La ville de Grand Fork, où a été trouvée la première pépite il y a 125 ans, aurait été le point d’ancrage d’Émilie Tremblay, jeune femme francophone mémorable de la ruée vers l’or.
La ville de Grand Fork, où a été trouvée la première pépite il y a 125 ans, aurait été le point d’ancrage d’Émilie Tremblay, jeune femme francophone mémorable de la ruée vers l’or.

L’anniversaire de la découverte de l’or au Yukon : des mines d’or d’Histoire

Marie Mounier
Initiative de journalisme local - APF - Territoires
IJL AURORE BORÉALE (Yukon) – Il y a 125 ans, une découverte marquait à jamais l’histoire du Yukon : celle de l’or dans le Klondike. En 2021, les mines aurifères ne sont plus les mêmes dans le territoire, mais l’héritage historique reste présent. L’industrie aussi.

Cette année marque le 125e anniversaire de la découverte de l’or au Yukon, un évènement qui a transformé à jamais le territoire et lui a permis de se développer considérablement.

De la première concession aurifère à l’industrie minière actuelle, la réalité n’est plus la même, et pourtant c’est encore le mythe de la ruée vers ce métal si précieux qui attire les curieux et curieuses et satisfait encore les passionné.e.s d’histoire.

C’est par hasard que la première pépite a été trouvée le 17 aout 1986 dans le lit du ruisseau Bonanza par George Carmack, sa femme Shaaw Tlàa (Kate Carmack) et des membres de sa famille appartenant aux Premières Nations de Carcross/Tagish.


Le ruisseau Bonanza, autrefois appelé Rabbit, a été rapidement envahi par les prospecteurs en devenir. Deux ans après la découverte, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui sont venues tenter leur chance dans le Klondike.

La ruée vers l’or qui s’en est suivie est devenue emblématique du Yukon, comme en témoignent les traces que le territoire porte encore.

La Semaine de la mine, du passé au présent

À la fin du 19e siècle, l’huile de coude et les outils souvent rudimentaires étaient les seuls alliés des prospecteurs venus rêver de fortune au Yukon. De nos jours, les mines sont des forteresses à ciel ouvert où machines et humains s’associent pour sortir de la terre principalement de l’or, mais aussi du cuivre et de l’argent.

L’industrie s’est métamorphosée et ne cesse d’évoluer.


« Nous sommes à des années-lumière de ce que nous savions. »
Mike Burke, responsable de projet à la chambre des mines du Yukon

Maintenant, «nous faisons une observation de la surface et essayons de comprendre ce qu’il y a sous terre», ajoute l’expert en géologie.

La Semaine de la mine et de la géologie, qui aura lieu lors de la première semaine de juin, sera une occasion de découvrir en ligne et à l’extérieur le présent d’une industrie qui revient de loin dans le territoire.

Cette année, la Semaine de la mine et de la géologie propose des activités ludiques à l’extérieur pour faire découvrir aux élèves l’une des plus grosses industries du Yukon.

«Les choses ont beaucoup changé, c’est maintenant un secteur industriel basé sur la science et c’est ce que nous souhaitons faire découvrir à la population», résume Mike Burke.

Un passé qui vaut son poids en or

Le 125e anniversaire de la découverte de l’or n’est cependant pas qu’une histoire de mines ; c’est aussi l’occasion de se souvenir. Une opportunité saisie par l’Association franco-yukonaise (AFY) qui a présenté un publireportage sur le sujet au magazine GEO Histoire pour son édition d’avril.

«Nous avons souhaité faire découvrir aux lecteurs le Yukon et son histoire, c’est important alors que le tourisme international est pour l’instant limité», explique Isabelle Bouffard, gestionnaire tourisme pour l’AFY.

«C’est un récit incroyable, de rêves et d’ambition», ajoute-t-elle au sujet de cette période de l’histoire. Un siècle après les prospecteurs souvent désillusionnés, l’or attire encore, mais ce sont maintenant les passionné.e.s d’histoire et les curieux et curieuses qui viennent à sa recherche.

L’or est toujours l’attrait principal des mines du Yukon. Dans la mine d’or d’Eagle, gérée par Victoria Gold, les techniques sont maintenant à la pointe de la technologie.

Cette année est aussi marquée par la création d’une Société d’histoire francophone du Yukon, dont le but est de «préserver le patrimoine et la mémoire collective de la francophonie yukonaise».

Selon Yann Herry qui en est le président, «le 125e est une reconnaissance de 400 ans de présence en Amérique et d’un profond attachement au continent nord-américain».

Vivre le 125e anniversaire autrement

En raison de la situation actuelle, les célébrations du 125e anniversaire seront plus discrètes que prévu. Les évènements annuels en lien avec la ruée vers l’or qui ont normalement lieu tout au long de l’année auront été et seront célébrés entre Yukonnais.e.s prudent.e.s.

Il existe tout de même de nombreuses façons de revivre cette période inoubliable de l’histoire du Yukon.

En intérieur, ce sera l’occasion par exemple de visiter ou de revisiter l’incroyable collection dédiée à la découverte aurifère du Musée MacBride à Whitehorse.

Le Musée de la Ville de Dawson, quant à lui, rouvrira ses portes cet été avec de nouvelles expositions, pour lesquelles «la présence francophone dans l’histoire de la ruée vers l’or sera aussi mise à l’honneur», note Alex Somerville, directeur du musée.

Quant aux amateurs de plein air, de nombreux vestiges sont à explorer au cœur du territoire, comme la célèbre randonnée du passage Chilkoot, qui sera à nouveau ouverte du côté canadien.

Le 125e anniversaire de la découverte de l’or est donc une occasion merveilleuse de participer à de nombreuses activités tout en redécouvrant le territoire du Yukon et son histoire.