Bien connu des Premières Nations, le bleuet est excellent pour la santé.
Bien connu des Premières Nations, le bleuet est excellent pour la santé.

Le bleuet : un petit fruit aux grandes vertus

Michèle Villegas-Kerlinger, chroniqueuse
Michèle Villegas-Kerlinger, chroniqueuse
L'Express
L’EXPRESS (Toronto) – Depuis l’apparition de la COVID-19 et la pénurie de certains produits dans les supermarchés, de plus en plus de gens s’intéressent aux jardins potagers. L’insécurité alimentaire pousse les gens à vouloir être plus autosuffisants.

Les plantes les plus recherchées en 2020 sont : des variétés natives de la région ; des plantes naines ; des variétés comestibles.

Le bleuet satisfait ces trois critères.

Cultivé et sauvage

Le seul fruit canadien dont on exploite commercialement des variétés sauvages et cultivées est le bleuet. Le Canada en est le plus grand producteur au monde après les États-Unis.

De la famille des bruyères, dont les myrtilles, les airelles et les canneberges font aussi partie, ce petit fruit pousse sur des arbrisseaux mesurant entre trente centimètres et cinq mètres de haut.

C’est une espèce indigène d’Amérique du Nord, alors que la myrtille, son cousin qui lui ressemble tant, pousse en Europe et en Asie. La plante pousse surtout dans les montagnes et les bois[1], là où le climat est frais et le sol acide. À part son grand besoin en eau, le bleuet est une plante très résistante qui peut survivre dans des conditions pas toujours idéales[2].

Les Premières Nations

En 1615, Samuel de Champlain, en route pour le lac Huron en compagnie de ses alliés autochtones, a observé une grande quantité de bleuets le long de la rivière Outaouais. Il aurait dit :

«Il est vrai qu’il semble que Dieu a voulu donner à ces terres affreuses et désertes quelque chose en sa raison pour servir de rafraichissement à l’homme, et aux habitants de ces lieux. Car je vous assure qu’il se trouve le long des rivières si grande quantité de bleuets qui est un petit fruit fort bon à manger et force framboises et autres petits fruits, et en telle quantité que c’est merveille.»[3]

Présente depuis des millénaires sur la côte est de l’Amérique du Nord, la petite baie sauvage faisait les délices des Autochtones. En plus d’en réaliser une teinture pour leurs vêtements et leur visage, les Amérindiens la mangeaient fraiche ou écrasée comme assaisonnement sur la viande ou dans leurs soupes et ragouts.

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Express

Notes

  1. Le bleuet préfère surtout les forêts de pin.
  2. On cultive le bleuet en champ ou, comme au Québec, en forêt sur des bandes de terre défrichées. Le fruit sauvage, par contre, est cueilli à grande échelle sur des terres incendiées ou coupées à blanc. C’est surtout au Saguenay–Lac-Saint-Jean que le fruit sauvage abonde en raison du grand feu de 1870 qui a détruit une superficie de 3 900 km carrés, soit les deux tiers de la région. On baptise familièrement «Bleuets» les habitants de cette belle région.
  3. Analyse de l’œuvre de Champlain.