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Les trésors de la ruralité
Le directeur de l’école Boréale de Hay River, Richard Létourneau.

Des Jeux qui secouent les jeunes du Grand Nord L’amour du Nord et l’attrait des villes

Les jeunes du Grand Nord ont-ils le goût de la ville? Certains sont curieux, d’autres chérissent les relations qu’ils tissent dans les communautés tricotées serrées. « Hay River, c’est une grande maison », assure Katherine Lenoir.

Hay River, aux Territoires du Nord-Ouest, près de la frontière nord de l’Alberta, compte 3728 habitants. Ville portuaire sise sur le Grand lac des Esclaves, elle est relativement isolée, ayant pour plus proches voisines la réserve K’atlodeechee et le hameau d’Enterprise, respectivement 330 habitants et 125 habitants.

Au fil des ans, la population de Hay River a cru et décru de quelques dizaines d’habitants, sans jamais retrouver son sommet démographique historique de 3827 habitants de 2007.

Cela viendra peut-être. Un centre d’hébergement pour personnes âgées et une école marine ont ouvert récemment leurs portes et si les conjonctures économiques s’y prêtent, l’usine de transformation de poisson pourrait être rénovée, la mine de Pine Point pourrait rouvrir. La ville pourrait croitre de 500 habitants dans les prochaines années, estime le ministre Industrie, Tourisme et Investissement des Territoires du Nord-Ouest et député de Hay River Sud, Wally Schumann.

Le défilé des Jeux de l’Arctique a rassemblé des jeunes de neuf pays et territoires de l’Arctique.

Une ville transformée momentanément

En attendant cette croissance, les Jeux d’hiver de l’Arctique sont arrivés comme une belle tempête longuement souhaitée à Hay River et Fort Smith, rassemblant neuf délégations de pays et provinces de l’Arctique, dont un grand nombre d’autochtones. Ils ont transformé ces petites villes momentanément.

Ils ont été un peu un exercice de grandeur et une exceptionnelle livraison d’exotisme à domicile. Pour la cérémonie d’ouverture, Hay River accueillait environ 2500 athlètes et délégués de l’extérieur. Les Jeux d’hiver de l’Arctique n’ont jamais lieu dans une si petite ville et les organisateurs ont dû faire preuve d’ingéniosité; ils ont par exemple organisé les épreuves de lutte dans un garage.

Il y avait environ 1600 bénévoles pour l’occasion, assure le président des Jeux d’hiver de l’Arctique du South Slave, Greg Rowe, parmi lesquels d’anciens résidents de la région venus prêter main-forte. Le directeur général de l’école Boréale, Richard Létourneau était l’un d’entre eux, lui qui a troqué ses vacances contre la surveillance de son école transformée en dortoir. « Avant l’évènement, a-t-il confié, je me disais que c’était une semaine de vacances complète qui allait partir en fumée. Mais finalement, c’est très agréable comme moment [...]. C’est une forme de voyage. Ce n’est pas le Hay River d’habitude, on rencontre du nouveau monde tous les jours, au restaurant ou dans les magasins. »

Une partie de soccer… à l’intérieur!

Comme une famille

Le renforcement de l’esprit communautaire par la mobilisation des bénévoles et l’inspiration pour les jeunes de Hay River demeure un leg important des Jeux, souligne le directeur. « Ils voient la chance qu’ont les jeunes des autres délégations de voyager, dit Richard Létourneau, d’être dans une compétition importante avec des adversaires internationaux, ce n’est pas quelque chose qui arrive souvent. Moi je n’ai pas vécu ça quand j’étais jeune. Être choisis pour les Jeux, c’est une belle motivation pour bien performer. »

Katherine Lenoir, une élève de l’école, a adoré ses Jeux, sports, loisirs et cultures confondus. Elle a profité des occasions sociales pour sympathiser avec les athlètes. La joueuse de curling a trouvé les Groenlandais particulièrement gentils, elle a parlé en français avec des athlètes du Nunavik. Malgré les barrières linguistiques, notamment avec les Samis et les Sibériens, elle a échangé adresses courriel, Facebook et comme le veut la tradition, ses vêtements d’athlètes spécialement créés pour les Jeux.

« J’ai aimé rencontrer les personnes des autres pays, dit Katherine Lenoir, apprendre leur histoire, connaitre leurs points de vue. J’ai aimé la dynamique des participants; nous étions comme une grande famille. Le dernier jour, nous avons tout partagé. »

L’équipe des Territoires du Nord-Ouest tente de bloquer l’équipe du Groenland.

Le goût d’ailleurs

Brianna Goodwin, une autre élève de l’école Boréale qui faisait partie de l’équipe de soccer des TNO, a aimé cet afflux de personnes, ce regain d’activité : ça l’a fait rêver. « J’aimerais ça qu’il y ait plus de monde à Hay River dit-elle; s’il y avait plus de personnes, il y aurait plus de choses à faire. Ils construiraient des choses et ce serait meilleur pour la communauté. »

Elle pense déjà aux prochains Jeux de l’Arctique, qui auront lieu à Whitehorse en 2020. Elle y a déjà été pour un camp et se rappelle qu’il y avait beaucoup de personnes et beaucoup de choses à faire.

Katherine Lenoir a choisi le curling pour les opportunités de voyage qu’il lui apporterait, et elle le conseille aux autres. Si les Jeux d’hiver de l’Arctique ne lui ont pas donné le goût des grandes villes, elle sait qu’elle devra partir, cette fois pour poursuivre ses études.

Mais son cœur reste dans son village. « J’aime vraiment Hay River, c’est une grande maison. J’aime les relations que tu te fais dans un petit village, elles durent toute la vie. »

Le projet « Découvrez les trésors de la ruralité des quatre coins du Canada » a été rendu possible grâce à l’appui financier du fonds Expression de Financement agricole Canada. Tous les articles ont été produits conformément à la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

Originaire de Belgique, l’ingénieur-brasseur Cédric Dauchot fait saliver depuis 8 ans les habitants de Powell River en Colombie-Britannique. Adaptant les traditions plusieurs fois séculaires des brasseurs belges aux palais des Canadiens, l’homme de 39 ans honore la profession avec sa brasserie artisanale Townsite Brewing, une formule unique en son genre dans l’Ouest.

Cédric Dauchot est tombé dans la cuve tardivement. Attiré par le monde scientifique dès l’enfance, il entame des études d’ingénierie en biochimie à l’Institut Meurice à Anderlecht, en Belgique, sans trop savoir vers quel métier se diriger. Une chose est sûre : ce sera un métier manuel.

Le déclic survient après quelques stages dans des brasseries en Belgique : «Je me suis très vite rendu compte que c’est ce que j’aimais. C’est très scientifique, mais aussi très physique, très pratique. Il y a cette satisfaction de voir le produit de l’effort. Et j’aime ça, travailler avec les gouts et les saveurs», explique-t-il.

Mac, c’est l’orignal emblématique de la ville de Moose Jaw. Le géant a retrouvé récemment son titre de plus gros orignal au monde après l’avoir perdu en 2015 au profit de la sculpture norvégienne Storelgen.

Le grand Mac pèse dorénavant 10 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur. Jacki L’Heureux-Mason, directrice du tourisme pour la ville de Moose Jaw, est fière d’avoir récupéré le titre. «Nous espérons en profiter longtemps, s’exclame-t-elle. Notre communauté s’est ralliée autour de Mac, à l’instar de gens du monde entier. Tout le travail effectué provient de fonds donnés par des entreprises locales et nationales. Mais aussi des dons personnels venus du monde entier!»


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