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Histoires d'immigration
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Histoires d'immigration
Au travers des incertitudes liées à la pandémie, certaines histoires ressortent comme autant de bouffées d’air et d’espoir. C’est notamment le cas de nombreux francophones qui ont choisi le Canada comme terre d’accueil, il y a de cela quelques mois ou des années. Chaque samedi, Francopresse vous présente unes de leurs histoires d’immigration, un clin d’œil à la vie qui continue même quand tout le reste s’arrête.
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Série Histoires d'immigration

Inès Lombardo
Inès Lombardo
Francopresse
FRANCOPRESSE – Laurent Francis Ngoumou est arrivé au Canada en 2017, après avoir passé plusieurs années en Allemagne. À 34 ans, il jette un regard lucide sur son Cameroun natal, où il a souvent senti qu’il était dangereux pour lui de s’ouvrir sur son homosexualité. Il se consacre aujourd’hui à lutter pour les personnes qui, comme lui, sont immigrantes LGBTQ + racisées.

Arrivé avec un visa étudiant, Laurent Francis Ngoumou ne sait pas encore s’il veut rester au Canada de manière permanente. S’il dit aimer ce pays multiculturel, il se définit avant tout comme «citoyen du monde».

À 34 ans, celui qui a quitté son Cameroun natal pour l’Allemagne en 2013 multiplie les diplômes et les emplois en parallèle, toujours en lien avec ses études. «Il faut bien les payer», lance-t-il avec un sourire.

Doctorant à l’Université Laval, à Québec, il doit rendre sa thèse au printemps 2022. Son travail porte sur les enjeux LGBTQ + des personnes racisées.

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Jonathan Poirier
Le Saint-Jeannois
HISTOIRES D’IMMIGRATION (Le Saint-Jeannois) – En procédure d’immigration depuis le mois de novembre 2020, après des mois de doutes, d’angoisse et de longues préparations au départ de leur ville natale de Tunis, Rania et sa famille sont finalement arrivés à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, le 26 avril dernier. Après un premier isolement de trois jours à Montréal, deux tests COVID négatifs et un isolement d’une semaine dans un hôtel de la région, la famille arrivée de Tunisie peut enfin commencer sa nouvelle vie au Canada.

Rania est une éducatrice d’expérience qui a été recrutée par l’Association régionale de la communauté francophone de Saint-Jean (ARCf) pour venir en aide au CPE La Vallée enchantée de Quispamsis. Elle a accepté de raconter son cheminement au Saint-Jeannois.

Le Saint-Jeannois : Pouvez-vous nous décrire votre ville et pays d’origine?

Rania : La Tunisie est un pays d’Afrique du Nord situé sur la côte méditerranéenne, en bordure du désert du Sahara.

C’est un pays indépendant depuis le 20 mars 1956. Il a été marqué par de profondes transformations structurelles et culturelles, et il est connu pour ses belles plages et son sable d’or, faisant du tourisme l’un des secteurs importants de son économie!

Le tourisme a un effet d’entrainement sur d’autres secteurs économiques tels que le transport, les communications, l’artisanat, le commerce et le bâtiment.

La Tunisie aussi a connu un changement radical lors de la révolution en 2011, où tout a changé. C’est vrai qu’on a ensuite vécu plus de liberté politique, mais les secteurs de l’éducation et de la santé publique ont connu une immense chute.

C’est l’une des choses qui m’ont vraiment poussée à immigrer, car ces deux piliers de l’État n’ont plus de valeur sure.

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Inès Lombardo
Inès Lombardo
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FRANCOPRESSE – Français d’origine, Florian Villaumé a obtenu sa citoyenneté canadienne en 2019, soit 14 ans après être arrivé au pays pour la première fois. Après avoir navigué entre l’Afrique et le Canada, il a élu domicile il y a cinq ans à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador. Son âme scientifique et curieuse est devenue attachée à l’endroit, même s’il reste «à l’écoute d’autres appels éventuels».

Florian Villaumé aime les défis, dans le travail comme dans la vie. S’il a quitté Mulhouse, dans l’est de la France, pour venir s’établir au Canada, c’est en raison d’un besoin d’être «toujours stimulé» intellectuellement.

Son premier point de chute a été la ville de Québec, en 2004, où il est demeuré deux ans et demi pour achever sa maitrise d’ingénieur à l’Université Laval,en Mécanique des fluides.

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Ericka Muzzo
Ericka Muzzo
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FRANCOPRESSE – Christian Ouaka n’avait pas encore 18 ans lorsqu’il a quitté la Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Ouest, pour venir étudier à l’Université de Moncton. Deux baccalauréats et une maitrise plus tard, il a «fait son petit bonhomme de chemin» et occupe depuis le mois de décembre 2020 le poste de directeur général de l’Association des francophones du Nunavut (AFN). À 25 ans, il estime aujourd’hui que le gout de l’aventure, la curiosité, l’ouverture d’esprit et l’audace lui ont permis d’en arriver là, au nord du 60e parallèle.

«Si on regarde sur une carte, la probabilité que je quitte mon pays, qui est près de l’équateur, pour me rendre en Arctique était très, très faible. Mais là j’y suis et je suis très content!» lance Christian Ouaka.

Depuis son arrivée au Canada en 2013, il est également passé par Thunder Bay, dans le Nord de l’Ontario. Il y a occupé le poste d’agent de développement socioéconomique pour le Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario (RSIFNO).

«Quand j’ai annoncé que je partais pour Iqaluit, un de mes amis a dit pour rigoler que j’étais en train de sortir de la Terre… J’étais à Moncton, je suis parti à Thunder Bay et maintenant je suis monté encore plus haut», se souvient en riant le jeune directeur de l’AFN.

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Inès Lombardo
Inès Lombardo
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FRANCOPRESSE – Isidore Guy Makaya est Canadien d’origine congolaise. Installé au Canada en 2005 et habitant à Yellowknife depuis 2016, il est aujourd’hui écrivain et poète à la tête de la maison d’édition Présence francophone. C’est son amour pour la langue et sa curiosité d’apprendre sur une variété de sujets qui l’a continuellement guidé dans ses périples sur trois continents.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Isidore Guy Makaya est un personnage haut en couleur, jusque dans sa penderie. Vêtu d’une élégante veste jaune soleil à col rouge et d’une casquette style gavroche, il tente de résumer sa vie bien remplie avec un large sourire depuis les Territoires du Nord-Ouest.

Originaire du Congo-Brazzaville, Isidore est venu au Canada pour la première fois en 2005. Mais il est d’abord passé par deux autres parcours d’immigration : l’Espagne, de 2000 à 2005, et la France, de 1992 à 2000.

Marié et père de deux enfants, qui sont aujourd’hui âgés de 24 et 26 ans et qui résident toujours en France, il a tout de même décidé de s’envoler vers le Québec. «Mes enfants n’ont jamais voulu venir, explique-t-il. Ils ont voulu rester en France, c’est leur pays.»

Il obtient la résidence permanente en 2005 via un organisme qui employait à l’époque des travailleurs qualifiés, comme lui-même, ailleurs qu’au Canada. Il devient citoyen canadien en 2010.

Arrivé au Québec avec une maitrise en droit obtenue au Congo et une autre en droit et sciences politiques obtenue à Nancy, en France, Isidore Guy Makaya décroche un premier emploi à Montréal, mais poursuit ses études doctorales en droit international public à Sherbrooke.

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Inès Lombardo
Inès Lombardo
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FRANCOPRESSE – Ruth Bongba a quitté la Côte d’Ivoire pour le Canada il y a neuf ans, en 2012. Après Québec et Montréal, elle déménage à Labrador City, à Terre-Neuve-et-Labrador, en 2020. Un déménagement qu’elle n’aurait jamais imaginé, elle qui est habituée à la vie dans une grande ville, mais auquel elle a consenti pour rejoindre son conjoint. À ce changement s’est depuis ajoutée la pandémie, alors que Ruth Bongba a trouvé à Labrador City un endroit paisible auquel elle commence tout juste à s’acclimater.

Arrivée à 19 ans avec un permis d’études, Ruth s’apprête à avoir la résidence permanente, normalement ce mois de juin 2021. «J’aurais pu le faire avant, mais j’ai trop trainé», lance-t-elle en souriant.

La première partie de son séjour au pays a surtout été centrée autour de ses études. Arrivée à Québec pour étudier l’anglais, elle repart quelques mois plus tard à Montréal, en 2012, pour intégrer un baccalauréat en administration à l’École de gestion John Molson, qui fait partie de l’Université Concordia.

Un choix que la jeune femme de 28 ans justifie en partie par une mauvaise adhésion à la ville de Québec : «Pourtant, mes parents ont vécu là un temps et ma sœur y a étudié! Mais je ne sais pas comment l’expliquer, ça n’a pas fitté

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Ericka Muzzo
Ericka Muzzo
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FRANCOPRESSE – Depuis son arrivée au Canada en 2017, Karelle Ngassam a vécu à Pointe-de-l’Église et Halifax en Nouvelle-Écosse, à Summerside à l’Île-du-Prince-Édouard, à Ottawa en Ontario et à Iqaluit au Nunavut, où elle réside actuellement. À cette liste s’ajoutera bientôt Yellowknife, capitale des Territoires du Nord-Ouest. Ce n’est pas pour rien que les amis de la Camerounaise d’origine la surnomment «l’oiseau migrateur»!

L’opportunité de venir étudier à l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, est comme tombée du ciel pour Karelle Ngassam. «Je n’avais pas vraiment l’ambition de venir au Canada, j’avais plus des vues au niveau de l’Europe», avoue en riant la jeune femme aujourd’hui âgée de 32 ans.

Qu’à cela ne tienne ; lorsque son oncle lui a soufflé qu’il serait possible pour elle de poursuivre ses études universitaires en Nouvelle-Écosse, elle a «fait tout ce qu’il fallait».

«Quand j’ai obtenu mon visa pour venir étudier au Canada, j’étais vraiment excitée et impatiente! J’ai fait des recherches et j’ai vu que le Canada est un pays bilingue, donc je me suis dit que je pourrais faire d’une pierre deux coups en pouvant parler français et améliorer mon anglais», explique celle qui est aujourd’hui parfaitement à l’aise dans les deux langues officielles.

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Marie-Paule Berthiaume
Francopresse
FRANCOPRESSE – Togolais d’origine, Edmond Segbeaya réside à Nelson, au sud-est de la Colombie-Britannique, depuis maintenant vingt ans. Après avoir passé dix années difficiles en tant que réfugié en Allemagne, il s’est finalement fait parrainer en 2001 pour arriver au Canada, où il a entrepris de développer une recette ancestrale de sauce piquante composée de produits britannocolombiens qui font rêver de l’Afrique.

Edmond Segbeaya a fondé sa compagnie en 2002 à Nelson sous le nom d’Awassi. En langue éwé, parlée en Afrique de l’Ouest où se situe le Togo, ce mot signifie «les gens qui fuient la persécution».

Au fil des ans, l’entrepreneur a lancé une gamme de douze sauces piquantes de style ouest-africain qu’il a nommée Ebesse Zozo ou «piment fort» en éwé. Ses sauces, à base de piments habanero, ont été primées onze fois à l’international et quatre d’entre elles sont vendues exclusivement en personne en raison de la rareté des ingrédients qui les composent.

Ce qui fait la fierté d’Edmond Segbeaya, c’est d’offrir des sauces gouteuses dont certaines sont exceptionnellement piquantes.

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Ericka Muzzo
Ericka Muzzo
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FRANCOPRESSE – Arrivée au Canada en juin 2016, Mabela Misengi a quitté son pays natal de République démocratique du Congo dans l’espoir d’offrir plus de stabilité et de meilleures opportunités à ses enfants, tous majeurs. Trouver un emploi a cependant été difficile lors de leur arrivée à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Certains membres de la famille ont décidé de tenter leur chance à Toronto, tandis que Mabela a finalement décroché un emploi dans une garderie francophone. Elle profite aujourd’hui avec bonheur de la tranquillité de la ville, depuis peu à titre de citoyenne canadienne.

Il y a plus de deux décennies que de multiples guerres font des ravages en République démocratique du Congo (RDC). «Dans mon pays, il n’y avait pas de stabilité», résume Mabela.

Pour tenter d’améliorer leur sort ainsi que celui de leurs quatre enfants et de leur petite-fille, elle et son mari ont décidé de franchir la frontière séparant la RDC de l’Ouganda, à l’est du pays, en 2010. «On nous a bien reçus, mais nous avons aussi rencontré beaucoup de misère en Ouganda […] La vie était vraiment très difficile», témoigne-t-elle toutefois.

Ainsi, lorsque le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) leur a offert d’immigrer aux États-Unis ou au Canada sous le statut de réfugié, la famille n’a pas hésité une seule seconde.

«Par rapport à tout ce qu’on avait entendu dire, nous avons choisi de venir au Canada. Et ça nous a pris du temps! On est arrivés en Ouganda en 2010, avec HCR on a commencé [les démarches pour immigrer] en 2012 et c’est en 2016 que nous avons quitté pour entrer au Canada», relate encore Mabela.

L’une de ses filles, nouvellement mariée, est toutefois restée en Ouganda et a rejoint le reste de la fratrie au Canada deux ans plus tard, préférant s’installer à Winnipeg.

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Ericka Muzzo
Ericka Muzzo
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FRANCOPRESSE – Lorsqu’il est débarqué en 2016 dans la municipalité de Clare, en Nouvelle-Écosse, pour étudier à l’Université Sainte-Anne, Jean-Paul Kalwahali a vécu le choc de passer d’une grande ville à la petite bourgade tranquille de Pointe-de-l’Église. Cinq ans plus tard, après avoir visité plusieurs provinces canadiennes, il n’échangerait désormais pour rien au monde la tranquillité de Baie Sainte-Marie pour l’agitation de la ville.

Natif de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Paul n’aurait jamais pu imaginer qu’il deviendrait un jour gérant du Centre de bienvenue Rendez-vous de la Baie, un poste qu’il occupe depuis quelques semaines.

Dès sa dernière année de lycée, en 2015, il savait toutefois qu’il irait étudier à l’étranger pour poursuivre dans une voie qui lui tient à cœur : l’immigration et le développement international.

«Comme il n’y a pas ce genre de filière dans mon pays, je me suis dit que c’était mieux que j’aille au Canada. Mon frère et mon cousin étaient déjà là et ça se passait bien pour eux», raconte-t-il.

Il a donc plié bagage rapidement et s’est acclimaté à son nouveau pays d’accueil durant un été passé à Montréal, avant de débuter sa première session d’université en administration des affaires à l’Université Saint-Anne.

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Andréanne Joly
Andréanne Joly
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FRANCOPRESSE – Sandra Adjou se présente comme une fière Canadienne et Béninoise. En 2011, MBA en poche et le ventre bien gonflé par une première grossesse, elle a quitté Paris, où elle s’était installée, à destination du Québec avec son conjoint, Karl Akiremy. Cinq ans plus tard, alors que la famille allait encore s’agrandir, le travail les a attirés à Toronto. Dès leur arrivée dans la Ville Reine, Sandra Adjou a ressenti l’urgence d’agir pour valoriser l’héritage des personnes afrodescendantes.

Le parcours migratoire de Sandra Adjou a commencé lorsqu’elle était enfant. Née au Bénin, elle a beaucoup voyagé avec ses parents et a vécu au Maroc, en Suisse et en France.

C’est donc tout naturellement qu’elle s’est dirigée vers des études en commerce international, à Paris ; son plan de carrière était précis et devait la mener sur les cinq continents.

C’est lors d’une visite à Montréal pour le mariage d’un cousin qu’elle a été séduite par l’accueil chaleureux de la ville. C’est là que la question s’est posée pour Sandra Adjou et son conjoint : et s’ils venaient s’établir de ce côté de l’Atlantique?

«J’ai fait mes bagages ; mes parents m’ont dit que j’étais folle!» lance-t-elle en riant. La décision était sans équivoque : le couple a entrepris les démarches pour obtenir la résidence permanente depuis Paris.

Sandra Adjou et Karl Akiremy sont débarqués à Montréal en 2011, à sept mois de grossesse. La Béninoise d’origine a rapidement créé des attaches et a renoué avec des amis d’enfance et d’université.

«C’est le plus bel accueil que j’ai eu», dit-elle en se remémorant les nouvelles amitiés et les quidams qui l’arrêtaient dans la rue pour cajoler sa petite. «J’ai été entourée de soins, d’attention. Ça s’est super bien passé.»

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Inès Lombardo
Inès Lombardo
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FRANCOPRESSE – Aurélie Marié vit à Ottawa depuis 2017, après quatre ans à Sudbury. Elle fait partie des personnes qui racontent leur tour du monde émaillé d’anecdotes avec un bonheur palpable. Ou, comme la Française bientôt Canadienne aime à les qualifier, ses «sauts de puce du monde». Si elle a en effet visité plusieurs pays dès qu’elle en a eu le temps et l’envie, certains l’ont retenue plus longuement que d’autres en marquant un peu plus sa passion pour le partage des cultures.

Le Canada est le pays où Aurélie Marié, 33 ans, aura passé le plus de temps ces dix dernières années. La directrice du marketing et des communications du Muséoparc Vanier, à Ottawa — poste créé pour elle par feu Jean Malavoy — a eu peu d’adresses fixes avant de poser ses valises au Canada.

De ce côté de l’Atlantique, le périple d’Aurélie commence en 2012, à Ottawa, alors qu’elle effectue un stage à l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) dans le cadre de ses études à l’École de commerce de Chambéry, située dans les Alpes françaises.

En parallèle de son stage, Aurélie a pour projet de faire le tour des États-Unis en van dès qu’elle le pourra. Mais lorsque l’APCM lui explique que dans le cadre de son poste, elle sera sur la route en Ontario et au Québec le plus clair de son temps, elle fait place au rêve canadien plutôt qu’au rêve américain.

«On ne peut rêver mieux en début de vingtaine! Travailler dans la musique et être sur la route avec une belle équipe, le job de rêve!» s’enthousiasme-t-elle encore dix ans plus tard, visiblement consciente de la chance qu’elle a eue.

Cette chance, Aurélie Marié a travaillé fort pour se la créer : «J’ai passé deux ans à étudier presque tous les jours pour entrer en école de commerce.»

Née et élevée à Strasbourg, en Alsace, à l’est de la France, Aurélie veut effectuer ses études avec une idée précise en tête : ouvrir une maison d’hôtes alternative, participative et axée sur l’écologie, elle qui a la «consommation responsable» à cœur.

Ses futurs voyages lui réservent d’autres desseins.

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Pas une minute à perdre 

Choisissant de prendre une année sabbatique en 2011, Aurélie part faire un stage de cinq mois en Afrique du Sud dans un centre culturel.

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Mélodie Charest
Le Franco
LE FRANCO (Alberta) – Bien que timide de parler d’elle-même, Zoong Nguyen Sie-Mah mène une vie trépidante. Après avoir immigré au Canada à l’âge de 15 ans, elle a vécu dans les provinces canadiennes du Québec, de l’Ontario et de l’Alberta ainsi qu’aux États-Unis, en Arabie Saoudite et elle en passe! C’est tout de même à Calgary, où son mari et elle ont posé leurs valises en 2005, qu’elle a entamé sa deuxième carrière, creusant un peu plus loin dans le domaine artistique.

«J’ai soif de tout! Je vois la beauté partout!» s’enthousiasme Zoong, dont les œuvres peuvent être consultées sur son site Web. Cette beauté, elle la nourrit aujourd’hui avec voracité en peignant des natures mortes, des portraits ou des scènes de vie quotidienne.

D’origine vietnamienne, l’artiste raconte ses souvenirs d’enfance et la manière dont son besoin de créer s’est épanoui : «Durant mon enfance, durant la guerre, tout était supprimé. Il y avait des morts et des tanks. L’art était là, mais personne n’avait le temps ou le budget. On ne consommait pas beaucoup l’art.»

«Maintenant, j’ai tout pour me remplir. Je suis comme un vase!» ajoute Zoong.

Son parcours artistique n’a pas pour autant été de tout repos : «Les arts ne sont pas quelque chose de trop encouragé pour les immigrants. Les artistes sont toujours ceux qui ont le plus faim et mes parents m’ont découragée de faire ça.»

Maintenant que la carrière de son conjoint est plus établie et que ses enfants sont plus grands, elle a décidé de lancer sa carrière d’artiste-peintre avec Levon, son chien qu’elle a nommé assistant.

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Inès Lombardo
Inès Lombardo
Francopresse
FRANCOPRESSE – Trois fois en 29 ans. C’est le nombre de tentatives de Matsui Takehiro, Japonais installé à Moncton au Nouveau-Brunswick, pour obtenir la résidence permanente au Canada. Au total, il compte trois séjours temporaires dans trois villes canadiennes différentes. C’est à Moncton qu’il a finalement obtenu le précieux sésame, en 2018. De son parcours atypique ressort sa passion sans limites pour l’Acadie.

Un premier séjour de deux ans à Banff entre 1992 et 1994, un deuxième séjour à Vancouver entre 1998 et 2000 et un retour définitif au Canada en 2015, à Moncton, avec l’obtention de la résidence permanente trois ans plus tard… Ce chemin long et sinueux fait la fierté de Matsui Takehiro, 50 ans.

Depuis qu’il est installé au Nouveau-Brunswick, il sait qu’il ne retournera pas au Japon. «Je vis ici pour toujours, maintenant», explique-t-il avec un large sourire.

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La langue française, premier coup de cœur 

Originaire d’Akita, petit village de bord de mer au nord-ouest du Japon, Matsui a décidé qu’il vivrait au Canada dès son premier séjour, en 1992.

Ce choix est motivé, selon lui, par un intérêt qu’il a développé «depuis l’enfance» pour la langue française. Il a commencé à l’étudier en même temps que l’anglais, lorsqu’il a fait ses études universitaires à Osaka.

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Ericka Muzzo
Ericka Muzzo
Francopresse
FRANCOPRESSE – Victor Cal y mayor pratique un métier peu commun : chanteur d’opéra. Pour poursuivre cette passion qu’il a découverte durant son enfance, il a quitté sa ville natale de Tuxtla Gutiérrez, au Mexique, et s’est établi à l’Île-du-Prince-Édouard en 2016. Il a depuis obtenu son diplôme en performance musicale au Holland College, un tremplin qui l’a déjà mené en France, en Belgique et aux Pays-Bas.

«Avant de venir ici — c’était la première fois que je voyageais hors de mon pays —, j’ai fait des recherches sur l’Île-du-Prince-Édouard et sur le Canada. J’ai été tellement surpris de voir autant de culture musicale et historique pour une si petite ile!» se remémore Victor Cal y mayor, qui avait 22 ans à son départ.

Pour l’adepte d’opéra, le potpourri de traditions musicales de l’Île-du-Prince-Édouard a été une véritable découverte : la musique acadienne, folklorique, celtique, en anglais et en français se sont ajoutées à son propre répertoire déjà éclectique.

«Une chose que j’aime beaucoup, c’est que la communauté est très accueillante des nouvelles cultures et traditions. En venant ici, j’ai apporté non seulement de l’opéra, mais aussi des traditions musicales d’Amérique latine. Je fais toujours le mélange d’opéra, de jazz et de musique traditionnelle mexicaine», explique Victor Cal y mayor.

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Inès Lombardo
Inès Lombardo
Francopresse
FRANCOPRESSE – Maurine Forlin, 29 ans, fait partie des personnes qui ont perdu leur emploi dès mars 2020, l’une des premières conséquences économiques de la pandémie. Loin de se décourager, la jeune femme y a vu l’aventure et a décidé de quitter Montréal avec son copain. Elle renoue aujourd’hui avec la nature et une communauté francophone soudée à Whitehorse, au Yukon.

«On a quitté Montréal dans une vieille fourgonnette. Il y avait toute notre vie dedans.»

C’est ainsi que l’aventure de Maurine Forlin a (re)commencé en 2020 dans la capitale yukonaise, après quatre ans de vie à Montréal. Originaire de Belgique, elle a débarqué dans la métropole québécoise en 2016.

Retrouver un travail dans cette ville qui concentre plus de 1,7 million d’habitants d’après le recensement de 2016 aurait relevé d’un parcours du combattant, explique Maurine. C’est d’autant plus vrai avec «toute la concurrence» qu’il peut y avoir dans le domaine où elle travaille : la restauration.

Ainsi, lorsqu’elle a vu une offre d’emploi de l’Association franco-yukonnaise (AFY) pour un poste d’agente de projets en immigration, elle a sauté sur l’occasion et présenté sa candidature.

«Étant moi-même immigrante, je me suis dit que c’était le job parfait, car je suis le public cible!» se souvient-elle.

Mais quitter une ville qui brasse autant de monde que Montréal pour un territoire aux températures extrêmes et à une population plus réduite peut être déstabilisant, notamment pour son copain Kaël, qui avait un «bon poste de graphiste, dont il était très content», convient Maurine.

Le gout de l’ouverture et d’un nouvel équilibre en ces temps incertains a pris le dessus : «Il ne restait plus qu’à convaincre mon copain, ajoute-t-elle en riant. En voyant qu’il y avait du travail au Yukon, il a sauté le pas. Il faut savoir que l’emploi est la première raison de l’immigration au Yukon. C’est une terre d’opportunités. Il n’y a pas un jour où l’on regrette notre choix.»

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Ericka Muzzo
Ericka Muzzo
Francopresse
FRANCOPRESSE – C’est une envie de changement, de quitter une routine devenue presque trop confortable et de vivre un peu d’aventure qui a poussé Patrice Bramat, sa femme et leurs trois adolescents à quitter la région parisienne pour venir s’installer à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, il y a de cela près de quatre ans. Si l’objectif était de s’ouvrir l’esprit à de nouvelles réalités, à des mentalités différentes et à un environnement inédit, il peut aujourd’hui affirmer que c’est mission accomplie.

«Ça faisait à peu près 15 ans qu’on était en région parisienne, qu’on avait nos jobs qui étaient sympas, mais […] on avait l’impression, tous les 1er janvier de chaque année, de se retourner sur l’année précédente et d’avoir un peu le sentiment d’avoir fait exactement la même chose, et de faire à peu près la même chose d’une année à l’autre.»

«Je ne suis pas forcément quelqu’un de très instable, mais le côté un peu rupture, un peu changement qu’on peut parfois aimer, on ne l’avait pas […] À un moment, la routine, ça finit par être casse-pieds!» résume Patrice Bramat.

Quelque 14 mois après avoir pris leur décision, ils obtenaient donc la résidence permanente pour toute la famille et achetaient un aller simple pour Halifax, d’où ils trouveraient leur prochain lieu de vie : Saint-Jean.

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Arnaud Barbet
Francopresse
FRANCOPRESSE – Originaire de la République démocratique du Congo, le slameur et rapeur Dennis Ndala, dit 2Moods, s’est installé à Edmonton en juillet 2012. Il avait alors 17 ans. Près de neuf ans plus tard, ce passionné de la langue française revient sur son atterrissage en Alberta, loin des problèmes de racisme systémique qui ont fait la une des médias récemment.

Ayant pu profiter du programme d’immigration canadien de regroupement familial, ce n’est pas une, mais bien deux familles qu’a retrouvées l’artiste dans la capitale albertaine : un frère d’un côté, la francophonie de l’autre.

«Lorsque je suis arrivé chez mon frère à Edmonton, il m’a tout de suite mis en relation avec la francophonie albertaine, un confort qui ne m’a jamais quitté», assure Dennis Ndala, alias 2Moods.

Cet amoureux de la langue française n’en démord pas : «Je n’aurais surement pas eu autant de facilité à m’intégrer chez les anglophones». Il évoque sa dernière année de secondaire à l’école Maurice-Lavallée, le centre culturel et communautaire La Cité francophone ainsi que tous les services disponibles en français dont il a pu profiter.

Il n’oublie pas non plus sa présence au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta : «Je voulais faire des études de médecine. Après quelques tergiversations, j’ai choisi un baccalauréat en art et psychologie. Un choix réfléchi.»

Des tergiversations qui ont toutefois duré plus de cinq ans, le temps pour lui d’identifier l’autre métier qu’il désirait faire, tout en menant de front sa carrière d’artiste professionnel qui débutait.

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Inès Lombardo
Inès Lombardo
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FRANCOPRESSE – Ornella et son conjoint François ont 24 et 29 ans. Ce couple de Camerounais est arrivé à Ottawa le 26 janvier 2021, pour une période de cinq ans. Ils ont reçu leur confirmation de résidence permanente en janvier 2020. Si Ornella a quitté son pays pour le Canada, c’est que ce dernier présente à ses yeux plus d’opportunités professionnelles et éducatives.

Un «environnement éducatif de qualité», «plus d’opportunités» et «une situation économique difficile au pays [de départ]» sont autant d’éléments qui ont amené le jeune couple à fouler le sol canadien.

Ce n’est toutefois qu’un an après avoir reçu leur résidence permanente qu’ils ont enfin pu embarquer en direction du Canada, un voyage longuement préparé.

«Il nous fallait du temps pour que François arrête son travail, il fallait déménager de l’appartement et préparer nos valises pour ce nouvel horizon, commente Ornella. C’est pourquoi nous avions programmé notre voyage le 20 mars 2020. Mais hélas, le 18 mars, les frontières ont été fermées.»

C’est parce qu’ils ont reçu leur nouveau statut de résidents permanents avant le 18 mars 2020, date de fermeture officielle des frontières canadiennes, qu’ils ont tout de même pu venir en ce début 2021, alors que le Canada continue de lutter contre la COVID-19.

Les immigrants ayant reçu leur résidence permanente après le 18 mars 2020 devront attendre l’ouverture totale des frontières ou, du moins, un assouplissement de la part du gouvernement fédéral à leur endroit.

François, comptable de formation, et Ornella, professeure de langues, ont vu dans le Canada un futur qui leur permettrait d’évoluer professionnellement.

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Ericka Muzzo
Ericka Muzzo
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FRANCOPRESSE – Cela fera bientôt deux ans que Céline Beuvens Nicaise et Manu Nicaise se sont établis à l’Île-du-Prince-Édouard, la plus petite province canadienne. Lorsqu’ils jettent un regard en arrière et constatent le chemin parcouru, un même mot leur vient à la bouche : «Wow». Ces Belges d’origine ne regrettent aucunement leur plongeon tête première dans l’aventure de l’immigration au Canada, malgré un départ «déchirant» puisque leurs enfants sont restés sur le Vieux Continent.

«Ça a commencé avec moi, explique d’emblée Manu Nicaise. J’avais un vieux rêve d’immigrer aux États-Unis quand j’étais plus jeune ; j’ai dû le mettre de côté pour diverses raisons familiales. Quand c’est revenu sur le tapis […] le Canada m’offrait ce qui m’attire aux États-Unis, sans les inconvénients!»

Parmi ces attraits, il nomme particulièrement «les grands espaces, la diversité, le multiculturalisme et l’ouverture d’esprit […] Le mode de vie nord-américain, quoi!».

De son côté, Céline Beuvens Nicaise n’a pour ainsi dire pas eu à réfléchir : «Il m’en a parlé, j’ai été un peu surprise au départ puisque je ne m’y attendais pas trop, mais je me suis dit pourquoi pas, c’est une bonne idée!» explique celle qui travaillait dans le domaine de l’éducation.

Série Histoires d'immigration

Inès Lombardo
Inès Lombardo
Francopresse
FRANCOPRESSE – Adina-Ioana Timofei est impatiente d’arriver au Canada. La Roumaine-Britannique affiche un sourire serein à travers son écran, depuis le nord-est du Royaume-Uni. Son mari et elle ont reçu leur résidence permanente canadienne en décembre 2020 et c’est à Ottawa qu’ils aimeraient s’installer dès que les mesures sanitaires leur permettront. Francopresse les suivra dans leur parcours jusqu’à leur installation au Canada.

À 36 ans, depuis son domicile dans le nord-est de l’Angleterre, Adina explique être «en quête de nouveauté». La pandémie n’a fait que renforcer ce besoin.

Elle et son mari, Zead Said, ont reçu leur confirmation de résidence permanente (RP) canadienne le 7 décembre dernier, quatre mois après en avoir fait la demande depuis Rotherham, leur village situé non loin de Sheffield, la ville natale du fameux groupe de rock anglais Arctic Monkeys.

Malgré l’incertitude de leur date de départ, Adina explique sa situation de manière posée. «Nous habitons une région où il n’y a pas vraiment de diversité, les gens ne sont pas très ouverts… Et cela ne nous correspond pas. Avec la pandémie, nous avons pensé que c’était un bon moment pour un grand changement.»