Julie Gillet, chroniqueuse
«Autoriser la douceur et les larmes chez les petits garçons, c’est leur permettre de devenir des adultes épanouis, capables d’exprimer leurs émotions et de ne pas recourir à la violence lorsque celles-ci les dépassent.»
«Autoriser la douceur et les larmes chez les petits garçons, c’est leur permettre de devenir des adultes épanouis, capables d’exprimer leurs émotions et de ne pas recourir à la violence lorsque celles-ci les dépassent.»

Bonne fête des stéréotypes!

FRANCOPRESSE – Ce dimanche, c’est la fête des Pères! Ou bien est-ce celle des magasins? Je ne sais plus, je confonds toujours. Mais une chose est sure : il y aura du sexisme en cadeau.

Comme chaque année, après les couples et les mamans, c’est au tour des papas d’être la cible de toutes les convoitises mercantiles, de toutes les campagnes publicitaires paresseusement orchestrées. Oh! Que de matériaux bruts, de technologies de pointe, de lames tranchantes! Que de nuances de kaki, de beige et de noir! Que de saveurs épicées, d’expériences brassicoles uniques et de gourmandises chocolatées 100 % cacao pur et intense!

Quelques minutes passées sur les sites de grandes enseignes commerciales suffisent pour s’en rendre compte : le sexisme est loin d’être l’apanage des femmes lorsqu’il s’agit de vendre une énième babiole inutile.

Les marques ne craignent ni les raccourcis, ni les généralisations hâtives, ni les stéréotypes éculés pour nous convaincre que l’amour s’achète et que l’auteur de nos jours mérite bien cette jolie cafetière de camping en titane, à la fois légère et résistante.

Sur les catalogues des magasins, en cette semaine de célébration paternelle, nous trouvons donc pêlemêle : des équipements de sport et de plein air, de l’électronique, des montres, des barbecues et encore des barbecues, des produits de soin de la barbe et des coffrets gourmands épicés. Et même quelques boites à outils : il n’y a pas de raison pour que seules les mères joignent l’utile à l’agréable avec un nouvel aspirateur!

Le problème? Tous ces cadeaux reposent sur des stéréotypes de genre qui ne correspondent ni à la réalité ni à la diversité des familles actuelles.

Non, tous les hommes ne recherchent pas les sensations fortes. Non, tous ne s’intéressent pas aux nouvelles technologies. Oui, certains aiment le rose et les paillettes. D’autres préfèrent une comédie romantique au dernier match des Canucks (ok, peut-être que les Canucks sont un mauvais exemple, mais vous comprenez l’idée). Et puis la plupart ont toujours beaucoup de difficultés à exprimer leurs émotions et à imposer leurs envies dans une société qui les veut forts, virils et protecteurs.

Je suis née et j’ai grandi en Belgique. Le slogan de la marque de bière la plus célèbre du pays était : «Les hommes savent pourquoi». Leurs campagnes publicitaires? De grands gaillards escaladant des sommets enneigés (où ça? Aucune idée, notre plus haute «montagne» culmine à 693 mètres), dévalant des torrents endiablés, unis par une même passion pour les aventures extrêmes. Et tout le monde trouvait ça normal que des hommes mettent leur vie en péril pour attraper la dernière canette.

Les petits garçons ont grandi avec cette idée : les «vrais» hommes aiment prendre des risques et dépasser les limites. Résultat : ils meurent plus jeunes. Aujourd’hui, au Canada, les accidents sont la troisième cause de mortalité pour les hommes, alors qu’ils ne représentent que la cinquième cause pour les femmes

Aussi, le taux de suicide est trois fois plus élevé chez les hommes que les femmes, ce que les scientifiques expliquent notamment par une plus grande difficulté chez ceux-ci à parler de leurs problèmes et à demander de l’aide. Enfin, dernier exemple parmi tant d’autres, les hommes représentent 94 % de la population carcérale au Canada.

Toutes ces statistiques ont un point commun : elles démontrent la dangerosité des stéréotypes sexistes qui pèsent encore sur les hommes aujourd’hui. Pourtant, nous aurions tous et toutes à gagner à déconstruire ces clichés.

Autoriser la douceur et les larmes chez les petits garçons, c’est leur permettre de devenir des adultes épanouis, capables d’exprimer leurs émotions et de ne pas recourir à la violence lorsque celles-ci les dépassent.

Encourager nos enfants à pratiquer les activités qu’ils désirent en fonction de leurs intérêts et de leurs compétences plutôt que de leur sexe, c’est leur offrir la possibilité d’explorer toutes les facettes de leur personnalité, et de plus tard faire leurs choix personnels, professionnels et familiaux en toute connaissance de cause.

Alors, si pour cette fête des Pères nous choisissions un cadeau un peu différent cette année? Si, à la place d’offrir une montre avec baromètre intégré, l’on prenait le temps de s’assoir près des hommes de notre vie et d’apprendre à les connaitre mieux? De les remercier et de leur dire qu’on les aime, simplement, sans aucun gadget en acier trempé, mais avec sincérité. Allez, peut-être autour d’un barbecue… mais seulement si c’est nous qui cuisinons!

Mychèle Fortin
Coup d'oeil sur le monde

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Comme beaucoup de mes semblables, je regarde avec effarement ce qui se passe chez nos voisins états-uniens. Misère! Il y a bien sûr le cauchemar de la COVID-19 et le spectacle d’un président inapte et dangereux qui se prend pour un tsar. Il y a une société profondément divisée, dangereusement armée et belliqueuse. Et, depuis quelques semaines, cet éveil populaire qu’est Black Lives Matter, immense mouvement dont Trump a dit qu’il était un «symbole de haine» et qu’il compte bien réprimer par la force.
Martin Normand, chroniqueur
Langues officielles

FRANCOPRESSE – Depuis le début de la crise sanitaire, le Commissariat aux langues officielles (CLO) a noté une série d’accrocs aux obligations linguistiques chez les institutions fédérales et dans la société canadienne. Par exemple, l’information relayée en français lors des points de presse n’a pas toujours été de qualité équivalente à celle qui l’était en anglais et des règlements quant à l’étiquetage de produits désinfectants et de nettoyage ont pu être temporairement ignorés. Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, a d’ailleurs confirmé en avril dernier avoir reçu des plaintes à cet égard de la part de citoyens inquiets et a indiqué qu’il allait préparer un rapport spécial sur les langues officielles en situation d’urgence.
Julie Gillet, chroniqueuse
Consentement

FRANCOPRESSE – C’est l’été ; les jours allongent et les jupes raccourcissent. Ce qui n’est pas une raison pour tenter de voir en dessous, quoi qu’en dise la chanson.
Mélanie Tremblay
Éditorial

FRANCOPRESSE – On n’a pas l’habitude de vous parler directement à Francopresse. On préfère laisser nos chroniqueurs et nos journalistes vous tenir informés des dossiers d’actualité d’intérêt pour les francophones de partout au pays. Par contre, aujourd’hui, on considère que c’est différent.
Réjean Grenier, chroniqueur
International

FRANCOPRESSE – Les accusations d’espionnage portées la semaine dernière par la Chine contre deux citoyens canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, donnent un tout autre sens au titre de ce livre publié en 1961 par Jacques Hébert et Pierre-Elliot Trudeau. Et le fait que ce soit le fils Trudeau qui soit «pogné» avec cette situation rocambolesque est quand même un cruel retour de l’Histoire.
Réjean Grenier, chroniqueur
Racisme systémique

FRANCOPRESSE – En voyant l’arrestation et le décès de l’Afro-Américain George Floyd aux mains de policiers blancs de Minneapolis, les Canadiens ont, tout comme des millions de personnes de par le monde, été horripilés. Pour plusieurs, notre première réaction aura été de se dire «qu’heureusement, ça ne se passe pas comme ça ici». Une réflexion un peu plus poussée nous obligera cependant à revoir notre supposée supériorité nationale au sujet du racisme.
Chronique

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Saskatoon, juillet 2013. La caméra de Guy Odishaw est centrée sur une pie d’Amérique, inerte sur la route. Pas de doute, l’animal est mort, vraisemblablement fauché par une voiture. L’image a de quoi attrister, mais malheureusement pour les automobilistes chevronnés que nous sommes, ceci est loin d’être un cas isolé.
Bernard Richard
Éditorial

LE MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – La COVID-19 a ébranlé le monde des médias qui, déjà, était affligé depuis quelques années. Depuis le début de la pandémie, en Ontario et au Manitoba, un groupe de presse a fermé 15 de ses journaux. Plus près de chez nous, l’Étoile a suspendu temporairement ses opérations et mis à pied ses employés. Plusieurs journaux, dont La Voix acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard, ont temporairement cessé d’imprimer une version papier pour diminuer leurs frais de production.
Réjean Grenier, chroniqueur
Contre la COVID-19

FRANCOPRESSE – Depuis le début de la pandémie de COVID-19, il est devenu clair que la découverte d’un vaccin est la seule façon de vaincre le coronavirus qui cause cette maladie. Mais pour qu’un vaccin élimine la COVID-19, il faut que la grande majorité des citoyens se fasse vacciner. Or, un sondage Léger effectué du 24 au 26 avril dernier indiquait que seulement 60 % des Canadiens et Canadiennes voudraient recevoir l’éventuel vaccin, alors que 40 % affirment que l’inoculation ne devrait pas être obligatoire. Et pire encore, un récent article nous apprenait que 15 % affirment qu’ils refuseront le vaccin.
François Gravel
Économie

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Même en temps de pandémie, les pommes de friction entre le gouvernement du Canada et les provinces ne disparaissent jamais complètement. Dernière controverse en date: Ottawa est prêt à verser des millions de dollars au Nouveau-Brunswick, mais en imposant des conditions jugées inacceptables par le premier ministre Blaine Higgs.
Julie Gillet, chroniqueuse
Changements climatiques

FRANCOPRESSE – Des cerfs se promenant nonchalamment dans les rues désertes de Paris, un puma à la recherche de nourriture dans un quartier populaire de Santiago au Chili, des eaux translucides accueillant à nouveau poissons, pieuvres et cygnes à Venise : voilà plusieurs semaines que les images idylliques d’une faune reprenant librement ses droits ont envahi nos réseaux sociaux. Les mesures de confinement permettraient aux animaux de folâtrer gaiment dans nos parcs et forêts délaissés, tandis que la baisse des activités industrielles et du transport aérien entrainerait une amélioration drastique de la qualité de l’air.
Christian Bergeron, PhD, sociologue
Histoire

Tel un volcan, la COVID-19 est venue laver l’actualité ; elle a pénétré tous les pores de nos existences et englouti sur son passage notre vie quotidienne. En à peine quelques semaines, nous vivons tous comme des ermites, sans avoir choisi cette vocation. Même si le déconfinement va progresser, nous pensons à l’avenir et nous oscillons entre les scénarios catastrophiques («plus rien ne sera comme avant») et optimistes («ça va bien aller»), tout en observant qu’un certain monde s’éclipse et qu’un autre se pointe à l’horizon. Beaucoup d’apprentis prophètes, vêtus des habits de la science, s’aventurent dans la lecture du (des) temps. Qui croire?
Économie

FRANCOPRESSE – En utilisant ce titre, loin de moi l’idée de concurrencer l’illustre Émile Zola qui a écrit plus de 400 pages sur le sujet. Mais en guise d’introduction, permettez-moi plutôt de citer un auteur contemporain, Dan Fesperman, qui dans son roman L’écrivain public — que je recommande chaudement — écrit : «[…] l’argent a ses lois et ses servitudes, plus importantes pour eux que le respect de leur pays.» Quand il écrit «pour eux», Fesperman parle des banquiers. Nous reviendrons aux banquiers plus loin. Commençons plutôt par les fraudeurs.
Ça va bien aller

L’EXPRESS (Toronto) – Depuis presque deux mois, on voit apparaitre des drapeaux arc-en-ciel avec la mention «Ça va bien aller», laissant entendre qu’on va se sortir de cette pandémie. Le symbole a été lancé en Italie et a rapidement fait le tour du monde, comme cela avait été le cas dans les années 1990 pour illustrer la Fierté gaie.
Société

FRANCOPRESSE – Ça fait déjà quelques années que je me dis que le monde est vraiment dans la «schnoutte» quand les deux pays qui se battent pour le leadeurship du monde sont la Chine de Xi Jinping et les États-Unis de Donald Trump. Et c’est sans compter la Russie de Vladimir Poutine qui continue à rêver de grandeur. La crise du coronavirus n’a certainement pas changé mon opinion.
Nouvelle-Écosse

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Ce qui est survenu en Nouvelle-Écosse, dans la nuit de samedi à dimanche, est inimaginable. C’est tellement gros, tellement horrible, que notre cerveau peine à prendre la mesure de ce qui est – et de loin – la tuerie la plus meurtrière de toute l’histoire du Canada.
Francophonie

LE DROIT (ONTARIO) – Notre journaliste à Queen’s Park voulait poser une question en français. On lui a dit de revenir plus tard…
Humanité

FRANCOPRESSE – La pandémie du coronavirus n’en est qu’à ses débuts, mais déjà nous pouvons en tirer quelques leçons. En voici quelques-unes.
COVID-19

FRANCOPRESSE – La crise actuelle de la COVID-19 nous force à faire des choses auxquelles nous ne sommes pas habitués : rester chez nous, travailler à distance, maintenir une distance entre nous, etc. En fait, elle nous fait mettre de côté plusieurs aspects plus frivoles de nos vies pour réfléchir à ce qui est vraiment important. Nous délaissons les sorties, les fêtes et les voyages au profit de l’hygiène, la cuisine, la famille. Mais cette crise devrait aussi nous faire réfléchir à «l’après».
COVID-19

MONITEUR ACADIEN (Nouveau-Brunswick) – Les temps difficiles peuvent faire surgir ce qu’il y a de meilleur et ce qu’il y a de pire chez les êtres humains que nous sommes. La pandémie de la COVID-19 en est la preuve irréfutable, si on en avait besoin.
COVID-19

L’EXPRESS – Il est généralement difficile de discerner les opportunités qui émergent d’une crise – qu’elle soit locale, nationale ou même mondiale. La raison se trouve enracinée dans le fait que la crise ne vient généralement pas seule. Elle est toujours accompagnée d’une incertitude, d’un manque d’information qui nous pousse souvent à spéculer sur les effets négatifs qui en découleront.
Éditorial

L’AURORE BORÉALE (Yukon) – Tandis que le Yukon vit une extrême déception, à la fois sportive, communautaire et économique, tandis que les maux de tête montent (à cause des médias sociaux plus que de la fièvre), il se passe dans le monde un truc complètement malade : un pas vers un changement de paradigme. En cette période de montée de la peur, si c’était plutôt l’optimisme que nous rendions viral?
Chronique

Vous penserez certainement que je fais une fixation sur Radio-Canada/CBC mais non. En fait, j’ai plein d’autres intérêts, mais quelques fois il faut bien rapporter certains développements dans l’actualité qui autrement passeraient inaperçus. En voici un qui cette fois met en scène le réseau anglais de Radio-Canada. Si j’en parle, ce n’est pas juste pour écorcher CBC, mais c’est plutôt pour démontrer la méconnaissance et l’insouciance de nos médias anglais envers les Francos hors Québec.
Chronique

LE SAINT-JEANNOIS (Nouveau-Brunswick) – Une couverture piquée au pied d’un lit ou d’un dossier de chaise : l’image évoque chaleur et tranquillité. Bien qu’on ait tendance à penser que ces couvertures remontent au temps de nos grands-parents, en réalité elles sont nées environ 3400 ans avant notre ère, en Égypte. Culicita, le mot latin désignant une couverture piquée, fut introduit en Europe par les Chevaliers templiers lors de leurs croisades. La France abrégea le mot culcita à cuilte, puis les Anglais le traduisirent à quilt.
Éditorial

AURORE BORÉALE (Yukon) — Sous ses apparats grandioses et éloquents, le français laisse dépasser le jupon de son sexisme. Exit les Beauvoir, Sand ou Veil, c’est la langue de Molière! Encore aujourd’hui, les échos de son idéologie patriarcale et archaïque résonnent dans les salles de classe et de rédaction francophones.
Chronique

Deux évènements, un personnel et l’autre sur les réseaux sociaux, me forcent à réfléchir sur l’état du discours social et politique au Canada. Je crois qu’il est important que nous y réfléchissions ensemble.