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Artisans et métiers traditionnels
Couper, tailler, récolter, coudre ou encore sculpter, ces gestes n’ont plus de secret pour le Suisse Kim Pasche.

Kim Pasche, ou l’art des gestes premiers

Kim Pasche a un parcours atypique. Déjà dans son enfance en Suisse, son attirance vers les matériaux bruts le pousse à questionner son entourage sur l’origine des objets les plus anodins du quotidien : «J’ai toujours eu cette curiosité de connaitre un cran plus loin l’origine des objets.» Après avoir obtenu son baccalauréat (l’équivalent de la 12e année), il décide de faire son propre compagnonnage afin de recevoir les savoirs et les savoir-faire liés aux métiers de la pierre, du bois, du métal ou encore du cuir.

Il se rend en France, où il frappe aux portes d’artisans qui le forment et lui apportent des compétences variées ainsi que la justesse des gestes propres à chacun des métiers. En parallèle, il s’inscrit en auditeur libre aux universités de Fribourg et de Neuchâtel : «Avec ces compétences de terrain, j’ai pu travailler au sein de l’Association romande des animateurs en préhistoire. Puis, j’ai parfait mes connaissances d’un point de vue scolaire au sein des universités», ajoute M. Pasche lors d’une entrevue. 


De la Suisse au Yukon

C’est dans le plus petit des trois territoires, le Yukon, que Kim Pasche expérimente les gestes et les techniques d’autrefois. «Dans ma recherche de mes ancêtres, il fallait que je trouve sur terre un endroit qui ressemble à la Suisse préhistorique, et c’est ce qui m’a emmené au Yukon.» Dans son désir de comprendre les gestes premiers, il s’immerge plusieurs mois par année dans la nature, sur une concession à 400 kilomètres de Whitehorse, la capitale. «Au Yukon, j’ai pu expérimenter et comprendre ce lien avec la nature sauvage», précise-t-il.

En reconnectant avec lui-même au sein de cette nature sauvage et préservée, il reproduit les gestes premiers, ceux qui ont un rapport direct avec ses besoins du quotidien. Se chauffer, s’abriter et manger sont les besoins vitaux qui, en immersion sauvage, deviennent la priorité absolue. Ce sont ces gestes si précieux, à la base de l’art de la vie sauvage, qui permettent de jouir de la richesse de la nature, selon celui qui est également trappeur. Couper, tailler, récolter, coudre ou encore sculpter, ces gestes n’ont plus de secret pour M. Pasche. Il sait faire du feu en toute circonstance et fabriquer des contenants à partir d’écorce de bouleau, par exemple.

Une passerelle pour la transmission du savoir

Les premiers hommes à fouler le sol du Yukon sont venus de l’Asie à la fin de l’époque glaciaire, il y a environ 15 000 ans. Les techniques qu’ils employaient ne sont pas toujours connues avec précision. M. Pasche travaille à la reconstitution des artéfacts retrouvés sur le territoire pour le compte du département d’archéologie du gouvernement du Yukon, avec qui il collabore en tant que consultant.

Un jour, une délégation d’ainés de la Première Nation Kwanlin Dün découvre l’une des répliques confectionnées par M. Pasche.

Convoqué afin de donner davantage d’explications, il se présente comme un orphelin de sa culture traditionnelle : «Mes ancêtres les chasseurs-cueilleurs ont disparu il y a 7000 ans. Ils n’ont pas laissé d’écrits, donc si je veux retrouver le contact avec eux, je dois faire mes propres recherches et passer par l’archéologie, qui permet d’aller creuser leur passé. C’est mon métier et je l’ai choisi car je suis orphelin de cette culture-là et je suis venu au Yukon pour cette même raison, pour renouer avec mes ancêtres.»

Suite à cette explication, les barrières sont tombées et M. Pasche est devenu un soutien technique pour les ainés, lors des camps de transmission du savoir auprès des jeunes, au cœur du territoire traditionnel. «Lors des immersions de deux semaines dans les bois avec les jeunes, j’étais le soutien des ainés qui parfois n’avaient que la mémoire d’un geste, mais plus forcément la force de le reproduire. Ils incarnent l’aspect culturel, ils vont parler des mythes et des rituels associés aux gestes ou à l’objet.»

La Première Nation Vuntut Gwitchin vit principalement à Old Crow, village de près de 300 âmes, à 700 kilomètres au nord de Whitehorse et accessible uniquement par voie aérienne. M. Pasche y travaille avec les ainés afin de transmettre les gestes ancestraux et traditionnels de fabrication des raquettes à neige aux jeunes de la communauté : «Je dois traduire le protocole des anciens pour le convertir en mode pédagogique occidental afin de pouvoir le transmettre.»

Sa connaissance des techniques de vannerie lui a permis de maitriser très rapidement la technique de fabrication de raquettes. Pensant faire face à des difficultés, il s’est finalement avéré à l’aise dans cette tâche en comprenant tout de suite la façon d’installer le grillage central des raquettes : «Je me suis aperçu que faire des raquettes était super simple. J’ai observé trois fois un ainé poser les gestes avant de pouvoir les refaire. J’avais déjà acquis les connaissances des matériaux et certains savoirs périphériques», pense-t-il.


L’espoir dans la transmission

Toujours impliqué au sein de la communauté de Old Crow, M. Pasche avoue avoir du plaisir à se rendre auprès des ainés et des jeunes : «J’y ressens quelque chose de très spécial, comme si, dans cette communauté d’à peine 300 habitants, se jouait l’essentiel de ce qui est en jeu dans le monde aujourd’hui.» Tant que les hommes maintiendront un lien intime avec leur territoire, ils s’en feront naturellement les défenseurs. «Qui aurait pu croire que dans un geste aussi simple que celui d’effiler un tendon de caribou, se cachait peut-être l’espoir des Hommes», conclut-il.


Le projet «Artisans et métiers traditionnels de la francophonie canadienne» a été rendu possible grâce à l’appui financier de Financement agricole Canada. Tous les articles ont été produits conformément à la Charte de la presse écrite de langue française en situation minoritaire au Canada.

Originaire de Belgique, l’ingénieur-brasseur Cédric Dauchot fait saliver depuis 8 ans les habitants de Powell River en Colombie-Britannique. Adaptant les traditions plusieurs fois séculaires des brasseurs belges aux palais des Canadiens, l’homme de 39 ans honore la profession avec sa brasserie artisanale Townsite Brewing, une formule unique en son genre dans l’Ouest.

Cédric Dauchot est tombé dans la cuve tardivement. Attiré par le monde scientifique dès l’enfance, il entame des études d’ingénierie en biochimie à l’Institut Meurice à Anderlecht, en Belgique, sans trop savoir vers quel métier se diriger. Une chose est sûre : ce sera un métier manuel.

Le déclic survient après quelques stages dans des brasseries en Belgique : «Je me suis très vite rendu compte que c’est ce que j’aimais. C’est très scientifique, mais aussi très physique, très pratique. Il y a cette satisfaction de voir le produit de l’effort. Et j’aime ça, travailler avec les gouts et les saveurs», explique-t-il.

Mac, c’est l’orignal emblématique de la ville de Moose Jaw. Le géant a retrouvé récemment son titre de plus gros orignal au monde après l’avoir perdu en 2015 au profit de la sculpture norvégienne Storelgen.

Le grand Mac pèse dorénavant 10 tonnes et mesure 10 mètres de hauteur. Jacki L’Heureux-Mason, directrice du tourisme pour la ville de Moose Jaw, est fière d’avoir récupéré le titre. «Nous espérons en profiter longtemps, s’exclame-t-elle. Notre communauté s’est ralliée autour de Mac, à l’instar de gens du monde entier. Tout le travail effectué provient de fonds donnés par des entreprises locales et nationales. Mais aussi des dons personnels venus du monde entier!»


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