Pascale Marceau et Eva Cappozola.
Pascale Marceau et Eva Cappozola.

Alpinisme : un duo de femmes atteint un nouveau sommet

Philippe Mathieu
Le Voyageur
LE VOYAGEUR (Ontario) – Pascale Marceau, originaire de Sudbury, et la Britannocolombienne Eva Cappozola forment la première équipe entièrement féminine à atteindre le sommet du mont Lucania, la troisième plus haute montagne du Canada. Elles ont accompli l’exploit le 26 avril.

«C’était une expérience vraiment incroyable. Ça va être dur à battre», confie Pascale Marceau.

Le sommet du mont Lucania est à environ 5240 mètres d’altitude. La montagne est située au Yukon, à 65 km du mont Logan, la plus haute montagne du Canada.


« Le mont Lucania est souvent oublié à cause de son voisin. Le chemin n’est pas souvent parcouru. Pour moi, c’était vraiment attrayant. »
Pascale Marceau, alpiniste

Il s’agit du deuxième essai pour Pascale Marceau. Son premier devait être la première ascension au sommet de la montagne pendant l’hiver. Elle a tenté d’accomplir l’exploit en 2018 avec son partenaire d’escalade, Lonnie Dupres. En raison de problèmes techniques avec leur équipement dans le grand froid, ils ont dû faire demi-tour avant de souffrir d’hypothermie sévère.

Aller-retour, le voyage a duré 21 jours. Elles sont arrivées au sommet le 12e jour. «Le terrain change chaque jour. Ça débute en glacier, en ski, pour un bon trois jours. Ça sert comme bonne introduction. Ensuite, ça commence à être technique pour trois à quatre jours. Il a fallu utiliser tout notre équipement technique en mettant des vis dans les piquets de glace et de neige. C’était de la vraie grimpe», raconte-t-elle.

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Pascale Marceau durant une expédition en Alaska. Ces conditions étaient similaires à celles qu’elle et Eva Cappozol ont vécues sur le mont Lucania.

Néanmoins, décrit la grimpeuse, l’aventure et les paysages en valaient la peine. «C’est vraiment dans un beau coin du pays. J’adore l’hiver. C’est un paradis de glace et de neige», dit-elle.

Bien que ses nombreuses années de formation l’aient amenée à atteindre cet exploit, il n’a pas été facile à acquérir.

«En montagne, chaque mouvement, spécialement dans les sections techniques, tu perds le pied et c’est fini. Il ne faut pas faire la course. Il y a eu des journées où on n’était pas capable de beaucoup bouger puisqu’il y avait des tempêtes de vent», explique-t-elle.

Les alpinistes ouvrent des bouteilles de champagne après leur descente du mont Lucania.

La grimpeuse expérimentée attend toujours avec impatience ses nouvelles aventures. Elle ne sait pas ce qu’elle tentera ensuite.

Elle a quelques conseils à donner à tous ceux qui souhaitent se lancer sérieusement dans le camping d’arrière-pays et, éventuellement faire de longues expéditions : «Soyez prudent. C’est très addictif!», lance-t-elle en riant.