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Élections 2019
De souche acadienne, Réjean Paulin a parcouru la francophonie tout au long de sa carrière de journaliste. Il a aussi vécu en France, au Québec et dans l’Ouest canadien avant de s’établir à Ottawa où il est professeur en journalisme au collège La Cité.

Campagne électorale et langues officielles : Les silences qui durent

Élections, élections… C’est le grand brouhaha. Justin Trudeau s’est un jour amusé à personnifier Aladin dans une fête entre amis. Il avait 29 ans. Il a eu le souci, par respect pour son personnage, d’en honorer tous les traits, y compris sa peau brune. «Ô scandale!», s’est-on indigné chez ses adversaires. Serait-il resté blanc, on aurait pu crier à l’appropriation culturelle du fait que l’Occident aurait récupéré la légende en dépouillant Aladin de ses traits.

Débat futile qui a atteint des proportions démesurées alors que le pays a d’autres chats à fouetter.

Dans l’animalerie, il y en a un qu’on ne fouette pas beaucoup dans les discours et promesses. Vous me voyez venir… Les langues officielles. L’explication se trouve sans doute dans le fait que l’électorat ne veut pas trop en entendre parler.

Il y a six mois, la firme Léger sondait l’opinion sur la valeur que les Canadiens prêtaient au bilinguisme. En gros, près d’un Canadien sur deux estimait «pas très important» ou «pas important du tout» que le Canada soit reconnu bilingue.

Un sondage réalisé en 2012 par la firme Research House révélait que les Canadiens s’entendaient sur la liberté d’expression, le respect envers les personnes handicapées, la liberté de religion et l’égalité des sexes. Quant aux langues officielles, c’était le flou et l’indécision. Elles n’ont pas percé davantage dans l’opinion publique, depuis.

En campagne électorale, on cherche d’abord à attirer l’attention. Ce n’est pas avec une question qui laisse la moitié de l’électorat indifférent que l’on y parvient. Dans ce cas-ci, un turban sur un visage maquillé a de loin devancé un des fondements de l’histoire du Canada et de sa société, soit la cohabitation égalitaire de ses peuples fondateurs.

Cette phrase de Jacques Brel me revient en mémoire : «Chez ces gens-là, on compte, monsieur».

Et bien oui. C’est ce qu’on fait en politique. Le vote espéré et griffé derrière l’isoloir devient l’ultime objectif. 

Justin Trudeau est peut-être un peu maladroit. Il n’est pas raciste pour autant. Sa feuille de route à cet égard est plutôt positive… Ses campagnes contre l’islamophobie, les 25 millions de dollars pour les jeunes des communautés noires, tout ça accompagné d’autres initiatives au nom de la diversité en témoignent.

On est loin ici du véritable scandale qui justifierait que l’on en encombre l’espace public comme on le fait.

Les minorités linguistiques sont loin derrière, ensevelies sous une discrétion stratégique, destinée à ne pas faire peur aux Canadiens qui peinent à les reconnaitre.

Il faut quand même admettre que le dernier gouvernement a donné une belle poussée aux langues officielles.

Il y a eu des consultations pancanadiennes, des engagements en éducation et en immigration et on se prépare à moderniser la Loi sur les langues officielles, mais le travail reste à faire.

Les cibles en immigration ne sont pas atteintes, les écoles attendent toujours les nouveaux crédits et la nouvelle Loi sur les langues officielles est toujours à l’étude.



« La promesse de faire avancer ces dossiers ne peut pas servir d’appât électoral partout entre nos trois océans. On la sortira à l’occasion devant une assistance déjà acquise à la cause, sans plus. »
Réjean Paulin, chroniqueur

Les langues officielles n’auront jamais la place des pipelines et autres préoccupations citoyennes.

Toute stratégie cherche à gagner des électeurs. Elle est souvent et davantage œuvre comptable que défense d’un idéal de société. Le message d’un parti quel qu’il soit, vise toujours le rapprochement du peuple. En conclusion, on met les langues officielles en sourdine parce qu’il y a mieux à dire.

Non, pas de brouhaha pour les langues officielles en campagne électorale. On les range dans une autre campagne, celle discrète, la vraie, la bucolique, le fond d’un champ d’où l’on ne fait guère parler de soi.

Originaire de Belgique, l’ingénieur-brasseur Cédric Dauchot fait saliver depuis 8 ans les habitants de Powell River en Colombie-Britannique. Adaptant les traditions plusieurs fois séculaires des brasseurs belges aux palais des Canadiens, l’homme de 39 ans honore la profession avec sa brasserie artisanale Townsite Brewing, une formule unique en son genre dans l’Ouest.

Cédric Dauchot est tombé dans la cuve tardivement. Attiré par le monde scientifique dès l’enfance, il entame des études d’ingénierie en biochimie à l’Institut Meurice à Anderlecht, en Belgique, sans trop savoir vers quel métier se diriger. Une chose est sûre : ce sera un métier manuel.

Le déclic survient après quelques stages dans des brasseries en Belgique : «Je me suis très vite rendu compte que c’est ce que j’aimais. C’est très scientifique, mais aussi très physique, très pratique. Il y a cette satisfaction de voir le produit de l’effort. Et j’aime ça, travailler avec les gouts et les saveurs», explique-t-il.

Mac, c’est l’orignal emblématique de la ville de Moose Jaw. Le géant a retrouvé récemment son titre de plus gros orignal au monde après l’avoir perdu en 2015 au profit de la sculpture norvégienne Storelgen.

Le grand Mac pèse dorénavant 10 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur. Jacki L’Heureux-Mason, directrice du tourisme pour la ville de Moose Jaw, est fière d’avoir récupéré le titre. «Nous espérons en profiter longtemps, s’exclame-t-elle. Notre communauté s’est ralliée autour de Mac, à l’instar de gens du monde entier. Tout le travail effectué provient de fonds donnés par des entreprises locales et nationales. Mais aussi des dons personnels venus du monde entier!»


Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Eau vive