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Les trésors de la ruralité
Lors de leur création, les coopératives agricoles de l’Ouest étaient une composante importante du tissu social des communautés rurales.

Mutation du modèle de distribution agricole : Disparition des élévateurs à grain, sentinelles des Prairies

Leur présence majestueuse, se découpant sur l’horizon des plaines, leur a valu le surnom de sentinelles des Prairies. Symbole visuel de l’Ouest, les élévateurs à grain ont presque disparu du paysage, victimes d’une nouvelle réalité économique.

Alors que dans les années 1930, il y avait environ 6000 élévateurs disséminés dans les Prairies canadiennes, on n’en compte plus que quelques centaines aujourd’hui. Ces structures ont été remplacées par des terminaux, véritables mastodontes de ciment qui peuvent contenir jusqu’à 3 millions de boisseaux de grain. À titre de comparaison, la contenance d’un élévateur à grains traditionnel en bois est de 20 000 à 60 000 boisseaux.

C’est un symbole des échelles qui changent. Les pratiques agricoles du 21e siècle n’ont plus rien à voir avec celles des fermes d’antan.

Le nombre de fermes diminue également. Si on comptait 138 000 fermes en Saskatchewan en 1941, il n’en restait plus que 34 500 en 2016, une perte de 75 %. La proportion est presque exactement la même pour le pays : au Canada, leur nombre est passé de 732 800 en 1941 à 193 492 en 2016, une réduction de 73,6 %.

Par contre, la taille des exploitations a considérablement augmenté. Dans la province, la moyenne se situe à 1784 acres – et 829 acres pour l’ensemble du pays. Nous sommes loin des « quart de sections » de 160 acres, vendus pour 10 $ au début du 20e siècle à ceux qui venaient s’établir dans l’Ouest.

Une transformation durement encaissée par les communautés 

Les entreprises de distribution agricole se sont également métamorphosées. Pendant plusieurs générations, ce sont des coopératives d’agriculteurs qui ont assuré la construction et la gestion des élévateurs à grain.

À l’image des fermes, d’importantes transformations se sont fait sentir dans ce secteur, en particulier au cours des années 1990 et 2000.

La coopérative Saskatchewan Wheat Pool (SWP), mise sur pied en 1923 par des fermiers désireux d’obtenir un bon prix pour leur grain, elle a été convertie en entreprise cotée en bourse en 1996. Deux ans plus tard, elle annonçait la mise au rancart de 235 élévateurs à grain dans 170 communautés. Ce n’était que le début du phénomène : au cours des années suivantes, c’est par centaines que les élévateurs ont fermé. Ils ont été démolis ou acquis par des agriculteurs et entrepreneurs locaux.

De nombreuses petites municipalités encaissent difficilement ces fermetures qui entrainent une perte de taxes foncières en plus de faire disparaître des emplois. À titre d’exemple, le dernier élévateur en opération à Gravelbourg a contribué 7000 $ annuellement au trésor municipal jusqu’en 2016.

De plus, les routes nécessitent plus d’entretien : le grain n’est plus transporté par wagons mais par poids lourds jusqu’aux nouveaux terminaux, ce qui augmente les dépenses des municipalités et du gouvernement provincial.

Pour Robert Therrien, directeur du Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan, ces fermetures ont également eu des effets indirects sur les communautés. « Chaque fois qu’une entreprise ferme ses portes dans une petite communauté, il y a un impact. Si on n’a plus le service on va ailleurs, et quand on va ailleurs on fait l’achat d’autres biens et services. »

Certains des élévateurs dans les Prairies ont plus de 100 ans. Ces structures en bois nécessitent souvent des réparations coûteuses.

Une nouvelle vocation 

Un des deux élévateurs de Gravelbourg, construit en 1916, s’est trouvé une vocation touristique grâce à la mobilisation des gens qui gravitent autour du Musée de Gravelbourg. « En 2003, la structure était inutilisée depuis quelques années et en mauvais état », se souvient l’ancien conseiller municipal Louis Stringer. « Le Wheat Pool avait commencé à le démolir. On a parlé à un agent du Wheat Pool qui a appelé plus haut. Les dirigeants ont accepté de le donner à la municipalité. »

Cependant, les natifs des Prairies sont plus reconnus pour leur sens pratique que pour leur sentimentalisme face au patrimoine architectural. Il aura fallu une immigrante hollandaise installée à Gravelbourg, Toos Giesen, pour mobiliser la population contre la démolition de l’élévateur. Dans son pays d’origine, elle avait vu les moulins à vent disparaître comme peau de chagrin jusqu’à ce que des gens décident de miser sur leur attrait touristique.

« Le musée s’est organisé pour trouver les fonds, de dire l’ex-conseiller Stringer. Après la restauration de la structure, on a installé une caboose [wagon de queue] à côté sur laquelle on a fait peindre une murale. En 2017 on a fait faire des tableaux explicatifs sur le fonctionnement d’un élévateur. On a d’autres plans pour le futur. »

En 2015, la municipalité de Gravelbourg a souligné le centenaire de l’élévateur avec de nombreuses activités. Parmi les invités on retrouvait Ali Piwowar, diplômée en architecture à l’Université de Carleton à Ottawa, qui venait de compléter une thèse sur l’évolution et l’avenir des élévateurs dans la province. Elle a invité les élèves de l’École secondaire Collège Mathieu à imaginer une nouvelle vocation pour celui de Gravelbourg. Plusieurs ont exprimé le souhait de voir un restaurant aménagé au sommet qui offrirait une vue imprenable sur les Prairies. « Il s’agit d’un héritage qu’il faut conserver et utiliser à bon escient », estime Ali Piwowar.

Ultimement, c’est sans doute grâce au tourisme que les générations futures pourront continuer d’admirer ces sentinelles qui, pendant des générations, ont veillé sur les agriculteurs et accueilli leurs récoltes. En 1995, le gouvernement fédéral a désigné la rangée de cinq élévateurs à Inglis, Manitoba, lieu historique national.

Le projet « Découvrez les trésors de la ruralité des quatre coins du Canada » a été rendu possible grâce à l’appui financier du fonds Expression de Financement agricole Canada. Tous les articles ont été produits conformément à la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

Originaire de Belgique, l’ingénieur-brasseur Cédric Dauchot fait saliver depuis 8 ans les habitants de Powell River en Colombie-Britannique. Adaptant les traditions plusieurs fois séculaires des brasseurs belges aux palais des Canadiens, l’homme de 39 ans honore la profession avec sa brasserie artisanale Townsite Brewing, une formule unique en son genre dans l’Ouest.

Cédric Dauchot est tombé dans la cuve tardivement. Attiré par le monde scientifique dès l’enfance, il entame des études d’ingénierie en biochimie à l’Institut Meurice à Anderlecht, en Belgique, sans trop savoir vers quel métier se diriger. Une chose est sûre : ce sera un métier manuel.

Le déclic survient après quelques stages dans des brasseries en Belgique : «Je me suis très vite rendu compte que c’est ce que j’aimais. C’est très scientifique, mais aussi très physique, très pratique. Il y a cette satisfaction de voir le produit de l’effort. Et j’aime ça, travailler avec les gouts et les saveurs», explique-t-il.

Mac, c’est l’orignal emblématique de la ville de Moose Jaw. Le géant a retrouvé récemment son titre de plus gros orignal au monde après l’avoir perdu en 2015 au profit de la sculpture norvégienne Storelgen.

Le grand Mac pèse dorénavant 10 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur. Jacki L’Heureux-Mason, directrice du tourisme pour la ville de Moose Jaw, est fière d’avoir récupéré le titre. «Nous espérons en profiter longtemps, s’exclame-t-elle. Notre communauté s’est ralliée autour de Mac, à l’instar de gens du monde entier. Tout le travail effectué provient de fonds donnés par des entreprises locales et nationales. Mais aussi des dons personnels venus du monde entier!»


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