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Les trésors de la ruralité
Ces travailleurs étrangers de la Jamaïque sont heureux de se retrouver chaque année aux Petits Fruits de Pré-d’en-Haut pour la cueillette de petits fruits, dont les bleuets.

Recruter, intégrer et retenir la main-d’œuvre en milieu rural Sans travailleurs étrangers, la ferme n’existerait tout simplement pas

Le secteur des fruits de verger et de la vigne fait face à l’une des pires pénuries de main-d’œuvre au Canada. Or, celle-ci compromet la croissance de l’industrie. La solution réside-t-elle dans le recours aux travailleurs étrangers?

Se préparer à accueillir la main-d’œuvre 

Cette pratique est courante au Canada : en 2015, 53 303 travailleurs étrangers temporaires travaillaient en agriculture primaire. Le nombre est en constante hausse. De 2009 à 2015, il a crû de 43 %, indique Emploi et Développement social Canada.

Mais le programme vient avec son lot d’exigences. L’entreprise doit notamment remplir des papiers, assurer le logement adéquat de ces travailleurs. « L’argent que nous investissons dans le logement est de l’argent que nous ne pouvons investir dans notre entreprise. Ça nous a coûté 30 000 $ l’an dernier pour rénover deux maisons », indique Madeleine Céré.

Robert Bourgeois des Vergers Belliveau abonde dans ce sens. « C’est un processus assez exigeant de faire venir des travailleurs étrangers saisonniers. »

Les vergers ont acheté d’anciennes fermes pour héberger les employés temporaires. « Nous avons gardé et rénové les maisons pour cela. Nous logeons la vingtaine (cinq femmes et 15 hommes) qu’on fait venir. Il faut noter cependant que de plus en plus de ces travailleurs étrangers veulent devenir canadiens et font les démarches pour obtenir leur citoyenneté.

Un travail exigeant

Mais Madeleine Céré voit surtout l’aspect positif du recours à cette main-d’œuvre. « Ils sont de bons travaillants, font de longues journées et nous les apprécions beaucoup. J’en prends bien soin, car je suis chanceuse de les avoir. S’ils ne venaient pas, on serait dans le gros trouble. Ce n’est pas facile pour eux de venir travailler dans un pays étranger et être loin de leur famille pendant de très longues périodes. Mais ils le font pour avoir une meilleure vie pour leur famille, il faut les respecter, bien les traiter et ça va bien. »

« Nous avons la possibilité d’en recruter d’autres en partageant avec des agriculteurs de la région qui ont des saisons plus courtes et ils voyagent chez nous, rapporte Robert Bourgeois.

Pour Madeleine Céré, un des problèmes pour la main-d’œuvre en agriculture, c’est que le travail physique n’est pas valorisé comme autrefois. Dans les champs, il y a 75 acres de produits à préparer, semer, entretenir, récolter et vendre. « Même si on payait plus, on ne pourrait trouver de travailleurs ici, car quand les gens sont éduqués, ils veulent de meilleurs emplois. »

Robert Bourgeois, propriétaire du Verger Belliveau de Memramcook, a été récemment intronisé au Atlantic Agricultural Hall of Fame. On le trouve ici entouré de Melvin Ling, N.-É., de Dr Ron Taylor, TNL, de Robert Bourgeois, N.-B. et de Lisa Hines. Photo : Atlantic Agricultural Hall of Fame

Qu’en est-il de la relève?

Au Nouveau-Brunswick, l’âge moyen des exploitants agricoles a légèrement augmenté de 2011 à 2016, de 55,5 ans à 55,6 ans. Les plus jeunes exploitants agricoles, âgés de moins de 35 ans, ont aussi progressé, passant de 6,4 % à 8,6 % de 2011 à 2016.

Robert Bourgeois ne se préoccupe pas trop, pour la relève. Deux de ses trois enfants travaillent au verger. Sa fille Sonya voit au secteur du cidre et des vins tandis que son fils Samuel dirige les opérations. « Il semble intéressé à assurer la relève, mais il n’y a rien de coulé dans le ciment. Si tu as une entreprise qui fait bien, ça va aller et tu pourras toujours la vendre », de conclure Robert Bourgeois.

Ce n’est pas le cas chez les Petits Fruits de Pré-d’en-Haut. Les enfants des exploitants, dans la trentaine, travaillent tous dans d’autres domaines. « Quand ce sera le temps de prendre notre retraite, nous ne prévoyons pas avoir de problème à vendre l’entreprise », d’ajouter Madame Céré.

Agriculteur de troisième génération, Samuel Bourgeois remplit avec succès le rôle de directeur des opérations de l’entreprise familiale Verger Belliveau. De gauche à droite : Robert Bourgeois, propriétaire actuel; Samuel Bourgeois; son grand-père Louis Bourgeois et sa sœur Sonya, qui voit au secteur des vins et des cidres de l’entreprise.

Vers une modernisation des exploitations

Samuel Bourgeois remplit le rôle de directeur des opérations de l’entreprise familiale Verger Belliveau. « Même si on voit de plus en plus de jeunes agriculteurs dans l’industrie de la pomme depuis les dernières années, c’est positif en Atlantique. Ce n’est pas facile pour un jeune qui veut démarrer son entreprise à cause de la valeur des fermes qui augmente sans cesse. Honnêtement, c’est dur pour la relève », dit l’agriculteur de troisième génération.

Il y a aussi la question de la modernisation de l’exploitation. « Nous faisons l’achat d’équipement de plus en plus performant, plus informatisé et on regarde aussi aux robots, poursuit-il. C’est une question d’efficacité, d’économies d’échelle et d’optimisation de la « Ça deviendra de plus en plus un avantage d’être à la fine pointe de la technologie. On va créer les emplois de l’avenir et ils seront plus pour les gens d’ici avec de meilleurs salaires. Les employés devront être plus qualifiés pour opérer les ordinateurs et une personne pourra faire de trois à quatre fois plus de travail avec la haute technologie. »

Le futur de l’agriculture passe par d’importantes adaptations, que ce soit au chapitre de la main-d’œuvre ou de l’équipement, mais Samuel Bourgeois ne craint pas pour son avenir. « Une chose certaine, c’est que les gens vont continuer à manger et on aura toujours besoin de fermiers. Mais les choses ne se font plus comme dans les années de mon grand-père. On va de l’avant et il faut continuer à assurer le succès de notre entreprise. »

Le projet « Découvrez les trésors de la ruralité des quatre coins du Canada » a été rendu possible grâce à l’appui financier du fonds Expression de Financement agricole Canada. Tous les articles ont été produits conformément à la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

Originaire de Belgique, l’ingénieur-brasseur Cédric Dauchot fait saliver depuis 8 ans les habitants de Powell River en Colombie-Britannique. Adaptant les traditions plusieurs fois séculaires des brasseurs belges aux palais des Canadiens, l’homme de 39 ans honore la profession avec sa brasserie artisanale Townsite Brewing, une formule unique en son genre dans l’Ouest.

Cédric Dauchot est tombé dans la cuve tardivement. Attiré par le monde scientifique dès l’enfance, il entame des études d’ingénierie en biochimie à l’Institut Meurice à Anderlecht, en Belgique, sans trop savoir vers quel métier se diriger. Une chose est sûre : ce sera un métier manuel.

Le déclic survient après quelques stages dans des brasseries en Belgique : «Je me suis très vite rendu compte que c’est ce que j’aimais. C’est très scientifique, mais aussi très physique, très pratique. Il y a cette satisfaction de voir le produit de l’effort. Et j’aime ça, travailler avec les gouts et les saveurs», explique-t-il.

Mac, c’est l’orignal emblématique de la ville de Moose Jaw. Le géant a retrouvé récemment son titre de plus gros orignal au monde après l’avoir perdu en 2015 au profit de la sculpture norvégienne Storelgen.

Le grand Mac pèse dorénavant 10 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur. Jacki L’Heureux-Mason, directrice du tourisme pour la ville de Moose Jaw, est fière d’avoir récupéré le titre. «Nous espérons en profiter longtemps, s’exclame-t-elle. Notre communauté s’est ralliée autour de Mac, à l’instar de gens du monde entier. Tout le travail effectué provient de fonds donnés par des entreprises locales et nationales. Mais aussi des dons personnels venus du monde entier!»


Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Eau vive