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Élections fédérales 2021
Élections fédérales 2021
Les jeux sont toutefois loin d’être faits à Edmonton-Centre, la seule circonscription à l’ouest du Manitoba où un francophone est réellement en mesure de l’emporter le 20 septembre prochain.
Les jeux sont toutefois loin d’être faits à Edmonton-Centre, la seule circonscription à l’ouest du Manitoba où un francophone est réellement en mesure de l’emporter le 20 septembre prochain.

Portrait de circonscriptions d’intérêt pour les Acadiens et les francophones de l’Ouest

Guillaume Deschênes-Thériault, chroniqueur
Guillaume Deschênes-Thériault, chroniqueur
Francopresse
FRANCOPRESSE – Un peu plus de 1700 candidats se présentent à l’élection fédérale d’un bout à l’autre du pays, dont environ une quarantaine sont des francophones de l’extérieur du Québec. Le nombre de candidatures francophones se maintient chez les néodémocrates et les libéraux en comparaison à 2019, mais est en forte baisse chez les conservateurs cette année. Le nombre de candidats issus des communautés francophones s’y compte sur les doigts d’une main.

Il s’agit du second de deux textes qui s’intéressent de plus près aux circonscriptions d’intérêt pour les francophones de l’extérieur du Québec. L’équipe de l’Acadie Nouvelle a aussi proposé plusieurs portraits de circonscriptions néobrunswickoises. 

Edmonton-Centre

Après le Nouveau-Brunswick et l’Ontario, c’est en Alberta que la minorité francophone est la plus populeuse à l’extérieur du Québec. Toutefois, l’électorat franco-albertain est dispersé à travers la province et n’a de poids prépondérant dans aucune circonscription.

Quelques Franco-Albertains ont tout de même été élus lors d’élections fédérales dans l’histoire de la province, dont l’ancien président de la Chambre des Communes, Marcel Lambert, député progressiste-conservateur de 1957 à 1984.

Plus récemment, le libéral Randy Boissonneault a représenté la circonscription d’Edmonton-Centre de 2015 à 2019. Il est une figure bien connue de la francophonie canadienne, ayant figuré au Palmarès 2016 des dix personnalités influentes de la francophonie canadienne de Francopresse pour son travail à titre de secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien.

Après avoir été défait il y a deux ans, il est à nouveau candidat cette année, faisant d’Edmonton-Centre la seule circonscription à l’ouest du Manitoba où un francophone est réellement en mesure de l’emporter le 20 septembre prochain. Les jeux sont toutefois loin d’être faits.

Le site de projections 338Canada place les libéraux et les conservateurs à égalité statistique dans cette circonscription. En 2019, le conservateur James Cumming l’avait emporté avec 41,5 % des voix, soit 8,5 points de pourcentage devant M. Boissonneault.


« Le défi des libéraux sera de rallier suffisamment d’électeurs ayant voté pour les néodémocrates il y a deux ans et de conservateurs insatisfaits du gouvernement provincial de Jason Kenney pour regagner ce siège. C’est loin d’être chose faite dans un contexte où ces deux partis d’opposition ont connu une montée dans les sondages depuis le début de la campagne. »
Guillaume Deschênes-Thériault, chroniqueur Francopresse

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Saint-Boniface—Saint-Vital

La circonscription de Saint-Boniface—Saint-Vital est celle avec le plus grand nombre de francophones dans l’Ouest canadien. Depuis 1945, un Franco-Manitobain a remporté 21 des 26 élections qui s’y sont déroulées.

Le ministre sortant des Affaires du Nord, Dan Vandal, est le cinquième francophone représentant cette circonscription sous la bannière libérale à avoir accédé au cabinet dans les dernières décennies. Il est candidat à sa réélection pour obtenir un 3e mandat.

Cet ancien conseiller municipal pour le quartier de Saint-Boniface à Winnipeg a été réélu en 2019, mais avec une majorité plus faible, passant de 58,4 % des voix en 2015 à 42,9 %. Même s’il est favori pour conserver cette circonscription à tendance libérale, le candidat conservateur, Shola Agboola, est à surveiller.

Dans le passé, la circonscription est passée aux mains des conservateurs à quelques reprises lorsque le parti a formé le gouvernement à Ottawa. L’exemple le plus récent est celui de l’ancienne ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, Shelly Glover, qui a représenté la circonscription de 2008 à 2015.

Un élément inusité à noter est le grand nombre de candidatures dans cette circonscription : 21 au total. En plus des candidats déjà mentionnés, il y a notamment la néodémocrate Meghan Waters, le poète franco-manitobain Laurent Poliquin sous la bannière verte, et une quinzaine d’indépendants, la majorité d’entre eux semblant être associés au Parti Rhinocéros.

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Elmwood—Transcona

Dans la circonscription manitobaine d’Elmwood—Transcona, la candidate conservatrice, Réjeanne Caron, tente de déloger le député néodémocrate sortant, Daniel Blaikie.

Mme Caron, une Franco-manitobaine métisse, n’en est pas à sa première expérience politique. Cette agente du Service de police de Winnipeg a terminé 2e en 2019 dans la circonscription voisine de Saint-Boniface—Saint-Vital.

Elmwood—Transcona est représentée par le NPD depuis 1988, à l’exception de l’unique mandat du conservateur Lawrence Toet de 2011 à 2015.

Même si les néodémocrates partent avec une longueur d’avance dans cette circonscription, les conservateurs demeurent compétitifs. En 2015, Daniel Blaikie, qui est bilingue, avait devancé son plus proche rival par seulement 61 votes. En 2019, il avait obtenu un second mandat par un peu plus de 3 500 voix, alors que la campagne menée par Andrew Scheer battait de l’aile à l’échelle nationale.

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Sackville—Preston—Chezzetcook

Parmi les onze circonscriptions de la Nouvelle-Écosse, deux pourraient encore une fois être remportées par des Acadiens cette année.

L’une d’elles est Sackville—Preston—Chezzetcook, où les francophones ne comptent que pour environ 3 % de la population. Le secrétaire parlementaire sortant du ministre des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale, l’Acadien Darrell Samson, tente d’obtenir la confiance de l’électorat une troisième fois.

Lors de son élection en 2015, il avait délogé le député néodémocrate Peter Stoffer, qui représentait alors la circonscription depuis 1997. Il a obtenu un second mandat en 2019, mais avec une majorité réduite, passant de 48 % à 40 % des voix.

Malgré cela, à moins d’un revirement majeur, il devrait être reconduit dans ses fonctions de député. Ses principaux adversaires sont la conservatrice Angela Conrad et la néodémocrate Jenna Chisholm.

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Parmi les onze circonscriptions de la Nouvelle-Écosse, deux pourraient encore une fois être remportées par des Acadiens cette année. L’une d’elles est Sackville—Preston—Chezzetcook, où les francophones ne comptent que pour environ 3 % de la population.

Nova-Ouest

La circonscription de Nova-Ouest inclut les régions acadiennes de la Baie Sainte-Marie et d’Argyle. Depuis sa création en 1968, cette circonscription a été remportée aussi souvent par les libéraux que les conservateurs, soit à huit reprises pour chacun des partis.

Elle a notamment été représentée par l’ancien ministre libéral Robert Thibault et le progressiste-conservateur Gérald Comeau.

Cette année, selon 338Canada, le député sortant, Chris d’Entremont, est en bonne posture pour obtenir un second mandat. En 2019, il l’avait emporté par un peu plus de 1 000 voix, devenant ainsi le seul député conservateur de sa province. Avant son entrée sur la scène politique fédérale, il a représenté la circonscription acadienne d’Argyle au provincial pendant 16 ans.


« Advenant l’ascension des conservateurs au pouvoir, Chris d’Entremont pourrait fort bien être le seul élu francophone de l’extérieur du Québec du côté du gouvernement. Dans un tel contexte, il serait un atout pour l’équipe de M. O’Toole, qui s’est engagé à moderniser la Loi sur les langues officielles dans les 100 premiers jours d’un éventuel mandat. »
Guillaume Deschênes-Thériault, chroniqueur Francopresse

À titre de ministre provincial des Affaires acadiennes, Chris d’Entremont a joué un rôle de premier plan dans l’adoption de la Loi sur les services en français de la Nouvelle-Écosse en 2004.

Sa principale adversaire est la libérale Alxys Chamberlain. Dans sa biographie, uniquement disponible en anglais, il est indiqué que Mme Chamberlain est bilingue.

Guillaume Deschênes-Thériault est doctorant en science politique à l’Université d’Ottawa. Il détient un baccalauréat de l’Université de Moncton et une maitrise de l’Université d’Ottawa. Dans le cadre de ses recherches, il s’intéresse aux communautés francophones en situation minoritaire, avec un intérêt particulier pour l’enjeu de l’immigration. Depuis mai 2021, il est conseiller à la municipalité de Kedgwick au Nouveau-Brunswick.