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Les trésors de la ruralité
Stéphane Lanteigne

Résurgence de l’agriculture de proximité : Producteurs et consommateurs se rapprochent

Un nombre croissant de Canadiens optent pour l’achat de produits locaux. Les producteurs et les marchands locaux arrivent à joindre cette clientèle soucieuse de consommer des produits de proximité. S’ajoutent à l’équation de nouveaux maraichers urbains.

Le développement de nouvelles technologies et les innovations dans le domaine agricole permettent désormais de cultiver dans des lieux habituellement peu propices à l’agriculture, que ce soit en raison du climat ou de la faible qualité du sol.

Stéphane Lanteigne et sa conjointe, Erin Rowe, sont propriétaires de Smart Greens Sudbury dans le nord-est de l’Ontario. Le couple s’est lancé en affaires dans la dernière décennie afin de retrouver ses racines nord-ontariennes et de faire carrière dans un domaine en évolution. « En fait, nous étions tous les deux enseignants en Corée du Sud. Alors notre premier défi a été de nous ajuster lors de notre retour au Canada », raconte Stéphane Lanteigne.

Le conteneur de SmartGreens, à Sudbury, où poussent herbes et verdures.

De nouveaux procédés

Stéphane Lanteigne croit que la demande d’aliments récoltés le jour même continuera de croître de façon soutenue au cours des prochaines années. « Je pense que de plus en plus de gens au Canada et en Amérique du Nord changent leur régime alimentaire et qu’il va y avoir un véritable boum dans l’offre de ces produits alimentaires », avance-t-il.

Le producteur de choux frisés biologiques a d’ailleurs réglé la question de capacité de production, dans le Nord ontarien, en utilisant des serres hydroponiques. La récolte se fait maintenant l’année durant et la production hebdomadaire a doublé. « L’ensemble de notre production se trouve dans un système de 400 pieds carrés (37 mètres carrés), où nous faisons pousser environ 135 livres (61 kilos) de chou frisé par semaine », affirme Stéphane Lanteigne.

Après de nombreuses recherches, les propriétaires de Smart Greens Sudbury se sont taillé une part du marché, et ce, malgré certains défis logistiques. « Avec l’hydroponique, il faut être vraiment attentif aux changements du système et aux problèmes mécaniques qui peuvent se produire, car autrement, la production risque de baisser de 50 % en moins d’une ou deux semaines », souligne le producteur.

« Nous n’avons pas essayé d’avoir une grande production au début, car on a voulu bâtir une clientèle en premier sur une période de 12 mois », poursuit-il.

En fait, si les choses continuent de bien aller, le couple a l’intention d’agrandir ses installations afin de faire pousser d’autres produits.

Jardin communautaire-French River.

Cultiver en communauté

Dans la grande région de Sudbury, un organisme communautaire tente de stimuler l’appétit de la population pour le potager. Foodshed Project, un réseau de jardins communautaires, compte développer et promouvoir de tels espaces publics, comme le prescrit dans la stratégie alimentaire du Grand Sudbury.

La vice-présidente du regroupement, Meghan Perrin, a constaté que plusieurs résidents bénéficient de ces jardins communautaires. « Foodshed Project a commencé il y a quelques années en regroupant des bénévoles de différents jardins communautaires qui ont voulu partager des ressources et s’aider les uns et les autres », relate Meghan Perrin.

Aujourd’hui, le réseau comprend plus de 35 espaces de culture. Afin d’encourager le développement de nouveaux jardins, l’organisme fournit du financement et commande du matériel en vrac.

« Il y a toutes sortes de modèles qui existent parmi ces 35 jardins. Les jardiniers peuvent faire pousser de la nourriture pour eux-mêmes ou, comme dans le cas de Coniston, les ainés donnent des produits aux banques alimentaires », rapporte la vice-présidente.

Le point de rencontre

Entre les jardins, les producteurs et les consommateurs, il y a le marché public. Celui de Sudbury, qui existe depuis 2000, connaît un succès retentissant. En 2008, ses ventes directes étaient évaluées à 1,6 million de dollars. La croissance s’est poursuivie au point où un deuxième marché est né en 2017 et un événement d’hiver a vu le jour en 2018.

Cet appétit croissant pour les marchés dépasse les frontières du Grand Sudbury. L’affluence est constante dans les institutions de Kingston et Toronto (en l’occurrence le St. Lawrence), fondées respectivement en 1801 et 1803, et le marché By d’Ottawa, exploité de façon ininterrompue depuis 1830. Ailleurs, une période de jachère semble avoir pris fin dans les années 1990.

Farmers’ Markets Ontario, fondé en 1992, a observé ce retour en force des marchés publics. La province comptait 60 marchés en 1988, 130 en 1999 et 140 en 2009. Plus de 10 ans plus tard, l’organisme compte 182 marchés membres, auxquels s’ajoutent 304 marchés à la ferme inscrits.

Le phénomène ne s’étend pas qu’à Ontario, bien entendu. L’exemple de Terre-Neuve est aussi criant : la demande est telle que les promoteurs du marché public de la capitale, St-Jean, ont dû en revoir les dimensions. « Nous accueillons près de 2500 personnes par semaine », précisait le président du conseil d’administration du marché, Josh Smee, le printemps dernier. « Lorsque la construction du nouveau marché sera complétée plus tard cet été, nous croyons pouvoir accommoder le double de clients, soit 5000 personnes ou plus par semaine. »

Décidément, le terreau est fertile. L’offre tiendra-t-elle le coup?

Le projet « Découvrez les trésors de la ruralité des quatre coins du Canada » a été rendu possible grâce à l’appui financier du fonds Expression de Financement agricole Canada. Tous les articles ont été produits conformément à la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

Originaire de Belgique, l’ingénieur-brasseur Cédric Dauchot fait saliver depuis 8 ans les habitants de Powell River en Colombie-Britannique. Adaptant les traditions plusieurs fois séculaires des brasseurs belges aux palais des Canadiens, l’homme de 39 ans honore la profession avec sa brasserie artisanale Townsite Brewing, une formule unique en son genre dans l’Ouest.

Cédric Dauchot est tombé dans la cuve tardivement. Attiré par le monde scientifique dès l’enfance, il entame des études d’ingénierie en biochimie à l’Institut Meurice à Anderlecht, en Belgique, sans trop savoir vers quel métier se diriger. Une chose est sûre : ce sera un métier manuel.

Le déclic survient après quelques stages dans des brasseries en Belgique : «Je me suis très vite rendu compte que c’est ce que j’aimais. C’est très scientifique, mais aussi très physique, très pratique. Il y a cette satisfaction de voir le produit de l’effort. Et j’aime ça, travailler avec les gouts et les saveurs», explique-t-il.

Mac, c’est l’orignal emblématique de la ville de Moose Jaw. Le géant a retrouvé récemment son titre de plus gros orignal au monde après l’avoir perdu en 2015 au profit de la sculpture norvégienne Storelgen.

Le grand Mac pèse dorénavant 10 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur. Jacki L’Heureux-Mason, directrice du tourisme pour la ville de Moose Jaw, est fière d’avoir récupéré le titre. «Nous espérons en profiter longtemps, s’exclame-t-elle. Notre communauté s’est ralliée autour de Mac, à l’instar de gens du monde entier. Tout le travail effectué provient de fonds donnés par des entreprises locales et nationales. Mais aussi des dons personnels venus du monde entier!»


Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Eau vive