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Les trésors de la ruralité
Dans les centres de la petite enfance, à l’Île-du-Prince-Édouard comme ailleurs, les besoins en main-d’œuvre sont criants.

Exode rural marqué : Immigration : la solution?

En mai 2018, plus de 600 offres d’emplois étaient affichées dans l’Île-du-Prince-Édouard. Les besoins sont criants dans les métiers, en petite enfance, en santé… Ici comme ailleurs au pays, l’exode frappe fort. Mais il y a des solutions.

Selon le recensement de 2011, moins d’une personne sur cinq vivait en milieu rural, au Canada, alors qu’en 1861, 84 % de la population canadienne y habitait. Cet exode est le fruit d’une longue urbanisation, particulièrement ressentie de la Confédération aux années 1970, et aujourd’hui sans équivoque dans les Prairies, en Ontario et au Québec.

Là, comme ailleurs, la croissance du nombre de citadins accentue la fragilisation de la ruralité. Mais si le phénomène d’exode est moins marqué dans les provinces de l’Atlantique, il est lourd de conséquences. Les jeunes sont de moins en moins nombreux dans les campagnes – en 2011, les 15 à 29 ans formaient 17 % de l’ensemble démographique rural.

Statistique Canada explique cet exode par la poursuite d’études postsecondaires et l’emploi. Et les conséquences sont lourdes, notamment à l’Île-du-Prince-Édouard, où quitter la campagne, c’est souvent quitter la province.

Parmi les solutions déployées, on rappelle aux jeunes de l’Île qu’ils peuvent y travailler et connaître une carrière stimulante.

Le cas de l’Île-du-Prince Édouard

À l’instar d’autres milieux à forte dominance rurale, l’île à la terre rouge se vide peu à peu. Et au-delà du cas des jeunes, les gens de métier et les professionnels disparaissent, à leur tour.

La construction, la plomberie, l’électricité et le camionnage se voient siphonner une partie de leur main-d’œuvre par le boum économique de l’Ouest canadien. Le secteur de l’agriculture recherche des travailleurs en saison ainsi que des travailleurs dans la transformation des aliments.

Les services publics écopent aussi. La petite enfance et la santé ont du mal à recruter. L’Association des centres de la petite enfance et ses partenaires, à la recherche d’éducatrices certifiées, lancent un cri d’alarme et négocient des ententes avec le gouvernement pour encourager les études dans le domaine. Un foyer de soins communautaires n’arrive pas à trouver assez d’employés. Le gouvernement peine à embaucher des professionnels, notamment des médecins.

Pour renverser les tendances, une solution s’impose, depuis quelques années : le recours à l’immigration.

Le Centre d’aide aux nouveaux arrivants veille à leur intégration dans leur communauté d’accueil : une étape essentielle à la rétention…

Solution : immigration

Cependant, les statistiques indiquent que l’Île-du-Prince-Édouard est la province des maritimes qui attire le plus d’immigrants.

Le gouvernement provincial, par le biais de 12 agences d’immigration, s’est donné le mandat de recruter des investisseurs voulant s’installer au pays et d’explorer avec eux des possibilités d’affaires.

Si la grande majorité des immigrants économiques de la province de l’Î.-P.-É. choisissent Charlottetown, la capitale, les intervenants ne baissent pas les bras : ils comptent bien vendre l’idée des régions rurales et encourager aux nouveaux résidants à s’y installer. Depuis novembre 2017, le gouvernement de l’Île favorise les immigrants qui disent préconiser habiter en milieu rural. Cette méthode de recrutement à deux vitesses qui sera à l’étude pendant trois ans.

La question cruciale de l’intégration n’est pas laissée en plan. Le gouvernement provincial a aussi prévu du financement pour des projets reliés à l’économie, la population, les communautés et la croissance. Par exemple, un programme d’inclusion aidera les plus petites collectivités à organiser des activités d’intégration visant les nouveaux arrivants et à appuyer la rétention de la population. Un autre soutiendra les organismes à développer des stratégies pour relever les défis d’employabilité.

Deux stratégies mises de l’avant

En plus des initiatives lancées par la province, d’autres stratégies nationales et régionales visent en particulier les francophones du monde qui envisagent de s’installer en terre canadienne.

Par exemple, depuis quelques années, la Coopérative d’intégration francophone de l’Î.-P.-É participe à Destination Canada. Au cours de ce forum présenté annuellement à Paris et Bruxelles, la Coopérative promeut la vie sur l’Île, le dynamisme de la communauté acadienne et francophone ainsi que les services d’accueil offerts.

Chaque jour pendant le court événement, plus de 300 personnes viennent s’informer des occasions d’emploi et de la communauté acadienne et francophone. Pour l’Île, Destination Canada s’est avéré un moteur de recrutement d’immigrants francophones.

En plus, la Société nationale de l’Acadie organise Destination Acadie, des séances d’information sur le Canada atlantique tenues, en 2018, à Constantine, Talence, Lyon, Paris et Toulouse.

Les efforts ne sont pas ménagés pour convaincre les immigrants potentiels et les nouveaux arrivants. Ceux-ci convaincront-ils, à leur tour, les jeunes originaires de l’Île qu’il fait bon y vivre et travailler? Là aussi, il faut des efforts. Mais bien ciblés, ils portent leurs fruits : le programme PERCÉ IPÉ aurait un taux de réussite de 81 %. Sa recette? Sensibiliser aux richesses et possibilités économiques et culturelles et offrir de l’expérience de travail par des stages rémunérés.

Le projet « Découvrez les trésors de la ruralité des quatre coins du Canada » a été rendu possible grâce à l’appui financier du fonds Expression de Financement agricole Canada. Tous les articles ont été produits conformément à la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

Originaire de Belgique, l’ingénieur-brasseur Cédric Dauchot fait saliver depuis 8 ans les habitants de Powell River en Colombie-Britannique. Adaptant les traditions plusieurs fois séculaires des brasseurs belges aux palais des Canadiens, l’homme de 39 ans honore la profession avec sa brasserie artisanale Townsite Brewing, une formule unique en son genre dans l’Ouest.

Cédric Dauchot est tombé dans la cuve tardivement. Attiré par le monde scientifique dès l’enfance, il entame des études d’ingénierie en biochimie à l’Institut Meurice à Anderlecht, en Belgique, sans trop savoir vers quel métier se diriger. Une chose est sûre : ce sera un métier manuel.

Le déclic survient après quelques stages dans des brasseries en Belgique : «Je me suis très vite rendu compte que c’est ce que j’aimais. C’est très scientifique, mais aussi très physique, très pratique. Il y a cette satisfaction de voir le produit de l’effort. Et j’aime ça, travailler avec les gouts et les saveurs», explique-t-il.

Mac, c’est l’orignal emblématique de la ville de Moose Jaw. Le géant a retrouvé récemment son titre de plus gros orignal au monde après l’avoir perdu en 2015 au profit de la sculpture norvégienne Storelgen.

Le grand Mac pèse dorénavant 10 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur. Jacki L’Heureux-Mason, directrice du tourisme pour la ville de Moose Jaw, est fière d’avoir récupéré le titre. «Nous espérons en profiter longtemps, s’exclame-t-elle. Notre communauté s’est ralliée autour de Mac, à l’instar de gens du monde entier. Tout le travail effectué provient de fonds donnés par des entreprises locales et nationales. Mais aussi des dons personnels venus du monde entier!»


Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Eau vive