Le directeur général de DFO, Graham Lloyd a indiqué récemment lors d’une rencontre avec des producteurs de l’Est ontarien, que l’industrie laitière ne serait pas la seule affectée par un tel tournant.
Le directeur général de DFO, Graham Lloyd a indiqué récemment lors d’une rencontre avec des producteurs de l’Est ontarien, que l’industrie laitière ne serait pas la seule affectée par un tel tournant.

Un guide alimentaire qui suscite l’inquiétude

Chantal Quirion
Agricom
Dairy Farmers of Ontario (DFO) s’inquiète des impacts négatifs que pourraient avoir certaines recommandations émanant du prochain Guide alimentaire canadien sur l’industrie laitière. Depuis la publication du document d’orientation qui servira à établir le prochain Guide, les réactions sont vives.

L'une des recommandations est de consommer régulièrement des fruits, des légumes, des grains entiers et des aliments riches en protéines, surtout en protéines d'origine végétale. « Une augmentation de la consommation d'aliments d'origine végétale peut aider les Canadiens à remplacer les aliments qui contiennent des lipides saturés (crème, fromages riches en matières grasses, beurre) par des aliments qui contiennent surtout des lipides insaturés (noix, graines, avocat) », dit le document.

Le directeur général de DFO, Graham Lloyd a indiqué récemment lors d’une rencontre avec des producteurs de l’Est ontarien, que l’industrie laitière ne serait pas la seule affectée par un tel tournant.

« Ce sont toutes les productions animales qui vont en pâtir. L’industrie du bœuf, du poulet, du porc! Tout cela n’a aucun sens » a-t-il dit, en indiquant qu’il y a longtemps que l’on sait entre autres, qu’un verre de lait c’est bon pour la santé.

Il est vrai que dans le Guide actuel, les vertus des produits laitiers ont été abondamment recensées.

M. Lloyd invite les producteurs à réagir en écrivant à leur député.

DFO n’est pas la seule organisation à émettre cet avis. Un mouvement d'opposition, Gardons les Canadiens en santé a été formé. Leur site web permet d'écrire directement à un député pour manifester son désaccord. Le mouvement Gardons les Canadiens en santé étoffe son point de vue sur le site Internet : www.gardonslescanadiensensante.ca/#about.

« Le gouvernement du Canada a récemment affirmé dans sa dernière consultation publique qu’il envisage de retirer la catégorie des produits laitiers du Guide alimentaire canadien et de catégoriser bon nombre de produits laitiers comme « malsains », et ce, même s’ils sont reconnus mondialement pour leurs avantages nutritionnels. Ces avantages ne sont cependant pas soutenus par les notions scientifiques objectives », peut-on y lire.

« Les produits laitiers ont longtemps été considérés comme partie intégrante d’un régime sain et équilibré et les preuves soutenant ses avantages n’ont pas changé. Si l’on ne fait rien, les recommandations de Santé Canada vont non seulement paralyser une industrie canadienne principale, mais entraîneront des conséquences à long terme sur l’ensemble de la population canadienne », y poursuit-on.

Le Guide

La dernière mise à jour du Guide alimentaire canadien actuel remonte à l’année 2007. Ce guide vise à aider la population dans ses choix  pour améliorent la santé, répondre aux besoins en éléments nutritifs et réduire le risque de maladies chroniques découlant de la nutrition.

À l’automne 2016, des consultations auprès ont mené à la rédaction du document La révision du Guide alimentaire canadien : Ce que nous avons entendu (automne 2016) qui résume les quelque 20 000 réponses obtenues au cours de la période de consultation. Ce document est disponible sur le site de Santé Canada : www.canada.ca/

Des forums de discussions ont suivi puis des périodes de consultations qui ont été allongées jusqu’au 14 août.

Chez Santé Canada il a été précisé qu’au cours de l’élaboration de la politique du nouveau guide alimentaire canadien, aucun représentant des industries alimentaire et des boissons ne seraient rencontrés par souci d’intégrité. Ces derniers ont toutefois été invités à participer aux périodes de consultations ouvertes.

« Bien que les industries alimentaires et des boissons aient un rôle à jouer dans l’amélioration de la qualité des aliments et des boissons qu’ils produisent et dont elles font la promotion, nous devons nous assurer que l’élaboration des recommandations nutritionnelles est à l’abri de tout conflit d’intérêts. »

La révision est un projet pluriannuel faisant partie de la  Stratégie en matière de saine alimentation du gouvernement fédéral.