Les Hookeuses du Bor’de’lo présentaient leur dixième exposition de tapis hookés lors du Congrès mondial acadien 2014.
Les Hookeuses du Bor’de’lo présentaient leur dixième exposition de tapis hookés lors du Congrès mondial acadien 2014.

Le tapis hooké : de l’artisanat populaire à de l’art textile

Le hookage trouverait ses origines à Terre-Neuve, où des pêcheurs fabriquaient des tapis pour mettre au fond des bateaux et aux fenêtres. Cet artisanat est devenu un passe-temps des femmes de l’Atlantique : de la toile de jute sur un cadre de bois, des bandes de tissus découpées dans de vieux vêtements, des brins de laine récupérée, un crochet et voilà de quoi faire un tapis qui ajoutera un peu de confort à la maison, l’hiver.

La pratique est ancrée dans la mémoire de la plupart des gens de ces quatre provinces. Dans les souvenirs d’enfance, mères, grands-mères et grands-pères hookaient. On confectionnait les tapis crochetés surtout l’hiver pour les utiliser ou les vendre. À Memramcook, même, une agente vendait les tapis des femmes.


Piquée, accrochée!

En 1997, Annie Richard, de Cap-Pelé, découvre un tapis hooké et apprend qu’il est l’œuvre de Gabrielle (Gabi) Savoie Robichaud, de Grand-Barachois. Désireuse d’apprendre à en faire de la maître, elle se rend à l’atelier : «Elle me dit de trouver six ou sept femmes et qu’elle nous donnera un cours.» Il aura fallu quelques jours pour ce faire. Et c’est ainsi que le groupe Les Hookeuses du Bor’de’lo est né. «Nous avons eu notre première exposition à l’atelier de Gabrielle.»

Elle se souvient que lorsqu’elle était âgée de huit ou neuf ans, quelques femmes venaient chez elle pour hooker. «J’aimais les voir travailler ensemble et jaser, se remémore Annie Richard. C’était très spécial pour moi et je coupais les guenilles en morceaux pour elles. Une fois j’ai essayé et j’en ai fait un petit bout.»

Elle avait envie d’apprendre à son tour. «Je voyais que cette belle tradition se perdait et pour moi c’était aussi une bonne manière de recycler.» Les Hookeuses du Bor’de’lo partagent d’ailleurs ces motivations.

Dès qu’elle a poussé son premier brin de fil, elle a senti une chaleur monter en elle, poursuit Annie Richard. Elle sentait que sa mère était avec elle. «Il n’y a pas de mot pour décrire la satisfaction de voir ton premier tapis fini. Et je ne pouvais pas m’arrêter. C’était une vraie thérapie pour moi. C’était la plus belle chose qui pouvait m’arriver et j’en faisais pendant des heures et des heures. J’en ai usé des crochets, dont le vieux crochet de ma mère. C’était plus fort que moi, je voulais toujours en faire.»

Pour souligner le 200e anniversaire de l’église de Barachois, Rémi Lévesque a organisé une exposition de coussins hookés. La réponse à l’appel lancé aux artistes a été convaincante!

Un produit utile et prisé

Les tapis hookés du sud-est du Nouveau-Brunswick étaient très prisés des Américains, d’ajouter Annie Richard. «Ils venaient en Acadie et les prenaient en échange de recouvrement de plancher en papier taré qui ne durait pas un mois. Ils connaissaient leur valeur et devaient les vendre à bon prix. Un moment donné, il y en a un qui est revenu pour les tapis de maman et connaissant son stratagème, je lui ai dit de prendre la porte. Je ne peux pas trouver un seul tapis de maman, elle les a tous échangés ou donnés.»

Et on en trouve des tapis hookés chez elle, comme chez les autres membres du collectif et ce ne sont plus les modestes tapis de plancher de nos mères ou grand-mères. Que ce soit sous la cafetière, les pots de fleurs ou encore des sous-verres, il y en a dans toutes les pièces de la maison, tous plus beaux les uns que les autres. On en retrouve beaucoup sur les murs, petits, moyens et grands, par thèmes ou abstraits.

Il faut dire que depuis plus de 200 ans, les Néo-Brunswickois incorporent aux tapis des images de leurs activités préférées. Aujourd’hui encore, les hookeuses n’ont pas peur de sortir des sentiers battus et de s’aventurer dans de nouvelles techniques, de nouveaux matériaux et d’applications inusitées de cet art traditionnel.


Le tapis hooké : innovation ou tradition?

À une époque où la récupération fait force de loi et où les femmes ont plus de temps à consacrer aux loisirs créatifs, le tapis hooké a acquis ses lettres de noblesse : on ne parle plus d’artisanat populaire mais plutôt d’art textile. Les artistes de la fibre de la région et d’ailleurs au pays le travaillent comme mode d’expression à même titre que la peinture et le dessin tout en restant fières de leurs racines.

Dans une discipline où l’on ne peut éviter d’apprendre les techniques de base dès le départ, les artistes qui se consacrent à cette discipline sont de toutes les trempes. On respecte la tradition ou l’on s’en éloigne et, comme dans bien des disciplines, la frontière entre arts et métiers d’art se brouille. Certaines artistes mêlent avec succès les matériaux et les techniques, incluant dans leurs œuvres le bas-relief, la broderie, le feutrage; d’autres perpétuent la glorieuse tradition de la pièce figurative. D’autres encore, se lancent dans la création en plein air. L’artiste laisse libre cours à son inspiration : teinture naturelle et fibres recyclées ou soie neuve et lainage reteint. L’hybridation du postmodernisme s’est depuis longtemps intégrée à plusieurs métiers de la fibre et c’est au tour du hookage de faire ce bond; une discipline qui se taille une place sur la scène artistique.


Le projet « Artisans et métiers traditionnels de la francophonie canadienne » a été rendu possible grâce à l’appui financier de Financement agricole Canada. Tous les articles ont été produits conformément à la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

Les Hookeuses du Bor’de’lo présentaient leur dixième exposition de tapis hookés lors du Congrès mondial acadien 2014.

Pour préserver le patrimoine, on crée un registre des tapis du N.-B.

Depuis des années, la communauté qui s’intéresse aux tapis hookés discutait de l’importance de documenter et capter les histoires des personnes qui ont fabriqué ces tapis et articles qui, autrefois, ont ajouté au confort des maisons du Nouveau-Brunswick.

En 2010, un réseau de bénévoles des diverses régions de la province a créé le Registre des tapis hookés du N.-B. pour en conserver une description et l’histoire entourant leur confection.

Le registre a documenté au-delà de 450 tapis, dont le plus vieux a été créé en 1860.

Histoire des Noirs

FRANCOPRESSE – En ce mois de l’histoire des Noirs, l’auteur de l’ouvrage L’Histoire oubliée de la contribution des esclaves et soldats noirs à l’édification du Canada (1604-1945)  aux Éditions Afrikana, a répondu aux questions de Francopresse. Le Dr Amadou Ba éclaircit en ces pages des chapitres négligés de l’histoire du pays. Chargé de cours à la Nipissing University de North Bay et à l’Université Laurentienne de Sudbury, ce passionné d’histoire africaine souhaite ainsi contribuer à réconcilier les Canadiens et Canadiennes avec leur passé.
Entrevue

FRANCOPRESSE – La Fédération culturelle canadienne-française, qui regroupe 22 associations artistiques et culturelles de l’extérieur du Québec, défend de plus en plus activement le besoin pour le Canada de se doter d’une politique culturelle nationale. Cette politique prendrait la forme d’un «Cadre national d’action pour la culture». La FCCF s’est associée avec plus de 40 organismes artistiques et culturels, tant francophones, anglophones, qu’autochtones, pour créer une large coalition afin de convaincre le gouvernement fédéral d’aller de l’avant avec ce projet ambitieux, dont découlent aussi plusieurs autres priorités de la Fédération.

L’EXPRESS (Ontario) – Connaissez-vous le fondateur de la ville de Québec et de la Nouvelle-France au début du 17e siècle : Samuel de Champlain? Chez nous, la réponse est plus souvent oui. Champlain est un héros, l’un des personnages les plus illustres de l’histoire du Canada. En France, la réponse est non. Champlain y est plutôt un illustre inconnu.
Nord canadien

AURORE BORÉALE (Yukon) – Le geste vif et le regard clair, la jeune quinquagénaire Alice Cyr avoue ne jamais se lasser de raconter l’histoire de la famille de son défunt époux. Une histoire tissée d’aventure et d’amour ancrée dans la grande Ruée vers l’or yukonaise à tout jamais intégrée à son récit de vie personnel.
Entrevue

FRANCOPRESSE – L’année 2020 marque le tricentenaire de l’arrivée des premiers colons français à l’Île-du-Prince-Édouard, connue à l’époque sous le nom de l’Isle Saint-Jean. L’historien Georges Arsenault tient à souligner le début de la présence francophone dans la province. L’auteur de l’ouvrage Histoire illustrée de l’Acadie de l’Île-du-Prince-Édouard  aux éditions La Grande Marée en 2019 nous offre un survol de ces premières années de présence acadienne et française dans l’Ile.
Ontario

FRANCOPRESSE – En 1990, il y a encore les Nordiques à Québec. La Cour suprême vient tout juste de donner raison à des parents francophones de l’Ile-du-Prince-Édouard qui souhaitaient avoir leurs propres écoles et déclare inconstitutionnel l’Official Language Act du Manitoba. Mais en ce premier mois de l’année, le 30 plus précisément, alors qu’on négocie le fameux accord du lac Meech, la ville de Sault-Sainte-Marie fait parler d’elle.

Kim Pasche a un parcours atypique. Déjà dans son enfance en Suisse, son attirance vers les matériaux bruts le pousse à questionner son entourage sur l’origine des objets les plus anodins du quotidien : «J’ai toujours eu cette curiosité de connaitre un cran plus loin l’origine des objets.» Après avoir obtenu son baccalauréat (l’équivalent de la 12e année), il décide de faire son propre compagnonnage afin de recevoir les savoirs et les savoir-faire liés aux métiers de la pierre, du bois, du métal ou encore du cuir.

Gérard Dubé a passé une grande partie de sa vie à militer pour la préservation de l’environnement. Originaire de La Broquerie au Manitoba, il est d’ailleurs un pionnier dans le secteur du compostage. Il a travaillé à développer et à promouvoir le compostage comme un moyen de concilier la productivité agricole et le respect de la nature.

Dans le nord de l’Ontario, nombreux sont les trappeurs qui adoptent un passetemps qui évoque le travail des premiers peuples et l’arrivée des Européens dans le Nouveau Monde. La récolte des fourrures demeure cependant bénéfique à plusieurs chapitres, dans le contexte actuel. Ces entrepreneurs de la forêt, œuvrant dans une région immense et peu densément peuplée, jouent un rôle important dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes et de la circulation de biens dans l’ensemble du pays.

À quelques kilomètres de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, Mike Mitchell et Craig Scott perpétuent une tradition autochtone en produisant du sirop de bouleau. Un simple prétexte pour jouir de la nature, mais n’empêche, il y a là une expertise qui se développe.

Au cœur de la vallée de l’Okanagan, Andréa McFadden diffuse des parfums de lavande, de rose, de menthe, de calendula ou encore de camomille. Installée depuis longtemps dans la région, la famille McFadden perpétue un savoir-faire ancestral : celui de la distillation d’huiles essentielles.

Yvette Michelin nourrit une passion pour le fléché qui va au-delà de la période des carnavals. Spécialiste incontournable du fléché, elle l’enseigne aux adultes et donne des ateliers aux enfants. Et si c’était sa façon à elle de perpétuer un savoir-faire digne de la persévérance et de la ténacité de ces francophones qui ont fait l’Amérique?

Les portes de la science sont grandes ouvertes pendant une semaine au Canada. Du 16 au 22 septembre, écoles, bibliothèques, musées et universités du pays joignent leurs efforts pour nourrir la culture scientifique des Canadiens. Grand moment de sensibilisation, l’évènement repose sur la participation et l’engagement de milliers de férus des sciences d’un océan à l’autre.
Festivités francos

La vitalité des communautés de la francophonie en situation linguistique minoritaire ne fait pas l’ombre d’un doute, lorsqu’on voit la liste des manifestations francophones dans les provinces et territoires du Canada!