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Les 50 ans de la Commission Bird
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Les 50 ans de la Commission Bird
Comment arriver à l’égalité entre hommes et femmes dans la société canadienne? À la fin des années 1960, le gouvernement fédéral crée la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada sous la présidence de la journaliste Florence Bird. Finalement, le 7 décembre 1970, l’équipe Bird présente un rapport contenant 167 recommandations pour tenter d’améliorer la qualité de vie des Canadiennes. En 1979, selon les mémoires de la secrétaire générale de la Commission, Monique Bégin, plus du tiers des recommandations sont devenues réalité et 43 % sont mises en œuvre partiellement.Cinquante ans plus tard, les répercussions de ces recommandations se font toujours ressentir dans la société canadienne.
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Commission Bird

Andréanne Joly
Andréanne Joly
Francopresse
FRANCOPRESSE – Comment arriver à l’égalité entre hommes et femmes dans la société canadienne? À la fin des années 1960, le gouvernement fédéral demande à la journaliste Florence Bird d’étudier la question et de lui proposer des pistes de solutions. Les répercussions s’en font encore sentir 50 ans plus tard.

Pendant trois ans, la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada choque, mobilise, ébranle… Finalement, le 7 décembre 1970, l’équipe Bird présente un rapport contenant 167 recommandations pour tenter d’améliorer la qualité de vie des Canadiennes.

L’exercice livrera des résultats, leur donnant, entre autres, droit à des congés de maternité et en leur ouvrant de nouveaux horizons professionnels.

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Andréanne Joly
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FRANCOPRESSE – Comment assurer aux femmes des chances égales à celles des hommes dans toutes les sphères de la société canadienne? La Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, dirigée par Florence Bird, tente de répondre à cette question en 1970. Après trois ans de recherche et d’audiences, le 7 décembre 1970, les sept commissaires déposent un rapport. Il leur faut 540 pages et 167 recommandations pour orienter l’État dans sa quête à l’égalité hommes-femmes.

Les commissaires ont quelques grands principes en tête pour s’assurer que la femme participe à la société comme elle le souhaite. Parmi ceux-ci : que le père et la mère se partagent la responsabilité des enfants avec l’appui de la société et que des mesures spéciales viennent effacer rapidement les inégalités.

1. La fin des stéréotypes en milieu scolaire 

Recommandation 69

Recommandation : «La Commission recommande que les gouvernements provinciaux et territoriaux adoptent des manuels scolaires dans lesquels on montre des femmes qui, tout comme les hommes, se livrent à des activités et exercent des professions très variées.»

Ouste, les occupations réservées aux filles, et celles pour les garçons! La Commission sur la situation de la femme croit que les services d’orientation doivent décloisonner les choix de carrière et ne pas freiner les jeunes filles dans leurs aspirations «sous prétexte qu’elles ne visent pas un bon emploi pour une fille».

En fait, la Commission exige simplement que des services d’orientation soient offerts partout. Ensuite, qu’ils encouragent les jeunes filles à envisager toutes les carrières possibles. Dans cette optique, toute publication gouvernementale (au fédéral comme dans les provinces et territoires) doit être révisée pour effacer toute trace de discrimination liée à l’emploi.

Mais au-delà des services d’orientation, les recommandations visent le même traitement pour les filles et les garçons dans l'ensemble du milieu scolaire, des manuels d’apprentissage au gymnase. Par exemple, les commissaires suggèrent que garçons et filles participent ensemble à des cours d’éducation à la vie familiale (sexualité incluse) et que les filles aient accès aux activités sportives autant que les garçons.

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Andréanne Joly
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Chantal Lalonde, graphiste
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En 1849, le droit de vote est retiré aux femmes dans le Haut et le Bas Canada. On corrige ainsi une «anomalie historique». A l’époque, le travail de dactylo et de sténographe était traditionnellement masculin parce que jugé trop exigeant pour qu’il soit exécuté par une femme. Même, jusqu’en 1909, il n’était pas illégal d’enlever une femme.Les choses ont changé. Mais une chose demeure : la situation de la femme n’est pas à une surprise près, dans la ligne du temps…
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Andréanne Joly
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Francopresse
FRANCOPRESSE – En 1970, la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, ou Commission Bird, a un objectif principal : faire entrer les femmes mariées et les mères sur le marché du travail. «Elles aspirent à plus pour leur développement personnel, elles souhaitent percer le marché du travail et que leur rôle soit mieux pris en considération dans la société», relève l’historienne Valérie Lapointe Gagnon.

Un demi-siècle après le dépôt du rapport de la Commission, qu’en est-il du partage de la responsabilité des enfants? De la violence? Les historiennes Valérie Lapointe Gagnon et Camille Robert ont réfléchi aux portées du rapport Bird. Au cours des 50 dernières années, en quoi les choses ont-elles changé pour les femmes?

Atteindre l’égalité : un projet ambitieux

Au moment où la Commission Bird termine son travail, la majorité des Canadiennes sont au foyer. Selon le rapport, près des deux tiers aimeraient combiner carrière, mariage et maternité, mais à peine plus du tiers travaillent.

Valérie Lapointe Gagnon, historienne à la Faculté Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, croit que les femmes d’alors se sentent complètement insatisfaites dans le rôle de femme au foyer, idéalisé par le rêve américain.

Pour elle, pas l’ombre d’un doute : la Commission Bird entend ces aspirations et cherche à donner un coup de pouce à ces femmes qui veulent poursuivre une carrière.

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Andréanne Joly
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FRANCOPRESSE – De 1967 à 1970, Monique Bégin tiendra les ficelles d’une commission active pendant trois ans et demi, avec un budget de moins de trois-millions de dollars et six mois de déplacements à travers le pays. Maintenant âgée de 84 ans, l’ancienne secrétaire générale de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada revient sur cet épisode heureux de sa vie, qui se terminait il y a 50 ans précisément.

«La femme doit avoir le droit de décider elle-même, en toute liberté, si elle va occuper un emploi en dehors ou non.»

C’est le premier principe sur lequel repose le rapport de la Commission Bird, paru le 7 décembre 1970.

«Aujourd’hui, c’est ridicule, mais c’était un problème fondamental», commente Monique Bégin, qui a été secrétaire générale de la Commission.

«La Commission sur le statut de la femme au Canada a été un tremplin dans ma carrière, dans ma vie», soutient la sociologue de formation.

Francopresse l’a rencontrée pour discuter du rapport, 50 ans après son dépôt.

Pas féministe!

Avant d’offrir le poste de secrétaire générale à Monique Bégin, la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada aurait rencontré plus de 60 hommes sans arriver à pourvoir le poste.

Monique Bégin, alors jeune trentenaire, a été mise sur la route de la présidente de la commission, Florence Bird, par son militantisme. En 1966, elle avait participé à la fondation de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) aux côtés de Thérèse Casgrain.

Mais à l’époque, on ne se disait pas féministe, rappelle Monique Bégin. On l’était sans le savoir, à moins d’être radicale.

Son travail au sein de la Commission n’était toutefois pas de militer : c’était de solliciter des mémoires, des témoignages et des études, d’organiser des audiences et d’entendre les femmes sur leur terrain. Puis, de produire le rapport des commissaires, qui assurerait aux femmes d’avancer vers l’égalité avec les hommes.

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Andréanne Joly
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FRANCOPRESSE – Le 7 décembre 1970, Florence Bird déposait le rapport de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, qu’elle présidait depuis 1967. Cinquante ans plus tard, la secrétaire générale de la Commission, Monique Bégin, commente la portée du rapport en entrevue avec la journaliste Andréanne Joly.