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Artisans et métiers traditionnels
La nouvelle étable de la ferme Bernadale, dont la construction a été achevée récemment, permet aux vaches d’être plus confortables et de produire davantage de lait.

L’industrie laitière de l’Île-du-Prince-Édouard persiste et s’adapte

La formation de la relève est l’un des principaux défis pour les fermiers laitiers, et plus encore pour les francophones de la plus petite province canadienne. La ferme Bernadale surmonte les obstacles depuis maintenant quatre générations, et se prépare à un futur prometteur.

Reprendre, éventuellement, la ferme familiale est toujours allé de soi pour Gilles Bernard. Grandissant auprès des vaches, l’envie lui a rapidement pris de donner un coup de main à son père, qui a lui-même appris le métier de son père. L’amour des bêtes coule dans les veines des Bernard depuis quatre générations, et semble se transmettre aussi de père en fille.

«Je n’ai jamais pensé faire autre chose», indique d’emblée Gilles Bernard, rencontré dans la maison familiale attenante à la ferme laitière. Y résident ses parents, Corinne et Julien Bernard, ce dernier travaillant encore au quotidien auprès du troupeau laitier de la ferme Bernadale.

Le troupeau compte aujourd’hui 65 têtes à traire tous les jours, un chiffre qui monte à 400 ou 500 en comptant les animaux dédiés au commerce et à l’élevage. C’est dire si la ferme a agrandi : elle ne comptait qu’une dizaine de vaches il y a 50 ans. Lorsqu’il a décidé à l’époque de récupérer la ferme mise sur pied par son père et son oncle, Julien Bernard a pris la plus grosse décision de sa vie.

«On a acheté beaucoup de terres, à l’époque, il y avait plusieurs petites fermes qui n’ont pas pu continuer. De tous mes frères et sœurs, je suis le seul à avoir décidé de ne pas vendre, parce que sinon on aurait fermé en moins de dix ans», se souvient-il. Avec une famille de 15 enfants, ce n’est pas peu dire. Il a fallu du cran à Julien Bernard pour poursuivre dans cette voie.

Ça a donc été un grand soulagement pour lui de constater que son fils Gilles a rapidement démontré un intérêt marqué pour la vie de ferme. «Quand il était petit, on s’asseyait ensemble et on regardait la traite», se rappelle Corinne Bernard. Quelques années plus tard, Gilles mettait lui aussi la main à la pâte, et dès la fin de son secondaire, à 17 ans, il a rejoint son père à plein temps.

«J’ai 29 ans d’expérience, mais j’apprends encore tous les jours. Ça n’est pas un métier comme les autres», constate Gilles Bernard. Durant l’été, les fermiers laitiers peuvent travailler plus d’une dizaine d’heures par jour, du lever au coucher du soleil, avec quelques heures seulement de repos le samedi et le dimanche.

À 23 ans, le neveu de Gilles, Alex Bernard, travaille aussi depuis quelques années sur la ferme Bernadale. Il n’avait que 13 ou 14 ans lorsqu’il a commencé à conduire le tracteur, encore à ce jour son activité préférée. «Je pense que je vais continuer toute ma vie», dit-il simplement.

La jeune Mireille, 6 ans, comprend très bien le fonctionnement de la salle de traite, une toute nouvelle acquisition de la ferme Bernadale.

Une industrie en pleine évolution

L’Île-du-Prince-Édouard compte aujourd’hui environ 165 fermes laitières, dont la grosseur varie de 20 à 300 vaches à traire. Plus que jamais, la mode est à l’optimisation de l’efficacité. «C’est un milieu qui a changé considérablement dans les dernières décennies. On a des robots pour la traite, avec des systèmes informatisés. Beaucoup de fermiers contrôlent le tout de leurs téléphones intelligents», souligne le directeur général des Producteurs laitiers de l’Î.-P.-É., Doug Thompson.

Le travail de fermier laitier est donc rendu moins physique, mais pas moins exigeant, nuance-t-il. «On a beaucoup plus de jeunes fermiers éduqués, qui passent une bonne partie de leur temps à faire de la gestion. La plupart des propriétaires plus âgés se sont aussi très bien adaptés, peut-être pas aussi rapidement, mais ils voient ce qu’ils doivent faire et ils le font», enchaine Doug Thompson.

Dans le cas de la ferme Bernadale, le grand saut a été fait récemment, avec la construction d’une toute nouvelle grange qui contient notamment un «salon de traite». Grâce à cette technologie, le processus est plus rapide et plus efficace. «Il y a 40 ans, on tirait environ 15 litres par vache. Aujourd’hui, c’est 35 ou 40 litres», illustre Gilles Bernard.

C’est aussi que la ferme Bernadale a gagné en expertise au cours des dernières décennies. Grâce à la formation continue, l’équipe en apprend chaque année un peu plus sur les manières de rendre les vaches plus à l’aise et les procédés plus efficaces. Les vaches se reposent aujourd’hui sur du sable frais et leur diète est plus élaborée que jamais pour répondre à l’ensemble de leurs besoins nutritifs.

«Le plus souvent, l’expertise se transmet dès un jeune âge. Certains peuvent aussi se rendre en Nouvelle-Écosse ou à Montréal pour suivre des programmes d’agriculture, puis revenir. Mais partout au Canada, il y a une pénurie de travailleurs qualifiés, donc ça n’est pas toujours possible de quitter la ferme familiale», explique encore Doug Thompson. L’exode rural frappe durement les fermes, qui peinent à trouver de la relève.


Apprendre dès l’adolescence

Dans les dernières années, la ferme Bernadale a pu compter sur quelques jeunes de la région Évangéline, le bastion de la francophonie à l’Ile où est située la ferme. Même s’ils ne sont pas nés sur une ferme laitière, ces adolescents ont soif d’apprendre, et les Bernard sont les premiers à les encourager dans cette voie.

À cet effet, le Club 4-H Évangéline profite depuis plusieurs années d’un partenariat avec la ferme Bernadale. Le mouvement 4-H vise à promouvoir les activités liées à l’agriculture chez les jeunes, par le biais de plusieurs projets, dont celui de «veaux laitiers» chapeauté par Gilles et Corinne Bernard, ainsi que Jules Gallant, le cousin de Gilles.

«C’est un projet très populaire, où chaque jeune se choisit un veau qu’il entrainera durant tout l’été. Ensuite, ils peuvent participer à l’exposition et à des concours qui peuvent les mener jusqu’à Toronto», explique la responsable du Club 4-H Évangéline, Jeannette Gallant.

Le neveu de Gilles Bernard, Alex, en a notamment fait partie durant plusieurs années. Plus récemment, c’est le jeune Dawson Arsenault qui s’est découvert une passion pour la ferme laitière, et depuis deux ans il passe ses étés à travailler sur la ferme Bernadale. «Il a à peine 14 ans, mais il en connait beaucoup et il adore ça», constate Jeannette Gallant.

Dans les prochaines années, ce sera sans doute le tour de Mireille, la fille de Gilles et Tania Bernard, de se joindre au groupe de passionnés. Elle n’attend toutefois pas cette opportunité pour débuter son apprentissage, mais observe avec attention les faits et gestes de Gilles, Julien et Alex dans leur quotidien. «C’est un travail de routine, avec des petits changements tout le temps», résume Gilles Bernard.

Fier de sa fille, qui a récemment fait visiter la nouvelle étable à sa classe de 1re année, il la voit bien un jour reprendre le flambeau familial, même si rien n’est gagné d’avance. Mais après tout, dans ses veines court le sang des Bernard, ce qui lui donne une bonne longueur d’avance et un don certain pour interagir avec les vaches laitières, denrée précieuse de la ferme Bernadale.


Le projet «Artisans et métiers traditionnels de la francophonie canadienne» a été rendu possible grâce à l’appui financier de Financement agricole Canada. Tous les articles ont été produits conformément à la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

Trois générations de fermiers laitiers qui n’ont pas froid aux yeux, et enchainent les journées de dur labeur sans rechigner.

La traite en chiffres

- Il y a environ 165 fermes laitières dans l’Île-du-Prince-Édouard.

- Environ 15 % du lait produit à l’Île-du-Prince-Édouard y est consommé.

- La ferme laitière moyenne de l’Île-du-Prince-Édouard compte environ 60 vaches laitières.

- Quelques-unes des plus grandes exploitations laitières de l’Ile ont chacune autour de 300 vaches laitières.

Originaire de Belgique, l’ingénieur-brasseur Cédric Dauchot fait saliver depuis 8 ans les habitants de Powell River en Colombie-Britannique. Adaptant les traditions plusieurs fois séculaires des brasseurs belges aux palais des Canadiens, l’homme de 39 ans honore la profession avec sa brasserie artisanale Townsite Brewing, une formule unique en son genre dans l’Ouest.

Cédric Dauchot est tombé dans la cuve tardivement. Attiré par le monde scientifique dès l’enfance, il entame des études d’ingénierie en biochimie à l’Institut Meurice à Anderlecht, en Belgique, sans trop savoir vers quel métier se diriger. Une chose est sûre : ce sera un métier manuel.

Le déclic survient après quelques stages dans des brasseries en Belgique : «Je me suis très vite rendu compte que c’est ce que j’aimais. C’est très scientifique, mais aussi très physique, très pratique. Il y a cette satisfaction de voir le produit de l’effort. Et j’aime ça, travailler avec les gouts et les saveurs», explique-t-il.

Mac, c’est l’orignal emblématique de la ville de Moose Jaw. Le géant a retrouvé récemment son titre de plus gros orignal au monde après l’avoir perdu en 2015 au profit de la sculpture norvégienne Storelgen.

Le grand Mac pèse dorénavant 10 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur. Jacki L’Heureux-Mason, directrice du tourisme pour la ville de Moose Jaw, est fière d’avoir récupéré le titre. «Nous espérons en profiter longtemps, s’exclame-t-elle. Notre communauté s’est ralliée autour de Mac, à l’instar de gens du monde entier. Tout le travail effectué provient de fonds donnés par des entreprises locales et nationales. Mais aussi des dons personnels venus du monde entier!»


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