La campagne #ElleBouge présente en photographies 24 femmes franco-albertaines qui s’affirment, à leur manière, à travers le sport.
La campagne #ElleBouge présente en photographies 24 femmes franco-albertaines qui s’affirment, à leur manière, à travers le sport.

Une initiative pour réconcilier les femmes avec le sport en Alberta

Gratianne Daum
Gratianne Daum
FRANCOPRESSE – La Fédération du sport francophone de l’Alberta veut encourager les femmes à bouger. C’est par l’initiative #ElleBouge #SheMoves que l’organisme tente de sensibiliser les femmes à l’activité physique et à ses bienfaits. Le projet présente des portraits de femmes qui ont intégré le sport à leur routine en surmontant leurs craintes.

Selon une étude publiée au début 2020 par l’organisme Femmes et sport au Canada, seulement 18 % des Canadiennes d’âge adulte pratiquent un sport. L’étude révèle qu’un peu plus de la moitié (57 %) des filles canadiennes de 6 à 12 ans pratiquent un sport et qu’à partir de l’âge de 16 ans, cette proportion chute à 47 %.

La Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA) avait déjà connaissance du faible taux de participation des femmes dans le sport. De là est née la volonté d’augmenter ce chiffre et d’inciter les femmes à être plus actives physiquement.

La Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA) avait déjà connaissance du faible taux de participation des femmes dans le sport. De là est née la volonté d’augmenter ce chiffre.

Une pratique à l’image de leur identité

La campagne #ElleBouge présente en photographies 24 femmes franco-albertaines qui s’affirment, à leur manière, à travers le sport. Les participantes ont trouvé leurs propres façons de faire de l’activité physique autour de valeurs qui leur correspondent. Pour Alexandra, c’est «savoir voir à l’envers», pour Isabelle, c’est «s’affirmer», pour Loubna, c’est «émerger».

Valérie Gilbert, qui pratique la marche et le triathlon, avait conscience que peu de femmes pratiquaient le sport, mais n’avait jamais imaginé que c’était si bas. L’une des raisons, selon elle, est la difficulté de concilier travail et famille. «Comment trouver du temps en plus du travail et de la famille pour pratiquer l’activité physique ou le sport?», souligne-t-elle.

Cette dernière a joué un double rôle dans le projet. «Dès que Céline (Dumay, directrice générale de la FSFA) m’a parlé du projet, j’ai senti un engouement immédiat.» En plus d’être la photographe qui a suivi les participantes dans l’exercice de leur sport, elle s’est elle-même prêtée au jeu.

Plus d’un an après avoir accepté de joindre leurs voix à la promotion du sport, toutes les participantes de l’initiative #ElleBouge sont toujours actives.

«La campagne #ElleBouge m’a aidée à comprendre que je devais continuer à faire de l’activité une priorité dans ma vie, mais aussi de trouver le moyen d’intégrer cela à ma vie familiale. Par exemple faire de la course à pied pour me rendre au parc avec mon garçon dans la poussette.» Elle se dit heureuse «de pouvoir mettre en valeur les femmes pratiquant une activité physique ou sport».

Des participantes motivées

Sylvie Boisclair, qui s’adonne au yoga et aux arts du mouvement depuis plus de 40 ans, abonde dans le même sens que Valérie Gilbert. La conciliation travail-famille-sport est parfois difficile. «Les femmes sont déjà débordées. Elles n’ont plus le temps pour la mise en forme.»

Elle a souhaité participer à la campagne, dans l’espoir de pouvoir motiver d’autres femmes. «Je pense que je suis un bon exemple. J’ai aidé beaucoup de personnes à développer une discipline [par l’enseignement du yoga].»

Alizé Cook pratique l’escalade. Pour elle, la promotion de l’image des femmes dans le sport est très importante. Elle déplore que le sport soit «globalement moins valorisé pour les femmes – les sportifs professionnels encensés sont tous des hommes», précise-t-elle. «S’il y avait plus de modèles féminins et que le sport était plus considéré comme une affaire de femmes, les chiffres seraient plus importants.», ajoute-t-elle.

Valérie Gilbert confie avoir été surprise par l’engouement des participantes, des partenaires et du public. «Céline Dumay et moi avons débuté ce projet avec aucun fonds et c’est devenu bien plus gros qu’on ne l’avait imaginé! Tous les gens autour de nous étaient excités de faire partie de ce beau projet collectif.»

Plus d’un an après avoir accepté de joindre leurs voix à la promotion du sport, toutes les participantes de l’initiative #ElleBouge sont toujours actives, malgré les obstacles imposés par la COVID-19.