L’historien Yves Frenette

Vaste étude de l’Université de Saint-Boniface : D’où viennent ces francophones venus s’installer en Amérique du Nord?

Francopresse. Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface remontera le temps pour mieux connaitre les chemins de traverse empruntés entre 1640 et 1940 par tous ces francophones venus en terre d’Amérique.

Il caressait le projet depuis quelque temps déjà. Ça y est, le professeur Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface partira sur la piste des francophones d’Amérique! À compter de septembre et pendant sept ans, avec quelques dizaines de collègues, il compte remonter le temps pour mieux connaitre les chemins de traverse empruntés entre 1640 et 1940 par, notamment, tous ces Franco-Manitobains, Québécois, Acadiens ou encore Français venus en terre d’Amérique. 

Professeur d’histoire à l’Université de Saint-Boniface et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les migrations, les transferts et les communautés francophones, Yves Frenette mentionne que ce projet est né d’un multiple partenariat. Les milieux universitaire, muséal et patrimonial seront réunis pour chercher, rassembler et diffuser les informations recueillies autour «du mouvement de migration», mais aussi à propos «des circulations culturelles comme la langue», explique-t-il.

De nombreux chercheurs associés à cette étude — une bonne quarantaine — proviennent non seulement des principaux foyers francophones en Amérique du Nord, mais également, entre autres, de la France, de la Belgique et de la Suisse. Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord peut aussi compter sur l’apport d’une vingtaine d’organismes comme la Société historique de Saint-Boniface, le Musée du Fjord au Saguenay, ou encore la Frenchtown History Foundation basée dans l’État de Washington.

C’est sans doute la première fois qu’une étude d’une telle ampleur sera effectuée. Pour Yves Frenette, à terme, le projet aura examiné «les mouvements et processus migratoires des francophones nord-américains, les circulations culturelles et linguistiques qui les ont accompagnés comme la langue et, enfin, les récits auxquels ils ont donné lieu.» Par récit, M. Frenette précise, par exemple, les lettres écrites par ces francophones partis à l’aventure. 


Des communautés ciblées 

Quatre groupes feront l’objet de cette vaste enquête. Les Acadiens, dont les origines remontent au début du 17e siècle et dont le déploiement sur la côte atlantique est bouleversé par le Grand Dérangement (1750-1800); les Canadiens français, issus de la vallée du Saint-Laurent à partir du 17e siècle et qui, progressivement, deviennent présents dans l’ensemble de l’Amérique du Nord; les Métis, nés de la rencontre entre Européens et Premières Nations, qui occupent à la fin du 18e siècle et au 19e siècle de grands pans du centre et de l’ouest du continent; les migrants provenant de France, de Belgique, de Suisse et — ô surprise! - de Syrie (y compris le territoire de l’actuel Liban) qui séjournent ou s’établissent sur le continent. Le Saguenay, Québec, Montréal, la péninsule acadienne, la baie Sainte-Marie, le Manitoba, le Midwest américain, le Michigan (en particulier la péninsule de Keweenaw), le Minnesota et Washington seront examinés à la loupe au fil de ces sept ans de travaux. 

Et la Louisiane? Elle n’y est pas? «Non, car il s’agit d’une autre dynamique migratoire», selon M. Frenette, en raison de la présence des Noirs. La question raciale — la Louisiane était une société esclavagiste — aurait demandé une certaine expertise dans le domaine au groupe de chercheurs «que nous n’avons pas nécessairement», confie l’universitaire. 


Un site interactif

Pouvant compter sur sa myriade d’experts, le directeur de la recherche utilisera avec ses collègues plusieurs ressources pour suivre les traces de tous ces francophones. Diverses bases de données comme le fichier de population BALSAC, initiée en 1972 à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) sous la gouverne du professeur Gérard Bouchard, et qui contient plus de 3 millions d’actes se rapportant à près de 5 millions d’individus et couvrant près de quatre siècles, contribueront à la recherche.

Mais il n’y a pas que des ressources universitaires qui seront mises de la partie. La population sera appelée à participer à sa façon à cette gigantesque enquête. Celles et ceux qui le souhaiteront pourront partager avec les chercheurs lettres ou documents familiaux servant à retracer l’odyssée de leurs aïeux. Un site interactif sera mis en ligne dès la fin du mois de septembre. Les gens pourront suivre ainsi l’état des recherches. «On n’attendra pas la fin de celles-ci pour faire connaitre notre travail à la population», mentionne le professeur québécois. «On va également produire des podcasts pour les touristes, qui visiteront les régions que nous répertorierons.» Se pourrait-il que le professeur Frenette s’associe en cours de route avec d’autres partenaires comme le Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique? L’historien ne ferme pas la porte à d’autres éventuels partenariats.

À une époque où l’arrivée de personnes venues d’ailleurs pose problème à certaines personnes, qu’elles soient de simples citoyens ou des leadeurs de l’espace public, Yves Frenette est au moins convaincu d’une chose : la recherche démontrera que pendant trois siècles, «notre histoire en fut une de migration.» 



Le travail colossal auquel Yves Frenette et ses compères vont s’attaquer demandera certes du temps, mais aussi des sous. La nouvelle officielle est tombée en juillet dernier. Le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) a décidé d’octroyer près de 2 100 000 $ à Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord. Évidemment, le principal intéressé est on ne peut plus heureux de cette décision. Cette somme permettra à M. Frenette de mener à terme un projet qui «nourrira aussi les réflexions sur les enjeux contemporains de l’immigration, de la diversité culturelle et du vivre-ensemble», avance celui-ci. L’historien rappelle également que la recherche donnera lieu à des publications scientifiques importantes. Quant au grand public, il ne sera pas oublié. Il aura accès à la création d’une exposition virtuelle bilingue.


Pour en savoir davantage :

http://sites.ustboniface.ca/francoidentitaire/

Foi de cultivateur de Casselman, VACHES, the musical semble bien être la première comédie musicale franco-ontarienne d’envergure à être créée au nord de Broadway!

«Ça doit faire dix ans qu’Olivier Nadon et moi, on parlait de monter une comédie musicale. Maintenant, ça y est, on commence les répétitions !» C’est Stéphane Guertin d’Improtéine, qui est tout feu tout flamme à l’idée que sa comédie musicale écrite avec son compère du quintette humoristique franco-ontarien verra le jour en avril 2020. Après les répétitions qui se déroulent dans la Cour des Arts à Ottawa, les premières représentations seront au LabO.

Très librement inspirée d’une histoire vraie, VACHES, the musical raconte comment Jean, un agriculteur, tente, en pleine crise du verglas (en 1998), de sauver d’une mort certaine des centaines de vaches malgré les obstacles : sa fille urbaine, le maire assoiffé d’argent et les soldats qui débarquent! À travers ce verglas qui glaçait le cœur de ses voisins fermiers, Stéphane Guertin raconte que le héros «s’était patenté une génératrice sur son tracteur». Pendant trois semaines, il a ainsi trait ses vaches et celles de ses voisins. Il le fallait, car une vache qui n’est pas traite risque de mourir à la suite de diverses infections.

Chaque printemps, lorsque la terre est dépouillée de sa couverture de neige et que le soleil réchauffe le sol, les agriculteurs canadiens s’activent aux champs. La machinerie préparée, ces derniers remplissent leurs semoirs avec la semence qu’ils ont soigneusement sélectionnée selon leurs besoins à travers une compagnie de semences certifiées sur le marché canadien.

Dans la ruée de la saison des semences, le long processus impliqué dans la mise en marché et l’accès de ces semences, qui sont essentiellement à la base de la société humaine, est souvent négligé. En effet, le sort de l’humanité tout entière repose sur le matériel génétique renfermé dans chacune de ces petites graines qui représentent des milliers d’années de sélection génétique naturelle ou plus récemment, d’ADN recombiné (ADNr).

Vous vous souvenez de L’homme qui plantait des arbres? Dans ce magnifique film d’animation de Frédéric Back, tiré du récit de l’écrivain français Jean Giono, un homme, Elzéard Bouffier, plante, dans une terre aride, des semences. Il les avait auparavant précieusement triées et gardées. Elles donneront des chênes. Un organisme canadien, Semences du patrimoine, a compris le message d’Elzéard.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le 20e siècle aura vu disparaitre environ 75 % des ressources phytogénétiques. Dans son document Produire plus avec moins, la FAO décrit ces ressources — c’est-à-dire la diversité des plantes cultivées et des plantes sauvages — comme jouant «un rôle central dans le développement de l’agriculture et de l’amélioration des aliments». Les gènes qui proviennent de variétés plus traditionnelles permettent d’avoir des plantes plus résistantes aux insectes par exemple.

Le 8 novembre, en Côte d’Ivoire, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a créé pour la première fois un évènement donnant toute la place au conte. Le temps d’une nuit, l’évènement Contes d’un soir a occupé des espaces gratuits à Abidjan, ainsi que dans quelques communes de la capitale.

Du coucher du soleil jusqu’à son lever, plus d’une quinzaine de conteurs de la Francophonie ainsi qu’une vingtaine d’artistes-conteurs ivoiriens ont palabré, mêlant danses, musiques, chants et gastronomie afin de valoriser et promouvoir «le vivre ensemble» comme le souhaite l’OIF. Un évènement qui peut amener aussi les francophones à se questionner sur leur intérêt pour le conte au 21e siècle.

Quels sont les parcours des Canadiens français en Amérique, et quelles incidences ceux-ci ont-ils sur la condition de la femme, des ménages et de la société canadienne-française? Marie-Ève Harton, sociologue spécialiste du mouvement migratoire des Canadiens français vers les États-Unis pendant la période industrielle au début du 20e siècle, les a suivis.

Francopresse : Vous vous intéressez à l’incidence des migrations vers les États-Unis entre le 19e et 20e siècle sur la condition des femmes canadiennes-françaises de l’époque. Arrivez-vous à tisser des liens entre la réalité de ces femmes et celles de notre époque?

M.-E. H. : On remarque qu’au début du 20e siècle, elles sont principalement en Nouvelle-Angleterre. Pourquoi en Nouvelle-Angleterre? Parce que c’est le bastion de l’industrialisation.

L’industrie du textile va employer beaucoup de femmes, donc il y aura une grande proportion de femmes célibataires ou mariées qui vont faire l’expérience du travail à l’extérieur de la maisonnée. En ce sens-là, c’est un tournant majeur : la proportion de femmes au travail est définitivement plus élevée. Quand on fait des analyses plus complexes, c’est un des facteurs qui a le plus d’influence sur les changements de comportements.

Si je peux faire le lien avec ce que l’on vit aujourd’hui, il y a vraiment tout un intérêt à remonter aussi loin qu’à la fin du 19e siècle même pour comprendre comment tout cela s’est instauré et évolué à long terme et la place des femmes sur le marché du travail aujourd’hui.

L’année 2020 marquera le tricentenaire de la fondation de la colonie de l’Ile-Saint-Jean par la France. Il s’agira donc du 300e anniversaire de l’arrivée des premiers Français et Acadiens à l’Ile-du-Prince-Édouard, donc du début de la colonisation de l’Ile. Un très grand nombre de Prince-Édouardiens descendent de ces premiers habitants. C’est pourquoi Georges Arsenault aimerait que le tricentenaire soit célébré par tous et partout dans l’Ile.

Depuis environ deux ans, alors que la communauté acadienne et francophone de l’Ile préparait le Congrès mondial acadien, Georges Arsenault s’assurait qu’on garde à l’esprit que l’année suivante, 2020, sera l’année où l’on marquera le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens pour fonder la colonie qui allait devenir l’Ile-du-Prince-Édouard.

Lancée le 3 septembre dernier, la pièce faite d’argent pur à 99,99 % a été réalisée par Joel Kimmel et Susanna Blunt.

L’œuvre comporte de nombreuses feuilles d’érable, qui créent un effet de profondeur. La version bilingue de l’hymne national est gravée sur les contours de la pièce et les paroles des plus brillants exploits sont mises en évidence sur le devant de la pièce dans les deux langues officielles. On observe également l’inscription 50 ans Loi sur les langues officielles en anglais et en français, ainsi que les dates 1969 et 2019.

Rappelons que, bien que l’article 133 de la Constitution canadienne définit le français et l’anglais comme des langues législatives, c’est la Loi sur les langues officielles, adoptée le 7 septembre 1969, qui définit le Canada comme étant officiellement bilingue et qui crée le Commissariat aux langues officielles.

La première ministre Caroline Cochrane promet de diriger «le gouvernement le plus progressiste de l’histoire de TNO».

Élue première ministre par une majorité de députés le 24 octobre, Caroline Cochrane entend faire sa marque avec un style de gouvernance moins rigide et plus près des gens.

«Nous serons le gouvernement le plus progressiste de l’histoire des TNO», a-t-elle lancé en Chambre immédiatement après l’annonce de son élection dans un discours improvisé.

En point de presse, elle précise davantage ce qui constitue, à ses yeux, un gouvernement progressiste.

La période d’inscription au programme bilingue en sciences infirmières de la Cité universitaire francophone de Regina est ouverte. Alors qu’une 2e cohorte de sept élèves a fait sa rentrée cet automne, plusieurs s’inquiètent de l’examen national que les étudiants devront passer à la fin de leurs études. Dans le contexte actuel, l’existence même de programmes bilingues devient paradoxale.

Les inscriptions pour la 3e cohorte du Baccalauréat collaboratif en sciences infirmières de la Saskatchewan (SCBScN) sont ouvertes depuis le 1er octobre. À l’automne 2020, sept nouveaux étudiants rejoindront les rangs du programme. Au bout de leurs quatre ans d’études, ils devront passer le très redouté NCLEX (National Council Licensing Examination).

Directeur général de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, le sociologue Éric Forgues étudie l’organisation de la société acadienne et francophone. Notamment, il s’intéresse aux questions de gouvernance communautaire, particulièrement aux prises de décisions collectives. Francopresse a exploré avec lui quelques thématiques acadiennes, extrapolées vers une perspective nationale.

Francopresse : Dans les organismes de représentation des francophones et des Acadiens, au Canada minoritaire, comment prend-on les décisions collectives? Qui les prend, pour les francophones vivant en situation minoritaire?

Éric Forgues : Dans ce que l’on peut observer, il y a des citoyens qui participent aux décisions et qui, éventuellement, peuvent influencer la prise de décision. Mais il y a aussi des organismes qui se situent dans différents secteurs ou qui représentent des groupes comme les femmes, les jeunes, les immigrants, les ainés ou autres. Ces organismes se sont développés dans différents secteurs et sont venus avec le temps complexifier la gouvernance communautaire et ont un peu écarté le citoyen.


Francopresse : Vous évoquez une crise de légitimité de ces organismes. Comment se vit-elle, dans nos communautés?

É. F. : Je dirais qu’il y a une confusion entre une approche qui se fonde sur les intérêts sectoriels ou organisationnels et les intérêts exprimés par les citoyens. Quand on fait une consultation pour décider de l’avenir d’une communauté, les organismes ont des intérêts précis à défendre. Les décisions vont refléter ces intérêts plutôt que ceux des citoyens. Je me pose donc des questions sur la légitimité des décisions collectives. À quel point reflètent-elles les aspirations de la population?

En aout dernier, le gouvernement canadien annonçait qu’il octroyait 14,6 millions de dollars sur cinq ans pour le développement d’une nouvelle plateforme, TV5Monde Plus. Les maitres d’œuvre en seront TV5 Québec Canada en collaboration avec TV5 Monde. Reste à déterminer quelle place sera faite aux productions franco-canadiennes.

«Si on reste inactif devant les grands joueurs du web, les contenus francophones sont destinés à éventuellement se perdre et s’éparpiller dans cet immense océan de contenus. À mon avis, une plateforme telle que TV5Monde Plus pourrait devenir un joueur incontournable pour consommer et découvrir des contenus francophones.»

Les propos du producteur David Baeta de chez Machine Gum de Toronto vont tout droit dans le sens de l’objectif de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, afin soutenir financièrement le projet.

Lors du dévoilement de la somme consentie, la ministre Joly avait aussi mentionné que Sylvain Lafrance, ex-vice-président directeur des services français de Radio-Canada, devenait président du conseil d’administration de TV5Numérique, la nouvelle filiale de TV5 Québec Canada, créée dans le but d’assurer le développement de cette plateforme.

Pour le producteur franco-manitobain Louis Paquin, c’est en soi une bonne nouvelle que cette annonce. «On est optimiste quant à la possibilité de faire connaitre nos productions à l’international.» Du même souffle, cependant, le producteur exécutif des Productions Rivard se questionne sur le pourcentage qui sera réservé aux émissions produites à l’extérieur du Québec au sein de cette nouvelle plateforme. «Quand le gouvernement parle de productions francophones canadiennes, le terme “canadien”, que regroupe-t-il? Juste le Québec? Les communautés francophones hors Québec?»

Les aurores boréales sont surtout observables dans les latitudes nordiques : elles se forment dans les zones aurorales proches des pôles magnétiques. Le Nunavut est donc un lieu tout indiqué pour en observer.

Composées d’un mélange de molécules et de particules se déplaçant en haute atmosphère rencontrant le vent solaire, les aurores boréales sont visibles de la mi-aout à la mi-avril dans l’obscurité de la nuit sous un ciel dégagé.

Le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles ne fait pas couler juste de l’encre. Il sera aussi prétexte pour souligner, le 31 octobre, les multiples talents de ceux qui sont au moins nés en 1969!

«On était vraiment excités!» C’est la réaction de Delores Boudreau, la compositrice-interprète de la Nouvelle-Écosse et de ses deux autres collègues quand ils ont su qu’ils participeraient à la journée Célébrons le talent de nos 50 ans et plus, qui se déroulera à Ottawa, au Centre des Arts Shenkman. Avec Jeannot Chiasson et Gilles Larade, le trio présentera ses propres compositions ainsi qu’une chanson de Zachary Richard et une pièce traditionnelle du folklore acadien.

Delores Boudreau, qui a deux disques à son actif, lance sur un ton enjoué que le folk en Nouvelle-Écosse, et en particulier au Cap-Breton, «c’est toutes sortes d’affaires», autant du bluegrass que du country avec des chansons qui feront autant rire que pleurer.

Cette chance de faire connaitre leur matériel à l’extérieur de leur communauté, le trio la doit à la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) et à ses associations membres, qui ont choisi les participants à cette célébration des ainés, mais aussi de la francophonie minoritaire. Toutes les régions seront représentées. Il y avait eu une première édition en 2017, au moment de la célébration du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

Comment assurer que la Loi sur les langues officielles (LLO), qui a maintenant plus de 50 ans, offre une meilleure protection aux minorités? Le professeur titulaire de l’Université d’Ottawa, François Larocque, originaire de Sturgeon Falls, s’est inspiré de divers rapports publiés récemment pour formuler des recommandations en vue d’une nouvelle version de la Loi.

1- Devenir un pays officiellement bilingue

Puisque la constitution canadienne n’a pas encore été officiellement adoptée dans sa version française, il serait juste, selon M. Larocque, d’affirmer qu’elle n’a pas force de loi en français.

Plus de 9500 bambins francophones sont actuellement sur liste d’attente pour une place en garderie. Ces chiffres, révélés par le Réseau de développement économique et d’employabilité, s’accompagnent d’un autre fait marquant : il manque 2500 personnes francophones qualifiées pour combler les besoins, tout comme le nombre d’infrastructures se révèle bien insuffisant, laissant planer un véritable risque d’assimilation chez les plus jeunes.

Le constat est sans appel : il est de plus en plus difficile pour les familles d’obtenir une place en structure d’accueil francophone pour leurs jeunes enfants. Les chiffres, dévoilés mi-octobre, ont secoué l’ensemble de la filière de la petite enfance. À l’exception du Québec, la situation serait alarmante dans les communautés francophones et acadiennes de chaque province et territoire. À titre d’exemple : au Manitoba, 1156 foyers attendent une place dans une infrastructure francophone. Ils sont 115 en Saskatchewan ou encore presque de 200 en Colombie-Britannique, où tous les établissements affichent complets.

À Terre-Neuve-et-Labrador, la directrice du Centre de la petite enfance et famille Les p’tits cerfs-volants, un lieu de 45 places, constate : «Cela pose un vrai problème. Nous sommes continuellement au maximum de nos capacités, et il y a en permanence une liste d’attente. À l’inscription, les familles remplissent un formulaire et sont contactées en fonction des places qui se libèrent.»

À la tête de la Commission nationale des parents francophones, Jean-Luc Racine parle «de listes d’attente à n’en plus finir». «À Charleston, il y a 150 bambins en attente pour une garderie de 6 places!» Pire, dit-il : «Les familles inscrivent des enfants avant même qu’ils ne soient nés... Où choisissent une structure anglophone. Voilà le vrai danger.»

L’auteure-compositrice éemi, originaire de Moose Jaw, en Saskatchewan, a dernièrement remporté la première place au Chant’Ouest, grande compétition interprovinciale d’artistes francophones émergents dans l’Ouest canadien. Prochain arrêt : le prestigieux Festival international de la chanson de Granby, à tout juste 30 ans. Rencontre avec une artiste fransaskoise en pleine ascension.

Que t’inspire ta victoire récente?

Dans les compétitions, on veut toujours gagner. On se dit que ça va être correct si on ne gagne pas, mais c’est toujours stressant. On se prépare mentalement à ne pas gagner pour ne pas être déçu. Mais quand j’ai entendu mon nom, je me suis dit «Oh, really!?». C’était vraiment un soulagement.

Depuis la rentrée, le comité consultatif d’Unis TV compte quatre nouveaux membres : deux représentent l’Ontario, une l’Ouest et un l’Atlantique. Avec l’ajout de ces nouveaux membres, le comité consultatif a discuté de son rôle pour les prochaines années.

Casey Edmunds représente les communautés de l’Ouest au comité depuis trois ans. Quatre nouveaux membres ajoutent selon lui une nouvelle énergie au comité formé de huit personnes, mais l’incitent aussi à mieux définir son rôle. Lors de la première rencontre tenue en octobre à Moncton, «on était vraiment axés sur le rôle du comité pour les cinq prochaines années, rapporte Casey Edmunds. Comment est-ce que l’on peut être plus outillés, est-ce que l’on devrait jouer un rôle d’ambassadeur tout en maintenant le rôle consultatif et représenter les différentes communautés?»

Plus concrètement pour le directeur général des Jeux de la Francophonie canadienne 2020, une meilleure représentation des communautés francophones consisterait à mieux cerner les enjeux qui touchent la francophonie et par extension la programmation.

Par exemple un sujet comme l’éducation est très important au sein des communautés. Justement, parmi le quatuor de nouveaux membres, deux d’entre eux pourront apporter leurs connaissances dans le domaine de l’éducation : Jean-François l’Heureux, ancien conseiller scolaire et président du Conseil scolaire Viamonde en Ontario, et Éric Larocque, auparavant directeur général de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton.

Nouvelle représentante de l’Ouest, elle Carole Freynet-Gagné se dit quant à elle prête à mettre sa connaissance des communautés francophones ainsi que son réseau au profit d’Unis TV. «Je suis constamment en contact avec la francophonie de partout au Canada et dans les Amériques, alors l’idée c’est d’amener mon expérience et mes connaissances, mes liens et mes contacts à la table.»

Les décorations, les emballages des bonbons et même les costumes se retrouvent la plupart du temps dans notre bac de recyclage après l’Halloween.

Fête des morts et de l’épouvante pour les petits et les grands, l’Halloween peut aussi faire frémir ses participants plus écoresponsables. L’Aurore boréale présente quelques trucs et astuces pour passer une Halloween plus verte et éviter de faire le saut lorsque vient le temps de ramasser vos déchets!

Un des conseils les plus judicieux pour tenter de devenir plus écoresponsable est de s’y prendre à l’avance. «Beaucoup d’entre nous font leurs achats d’Halloween à la dernière minute», commente le coordonnateur du Programme Zero Waste Yukon, Ira Webb. «En prenant plus notre temps, on évite d’acheter des produits qui vont se retrouver à la poubelle après une seule utilisation», souligne-t-il.

Le taux de participation de ces 43es élections fédérales du Canada est d’environ 66 %. Il est moins élevé que celui des élections de 2015. Cependant, il reste bien supérieur aux taux des élections de 2011 et 2008. Données intéressantes : la Saskatchewan est la province avec le plus fort taux de participation et les Albertains se sont rendus nombreux aux urnes.

Avoir le droit de vote c’est bien, l’exercer c’est mieux. Pour Élections Canada, un des enjeux de ces 43es élections était de conserver un bon taux de participation. Ce dernier avait bondi entre les élections fédérales de 2011, à 61,1 %, et celles de 2015, à 68,3 %, le plus haut score enregistré ces 20 dernières années. Selon les estimations actuelles, le taux de participation cette année 2019 est de 65,95 %. Une baisse, certes, mais un score qui reste tout de même élevé.

L’un a 30 ans, l’autre 64. Simon Ouellette est responsable des communications pour le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Yvon Godin a été représentant syndical pour les Métallos et député pour le Nouveau Parti démocratique (NPD). Les deux voient les défis auxquels font face les mouvements sociaux. Ils gardent pourtant espoir.

Le syndicalisme n’est pas mort. Au contraire, le taux de syndicalisation parmi les employés du Nouveau-Brunswick était de 28 % en 2018. Cette proportion était à peu près la même en 1997, dans les années 1980 et 1970, selon le professeur émérite d’histoire à l’Université du Nouveau-Brunswick, David Frank. «Cela contredit le mythe selon lequel les syndicats déclinent ou disparaissent», commente-t-il.

Les livres pour enfant qui parlent des émotions abondent, mais il leur manque souvent une composante pour aider l’enfant à transposer cet apprentissage à la vie quotidienne. Une équipe de chercheuses et chercheur, dont Mélanie Perron de l’Université Laurentienne, ont lancé un livre basé sur la recherche scientifique dans le domaine le 18 octobre à Sudbury.

Avant Les émotions : comment mieux les expliquer, il y a eu recherche sur le développement émotionnel des enfants et l’apprentissage de la lecture. Une des constatations, c’est que les compétences émotionnelles sont un aspect important du développement de l’enfant, qui aident à l’adaptation sociale. «Par exemple, les enfants qui comprennent mieux les émotions s’adaptent plus facilement à l’école, communiquent mieux et coopèrent mieux avec les autres enfants, fonctionnent mieux en salle de classe», explique Mme Perron.

De tous les partis, et malgré son bilan, le Parti conservateur est la formation qui a intégré le plus de promesses en matière de langues officielles dans sa plateforme électorale. Pour sa part, le Parti libéral a promis la modernisation de la Loi sur les langues officielles et a avancé 60 millions de dollars en appui aux communautés. Retour sur les promesses.

Au pouvoir de 2015 à 2019, le Parti libéral prévoit aussi une certaine continuité dans les dossiers amorcés lors de son dernier mandat. Le parti au pouvoir a repris des éléments prévus dans le Plan d’action pour les langues officielles de 2018, notamment pour le recrutement d’enseignants d’immersion et de français langue seconde, les initiatives d’échanges linguistiques et le financement des programmes en langue seconde.

Le Parti libéral du Canada prévoit, dans sa plateforme électorale, l’investissement de 60 M$ pour appuyer les infrastructures des communautés linguistiques minoritaires, comme les écoles et les centres culturels. Il s’agit d’un montant annoncé au début septembre par la ministre Mélanie Joly dans le cadre du Protocole d’entente entre Ottawa et les provinces et territoires pour soutenir l’enseignement en milieu minoritaire.

Les libéraux réitèrent aussi leur engagement pris quelques jours avant le déclenchement de la campagne de collaborer avec l’Ontario pour mettre sur pied l’Université de l’Ontario français, mais cette promesse n’apparait pas dans leur cadre financier.

Le parti a avancé aussi d’autres mesures :

  • mener une enquête approfondie issue des données du recensement sur les communautés linguistiques minoritaires et entreprendre le dénombrement des ayants droit;
  • intégrer à la Loi sur les langues officielles le mandat de Radio-Canada pour les nouvelles régionales;
  • renforcer le rôle du commissaire aux langues officielles et
  • nommer que des juges bilingues à la Cour suprême, et ce, même si les troupes de Justin Trudeau se sont opposé au projet privé présenté en 2017 par le néodémocrate François Choquette, qui n’a pas été réélu.

Parmi les 338 députés élus, au moins 14 francophones ont remporté des sièges à l’extérieur du Québec - 12 libéraux, une néodémocrate et un conservateur, le même nombre de députés francophones élus qu’en 2015. Toutefois, on compte deux nouveaux venus sur la scène politique fédérale.

Dans l’Ouest

L’Ouest canadien ne compte plus qu’un seul député francophone, alors qu’ils étaient trois lors de la dernière législature. Il s’agit du libéral Dan Vandal, qui conserve la circonscription de Saint-Boniface — Saint-Vital pour un second mandat. Robert Falcon-Ouellette de Winnipeg, qui a commencé la campagne en très bonne posture, a finalement perdu son siège aux mains du NPD. Le Franco-Albertain Randy Boissonnault a lui aussi été défait, mais par son adversaire conservateur.


En Ontario

Six Franco-Ontariens ont été élus, comparativement à cinq en 2015. Le député libéral sortant de Glengarry — Prescott — Russell, Francis Drouin, obtient un second mandat. Il faisait face au conservateur Pierre Lemieux qui tentait un retour aux Communes. La libérale Mona Fortier, élue lors d’une partielle dans Ottawa-Vanier en 2017 à la suite du décès de Mauril Bélanger, a conservé son siège. Marie-France Lalonde, ancienne ministre provinciale des Affaires francophones de l’Ontario, a gagné son pari et a permis au Parti libéral de conserver la circonscription d’Orléans.

Dans le nord de l’Ontario, le député sortant Marc Serré l’a emporté contre un candidat vedette des néodémocrates, Stef Paquette, à Nickel Belt. Le libéral Paul Lefebvre conserve aussi son siège dans Sudbury. Dans la circonscription d’Algoma — Manitoulin — Kapuskasing, la néodémocrate Carol Hughes a obtenu un quatrième mandat de manière décisive, avec plus de 40 % des voix.

La semaine des bibliothèques publiques, qui débute le 19 octobre, va se dérouler dans un contexte particulier. Alors que les gouvernements de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick viennent de réaliser des coupes dans le budget de ces structures, le milieu des bibliothécaires se dit «ébranlé». Les jours de ces lieux de culture bilingues (anglophone/francophone) seraient-ils comptés?

«Je vous assure : c’est un véritable défi de faire fonctionner une bibliothèque bilingue», déclare France Séguin-Couture, directrice générale des bibliothèques publiques du canton de Russell en Ontario. Enthousiaste et passionnée, cette bibliothécaire qui gère deux succursales, l’une en milieu urbain, l’autre dans un secteur plus rural, se démène pour mener sa mission à bien : proposer des services et activités de qualité en français comme en anglais.

Alors, lorsque le gouvernement ontarien de Doug Ford a annoncé au printemps une réduction drastique des budgets pour les bibliothèques publiques de sa province, «nous avons tous été un peu ébranlés», dit-elle au nom de l’Association des bibliothèques de l’Ontario-Franco (Abo Franco). Ses collègues ne la contrediront pas, car les effets se font déjà sentir. Les services des bibliothèques de l’Ontario-Sud et des bibliothèques de l’Ontario-Nord ont ainsi vu se réduire de 50 % le montant qui leur était alloué par la province. Des personnes ont perdu leurs emplois (24 pour le seul organisme Ontario Sud) et des services, tels que le prêt de livres entre établissements, ont tout simplement disparu.


Pas qu’en Ontario

L’exemple de l’Ontario n’est pas un cas à part. Au Nouveau-Brunswick, le député libéral de Restigouche, Gilles Lepage, rapporte une réduction de budget de 400 000 $ pour les bibliothèques cette année. Une décision du gouvernement conservateur de Blaine Higgs. «Il y a des coupes sur le budget et une consultation publique a été discrètement lancée sur l’avenir des bibliothèques. Ce qui nous inquiète, ce sont les réductions de personnel ou d’horaires qui pourraient s’ensuivre. Tout cela risque de faire augmenter la responsabilité des communautés.»

En Alberta aussi, le gouvernement laisse planer des incertitudes sur le budget alloué aux bibliothèques, tant et si bien que les administrateurs peinent à programmer leurs activités pour 2020. «Nous sommes une source de savoir. Ces services devraient être épargnés par les coupes budgétaires», avait déclaré Gloria McGowan, gestionnaire d’une bibliothèque à Nanton, sur les ondes de Radio-Canada.

Toutes ces menaces inquiètent France Séguin-Couture sur le long terme : «On ne sait pas comment vont se répartir tous les frais de fonctionnement dans le futur : est-ce que les baisses de budgets vont se poursuivre? Est-ce que cela va retomber sur les villes? Est-ce la communauté qui va les prendre en charge? Et si oui, à quelle hauteur?»

Le plus récent livre blanc de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario recommande principalement l’augmentation de la recherche sur les ainés francophones de l’Ontario et plus de services spécifiquement pour eux. Ce document, préparé avec la Fédération des ainés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO), a été publié le 30 septembre, la veille de la journée des ainés.

Le document dresse un portrait relativement sombre de la situation des ainés francophones. Une série de chiffres démontrent la situation défavorable des francophones par rapport aux anglophones du Canada : augmentation plus importante du nombre de personnes âgées et population totale aussi plus âgée en moyenne, ils ont plus de chance à vivre seuls, ont un moins haut niveau d’éducation, sont en moins bonne santé, ont un revenu plus bas et ont plus de chance de vivre dans la pauvreté.

Statistique Canada prévoit que, dès 2021, 18,7 % de la population sera âgée de 65 ans et plus. Cette proportion sera de 23,1 % en 2031 et de 25,5 % en 2061.

On note également quelques contradictions défavorables. Par exemple, les personnes âgées qui ont un revenu plus faible auraient plus de chance de se trouver un logement abordable en régions rurales, mais les services de santé dont ils auraient besoin, en français de surcroit, y sont rares.

Ils ont également constaté que les ainées constituent un groupe moins homogène que les autres générations en raison, surtout, des expériences personnelles de chacun.

Les Canadiens se rendront aux urnes dans moins d’une semaine. L’ensemble des principaux partis politiques, à l’exception du Parti populaire, s’engagent à moderniser la Loi sur les langues officielles. Une comparaison des plateformes électorales permet de distinguer leur vision de ce processus de même que leurs autres engagements pour les communautés francophones.

Pour le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Jean Johnson, obtenir ces engagements pour la modernisation de la Loi est le fruit d’un travail de sensibilisation de longue haleine. «Le travail que l’on a fait avant les élections, c’est un travail de deux ans, c’est un travail que l’on a fait auprès des partis politiques, auprès des comités responsables des plateformes électorales et avec les chefs. On est allé chercher un engagement de leur part que [la modernisation] aurait lieu.»

Ils ont à cœur la protection des animaux ou de l’héritage chrétien au pays, le bien-être des anciens combattants ou l’implantation d’un régime marxiste-léniniste au pays. Dans le cadre de l’élection fédérale 2019, Élections Canada a autorisé 21 différentes formations politiques à prendre part au scrutin.

Les candidats ont parfois le mérite d’ajouter à leur plateforme électorale des idées qui sortent de l’ordinaire, comme celle de nationaliser les restaurants Tim Hortons du Canada, de forcer les Canadiens de Montréal (le club de hockey) à mettre sous contrat un minimum de dix joueurs québécois chaque année ou d’affirmer que les changements climatiques sont un simple canular.

Il va de soi qu’aucun de ces tiers partis ne représente une véritable menace dans les différentes circonscriptions pour les principaux partis politiques et ne risque éventuellement de former le prochain gouvernement.

De fait, libéraux et conservateurs se sont échangé le pouvoir au pays depuis l’élection de John A. Macdonald en août 1867.

Chez Marc Mathieu, à Hearst, nous attendait une collection d’une douzaine de dulcimers, les uns plus beaux que les autres. Il fait de cet instrument sien depuis des années. Il s’est déjà produit sur scène, aussi bien dans la communauté qu’à l’international. Le journal Le Nord du Nord de l’Ontario l’a rencontré.

Le Nord : Les dulcimer est-il un instrument courant?

Marc Mathieu : Non, le dulcimer n’est pas commun au Canada, contrairement aux États-Unis. J’ai commencé à jouer de la guitare à 11 ans, du banjo à 16 ans, mais en allant étudier à Toronto j’avais laissé tomber la musique pendant plusieurs années. À l’hiver 1994, j’ai vu une dame jouer du dulcimer à la télévision et je me suis dit : «j’en veux un comme ça». Coïncidence, mes beaux-parents sont revenus de Floride avec un [dépliant] sur le dulcimer. Je me suis dit je vais m’en faire venir un et j’ai appelé un fabricant du Kansas. Trois mois après, le 25 avril 94, j’ai reçu mon premier dulcimer, et ça fait 25 ans maintenant que je joue. J’ai appris tout seul avec la méthode qui venait avec, et j’ai même construit quelques-uns aussi avec un kit vendu pour ça. J’ai commencé de même.


LN : Continuez-vous à jouer de la guitare et du banjo?

MM : La guitare, moins. Le banjo, pas depuis dix ans. Je me concentre vraiment sur le dulcimer, je continue à apprendre à en jouer.


LN : Quelle a été la réaction des gens ici en vous voyant jouer le dulcimer?

MM : La première fois c’était en 1997 et les gens ont été émerveillés. Après, je croisais des personnes en ville et elles me demandaient : «c’est quoi cet instrument, c’est quoi tu joues?» Après, j’ai joué à l’Université pour des graduations, des récitals, et même des funérailles. J’ai aussi participé à beaucoup de festivals, dont un de deux semaines en Caroline du Nord, aux États-Unis.

La 15e tournée de Québec Cinéma s’est à peine terminée au printemps, que déjà la 16e édition s’apprête à se mettre en branle. Une odyssée canadienne de plusieurs mois pour tisser des liens entre le Québec et les communautés franco-canadiennes grâce au 7e art.

C’est à compter de la fin octobre dans les régions de Winnipeg et d’Halifax que commenceront à défiler pendant six mois les images du cinéma québécois sur les écrans de l’Acadie, de l’Ontario, de l’Ouest et dans les Territoires.

Le directeur de la Tournée Québec Cinéma a bien l’intention de poursuivre sur la lancée de 2018-2019. Avec près de 14 500 spectateurs dans 33 villes visitées pour un total de 130 projections, François Lemieux considère la tournée comme «un moteur servant à présenter des films qui se font rares dans les communautés francophones» au Canada. Des résultats plus qu’encourageants puisque les dernières statistiques démontrent une augmentation de près de 75 % du côté des spectateurs et une augmentation de 85 % de jeunes réunis par des ateliers cinématographiques. Car la tournée, c’est aussi le LAB qui s’arrête dans de nombreuses écoles francophones et d’immersion du pays afin d’initier les jeunes à la cinématographie québécoise, franco-canadienne et autochtone. Des ateliers rendus possibles grâce notamment à une collaboration avec la réputée Wapikoni mobile ainsi qu’avec 85 partenaires dans le milieu franco-canadien comme la Société francophone de Victoria, l’Association des francophones du Nunavut et Cinéfranco à Toronto.


Une diversité inclusive

Côté programmation, l’équipe de Cinéma Québec arrive à créer un intéressant mélange entre le cinéma d’auteur québécois et franco-canadien avec des titres comme Chien de garde, Isla Blanca ou La grande noirceur et les succès plus populaires comme La Course des tuques, La Bolduc ou encore 1991. Au cours de son périple, la Tournée a également organisé 32 projections de films réalisés par des cinéastes des Premières Nations dans le cadre du programme Wapikoni Mobile. Souvent moins médiatisée, la diffusion de ces films a permis au public de découvrir la richesse du cinéma autochtone.

Avec le prochain départ qui s’annonce, le directeur général a bien l’intention de «développer de nouveaux publics francophiles, qui attendent la tournée pour mieux connaitre une culture qu’ils aiment déjà.» D’ailleurs, les derniers chiffres de la Tournée montrent que 30 % des participants aux activités sont anglophones et allophones.

D’autre part, un tel périple à travers le Canada ne serait pas possible sans notamment l’appui du Québec. M. Lemieux est visiblement satisfait de constater que le gouvernement québécois de la CAQ poursuit le retour du Québec au sein de la francophonie canadienne «à titre d’acteur important» au moment où la francophonie canadienne est parfois malmenée.