Sarah Spurrell qui accompagne Kathryn sur les «routes» de la côte sud contemple la communauté de Hermitage.
Sarah Spurrell qui accompagne Kathryn sur les «routes» de la côte sud contemple la communauté de Hermitage.

À bicyclette sur la côte sud de Terre-Neuve

Kathryn Ravyn Flynn
Le Gaboteur
LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Le long de la côte sud de Terre-Neuve, les petites communautés côtières leurs fiords accessibles seulement par traversier et leurs habitants se laissent découvrir lentement au gré de l’eau. À l’été 2021, l’étudiante à l’Université Memorial Kathryn Ravyn Flynn et son amie Sarah Spurrell se sont lancées dans un voyage de dix-sept jours à vélo, de traversier en traversier, et d’est en ouest sur la côte sud.

«On n’a pas d’ouvre-boite… Regarde, essaie avec ces roches!» C’est notre deuxième soir de voyage et nous avons finalement ouvert notre boite de saumon avec deux pierres pointues.

Comment décider quoi emporter dans des petites sacoches de vélo pour un voyage de 17 jours? Il y a certaines choses que vous ne pouvez tout simplement pas prendre avec vous.

Sarah Spurrell et moi avons commencé notre voyage le 21 mai dernier à Swift Current, communauté au nord-est de la péninsule de Burin, pour le finir 17 jours plus tard, le 5 juin, au tournant de la route 480 qui va jusqu’à Burgeo.

«Le plus bel endroit du monde»

Autre qu’un voyage à vélo, notre aventure se compose de déplacements en petits traversiers, de randonnée, d’exploration, d’éclats de rire, de camping, de paysages magnifiques et de précieux souvenirs. Nous avons parcouru 347 kilomètres à vélo, 80 kilomètres à pied, et 277 kilomètres en traversier. Au total, 705 kilomètres dont 60 % propulsés par la force humaine!

Je l’ai dit cent fois et je le répèterai encore autant : Terre-Neuve est le plus bel endroit du monde, et nos expériences sur la côte sud de l’ile ne font que renforcer mon opinion à ce sujet. 

Les petites communautés (parfois composés de seulement 27 habitants) de la côte sud de l’ile sont des exemples typiques de la vraie fierté terre-neuvienne.


« Toutes les personnes que nous avons rencontrées expriment non seulement leur amour pour l’endroit où ils vivent, mais aussi leur enthousiasme à nous accueillir dans ces endroits. Tout le monde a pris le temps d’être avec nous. »
Kathryn Ravyn Flynn

En parlant avec plusieurs résidents des différentes communautés, on a compris pourquoi ils se battent passionnément contre la relocalisation et à quel point ces lieux sont importants pour eux. Et pourquoi ceux-ci devraient l’être pour tous.

En tout, nous avons visité dix communautés, d’est en ouest avec nos bicyclettes : Bay L’Argent, Rencontre East, Pool’s Cove, Hermitage, Gaultois, McCallum, François, Grey River, la petite ile de Ramea et Burgeo. Malgré leurs noms qui sonnent très français, toutes ces communautés sont aujourd’hui très anglophones. Les noms français pointent vers une époque révolue et un monde perdu.

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« On a de la chance de faire ça… »

À Bay L’Argent, nous avons rencontré par hasard un homme qui travaillait avec mon père il y a une trentaine d’années. À Hermitage, nous sommes accidentellement tombées sur la cousine de la mère de Sarah, qui entretenait l’auberge dans laquelle nous avons séjourné.


En plus d’être amies et compagnes de route, Kathryn Ravyn Flynn et Sara Spurrell sont collègues de travail à la salle d’escalade Walnuts Climbing Centre de St. John’s.

À Gaultois, on nous a offert des souvenirs gratuits, dont un livre de peintures à la mairie. À McCallum, nous avons été invitées dans la cabane d’un inconnu lorsque notre tente a été inondée par la météo capricieuse.

À François, la beauté du fiord nous a bouleversées. Personnellement, mon coup de cœur est la communauté de Rencontre East et les nuages calmes roulant sur ses collines. Dans plusieurs communautés, les résidents se déplacent en quad [des véhicules tout-terrain] sur les routes ; pas besoin, donc, de se soucier des dangers de la circulation routière ou des bouchons de circulation.


« Même si quelques-unes de nos journées à vélo ont été longues, humides, épuisantes, je referais cette aventure à deux roues sans hésiter. La beauté de la côte sud dépassait de loin la douleur parfois ressentie à vélo. »
Kathryn Ravyn Flynn

Notre mantra pour les jours difficiles? «On a la chance de faire ça. On a choisi de faire ça. On arrive à ressentir ce que nous ressentons.»

Parfois, les collines et leur dénivelé qui nous faisaient face étaient énormes, voire décourageants. À vrai dire, les 30 livres additionnels dans nos sacoches rendaient l’ascension de ces collines beaucoup plus difficiles. Mais qu’est-ce qu’une aventure sans douleur?

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Kathryn Ravyn Flynn

Née de parents terre-neuviens, Kathryn Ravyn Flynn est née et a grandi au Colorado avant de revenir à St. John’s en 2017. Étudiante en anglais, en études de genre à l’Université Memorial, elle a appris le français avec le programme Explore à Chicoutimi, entre 2015 et 2016. Elle prépare un diplôme en technique de la scène et de l’écran.

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