La ceinture fléchée franco-albertaine!
La ceinture fléchée franco-albertaine!

Tissée serrée : La ceinture fléchée, symbole officiel des francophones de l'Alberta

André Magny
André Magny
Francopresse
Francopresse. La communauté franco-albertaine s’est donné un nouveau symbole : la ceinture fléchée. Au-delà de la production de centaines de ceintures, c’est toute une communauté qui renforce sa fierté d’être francophone.

La communauté franco-albertaine s’est donné un nouveau symbole : la ceinture fléchée. Au-delà de la production de centaines de ceintures, c’est toute une communauté qui renforce sa fierté d’être francophone.


Marie-Laure Polydore est vice-présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Son association vient de reconnaitre la ceinture fléchée comme emblème des francophones de cette province de l’Ouest. La passion se met de la partie quand elle parle de cet accessoire vestimentaire associé aux cultures traditionnelles francophones et métisses de l’Amérique du Nord. « C’est une façon de se rappeler d’où on vient. C’est aussi un rappel aux ancêtres, qui ont beaucoup contrevenu à la loi. Ils savaient se tenir debout. »

La vice-présidente faisant ici référence au fil noir de la ceinture, symbolisant les luttes des Franco-Albertains pour la survie du français, lorsque celui-ci était interdit dans les écoles. Se retrouvent aussi dans la ceinture le bleu pour les cours d’eau albertains, le blanc pour les francophones et le rose pour souligner la rose sauvage de l’Alberta. La ceinture est également ornée d’un écusson du drapeau franco-albertain.

Il y avait déjà quelque temps que la ceinture fléchée franco-albertaine était sur les métiers à tisser. En fait, l’une des membres du conseil d’administration de l’ACFA, Suzanne de Courville Nicol, a piloté le dossier. Depuis 2017, elle milite afin que le projet aboutisse. « Comme l’ACFA ne peut pas tout faire », selon la Québécoise d’origine, celle-ci a créé en 2012 le Bureau de visibilité de Calgary. Celui-ci a comme mandat de mettre à l’avant-scène divers produits représentant la communauté, que ce soit en s’associant à des émissions de télé ou en passant des commandes pour la création de plusieurs centaines de ceintures fléchées.

 

Une exclusivité

L’annonce en février dernier de la ceinture fléchée comme objet patrimonial franco-albertain a évidemment fait grimper les ventes. Cinq-cents ceintures ont déjà été livrées et un autre lot de 500 est en voie de l’être. Des tuques peuvent aussi être commandées.

Mais sont-elles faites en Alberta? En raison d’une forte demande et pour garder un cout concurrentiel de production, elles sont produites au Québec. Mme de Courville Nicol refusera de dévoiler le nom de l’entreprise. « C’est une compagnie qui a au moins 25 ans d’existence. C’est une exclusivité pour nous. »

Celle qui semble travailler 30 heures par jour pour la francophonie albertaine fait une pierre deux coups avec les ceintures! Non seulement s’agit-il d’un objet de fierté, mais elles servent aussi à des collectes de fonds. Certains organismes comme le Conseil scolaire Centre-Nord les revendent avec un certain bénéfice après s’en être procuré au Bureau de visibilité de Calgary.

Des contacts avec les Métis ont aussi été faits pour la ceinture fléchée, celle-ci ayant été un trait d’union historique entre les coureurs des bois et les Autochtones de l’Ouest, en particulier à la fin du 18e siècle et au début du 19e. « Il faut être fier de notre patrimoine », de conclure Suzanne de Courville Nicol.