupon de son sexisme. Exit les Beauvoir, Sand ou Veil, c’est la langue de Molière! Encore aujourd’hui, les échos de son idéologie patriarcale et archaïque résonnent dans les salles de classe et de rédaction francophones.

Son mantra d’oppression fétiche, imaginé à une époque révolue (au XVIIe siècle quand même!), mais toujours répété à ce jour, impose la notion pernicieuse d’un sexe supérieur. En effet, le masculin ne l’emporte-t-il pas sur le féminin? Comment espérer un changement social si notre propre langue nous l’empêche?

Chronique

Deux évènements, un personnel et l’autre sur les réseaux sociaux, me forcent à réfléchir sur l’état du discours social et politique au Canada. Je crois qu’il est important que nous y réfléchissions ensemble.

Le premier incident s’est passé lors d’une récente vacance dans les Caraïbes. Comme des centaines de milliers de Canadiens, nous avions décidé de fuir l’hiver pour un centre de villégiature dans le sud. Sans que nous le sachions avant d’y arriver, celui que nous avions choisi était surtout fréquenté par des Américains.

Dans ce genre d’endroit, on rencontre toutes sortes de gens venus de plusieurs horizons. On jase un peu pour faire connaissance. D’où venez-vous? Est-ce votre première fois ici? Vous faites quoi dans la vie? Il y a certains sujets, la religion et la politique, que la plupart des voyageurs évitent.

Depuis quelques années la francophobie montre de plus en plus son petit museau arrogant. On peut penser aux groupuscules antibilinguisme qui pullulent en Alberta, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Dans cette dernière province, ils ont même réussi à faire élire un premier ministre conservateur, Blaine Higgs, connu pour son vitriol antibilinguisme lorsqu’il était membre du parti Confederation of Regions. Plus récemment, c’est une chronique parue dans le Globe and Mail qui a mis le feu aux poudres. Si on en juge par les commentaires que l’article a suscités, on pourrait presque croire que «conservateur» veut de plus en plus dire «francophobe».

Le 17 janvier dernier, Kenneth Whyte, ex-rédacteur en chef au très «conservative» National Post publiait un article intitulé «Conservatives think the party’s next leader should be bilingual. They are wrong». Whyte commence son brulot en expliquant qu’avant les années ’70, aucun chef conservateur ou libéral n’était bilingue. Comme si le passé était garant de l’avenir!

L’argument principal de Whyte pour appuyer sa thèse d’un chef anglophone unilingue (il n’a évidemment jamais considéré un chef francophone unilingue) tourne autour des chances de succès des Conservateurs au Québec. Chiffres à l’appui, il démontre qu’aucun chef conservateur bilingue — sauf le Québécois Brian Mulroney qui en fait élire 63 — n’a réussi à faire élire plus de dix députés au Québec. Sa conclusion est assez simpliste : «Who cares?»

En ne parlant que de l’électorat québécois, Whyte occulte la vingtaine de circonscriptions hors Québec où les francophones ont un vrai poids politique. Soit il a oublié ce détail, soit il ne le sait même pas. De toute façon, «Who cares, hein?»

Et si vous pensez que 20 sièges ce n’est pas important, demandez donc à Justin Trudeau. Il mène maintenant un gouvernement minoritaire après avoir perdu exactement 20 députés lors de la dernière élection.

Éditorial

L'ORLÉANAIS - Je suis né dans l’environnement francophone de la basse-ville d’Ottawa et j’y ai vécu jusqu’à mon adolescence. En 1956, j’ai déménagé avec mes parents à Eastview (maintenant Vanier), encore un milieu très francophone. En 1978, marié et père de deux enfants, j’ai opté avec mon épouse d’élever notre famille à Orléans, un village d’environ 15 000 personnes et majoritairement francophone. À l’époque.

Cependant, j’ai découvert en peu de temps que nous avions déménagé dans un village en pleine évolution démographique avec une forte concentration d’anglophones qui voulaient eux aussi s’acheter une maison et vivre dans ce paisible village non loin de la ville d’Ottawa.

Certains francophones d’Orléans commençaient à s’inquiéter de l’environnement francophone et des services en français. J’étais parmi ces francophones et je me suis joint à un groupe qui mijotait la création du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO). Une fois le MIFO fondé, j’en suis devenu le 1er président des activités socioculturelles, lesquelles rassemblaient les familles francophones et contribuaient à faire connaitre l’organisme à ses débuts.

Le MIFO, qui a brillamment réussi dans le domaine communautaire, a amélioré la qualité de vie des Orléanais francophones et francophiles de tout âge. Cependant, l’implication de l’organisme dans l’affichage et dans l’offre de services en français par les commerces et les organismes à Orléans s’est graduellement effacée.

Chronique

Le site web Le projet Voltaire définit cette expression ainsi : «Une personne qui tente de ménager la chèvre et le chou est … perçue comme cherchant à satisfaire des intérêts ou des protagonistes opposés…». C’est ce qu’a fait de main de maitre l’ombudsman de Radio-Canada, Guy Gendron, dans sa décision concernant l’émission spéciale de la soirée électorale du 21 octobre dernier.

Dès le lendemain de l’élection, Madame Aude Rahmani d’Ottawa logeait une plainte contre l’émission dénonçant, entre autres, «le parti pris éditorial québécocentriste». Elle écrivait : «Accent mis sur les résultats des circonscriptions québécoises en termes de nombre de vues et de temps d’antenne, et le traitement pauvre ou quasi inexistant des résultats des circonscriptions des autres provinces et territoires.» Elle affirmait qu’étant donné son statut national, Radio-Canada se devait «d’informer avec la même attention et le même respect les spectateurs francophones à la grandeur du pays sur tous les résultats et d’en faire une analyse province par province, territoire par territoire».

Chronique

LE COURRIER (Nouvelle-Écosse) – Combien restera-t-il de l’Australie? C’est la question qui court sur beaucoup de lèvres en ce début d’année alors que des incendies ravagent plusieurs secteurs de l’ile-continent, détruisant tout sur leur passage.

Ce ne sont pas les dossiers explosifs qui font défaut en ce début d’année. Un bombardement effectué en Irak par les États-Unis vient de tuer le général iranien Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods chargée des opérations extérieures non conventionnelles au service de son pays. Les tensions entre l’Iran et les États-Unis pourraient tourner au conflit ouvert.

S’il y a un trait d’union entre ces deux points saillants de l’actualité, c’est bel et bien le lien entre les ressources énergétiques, qui suscitent l’intérêt stratégique du Moyen-Orient aux yeux de l’Occident, et l’environnement, de plus en plus menacé par l’activité humaine.

Au cours de la dernière année, la militante écologique Greta Thunberg, une adolescente suédoise, a connu une célébrité fulgurante grâce à sa campagne pour dénoncer l’insuffisance des mesures prises face au changement climatique. Héroïne des uns, bête noire des autres — comme le président américain Donald Trump qui l’attaque sur Twitter — elle est devenue le visage du mouvement des grèves scolaires pour le climat.

Mais elle n’est ni la seule ni la première de sa génération à s’engager pour cette cause. Comme elle le reconnait elle-même, c’est la jeunesse des pays en développement et des communautés marginalisées qu’il faut écouter pour comprendre les enjeux.

Voici cinq étoiles montantes du mouvement écologique planétaire.

FRANCOPRESSE – Deux-mille-vingt a commencé sur une note un peu sèche. La Bibliothèque municipale de Toronto voulait retirer des dizaines de milliers de titres en français de ses rayons. Le livre est pourtant un des plus importants fondements matériels d’une culture.

La mauvaise nouvelle s’est vite répandue dans l’actualité. Le quotidien Le Devoir l’a dénoncée. Livres Hebdo, en France, a fait de même tandis que TV5 Monde l’a publiée à l’intention de la francophonie planétaire.

Le milieu politique s’en est mêlé. Les ministres Mélanie Joly à Ottawa et Caroline Mulroney à Toronto, les deux responsables des questions francophones dans leur gouvernement respectif, ont protesté.

Indignation aussi chez les francophones; l’Association des communautés francophones de l’Ontario à Toronto (ACFO-Toronto) et la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) ont sonné les clairons.

Étonnée par l’ampleur du mouvement, la bibliothécaire en chef de Toronto, Vickery Bowles, s’est finalement confondue en excuses. Elle va ajouter 20 000 titres à la collection.

Cette fausse note faisait suite aux échos du Jeudi noir de l’automne 2018, l’œuvre du premier ministre ontarien, Doug Ford. L’Université de l’Ontario français était mise en dormance puis le Commissaire aux services en français disparaissait.

Tourmente par la suite, les protestations ont fusé de partout au pays avec de bons résultats. L’Ontario a maintenant une nouvelle commissaire aux services en français puis l’Université de l’Ontario français, toujours en projet, est remise sur les rails.

Les voltes-faces sont rares en politique. La règle habituelle veut qu’un décideur ne se trompe pas. Ce qui est fait est fait, et le restera, mais pas cette fois. L’erreur n’a pas résisté au poids de l’opinion. On a l’impression que le Canada que l’on dit «anglais» a testé ses limites.

Éditorial

LE MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – La nouvelle année apporte avec elle de nouveaux défis pour le journal Le Moniteur Acadien. Certains des changements que nous entreprenons se font par nécessité et non par choix, tandis que d’autres font partie des exigences d’un monde en changement et du besoin de s’adapter à de nouvelles réalités pour survivre.

En même temps, nous sommes toujours à la recherche de façons d’améliorer la qualité du Moniteur afin de mieux répondre à vos attentes, aux besoins des commerçants qui nous appuient et à l’évolution des communautés acadiennes que nous desservons.

Le premier élément de renouveau a été imposé par la fermeture de Transcontinental, notre imprimerie depuis sept ans. Heureusement, nous avons pu trouver une imprimerie de remplacement, Advocate Printing de Pictou, en Nouvelle-Écosse, qui nous permettra de poursuivre nos opérations sans interruption. Ce changement, qui prendra effet la semaine du 20 janvier, aura quand même des conséquences. Le journal sera un peu plus petit (2,5 cm ou un pouce plus court) et la livraison sera repoussée d’une journée, du mardi au mercredi.

Si tout va bien, l’année 2020 risque aussi d’apporter un nouveau choix à nos lecteurs. Un de nos projets est de vous offrir une version numérique d’ici quelques mois. Cela demande un investissement considérable mais, encore là, c’est une option qui s’impose dans un monde assoiffé de nouvelles technologies et de nouvelles manières d’avoir accès à l’information. Votre humble serviteur, d’un certain âge, s’informe lui-même par l’entremise d’abonnements à l’Acadie Nouvelle et au Globe & Mail et grâce aux sites web du journal Le Devoir, du Washington Post et du journal Le Point, pour ne mentionner que ceux-là. C’est bien connu, on n’arrête pas le progrès!

Chronique

AURORE BORÉALE (Yukon) – L’ampleur des changements climatiques est sans précédent. Les effets de ces changements sont plus marqués et se produisent à un rythme plus rapide dans le Nord qu’ailleurs dans le monde. Face à ce constat, réduire son impact environnemental est devenu le mantra de nombreuses personnes. Dont moi.

Pour la survie de la planète, des abeilles et des glaciers, je me suis mise à consommer moins, consommer mieux, manger local, refuser les produits transformés, réparer, coudre, recycler. Décrypter les étiquettes, m’informer et passer des heures sur Internet à chercher comment voyager sans faire exploser mon bilan carbone. Me déplacer à vélo, fabriquer mes produits d’entretien, mon pain et mon kombucha.

Chronique

L’EXPRESS, Ontario. «Toute ma vie, je me suis battu pour la francophonie et pour l’égalité des deux communautés linguistiques… Peut-être que la guerre que j’ai menée toute ma vie rapportera quelque chose, et ce, même si les défaites s’additionnent.»

C’est ce qu’écrit Michel Bastarache dans une autobiographie réalisée avec le journaliste Antoine Trépanier comme coauteur, publiée sous le titre Ce que je voudrais dire à mes enfants par Les Presses de l’Université d’Ottawa.

Une préface signée par sa compatriote acadienne Antonine Maillet prédit que «ce récit d’une vie, pétri avec le cœur autant qu’avec le cerveau, restera un joyau indispensable à tous ceux qui se penchent sur leur propre existence, parce qu’il nous révèle à la fois les plages cachées de notre passé, les ambigüités de notre présent et surtout les espoirs insoupçonnés de notre avenir».

La Saskatchewan se prête bien à l’exploration. Nos chemins de campagne mènent tous éventuellement à des endroits intéressants, mais parfois oubliés. Peut-être qu’il s’agit d’une vieille église ou d’une étable balayée par le vent. Un photographe de Shaunavon explore ces coins perdus et partage leur découverte.

Chris Attrell capte surtout les symboles des Prairies. C’est-à-dire qu’il se concentre sur les villages fantômes, les élévateurs et les bâtisses abandonnées. Ce qui distingue sa photographie et la rend mémorable est que Chris Attrell prend souvent ses photos la nuit.

Ni animal, ni végétal, ni champignon, mais bien vivant! Dépourvu de cerveau, mais intelligent! Unicellulaire, mais géant! Rencontre avec le blob, cette créature qui sort de 500 millions d’années de mutisme.

Nombre de marcheurs sont surement passés devant lui, qui est présent dans tous les sous-bois du globe, sans connaitre son incroyable pouvoir, le confondant avec un vulgaire lichen. Non, le myxomycète ne fait pas partie de ce monde : il est tout droit sorti d’un Marvel!

Le parc des Collines de Cyprès compte parmi les parcs les plus visités de la Saskatchewan. La majorité des touristes y vont l’été, mais l’hiver, grâce à sa neige abondante et le calme de sa saison creuse, le parc offre une expérience de plein air digne de votre considération.

Situé à 20 minutes au sud de Maple Creek, ce parc provincial accorde une belle gamme d’activités d’hiver. Vous y trouverez de la raquette, de la motoneige, du toboggan, du ski de fond et du patinage.

«On sait ben! C’est l’garçon de son père!» Expression d’usage courant, mais fort curieuse… On ne peut pas être père sans fils, ni fils sans père. L’un ne va pas sans l’autre.

Cette bizarrerie langagière nous est familière. Elle m’est venue en mémoire en écoutant la gouverneure générale lire le discours du Trône.

Ce n’est pas Julie Payette qui, penchée sur son écritoire à Rideau Hall, a rédigé cet exposé de 40 minutes sur le prochain mandat libéral. C’est plutôt le voisin d’en face, celui du 24 Sussex, Justin Trudeau, qui a couché ces mots sur papier, probablement avec les conseils de son entourage.

Ainsi vont les choses dans notre pays. Le chef d’État agit toujours sur les conseils du premier ministre. Par conséquent, tout comme son père et ses autres prédécesseurs, Justin Trudeau peut dicter ses volontés et intentions à la gouverneure générale.

Le passage suivant m’a rappelé les années de son père.

On va s’affairer à mener «à bien un plan qui procure des résultats pour tous les Canadiens, y compris les femmes, les membres des minorités visibles et linguistiques, les personnes handicapées, ainsi que les membres de communautés LGBTQ2».

Et voilà! Les minorités linguistiques se retrouvent diluées dans la masse, parmi toutes les minorités qui peuplent le Canada. On oublie la notion des deux peuples fondateurs. Entre les lignes, on lit la formule du multiculturalisme cher à Pierre Elliott Trudeau qui en a fait une politique officielle dans les années 70 et 80.

C’était peu de temps après la Commission Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme.

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim MacPherson, a sonné l’alarme au sujet de la diminution de familles d’accueil dans la province. Dans un rapport navrant de 60 pages, elle décrit un système en détérioration.

Une de ses conclusions se lit comme suit : «Le ministère ne gère pas efficacement le placement et les soins des enfants sous leur garde dans les foyers de groupe et les placements spécialisés.» La situation est importante, selon madame MacPherson, parce que «des soins inadéquats peuvent avoir des conséquences désastreuses, contribuant aux tentatives de suicide, aux dépendances, aux problèmes de santé mentale à long terme et à l’itinérance.»

Le rapport nous apprend que de plus en plus de très jeunes enfants sont placés dans des foyers de groupe, y compris des enfants de moins de cinq ans. Comment cela est-il possible? En fait, le nombre de familles d’accueil a diminué de 30 % depuis 2014. Une mère nourricière qui accueille des enfants depuis plus de 20 ans nous disait que la diminution est bien plus grande si on regarde sur une plus longue période.

Le site web Le projet Voltaire définit cette expression ainsi : «Une personne qui tente de ménager la chèvre et le chou est … perçue comme cherchant à satisfaire des intérêts ou des protagonistes opposés…». C’est ce qu’a fait de main de maitre l’ombudsman de Radio-Canada, Guy Gendron, dans sa décision concernant l’émission spéciale de la soirée électorale du 21 octobre dernier.

Dès le lendemain de l’élection, Madame Aude Rahmani d’Ottawa logeait une plainte contre l’émission dénonçant, entre autres, «le parti pris éditorial québécocentriste». Elle écrivait : «Accent mis sur les résultats des circonscriptions québécoises en termes de nombre de vues et de temps d’antenne, et le traitement pauvre ou quasi inexistant des résultats des circonscriptions des autres provinces et territoires.» Elle affirmait qu’étant donné son statut national, Radio-Canada se devait «d’informer avec la même attention et le même respect les spectateurs francophones à la grandeur du pays sur tous les résultats et d’en faire une analyse province par province, territoire par territoire».

Avant de poursuivre, permettez-moi d’avouer que je n’ai pas regardé cette émission. J’ai compris il y a longtemps que, pour avoir une vision vraiment nationale, il faut écouter CBC. Lors de la soirée du 21 octobre, j’ai donc syntonisé CBC et j’ai, à quelques occasions, pitonné pour m’apercevoir que Radio-Canada me parlait encore du Québec. J’ai donc regardé les résultats en anglais. C’est malheureux, mais c’est ainsi.

La plainte de Madame Rahmani ayant été envoyée à la direction de l’information du diffuseur national, c’est un des directeurs du service de l’Information qui lui a répondu. Et comme de raison, il se dit fier de l’émission même si «tout n’était pas parfait». Il défend le québécocentrisme en expliquant que les changements électoraux causés par la remontée spectaculaire du Bloc Québécois nécessitaient une plus grande analyse.

Insatisfaite de ce blabla institutionnel, Madame Rahmani a demandé à l’ombudsman de Radio-Canada de réviser sa plainte.

Ce qui enrage Greta Thunberg et qui nous interpelle tant par sa justesse, c’est qu’elle exige de nos gouvernements d’écouter les vérités scientifiques concernant le réchauffement climatique et d’agir en conséquence.

De façon similaire, c’est bien connu et répété sur de nombreuses tribunes que notre système économique, fondé sur l’idéologie capitaliste, n’est pas viable tel qu’il est conçu maintenant.

«Maman…» Deux syllabes, deux phonèmes, le mot français le plus facile à prononcer, le premier appel parlé d’un jeune enfant à sa mère. C’est comme une seconde naissance : celle du bébé d’abord puis celle du francophone. Ce mot, c’est la jeune pousse fragile qui sort de terre après les semailles. En milieu fertile, elle trouvera le soleil et grandira sans césure pour devenir un beau tournesol. Dans le cas contraire, elle cherchera en vain la lumière.

C’est contre cette issue fatale que l’on doit protéger ce francophone naissant, en évitant la cassure qui brisera sa croissance. Ce n’est pas facile quand on est minoritaires.

Il faut aller plus loin que la Charte des droits et libertés qui ne porte que sur l’enseignement en français. L’enfant a six ans quand il ouvre son premier étui à crayon et découvre le tableau noir. Entre le berceau et l’école, le chérubin aura rencontré sa voisine Judy ou son voisin Trevor à la garderie ou ailleurs. Il aura emprunté leurs mots comme il empruntait ceux de ses parents depuis ses premiers balbutiements. Le milieu ne lui aurait pas apporté cette force nécessaire à la vie. Petit à petit, la confusion va s’installer dans son esprit. Son sentiment identitaire va accuser le choc. L’insécurité finira par gruger sa confiance.

Une initiative toute récente vise à lever cet écueil. La Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) vient d’annoncer un ensemble de projets de développement de la petite enfance et de services de garde en français dans les communautés minoritaires. Oui, c’est là qu’il faut commencer.

Deux visions de la Francophonie se côtoient. L’une évoque l’avenir d’un Québec en évolution à côté des minorités en perdition. L’autre croit toujours en la force d’un français épanoui partout au Canada.

On a beaucoup entendu parler de la première ces dernières semaines. C’est celle de Denise Bombardier. L’autre provient de Sonia LeBel, ministre québécoise responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne. Elle l’a exposée à Winnipeg, bien loin du plateau de Tout le monde en parle, au congrès annuel de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF), au moment même où le documentaire Denise au pays des Francos semait l’émoi.

«Il y a un éveil fragile, une brèche au Québec», a-t-elle dit aux membres de la FNCSF. «Mon travail c’est de l’agrandir. Je suis convaincue qu’une francophonie canadienne forte va servir autant au Québec pour agrandir ses horizons.»

On est loin de la pensée souverainiste. Au soir de la défaite référendaire de 1995, Jacques Parizeau avait invité les Québécois à cesser de s’appeler «francophones». Ceci faisait d’eux une classe à part dont le lien avec la francophonie canadienne était fort ténu.

Loin aussi de la vision de René Lévesque.

Je l’ai rencontré dans une librairie de Charlottetown à l’Ile-du-Prince-Édouard. Il présentait la version anglaise de sa biographie publiée en 1986. Je lui avais demandé ce qu’il pensait de ce concept qui veut que le nord du Nouveau-Brunswick et l’est de l’Ontario agissent comme coussin protecteur de la francité québécoise.

Sa réponse fut immédiate. C’était plutôt le contraire, avait-il répondu. C’est le Québec qui à ses yeux était protecteur de ces minorités.

La vérité est peut-être entre les deux.

Le « Printemps érable », les « carrés rouges », ça vous rappelle quelque chose ? C'était en 2012, inoubliable printemps de grèves étudiantes contre la hausse des frais de scolarité. Je me souviens d'avoir été portée par une immense espérance devant ces milliers de jeunes défilant dans les rues du Québec, impressionnée par le discours et la manière de faire de leurs porte-paroles. À l'instar de beaucoup de citoyens de tous âges, j'ai arboré le carré rouge des étudiants. Leur mobilisation m’a redonné confiance en l'avenir.

C'est ce que j'ai ressenti quand j'ai découvert Greta Thunberg. De l'espoir. Tout le monde connaît désormais la jeune activiste environnementale suédoise. Celle qu'on a appelée «la Jeanne d'Arc de l'environnement» porte sa cause sur toutes les tribunes et inspire des millions de jeunes (et moins jeunes). Il y avait longtemps que scientifiques et autres gens concernés parlaient des changements climatiques. Greta Thunberg les a propulsés à l’avant-scène.

Commencer une nouvelle chronique qui paraitra dans plusieurs médias est un peu énervant. On se demande quel style adopter, un ton enjoué ou « deadpan » sérieux, une accumulation de faits ou plutôt une analyse mêlée d’opinions? On se questionne aussi sur le sujet. Quelle question intéressera des lecteurs de partout au pays? Peut-on trouver un angle national à la hausse d’impôts fonciers à Saskatoon ou la réfection des routes à Sudbury? L’élection de gouvernements conservateurs purs et durs au Nouveau-Brunswick et en Ontario pourrait-elle avoir une incidence sur les Franco-Manitobains? Voilà des questions que je tenterai de démêler dans les prochains mois.

Devant ces dilemmes, j’ai donc choisi de parler d’un sujet qui devrait intéresser tous les Canadiens, soit le sommet de notre pyramide politique, le Sénat.

La semaine dernière, onze sénateurs annonçaient la création d’une nouvelle formation, le Groupe des sénateurs canadiens (GSC) au sein de la Chambre haute. On retrouve dans ce groupe des sénateurs conservateurs, libéraux et même quelques indépendants. Le leader par intérim du nouveau groupe, l’honorable Scott Tannas, affirmait en entrevue à Radio-Canada : «Nous avons été créés pour protéger les régions du pays et les minorités». Là-dessus, le conservateur albertain a bien raison. C’est pourquoi les provinces ont un nombre prédéterminé de sénateurs. On comprend aussi pourquoi M. Tannas serait préoccupé par le fait que sa province n’ait, depuis la dernière élection, aucun député élu du côté du gouvernement libéral. Et qu’il se pose en porte-parole de l’Alberta. Mais on pourrait aussi voir dans la création de ce nouveau groupe plus une occasion de bien paraitre que de service au pays.

Environnement

Nous lui devons la vie, nos saisons, le beau surnom de Louis XIV et même les aurores polaires. Merci ô grande étoile. Laisse-nous graviter encore un peu près de toi pour profiter de ta superbe. Soleil, ce n’est pas pour le tube de Lara Fabian et ces quelques brûlures chaque été que nous ne cesserons de t’aimer.

Tu es une force de la nature, il se passe chez toi plus d’évènements violents que dans n’importe quel match de la NFL. Une boule de gaz d’hydrogène tellement dense et chaude que tu ferais fondre n’importe qui. À ton cœur, sous 15 millions de degrés, tu es capable de rapprocher et faire fusionner quatre noyaux d’hydrogène en un d’hélium plus léger.

Éditorial

Peu importe les raisons, des gens de partout au monde émigrent vers d’autres cieux : certains pour fuir, d’autres pour chercher et enfin d’autres pour trouver. Une vie meilleure, peut-être, mais certainement, une vie différente.

Le phénomène de l’immigration n’est pas nouveau. Ce qui est cependant relativement nouveau, c’est la course aux immigrants, en particulier ceux qui ont des compétences précises recherchées dans des domaines jugés prioritaires, où il y a des pénuries.