Une Hearstoise à Moosonee

Elsie Suréna
Le Nord
Des vacances à Moosonee? « Qu’y a-t-il à voir là-bas? », m’a demandé quelqu’un. Ah, Moosonee, c’est une réserve autochtone avec des rues, mais sans voitures, m’a dit une autre.

Je viens de passer une semaine dans cette petite ville canadienne d’environ 2500 personnes à 80 % autochtones qui te saluent d’un « hello! » au passage. Dans les rues en terre battue circulent quatre compagnies de taxis, en plus des canots faisant le va-et-vient avec Moose Factory où se dresse un bel écolodge qui a hébergé pendant trois jours la conférence annuelle des écrivains de l’Ontario (Ontario Writers Conference). La cathédrale Christ-Roi peut s’enorgueillir des plus beaux vitraux avec touche autochtone de la région et mon premier pain banique avait, coïncidence, un arrière-gout d’hostie. J’ai échangé avec le curé africain du Nigéria, un prof originaire de la Barbade, une historienne d’ascendance péruvienne et une Torontoise auteure de livres jeunesse. Grâce à la sécurité des lieux, j’ai flâné à pied tout en étrennant ma nouvelle caméra numérique et en profitant du silence de la maison pour écrire. Rien à voir à Moosonee? Peut-être. Il s’agit plutôt de regarder, même si l’essentiel reste toujours invisible pour les yeux. .. Encore un peu, je serais revenue fatiguée!