De souche acadienne, Réjean Paulin a parcouru la francophonie tout au long de sa carrière de journaliste. Il a aussi vécu en France, au Québec et dans l’Ouest canadien avant de s’établir à Ottawa où il est professeur en journalisme au collège La Cité.

Chronique d’été

On dit d’habitude que l’on «part en voyage» quand s’annoncent les vacances. Le chroniqueur Réjean Paulin a pris la route de la Beauce, question de raccorder deux noms de la même origine, mais qui ne portent pas le même drapeau.

J’ai quitté les berges de l’Outaouais des Franco-Ontariens, il y a quelques jours en chemin pour l’Atlantique des Acadiens. Je fais souvent ce parcours par l’itinéraire le plus rapide et le plus court, celui que tous les GPS nous recommandent. Mais cette fois, j’ai allongé le parcours.

Route un peu raboteuse, un chantier, un détour, un nuage de poussière, une végétation plutôt dense… Je roule dans la Beauce québécoise, pas très loin de la frontière américaine.

On dit d’habitude que l’on «part en voyage» quand s’annoncent les vacances.

Mais parfois, j’ai plutôt l’impression de partir en rêve. On met en veilleuse devoirs et obligations. La réalité routinière et inévitable mais indispensable s’efface le temps d’un séjour en un autre lieu, ou d’un long parcours en voiture. On s’invente un monde en suivant ses caprices ou en laissant aller son imagination, un monde créé de toute pièce, dans lequel on vit l’espace de quelques jours, voire quelques semaines jusqu’à ce que le quotidien revienne nous décevoir quand on défait ses valises.

Le monde que je me suis inventé pour mon évasion saisonnière cet été est le paysage que nous révèleraient certains noms de famille francophones. Au fil du temps, j’ai entendu Bilodeau, Marcotte, Lepage, Leblanc, Boudreault, Morin, en Acadie, au Québec, dans l’Ouest, dans les Territoires du Nord-Ouest et ailleurs.

Si je suis passé par la Beauce, c’est parce que je voulais raccorder deux noms de la même origine, qui se ressemblent mais qui ne portent pas le même drapeau. Assurément, cela ne s’est pas fait pas sans engouffrer des kilomètres par centaines sous le capot.

On quitte St-George de Beauce par la 73 nord, une belle autoroute, bordée d’un paysage qui invite à une certaine détente. À la vue du pont Pierre-Laporte, on bifurque vers Rivière-du-Loup pour franchir les Appalaches ou descendre la vallée de la Matapédia, jusqu’à ce que la baie des Chaleurs se déploie sous nos yeux; bleue quand le Noroit la balaie, grise quand le nordet l’affronte. En suivant ses plages et ses falaises, c’est cap sur la péninsule acadienne.

C’est ainsi qu’après une journée au volant, j’ai raccordé mon nom à son histoire. Les Paulin de l’Acadie contemporaine étaient des Poulin de la Beauce au 18e siècle.

On peut aussi avancer que les Boudreau de l’Ontario d’aujourd’hui ont été les Boudreault de l’Acadie. Puis il y a des noms qui n’ont pas changé. Un Lepage québécois restera Lepage même s’il est devenu Fransaskois; même chose pour un Boucher qui le restera en devenant Franco-Manitobain.

Les mots ont l’avantage de pouvoir décrire en quelques secondes ce que nous aurions sous les yeux en faisant défiler du paysage pendant des semaines. La géographie des noms de famille nous en mettrait plein la vue. Un soleil d’or se lèverait sur l’Atlantique. On lui tournerait le dos en franchissant les denses forêts des Appalaches, en suivant le fleuve le plus large de la planète, en traversant le Bouclier canadien et en longeant les lacs hors proportion de l’Ontario, plus grand réservoir d’eau douce sur la Terre.

On contemplerait des plaines qui n’ont d’autres limites que l’horizon, sous un ciel aux dimensions cosmiques puis on s’enfoncerait dans la forêt boréale jusqu’à la toundra pour ensuite poser le pied sur le pergélisol. On admirerait des montagnes aux crêtes toujours enneigées sous les chaleurs de juillet, puis on s’endormirait, fatigué, à la lueur ambrée d’un soleil qui déclinerait lentement en se glissant derrière l’horizon du Pacifique.

Bref, ce serait tout un voyage… J’en ai entré les coordonnées sur mon GPS pour m’amuser, d’est en ouest et du nord au sud… Bien au-delà de 10 000 km, sans compter le retour.

En définitive, le projet est trop ambitieux. Elles en ont fait du chemin, ces familles francophones. Leur parcours est indélébile. Ni le temps ni l’intolérance ne l’ont effacé.

Petite controverse dans le monde de la Fête nationale de l’Acadie, alors qu’un chanteur a profité sa présence sur scène pour critiquer le premier ministre Blaine Higgs. Serge Brideau est-il allé trop loin? Aurait-il dû choisir un autre moment pour s’exprimer? Non. Il était en droit de partager ses opinions.

 

Serge Brideau et son groupe, Les Hôtesses d’Hilaire, ne sont pas allergiques à la controverse. Ils n’ont pas hésité par le passé à dénoncer des situations politiques, parfois lors de moments les plus inattendus.

Au début de l’année à l’émission Belle et Bum, diffusée sur Télé-Québec, Brideau a soudainement déboutonné sa chemise, pendant une chanson. Sur son ventre était écrit en grosses lettres Kris Austin (le nom du chef de la People’s Alliance).

Le droit des francophones du Nouveau-Brunswick d’être servis dans leur langue chez Ambulance NB était alors victime d’un assaut sans précédent de la part du gouvernement progressiste-conservateur et de la People’s Alliance. En réalisant son coup d’éclat, Brideau s’assurait de tourner les projecteurs vers cet enjeu.

Les gens de l’Île-du-Prince-Édouard et plus particulièrement ceux de la région Évangéline qui étaient présents aux célébrations de la Fête nationale de l’Acadie à Dieppe au N. B. ont été pris par surprise quand le premier ministre de l’Î.-P.-É. a annoncé la construction d’une nouvelle école pour la région Évangéline.

Les réactions ont été immédiates sur les réseaux sociaux. L’ancienne directrice de l’école Évangéline, Jeanne Gallant, qui était présente lors du discours du premier ministre a tout de suite mis un «post» sur Facebook «Bonne nouvelle!!!! Pendant l’ouverture du 15 aout à Dieppe, le premier ministre Dennis King (Denis Roy, comme il se nomme au CMA) a annoncé publiquement que l’École Évangéline aura une nouvelle école!!!» Il a vite été partagé, et les parents de la région ne pouvaient pas croire cette bonne nouvelle, si longtemps attendue.

Il n’y a aucun détail pour indiquer si ce sera une nouvelle construction ou des rénovations.

Ce qui est dommage, c’est que le premier ministre ait choisi de faire cette annonce au Nouveau-Brunswick au lieu de le faire la journée précédente dans le cadre de la journée de commémoration à Miscouche, parmi les siens. Ça aurait été encore plus marquant!

Pour revenir en arrière, le remplacement ou l’amélioration du centre d’éducation Évangéline était devenu un enjeu local dans la dernière élection provinciale. Les citoyens ont été frustrés dans les dernières années par la façon dont le gouvernement libéral de Wade MacLauchlan a géré cet enjeu. En novembre 2018, on attendait vraiment des nouvelles pour cette école, mais la communauté acadienne et francophone s’était trouvée absente du budget d’immobilisation.

On se souviendra longtemps de ce legs du CMA 2019!

«Beausoleil, Louis Riel, Jackie Vautour… Ast’heure c’est not’ tour». Ce sont quelques paroles de Petitcodiac, une chanson qui combine complainte et révolte pour faire appel à la lutte. Je les ai entendues en marchant dans les rues de Dieppe au Nouveau-Brunswick, dans le cadre du Congrès mondial acadien.

Beausoleil, Louis Riel et Jackie Vautour sont symboles de résistance. Ils ont en commun d’avoir défendu leur cause jusqu’au bout.

Je songeais aux Franco-Colombiens et à la lutte scolaire qu’ils ont lancée, quand ces trois noms ont atteint mon oreille.

Leurs écoles sont trop petites et sont souvent dans un état lamentable. Le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique et la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique en ont assez. Ils accusent la province de sous-financer les infrastructures scolaires et le transport des élèves dans le secteur francophone. Les tribunaux inférieurs les ont défaits deux fois. Tenaces, ils ne baissent pas les bras. L’affaire sera devant la Cour Suprême à l’automne.

On peut affirmer sans ambages que le français a avancé envers et contre tous sur notre continent. Il s’est étendu tant et aussi loin qu’une terre était là pour l’accueillir. Seuls nos océans, barrières géographiques infranchissables, ont contenu sa marche.

Comme tous les francophones d’Amérique, les Franco-Colombiens ont hérité de l’œuvre de Samuel de Champlain, commencée il y a plus de quatre siècles dans le berceau de l’Acadie aux abords de la baie de Fundy entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

Il y a loin de l’Atlantique au Pacifique; plus de quatre fuseaux horaires et des milliers de kilomètres. Il s’est écoulé plus de quatre siècles d’histoire depuis le jour où Champlain a jeté l’ancre à l’embouchure du fleuve Saint-Jean. C’est dans ces proportions qu’il faut mesurer la présence française sur notre continent de même que la lutte que mènent les Franco-Colombiens. La résistance qui s’organise entre nos océans a la même envergure.

L’Aurore boréale, Yk.

«Dépêche-toi de mettre tes chaussures, viens vite, on va être en retard. Finis vite ton déjeuner, quoi? Tu n’as pas encore brossé tes dents?» J’ai réalisé récemment (oui, réalisé! Il me semble que je n’en avais jamais pris conscience) que ma fille de six ans n’avait aucune idée de ce que voulait dire «se presser». Grand bien lui fasse! Car ces phrases-là, c’est pendant nos vacances que je me suis entendue les dire…

L’Orléanais, On. Le gouvernement fédéral a un plan d’aide pour les grands journaux. Mais qu’advient-il des journaux communautaires qui racontent l’histoire des citoyens? Un éditorial de Nicole Patry.

Le nom d’un enfant, lauréat d’un concours d’orthographe ou d’art oratoire, un coup d’œil sur les talents sportifs ou musicaux exceptionnels de nos ados, l’histoire d’un ainé qui souffle ses 100 chandelles; la publication des succès de nos écoles francophones et de nos associations, la présentation de nos héros, de nos organismes de bienfaisance, des enjeux traitant de la francophonie ontarienne; un regard historique sur les pionniers d’Orléans; voilà quelques exemples de ce que L’Orléanais, la voix francophone d’Orléans, s’est donné comme mandat de transmettre à sa communauté.

Guy Badeaux

Guy Badeaux

L’Express, On. Professeure de théorie politique à l’Université d’Ottawa, Dalie Giroux a exploré l’oralité, le colonialisme et le territoire du Parler en Amérique, «les langues du pays, non écrites, hybridées, colonisées…

Professeure de théorie politique à l’Université d’Ottawa, Dalie Giroux s’est penchée sur le Parler en Amérique, pour en explorer l’oralité, le colonialisme et le territoire. «Ce sont les langues du pays, régionales, non écrites, hybridées, dominées, colonisées, mineures, marginales, migrantes, illettrées, enfantines, domestiques.»

Serge Miville, Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français, directeur de l’Institut franco-ontarien et professeur adjoint, département d’histoire, Université Laurentienne Stéphanie Chouinard, professeure adjointe, science politique, Collège militaire royal de Kingston et Queen’s University

Le protocole d’entente entre le Quebec Community Groups Network (QCGN), l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a été dévoilé le 3 juillet 2019. Il énonce le double objectif de faire des langues officielles, notamment de la modernisation de la Loi sur les langues officielles, un enjeu électoral d’une part et, d’autre part, de défendre les institutions existantes chez les minoritaires.

L’Eau vive, Sask. Il est compliqué de financer la transition écologique. Entre injustice et incompréhension, les mesures divisent. Combattre le réchauffement climatique est plus difficile que de sabrer le champagne. Chronique d’Arthur Béague.

Cette histoire débute le lundi 30 novembre 2015 dans la grisaille parisienne. C’est un jour particulier puisqu’il s’y tient la 21e conférence sur le climat. Treize jours durant lesquels les 195 pays signataires de la convention de 1992 se retrouvent pour manger des petits fours, boire du bon vin et accessoirement trouver une solution contre le réchauffement climatique.

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Le mouvement a touché des centaines de villes sur cinq continents. Les foules les plus imposantes ont été, entre autres, à Sydney, Berlin, Paris, Bruxelles, Londres et Paris. À Montréal seulement, des dizaines de milliers d’étudiants ont protesté. Aux États-Unis, la mobilisation était plus modeste. …
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Il est là, juste devant moi. Dix mètres nous séparent et pourtant il reste là, impassible sur son poteau dans son épais manteau blanc. Sa tête pivote, un sourcil se lève de temps à autre pour être certain que je ne m’approche pas plus près. Je recule pour être sûr de pouvoir profiter du spectacle au…