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Artisans et métiers traditionnels
L’Okanagan Lavender Herb Farm est née en 1998, après quelques années de culture à petite échelle de lavande.

La distillation : la préservation d’un art ancestral

Au cœur de la vallée de l’Okanagan, Andréa McFadden diffuse des parfums de lavande, de rose, de menthe, de calendula ou encore de camomille. Installée depuis longtemps dans la région, la famille McFadden perpétue un savoir-faire ancestral : celui de la distillation d’huiles essentielles.


En 1990, Andréa McFadden et son époux Dave héritent d’une parcelle familiale de 8 acres (32 375 m2) située sur les hauteurs de Kelowna, à l’est du lac Okanagan, en Colombie-Britannique.

À la même époque, elle lit un article dans le journal The Guardian qui lui fait découvrir la lavande et décide d’en faire pousser sur une parcelle de 1000 m2. Les pommiers qui se trouvaient sur la parcelle étaient devenus trop vieux pour fournir des pommes de bonne qualité. Ils sont coupés en 1998. C’est alors que la terre change de vocation : l’Okanagan Lavender Herb Farm prend alors un véritable envol.

Consciente de la fragilité des arts traditionnels, Andréa McFadden estime que le choix des gestes est primordial, particulièrement dans les sociétés occidentales. «Ma longue histoire familiale dans l’agriculture a eu un impact profond sur ma vie et a joué un rôle déterminant dans l’évolution de notre ferme au cours des 20 dernières années», estime André McFadden.

«Lorsque les civilisations sont devenues urbaines, le savoir traditionnel des plantes a été perdu. Mais à la ferme, nous sommes enracinés dans un processus très simple d’utilisation des plantes pour leurs propriétés curatives traditionnelles et par la création de produits botaniques qui capturent ces propriétés.»

En 2007, Andrea McFadden contacte une pépinière basée au Royaume-Uni qui l’a fourni en conseils et en graines propices à pousser sur les terres de la ferme. Puis, elle achète le matériel nécessaire à la distillation. Afin d’améliorer la qualité de ses huiles, elle s’inscrit dans plusieurs concours internationaux en Australie et Nouvelle-Zélande, où on la conseille sur les façons de se perfectionner.


La transmission du savoir

Le processus de distillation à la vapeur d’eau qui permet de produire de l’huile essentielle est très ancien. Les Égyptiens auraient été les premiers à utiliser cette technique; cependant, le médecin et philosophe Perse Avicenne a amélioré la technique en élaborant un alambic proche de celui qui est aujourd’hui utilisé. Il fabriqua la première huile essentielle de rose au 11e siècle.

La distillation à la vapeur d’eau est donc une technique ancienne, mais aussi délicate, qui permet l’extraction de l’essence de la plante en préservant ses vertus.

Andréa McFadden a suivi une formation qui lui permet maintenant d’animer des ateliers auprès des visiteurs et ainsi transmettre les gestes : «Nous avons travaillé fort pour diversifier et restaurer les plantes indigènes sur notre ferme et nous avons enseigné à notre famille et à notre personnel l’importance de maintenir les plantes qui fleurissent du printemps à l’automne, estime-t-elle, les petites exploitations ont la possibilité de jouer un rôle important dans la restauration de l’environnement naturel et la guérison de la planète.»

Pendant la saison estivale, la ferme emploie une quinzaine de personnes qui récoltent les plantes, distillent, accueillent les visiteurs et animent les ateliers ouverts au public. Toutes les étapes de la production se font au sein de l’exploitation et aujourd’hui, la ferme produit annuellement 40 litres d’huiles essentielles et environ 2000 litres d’eau florale de lavande, de rose et de cèdre rouge.

Comment fait-on l’huile essentielle?
Les fleurs sont placées dans un alambic dont l’eau est chauffée jusqu’à la formation de vapeur, qui traverse les végétaux et emporte les molécules aromatiques qui se condensent dans un serpentin réfrigérant. L’huile essentielle, plus légère, se sépare de cet hydrolat ou eau florale à la fin du processus.

Un partenariat avec le réseau international Économusée

C’est aujourd’hui deux générations qui travaillent main dans la main au sein de l’Okanagan Lavender Herb Farm et cette histoire familiale s’inscrit dans le patrimoine de la région : «Nous travaillons très fort pour rester pertinents et pour transmettre cette ferme familiale à la 4e génération afin que nous puissions continuer à être les gardiens de la terre.»

En Colombie-Britannique, la ferme a été parmi les premières entreprises d’artisanat à faire partie du réseau Économusées, qui «sert à soutenir les artisans car ils sont menacés partout dans le monde. Le travail au sein de l’organisme correspond à notre philosophie et aide les artisans à mieux raconter leur histoire», pense la productrice.

Contraction du terme économie, qui souligne l’importance du rendement de l’entreprise, et du terme muséologie, qui regroupe l’ensemble des dimensions culturelles et pédagogiques, le mot-concept Économusée a été inventé par Cyril Simard en 1986. Architecte et ethnologue, préoccupé par la menace qui pèse sur les métiers traditionnels face à la production industrielle, M. Simard réalise une thèse de doctorat en ethnologie à l’Université Laval dans laquelle il explore la contribution des artisans sur l’identité culturelle de leur pays. Trois ans plus tard, il publie une version vulgarisée de sa thèse appelée Économuséologie. Le premier économusée est ouvert en 1988 dans la papeterie Saint-Gilles à Saint-Joseph-de-la-Rive dans la région de Charlevoix au Québec. C’est aujourd’hui un réseau international qui soutient et met en lumière les savoirs et savoir-faire des artisans d’Haïti, du Canada et de l’Europe avec l’Islande, la Norvège ou encore le Groenland.

Récemment, Andréa McFadden a accepté de faire partie du conseil d’administration de la branche internationale des Économusées. Sa passion de la préservation des gestes et savoirs traditionnels sont ainsi mis à l’œuvre : «J’ai accepté de siéger au conseil d’administration parce que je crois fermement à la préservation de l’artisanat traditionnel», confie-t-elle.


Le projet «Artisans et métiers traditionnels de la francophonie canadienne» a été rendu possible grâce à l’appui financier de Financement agricole Canada. Tous les articles ont été produits conformément à la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

Originaire de Belgique, l’ingénieur-brasseur Cédric Dauchot fait saliver depuis 8 ans les habitants de Powell River en Colombie-Britannique. Adaptant les traditions plusieurs fois séculaires des brasseurs belges aux palais des Canadiens, l’homme de 39 ans honore la profession avec sa brasserie artisanale Townsite Brewing, une formule unique en son genre dans l’Ouest.

Cédric Dauchot est tombé dans la cuve tardivement. Attiré par le monde scientifique dès l’enfance, il entame des études d’ingénierie en biochimie à l’Institut Meurice à Anderlecht, en Belgique, sans trop savoir vers quel métier se diriger. Une chose est sûre : ce sera un métier manuel.

Le déclic survient après quelques stages dans des brasseries en Belgique : «Je me suis très vite rendu compte que c’est ce que j’aimais. C’est très scientifique, mais aussi très physique, très pratique. Il y a cette satisfaction de voir le produit de l’effort. Et j’aime ça, travailler avec les gouts et les saveurs», explique-t-il.

Mac, c’est l’orignal emblématique de la ville de Moose Jaw. Le géant a retrouvé récemment son titre de plus gros orignal au monde après l’avoir perdu en 2015 au profit de la sculpture norvégienne Storelgen.

Le grand Mac pèse dorénavant 10 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur. Jacki L’Heureux-Mason, directrice du tourisme pour la ville de Moose Jaw, est fière d’avoir récupéré le titre. «Nous espérons en profiter longtemps, s’exclame-t-elle. Notre communauté s’est ralliée autour de Mac, à l’instar de gens du monde entier. Tout le travail effectué provient de fonds donnés par des entreprises locales et nationales. Mais aussi des dons personnels venus du monde entier!»


Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Eau vive