La pétition visant à interdire légalement la thérapie de conversion a été déposée à l’Assemblée législative au printemps 2019.
La pétition visant à interdire légalement la thérapie de conversion a été déposée à l’Assemblée législative au printemps 2019.

Victoire pour la communauté LGBTQ2S+

Maryne Dumaine
L’Aurore boréale
L'AURORE BORÉALE (Yukon) – Le Yukon a adopté le 9 novembre dernier la Loi sur la protection de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Désormais en vigueur, la loi interdit la thérapie de conversion au Yukon et marque l’engagement du gouvernement territorial à l’égard de l’inclusion des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles, allosexuelles, bispirituelles et plus (LGBTQ2S+) du Yukon.

Le Yukon est le premier territoire à interdire la thérapie de conversion. Ce concept, largement contesté au Yukon comme ailleurs au Canada ou dans le monde, consistait à fournir des «thérapies» visant à changer l’orientation sexuelle des personnes LGBTQ2S+ afin de les convertir à la norme hétérosexuelle. La Société canadienne de psychologie et l’Association des psychiatres du Canada, notamment, ont largement discrédité la thérapie de conversion.

La loi qui vient d’être adoptée a pour objet de protéger les mineurs (et les adultes pour lesquels il y a un décisionnaire adjoint ou pour lesquels un tuteur est nommé) de dommages occasionnés par une telle pratique. La Loi précise également que la thérapie de conversion ne peut être un service de santé couvert par une assurance privée. Le Yukon emboite ainsi le pas à trois autres provinces du Canada.

Une initiative de jeunes de la communauté

Il est difficile de savoir si ces thérapies étaient monnaie courante au territoire puisqu’elles se déroulaient de façon confidentielle et souvent dans des environnements privés. Mais de nombreuses personnes, en particulier des élèves d’écoles secondaires de Whitehorse, s’étaient insurgées contre le caractère toujours légal (jusqu’à maintenant) de ces pratiques.


« Rien ne protège les jeunes LGBTQ2S+ contre ce type de thérapie selon la loi canadienne actuelle. »
Mercedes Bacon-Traplin, militante pour les droits des jeunes LGBTQ2S+, sur les ondes de CBC North en 2019

Annie Pellicano, enseignante à l’école secondaire F. H. Collins et membre du groupe Gay-Straight Alliance (GSA) de cette école, ajoutait alors à l’époque que le risque, tant que cette pratique n’était pas criminalisée, était qu’elle pouvait ressurgir ou être repopularisée selon les mouvements politiques. Voilà un risque dorénavant mis de côté.

Une victoire pour toute la communauté yukonaise

«Une société plus inclusive profite à tous les Yukonais. Le fait d’interdire la thérapie de conversion au Yukon est un pas de plus dans notre cheminement visant à garantir que notre territoire soit inclusif et exempt de discrimination», a affirmé Jeanie McLean, ministre responsable de la Direction de la condition féminine du Yukon.

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