Nicole Cormier et Berthe Boudreau posent fièrement dans une salle à manger de l’usine où elles travaillent depuis de nombreuses années.

Travailleuses d’usine à Cape Bald Packers : Berthe Boudreau et Nicole Cormier comptent 73 ans d’expérience

Le Moniteur acadien, NB. À la veille d’une nouvelle saison de pêche au homard, les pêcheurs parlent des prises, des prix et de tout ce qui concerne cette pêche qu’on espère lucrative. On entend rarement parler des personnes qui assurent la transformation.

À la veille d’une nouvelle saison de pêche au homard, les pêcheurs préparent leurs bateaux et leurs trappes. On parle des prises éventuelles, des prix qu’on recevra, des usines à qui on vendra le crustacé, du cout de l’essence qui continue d’augmenter et de tout ce qui concerne cette pêche qu’on espère lucrative. On entend rarement parler de celles et ceux qui travaillent de longues heures à la transformation de ce délicieux homard.

Berthe Boudreau, 57 ans, et Nicole Cormier, 52 ans, de Saint-André-LeBlanc, au Nouveau-Brunswick, ont à leur deux 73 ans d’expérience dans la transformation du homard, du crabe et de la moule. Et toutes ces années, elles ont travaillé pour la même compagnie Cape Bald Packers à Cap-Pelé. Les usines Westmorland Fisheries, Edmond Gagnon et Shediac Lobster Shop font également la transformation de crustacés.

«J’ai commencé à 19 ans, de dire Berthe Boudreau. J’étais gardienne d’enfants et comme les jeunes avaient grandi, on n’avait plus besoin de moi, alors j’ai décidé d’aller essayer ça. Et j’y suis encore après 38 ans.»

Quand à Nicole Cormier, c’est après l’obtention de son diplôme d’études secondaires à 17 ans, qu’elle décide d’aller y travailler pour une année. «Et ça fait 35 ans que je travaille là», dit-elle. 

Les deux femmes se souviennent de leurs débuts alors que la compagnie venait les chercher en vanne munie de bancs en bois. Elles recevaient 3,00 $ et 3,25 $ l’heure. Elles sont mieux payées maintenant et reçoivent un bonus lorsqu’elles transforment le homard.

«Pour moi c’est une ‘’job’’ avec l’avantage que c’est proche de chez-nous, de dire Berthe Boudreau. En cas de tempête on n’a pas loin à faire pour retourner chez nous. Ma fille a travaillé à l’usine pendant un an et a quitté. Elle m’a dit qu’elle ne se marierait pas à l’usine comme moi, dit-elle en riant.


Les défis du métier

«Moi ma fille a essayé ce travail pendant une semaine lorsqu’elle était plus jeunes et a dit que ce n’était pas pour elle, de poursuivre Nicole Cormier. Elle a un baccalauréat en travail social mais travaille pour le gouvernement provincial dans un autre domaine.

«Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui vont assurer la relève, de dire les deux femmes. Les jeunes aiment sortir en fin de semaine et ce n’est pas trop possible quand on travaille autant.»

Elles travaillent d’avril à janvier, six jours par semaine, du lundi au samedi et l’an dernier pendant le crabe elles ont travaillé neuf dimanches. «Ce sont des 70 à 80 heures par semaine que nous faisons et parfois on souhaite qu’il tape un petit storm de vent, de dire Nicole Cormier. Comme ça les pêcheurs ne peuvent pas sortir et on peut prendre un petit repos, dit-elle en riant.

D’avril à la mi-juillet, elles transforment le crabe et le reste de l’année c’est le homard.

Nicole et Berthe ont toujours des histoires intéressantes à partager.

Berthe Boudreau travaille aussi à la préparation de moules cultivées de l’Île-du-Prince-Édouard avec sauce des marques President’s Choice et Metro. «Habituellement on le fait au printemps, en juillet et tard l’automne, mais c’est différent depuis que l’autre usine d’ici a été détruite par les flammes, on est tous sous le même toit et le travail doit être repensé. J’ai travaillé la nuit au printemps et je finissais à 4 h, car on devait avoir le temps de nettoyer pour la prochaine production. J’aimais arriver chez nous avant que le soleil se lève, dit-elle, car je pouvais m’endormir avant qu’il brille dans ma fenêtre de chambre.»

«Mais c’est la première année que nous avons deux semaines de congé à ce temps-ci de l’année, de dire Nicole. Il manque de produits à transformer et on a entendu dire que le homard du Maine n’était pas de trop bonne qualité, ça pourrait l’expliquer.»

«Quand j’ai commencé, d’ajouter Nicole Cormier, on travaillait de plus longues journées jusqu’à 21 h, car la machinerie était moins efficace, mais ça s’est beaucoup amélioré et on finit à 18 h maintenant. S’il reste du homard on entre à 7 h 30 le lendemain sinon à 8 h 30. Il y a aussi les travailleurs étrangers qui sont arrivés depuis quelques années (on en compte de 160 à 180 à l’usine). On s’entend bien avec eux et dans la période du crabe ils sont parfois plus nombreux que les gens locaux.»



« Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui vont assurer la relève. Les jeunes aiment sortir en fin de semaine et ce n’est pas trop possible quand on travaille autant. »
Nicole Cormier et Berthe Boudreau

D’heure en heure

Mais les deux travailleuses s’entendent pour dire que c’est quand même un travail difficile au départ, debout pendant de longues heures, et qui devient éventuellement une routine. Elles aiment le monde avec qui elles travaillent. Il y a plus de femmes que d’hommes qui travaillent dans les usines et une dizaine de femmes qu’elles connaissent ont de 65 à 70 ans. Il y en a environ une dizaine qui sont plus jeunes qu’elles, tandis que la majorité a leur âge. Quand ce sera l’âge de retraite pour elles, il va y avoir beaucoup de départs en même temps.

Toutes deux s’attendent à travailler jusqu’à 65 ans, car le compte de banque n’est pas trop bien garni. «Tant qu’il y aura de l’ouvrage et que je pourrai le faire, je vais continuer», de dire Berthe Boudreau. 

«Depuis cinq ou six ans, la compagnie participe à un plan de pension enregistré et y contribue 2 %, d’ajouter Nicole Cormier. On peut y mettre ce qu’on veut, mais si on avait eu ça du début, on aurait peut-être pu se retirer avant.

«Nous avons hâte de reprendre le travail avec la saison du homard qui commence cette semaine, de poursuivre Nicole Cormier et Berthe Boudreau. On a hâte de faire du bel argent en travaillant environ 70 heures par semaine. C’est comme ça qu’on prend de l’avance et c’est mieux qu’avoir l’assurance-emploi. On peut mieux planifier car on est payé chaque semaine.»

Lundi après-midi, après notre rencontre, elles allaient téléphoner à l’usine à 16 h 30 afin de savoir si elles auraient du travail le lendemain. C’est ce qu’elles doivent faire chaque jour et à 18 h le samedi et le dimanche.

Et lorsqu’on a discuté de l’endroit propice pour prendre des photos, d’un commun accord elles ont suggéré de se rendre à l’usine, dans une des salles à manger. Comme quoi, elles se sentent bien dans leur usine. Et de plus, travailler dans une usine de transformation du homard pendant 35 ou 38 ans ne leur a pas enlevé le gout de manger du homard.

Pour rayonner au-delà de leurs frontières, les artistes ont besoin d’accéder à des vitrines internationales. Si peu d’entre eux réussissent à franchir le cap, ils sont encore moins nombreux dans les communautés minoritaires. Les artistes visuels francophones de l’Ouest canadien manquent-ils de visibilité et de place dans les évènements internationaux?

L’artiste multidisciplinaire Zoé Fortier le pense. De retour d’une invitation au Mexique fin octobre dans le cadre du festival d’arts interdisciplinaires Simbiosis, la Fransaskoise occupe une place de choix pour témoigner au nom des artistes visuels franco-canadiens : «Ils sont sous-représentés comme produit d’exportation culturel canadien», lance-t-elle.

Dans son ouvrage Deux poids deux langues publié aux éditions du Septentrion, l’auteur Serge Dupuis présente un aperçu de la dualité linguistique au Canada et il y souligne les moments marquants du régime linguistique canadien. De 1763 à nos jours, il a retracé non seulement les inégalités des rapports de force et la marginalisation de la langue de la minorité, mais aussi les efforts pour rétablir une certaine équité, les tendances et les évènements marquants. Brève rencontre avec Francopresse.

Francopresse : Vous vous êtes intéressé aux différentes conceptions de la dualité linguistique qui se sont succédées au fil des ans au Canada. Pouvez-vous nous en donner des exemples?

Serge Dupuis : Je pense qu’il y a deux courants dans l’histoire du Canada vis-à-vis les langues : les accommodements et la pression.

D’abord, il y a une tradition d’accommodements, comme les accommodements de la dualité linguistique qui a mené au bilinguisme de l’État québécois d’abord et des services limités de l’État fédéral. Puis, il y a eu un bilinguisme étendu vers l’État fédéral au complet, à l’origine que les gens ont le droit d’utiliser le français dans les tribunaux et la Chambre des communes.

Parmi les emplois où il y a pénurie de main-d’œuvre francophone, il y en a un qui présente des défis particuliers pour les travailleurs étrangers : curé de paroisse. Les diocèses canadiens accueillent de plus en plus de prêtres de l’étranger et, pour certains, l’obtention de la résidence permanente est un vrai casse-tête.

Le Voyageur a entendu un récit très particulier. Mais comme les personnes touchées par ces situations nous ont demandé de ne pas les nommer, nous tairons leur nom et ceux des paroisses.

Pour ceux qui préfèrent le verre à moitié plein, le dernier rapport de l’organisme Banques alimentaires Canada compte des signes encourageants : comparé à 2018, le nombre de visites à l’échelle du pays a légèrement diminué; parmi les utilisateurs, le pourcentage de familles monoparentales ainsi que celui des enfants sont à la baisse. Pour ceux qui voient plutôt le verre à moitié vide, les chiffres sont inquiétants : près d’un utilisateur sur deux est une personne vivant seule; la proportion de personnes âgées qui fréquentent les banques alimentaires ne cesse d’augmenter.

La directrice des communications de Banques alimentaires Canada, Sylvie Pelletier, affirme que la situation est encore loin d’être rose. «Bien que les visites se soient stabilisées dans la dernière année, on voit quand même des tendances troublantes. On parle quand même de 1,1 million de visites dans un mois seulement à travers le Canada. C’est quand même des niveaux qui sont très élevés.»

Le Bilan-Faim 2019 publié mardi (le 12 novembre) provient de données recueillies en mars dernier auprès d’environ 5000 banques alimentaires du pays.

Banques alimentaires Canada produit ces rapports annuels depuis 2001. C’est en 2011, trois ans après la récession de 2008, que le nombre de visites a atteint un sommet, soit plus de 1,2 million dans un mois. Huit ans plus tard, ce chiffre n’a diminué que d’environ 100 000.


Une clientèle changeante

Si le nombre de visites change peu, la composition de la clientèle, elle, a grandement varié ces dernières années. Ainsi, la proportion des enfants qui visitent les banques alimentaires est passée de 37,2 % en 2010 à 34,1 % en 2019. Un chiffre qui est cependant loin de satisfaire Sylvie Pelletier. «Les enfants représentent 20 % de la population générale. Alors ils sont surreprésentés dans l’utilisation des banques alimentaires et ça, c’est inacceptable.»

Le pourcentage de la clientèle provenant de familles monoparentales a également diminué au fil des ans : de 27,5 % en 2010, il est maintenant de 18,3 %, une baisse de près de 10 points.

Par contre, ce sont maintenant les personnes vivant seules qui sont les plus présentes. Presque une personne sur deux qui se rend à une banque alimentaire fait partie de ce groupe. Du jamais vu, souligne Sylvie Pelletier. «C’est un groupe dont on ne parle pas dans les médias en général. Les gouvernements les ignorent dans leurs politiques.»

Elles sont 25. Vingt-cinq personnalités franco-ontariennes qui ont inspiré Danielle Carrière-Paris à leur rendre hommage, dans un livre qui sortira fin novembre.

C’est en collaboration avec le Réseau du patrimoine franco-ontarien et par l’entremise d’une édition spéciale du Chaînon que ce recueil sortira sur les tablettes. «Je voulais faire connaitre ces personnalités et leur rendre hommage, a expliqué Mme Carrière-Paris. Je désirais vraiment appuyer la relève émergente à la recherche de modèles positifs et accessibles.»

Le député nord-ontarien de Mushkegowuk -- Baie James, Guy Bourgouin, a déposé en première lecture le 5 novembre un projet de loi visant à modifier la Loi sur les services en français afin de mieux protéger les droits constitutionnels de la communauté franco-ontarienne.

M. Bourgouin croit qu’il est impératif de mettre à jour la loi provinciale afin de munir la communauté franco-ontarienne des outils dont elle a besoin pour défendre ses acquis.

Un sentiment de nostalgie et de fierté était palpable à Gravelbourg les 2 et 3 novembre, alors que la cocathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption célébrait ses 100 ans.

Ce fut un grand succès», se réjouit Allan Bourgeois, membre du comité organisateur des célébrations. «Il y a eu du monde de partout dans la province et même hors de la province qui sont venus célébrer», ajoute celui qui est originaire de Gravelbourg et qui a grandi dans le village souvent surnommé «l’Europe des Prairies».

À une époque où les jeunes femmes tournent de plus en plus le dos aux stéréotypes de genre, les concours de personnalité, style pageant, ont-ils encore leur place? L’Acadie Nouvelle a voulu en parler avec des organisateurs, des bénévoles et bien entendu, des participantes.

Josiane Comeau, de Dieppe, est une habituée de la scène. L’étudiante au programme préparatoire aux sciences de la santé à l’Université de Moncton participe à des concours de chant depuis sa jeunesse. En 2016, elle a même participé à The Voice Kids France.

Il y a quelques semaines, la jeune femme âgée de 18 ans a ajouté un autre accomplissement à sa feuille de route impressionnante. Elle a remporté le titre de Miss Atlantic.

Les Éditions de la nouvelle plume s’exportent. Du 16 au 20 octobre, l’organisme était représenté à la Foire du livre de Francfort pour le lancement officiel de la version allemande de son ouvrage Hommage au bison. Le résultat d’une première vente internationale pour la maison d’édition qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

C’est la plus grande foire internationale dans le domaine du livre. Avec plus de 7000 exposants venus des quatre coins du monde et près de 300 000 visiteurs, Francfort a offert aux Éditions de la nouvelle plume (ÉNP) une magnifique vitrine. «C’était vraiment étourdissant», rapporte Martine Noël-Maw, auteure, traductrice du livre et représentante des ÉNP.

Arts et spectacles

Foi de cultivateur de Casselman, VACHES, the musical semble bien être la première comédie musicale Broadway franco-ontarienne d’envergure à être créée au nord de NYC!

«Ça doit faire dix ans qu’Olivier Nadon et moi, on parlait de monter une comédie musicale. Maintenant, ça y est, on commence les répétitions !» C’est Stéphane Guertin d’Improtéine, qui est tout feu tout flamme à l’idée que sa comédie musicale écrite avec son compère du quintette humoristique franco-ontarien verra le jour en avril 2020. Après les répétitions qui se déroulent dans la Cour des Arts à Ottawa, les premières représentations seront au LabO.

Très librement inspirée d’une histoire vraie, VACHES, the musical raconte comment Jean, un agriculteur, tente, en pleine crise du verglas (en 1998), de sauver d’une mort certaine des centaines de vaches malgré les obstacles : sa fille urbaine, le maire assoiffé d’argent et les soldats qui débarquent! À travers ce verglas qui glaçait le cœur de ses voisins fermiers, Stéphane Guertin raconte que le héros «s’était patenté une génératrice sur son tracteur». Pendant trois semaines, il a ainsi trait ses vaches et celles de ses voisins. Il le fallait, car une vache qui n’est pas traite risque de mourir à la suite de diverses infections.

Chaque printemps, lorsque la terre est dépouillée de sa couverture de neige et que le soleil réchauffe le sol, les agriculteurs canadiens s’activent aux champs. La machinerie préparée, ces derniers remplissent leurs semoirs avec la semence qu’ils ont soigneusement sélectionnée selon leurs besoins à travers une compagnie de semences certifiées sur le marché canadien.

Dans la ruée de la saison des semences, le long processus impliqué dans la mise en marché et l’accès de ces semences, qui sont essentiellement à la base de la société humaine, est souvent négligé. En effet, le sort de l’humanité tout entière repose sur le matériel génétique renfermé dans chacune de ces petites graines qui représentent des milliers d’années de sélection génétique naturelle ou plus récemment, d’ADN recombiné (ADNr).

Vous vous souvenez de L’homme qui plantait des arbres? Dans ce magnifique film d’animation de Frédéric Back, tiré du récit de l’écrivain français Jean Giono, un homme, Elzéard Bouffier, plante, dans une terre aride, des semences. Il les avait auparavant précieusement triées et gardées. Elles donneront des chênes. Un organisme canadien, Semences du patrimoine, a compris le message d’Elzéard.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le 20e siècle aura vu disparaitre environ 75 % des ressources phytogénétiques. Dans son document Produire plus avec moins, la FAO décrit ces ressources — c’est-à-dire la diversité des plantes cultivées et des plantes sauvages — comme jouant «un rôle central dans le développement de l’agriculture et de l’amélioration des aliments». Les gènes qui proviennent de variétés plus traditionnelles permettent d’avoir des plantes plus résistantes aux insectes par exemple.

Le 8 novembre, en Côte d’Ivoire, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a créé pour la première fois un évènement donnant toute la place au conte. Le temps d’une nuit, l’évènement Contes d’un soir a occupé des espaces gratuits à Abidjan, ainsi que dans quelques communes de la capitale.

Du coucher du soleil jusqu’à son lever, plus d’une quinzaine de conteurs de la Francophonie ainsi qu’une vingtaine d’artistes-conteurs ivoiriens ont palabré, mêlant danses, musiques, chants et gastronomie afin de valoriser et promouvoir «le vivre ensemble» comme le souhaite l’OIF. Un évènement qui peut amener aussi les francophones à se questionner sur leur intérêt pour le conte au 21e siècle.

Quels sont les parcours des Canadiens français en Amérique, et quelles incidences ceux-ci ont-ils sur la condition de la femme, des ménages et de la société canadienne-française? Marie-Ève Harton, sociologue spécialiste du mouvement migratoire des Canadiens français vers les États-Unis pendant la période industrielle au début du 20e siècle, les a suivis.

Francopresse : Vous vous intéressez à l’incidence des migrations vers les États-Unis entre le 19e et 20e siècle sur la condition des femmes canadiennes-françaises de l’époque. Arrivez-vous à tisser des liens entre la réalité de ces femmes et celles de notre époque?

M.-E. H. : On remarque qu’au début du 20e siècle, elles sont principalement en Nouvelle-Angleterre. Pourquoi en Nouvelle-Angleterre? Parce que c’est le bastion de l’industrialisation.

L’industrie du textile va employer beaucoup de femmes, donc il y aura une grande proportion de femmes célibataires ou mariées qui vont faire l’expérience du travail à l’extérieur de la maisonnée. En ce sens-là, c’est un tournant majeur : la proportion de femmes au travail est définitivement plus élevée. Quand on fait des analyses plus complexes, c’est un des facteurs qui a le plus d’influence sur les changements de comportements.

Si je peux faire le lien avec ce que l’on vit aujourd’hui, il y a vraiment tout un intérêt à remonter aussi loin qu’à la fin du 19e siècle même pour comprendre comment tout cela s’est instauré et évolué à long terme et la place des femmes sur le marché du travail aujourd’hui.

L’année 2020 marquera le tricentenaire de la fondation de la colonie de l’Ile-Saint-Jean par la France. Il s’agira donc du 300e anniversaire de l’arrivée des premiers Français et Acadiens à l’Ile-du-Prince-Édouard, donc du début de la colonisation de l’Ile. Un très grand nombre de Prince-Édouardiens descendent de ces premiers habitants. C’est pourquoi Georges Arsenault aimerait que le tricentenaire soit célébré par tous et partout dans l’Ile.

Depuis environ deux ans, alors que la communauté acadienne et francophone de l’Ile préparait le Congrès mondial acadien, Georges Arsenault s’assurait qu’on garde à l’esprit que l’année suivante, 2020, sera l’année où l’on marquera le 300e anniversaire de l’arrivée des premiers colons français et acadiens pour fonder la colonie qui allait devenir l’Ile-du-Prince-Édouard.

Lancée le 3 septembre dernier, la pièce faite d’argent pur à 99,99 % a été réalisée par Joel Kimmel et Susanna Blunt.

L’œuvre comporte de nombreuses feuilles d’érable, qui créent un effet de profondeur. La version bilingue de l’hymne national est gravée sur les contours de la pièce et les paroles des plus brillants exploits sont mises en évidence sur le devant de la pièce dans les deux langues officielles. On observe également l’inscription 50 ans Loi sur les langues officielles en anglais et en français, ainsi que les dates 1969 et 2019.

Rappelons que, bien que l’article 133 de la Constitution canadienne définit le français et l’anglais comme des langues législatives, c’est la Loi sur les langues officielles, adoptée le 7 septembre 1969, qui définit le Canada comme étant officiellement bilingue et qui crée le Commissariat aux langues officielles.

La première ministre Caroline Cochrane promet de diriger «le gouvernement le plus progressiste de l’histoire de TNO».

Élue première ministre par une majorité de députés le 24 octobre, Caroline Cochrane entend faire sa marque avec un style de gouvernance moins rigide et plus près des gens.

«Nous serons le gouvernement le plus progressiste de l’histoire des TNO», a-t-elle lancé en Chambre immédiatement après l’annonce de son élection dans un discours improvisé.

En point de presse, elle précise davantage ce qui constitue, à ses yeux, un gouvernement progressiste.

La période d’inscription au programme bilingue en sciences infirmières de la Cité universitaire francophone de Regina est ouverte. Alors qu’une 2e cohorte de sept élèves a fait sa rentrée cet automne, plusieurs s’inquiètent de l’examen national que les étudiants devront passer à la fin de leurs études. Dans le contexte actuel, l’existence même de programmes bilingues devient paradoxale.

Les inscriptions pour la 3e cohorte du Baccalauréat collaboratif en sciences infirmières de la Saskatchewan (SCBScN) sont ouvertes depuis le 1er octobre. À l’automne 2020, sept nouveaux étudiants rejoindront les rangs du programme. Au bout de leurs quatre ans d’études, ils devront passer le très redouté NCLEX (National Council Licensing Examination).

Directeur général de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, le sociologue Éric Forgues étudie l’organisation de la société acadienne et francophone. Notamment, il s’intéresse aux questions de gouvernance communautaire, particulièrement aux prises de décisions collectives. Francopresse a exploré avec lui quelques thématiques acadiennes, extrapolées vers une perspective nationale.

Francopresse : Dans les organismes de représentation des francophones et des Acadiens, au Canada minoritaire, comment prend-on les décisions collectives? Qui les prend, pour les francophones vivant en situation minoritaire?

Éric Forgues : Dans ce que l’on peut observer, il y a des citoyens qui participent aux décisions et qui, éventuellement, peuvent influencer la prise de décision. Mais il y a aussi des organismes qui se situent dans différents secteurs ou qui représentent des groupes comme les femmes, les jeunes, les immigrants, les ainés ou autres. Ces organismes se sont développés dans différents secteurs et sont venus avec le temps complexifier la gouvernance communautaire et ont un peu écarté le citoyen.


Francopresse : Vous évoquez une crise de légitimité de ces organismes. Comment se vit-elle, dans nos communautés?

É. F. : Je dirais qu’il y a une confusion entre une approche qui se fonde sur les intérêts sectoriels ou organisationnels et les intérêts exprimés par les citoyens. Quand on fait une consultation pour décider de l’avenir d’une communauté, les organismes ont des intérêts précis à défendre. Les décisions vont refléter ces intérêts plutôt que ceux des citoyens. Je me pose donc des questions sur la légitimité des décisions collectives. À quel point reflètent-elles les aspirations de la population?

En aout dernier, le gouvernement canadien annonçait qu’il octroyait 14,6 millions de dollars sur cinq ans pour le développement d’une nouvelle plateforme, TV5Monde Plus. Les maitres d’œuvre en seront TV5 Québec Canada en collaboration avec TV5 Monde. Reste à déterminer quelle place sera faite aux productions franco-canadiennes.

«Si on reste inactif devant les grands joueurs du web, les contenus francophones sont destinés à éventuellement se perdre et s’éparpiller dans cet immense océan de contenus. À mon avis, une plateforme telle que TV5Monde Plus pourrait devenir un joueur incontournable pour consommer et découvrir des contenus francophones.»

Les propos du producteur David Baeta de chez Machine Gum de Toronto vont tout droit dans le sens de l’objectif de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, afin soutenir financièrement le projet.

Lors du dévoilement de la somme consentie, la ministre Joly avait aussi mentionné que Sylvain Lafrance, ex-vice-président directeur des services français de Radio-Canada, devenait président du conseil d’administration de TV5Numérique, la nouvelle filiale de TV5 Québec Canada, créée dans le but d’assurer le développement de cette plateforme.

Pour le producteur franco-manitobain Louis Paquin, c’est en soi une bonne nouvelle que cette annonce. «On est optimiste quant à la possibilité de faire connaitre nos productions à l’international.» Du même souffle, cependant, le producteur exécutif des Productions Rivard se questionne sur le pourcentage qui sera réservé aux émissions produites à l’extérieur du Québec au sein de cette nouvelle plateforme. «Quand le gouvernement parle de productions francophones canadiennes, le terme “canadien”, que regroupe-t-il? Juste le Québec? Les communautés francophones hors Québec?»

Les aurores boréales sont surtout observables dans les latitudes nordiques : elles se forment dans les zones aurorales proches des pôles magnétiques. Le Nunavut est donc un lieu tout indiqué pour en observer.

Composées d’un mélange de molécules et de particules se déplaçant en haute atmosphère rencontrant le vent solaire, les aurores boréales sont visibles de la mi-aout à la mi-avril dans l’obscurité de la nuit sous un ciel dégagé.

Le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles ne fait pas couler juste de l’encre. Il sera aussi prétexte pour souligner, le 31 octobre, les multiples talents de ceux qui sont au moins nés en 1969!

«On était vraiment excités!» C’est la réaction de Delores Boudreau, la compositrice-interprète de la Nouvelle-Écosse et de ses deux autres collègues quand ils ont su qu’ils participeraient à la journée Célébrons le talent de nos 50 ans et plus, qui se déroulera à Ottawa, au Centre des Arts Shenkman. Avec Jeannot Chiasson et Gilles Larade, le trio présentera ses propres compositions ainsi qu’une chanson de Zachary Richard et une pièce traditionnelle du folklore acadien.

Delores Boudreau, qui a deux disques à son actif, lance sur un ton enjoué que le folk en Nouvelle-Écosse, et en particulier au Cap-Breton, «c’est toutes sortes d’affaires», autant du bluegrass que du country avec des chansons qui feront autant rire que pleurer.

Cette chance de faire connaitre leur matériel à l’extérieur de leur communauté, le trio la doit à la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) et à ses associations membres, qui ont choisi les participants à cette célébration des ainés, mais aussi de la francophonie minoritaire. Toutes les régions seront représentées. Il y avait eu une première édition en 2017, au moment de la célébration du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

Comment assurer que la Loi sur les langues officielles (LLO), qui a maintenant plus de 50 ans, offre une meilleure protection aux minorités? Le professeur titulaire de l’Université d’Ottawa, François Larocque, originaire de Sturgeon Falls, s’est inspiré de divers rapports publiés récemment pour formuler des recommandations en vue d’une nouvelle version de la Loi.

1- Devenir un pays officiellement bilingue

Puisque la constitution canadienne n’a pas encore été officiellement adoptée dans sa version française, il serait juste, selon M. Larocque, d’affirmer qu’elle n’a pas force de loi en français.

Plus de 9500 bambins francophones sont actuellement sur liste d’attente pour une place en garderie. Ces chiffres, révélés par le Réseau de développement économique et d’employabilité, s’accompagnent d’un autre fait marquant : il manque 2500 personnes francophones qualifiées pour combler les besoins, tout comme le nombre d’infrastructures se révèle bien insuffisant, laissant planer un véritable risque d’assimilation chez les plus jeunes.

Le constat est sans appel : il est de plus en plus difficile pour les familles d’obtenir une place en structure d’accueil francophone pour leurs jeunes enfants. Les chiffres, dévoilés mi-octobre, ont secoué l’ensemble de la filière de la petite enfance. À l’exception du Québec, la situation serait alarmante dans les communautés francophones et acadiennes de chaque province et territoire. À titre d’exemple : au Manitoba, 1156 foyers attendent une place dans une infrastructure francophone. Ils sont 115 en Saskatchewan ou encore presque de 200 en Colombie-Britannique, où tous les établissements affichent complets.

À Terre-Neuve-et-Labrador, la directrice du Centre de la petite enfance et famille Les p’tits cerfs-volants, un lieu de 45 places, constate : «Cela pose un vrai problème. Nous sommes continuellement au maximum de nos capacités, et il y a en permanence une liste d’attente. À l’inscription, les familles remplissent un formulaire et sont contactées en fonction des places qui se libèrent.»

À la tête de la Commission nationale des parents francophones, Jean-Luc Racine parle «de listes d’attente à n’en plus finir». «À Charleston, il y a 150 bambins en attente pour une garderie de 6 places!» Pire, dit-il : «Les familles inscrivent des enfants avant même qu’ils ne soient nés... Où choisissent une structure anglophone. Voilà le vrai danger.»

L’auteure-compositrice éemi, originaire de Moose Jaw, en Saskatchewan, a dernièrement remporté la première place au Chant’Ouest, grande compétition interprovinciale d’artistes francophones émergents dans l’Ouest canadien. Prochain arrêt : le prestigieux Festival international de la chanson de Granby, à tout juste 30 ans. Rencontre avec une artiste fransaskoise en pleine ascension.

Que t’inspire ta victoire récente?

Dans les compétitions, on veut toujours gagner. On se dit que ça va être correct si on ne gagne pas, mais c’est toujours stressant. On se prépare mentalement à ne pas gagner pour ne pas être déçu. Mais quand j’ai entendu mon nom, je me suis dit «Oh, really!?». C’était vraiment un soulagement.

Depuis la rentrée, le comité consultatif d’Unis TV compte quatre nouveaux membres : deux représentent l’Ontario, une l’Ouest et un l’Atlantique. Avec l’ajout de ces nouveaux membres, le comité consultatif a discuté de son rôle pour les prochaines années.

Casey Edmunds représente les communautés de l’Ouest au comité depuis trois ans. Quatre nouveaux membres ajoutent selon lui une nouvelle énergie au comité formé de huit personnes, mais l’incitent aussi à mieux définir son rôle. Lors de la première rencontre tenue en octobre à Moncton, «on était vraiment axés sur le rôle du comité pour les cinq prochaines années, rapporte Casey Edmunds. Comment est-ce que l’on peut être plus outillés, est-ce que l’on devrait jouer un rôle d’ambassadeur tout en maintenant le rôle consultatif et représenter les différentes communautés?»

Plus concrètement pour le directeur général des Jeux de la Francophonie canadienne 2020, une meilleure représentation des communautés francophones consisterait à mieux cerner les enjeux qui touchent la francophonie et par extension la programmation.

Par exemple un sujet comme l’éducation est très important au sein des communautés. Justement, parmi le quatuor de nouveaux membres, deux d’entre eux pourront apporter leurs connaissances dans le domaine de l’éducation : Jean-François l’Heureux, ancien conseiller scolaire et président du Conseil scolaire Viamonde en Ontario, et Éric Larocque, auparavant directeur général de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton.

Nouvelle représentante de l’Ouest, elle Carole Freynet-Gagné se dit quant à elle prête à mettre sa connaissance des communautés francophones ainsi que son réseau au profit d’Unis TV. «Je suis constamment en contact avec la francophonie de partout au Canada et dans les Amériques, alors l’idée c’est d’amener mon expérience et mes connaissances, mes liens et mes contacts à la table.»

Les décorations, les emballages des bonbons et même les costumes se retrouvent la plupart du temps dans notre bac de recyclage après l’Halloween.

Fête des morts et de l’épouvante pour les petits et les grands, l’Halloween peut aussi faire frémir ses participants plus écoresponsables. L’Aurore boréale présente quelques trucs et astuces pour passer une Halloween plus verte et éviter de faire le saut lorsque vient le temps de ramasser vos déchets!

Un des conseils les plus judicieux pour tenter de devenir plus écoresponsable est de s’y prendre à l’avance. «Beaucoup d’entre nous font leurs achats d’Halloween à la dernière minute», commente le coordonnateur du Programme Zero Waste Yukon, Ira Webb. «En prenant plus notre temps, on évite d’acheter des produits qui vont se retrouver à la poubelle après une seule utilisation», souligne-t-il.

Le taux de participation de ces 43es élections fédérales du Canada est d’environ 66 %. Il est moins élevé que celui des élections de 2015. Cependant, il reste bien supérieur aux taux des élections de 2011 et 2008. Données intéressantes : la Saskatchewan est la province avec le plus fort taux de participation et les Albertains se sont rendus nombreux aux urnes.

Avoir le droit de vote c’est bien, l’exercer c’est mieux. Pour Élections Canada, un des enjeux de ces 43es élections était de conserver un bon taux de participation. Ce dernier avait bondi entre les élections fédérales de 2011, à 61,1 %, et celles de 2015, à 68,3 %, le plus haut score enregistré ces 20 dernières années. Selon les estimations actuelles, le taux de participation cette année 2019 est de 65,95 %. Une baisse, certes, mais un score qui reste tout de même élevé.

L’un a 30 ans, l’autre 64. Simon Ouellette est responsable des communications pour le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Yvon Godin a été représentant syndical pour les Métallos et député pour le Nouveau Parti démocratique (NPD). Les deux voient les défis auxquels font face les mouvements sociaux. Ils gardent pourtant espoir.

Le syndicalisme n’est pas mort. Au contraire, le taux de syndicalisation parmi les employés du Nouveau-Brunswick était de 28 % en 2018. Cette proportion était à peu près la même en 1997, dans les années 1980 et 1970, selon le professeur émérite d’histoire à l’Université du Nouveau-Brunswick, David Frank. «Cela contredit le mythe selon lequel les syndicats déclinent ou disparaissent», commente-t-il.

Les livres pour enfant qui parlent des émotions abondent, mais il leur manque souvent une composante pour aider l’enfant à transposer cet apprentissage à la vie quotidienne. Une équipe de chercheuses et chercheur, dont Mélanie Perron de l’Université Laurentienne, ont lancé un livre basé sur la recherche scientifique dans le domaine le 18 octobre à Sudbury.

Avant Les émotions : comment mieux les expliquer, il y a eu recherche sur le développement émotionnel des enfants et l’apprentissage de la lecture. Une des constatations, c’est que les compétences émotionnelles sont un aspect important du développement de l’enfant, qui aident à l’adaptation sociale. «Par exemple, les enfants qui comprennent mieux les émotions s’adaptent plus facilement à l’école, communiquent mieux et coopèrent mieux avec les autres enfants, fonctionnent mieux en salle de classe», explique Mme Perron.