Claire Ness et Sofia Ashley, directrice du Centre des femmes Victoria Faulkner, ont animé une activité pour enfants au sujet du consentement lors du lancement de la campagne du mois de prévention des agressions sexuelles.
Claire Ness et Sofia Ashley, directrice du Centre des femmes Victoria Faulkner, ont animé une activité pour enfants au sujet du consentement lors du lancement de la campagne du mois de prévention des agressions sexuelles.

Tête, épaule, genou, orteil et… Consentement!

Laurie Trottier
L’Aurore boréale
L’AURORE BORÉALE (Yukon) – L’empathie, le respect et l’intégrité n’ont pas d’âge. Pour le Centre des femmes Victoria Faulkner et Les Essentielles, il en est de même pour la notion de consentement. Leur campagne annuelle conjointe, réalisée, en mai,  dans le cadre du Mois de la prévention des agressions sexuelles, a ciblé cette fois-ci l’éducation envers les plus jeunes de la communauté.

La réduction des violences sexuelles passe par une meilleure éducation : voilà le mot d’ordre lancé par Les Essentielles, le groupe qui représente les intérêts des femmes francophones du Yukon, et le Centre des femmes Victoria Faulkner, un organisme offrant des services de soutien, d’accompagnement et de défense des intérêts des femmes.

Les statistiques montrent que pour adresser ce phénomène, il reste encore du chemin à parcourir : environ 600 000 agressions sexuelles sont rapportées au Canada annuellement, et le taux au Yukon serait 3,5 fois plus élevé qu’ailleurs au pays. De ces abus, 60 % sont des victimes de moins de 17 ans et 41 % des personnes qui commettent les agressions ont moins de 25 ans.

«On peut tous et toutes faire quelque chose dans la prévention pour diminuer ces chiffres-là, pour diminuer tous ces pourcentages, en commençant par la façon dont on enseigne le consentement aux plus jeunes», a soutenu la présidente du groupe Les Essentielles Maryne Dumaine, lors du BBQ annuel de lancement du Mois de la prévention des agressions sexuelles, le 11 mai dernier.

Environ 200 personnes étaient de passage au parc Lepage pour écouter la prestation de Claire Ness et appuyer la campagne annuelle.

«L’enseignement des compétences en matière de consentement, de limites, de respect et d’empathie est l’un des meilleurs outils dont nous disposons pour prévenir les agressions sexuelles à tout âge», résume le communiqué de presse de la campagne.

L’éducation dès le plus jeune âge

Selon les deux organismes, il n’y a pas d’âge minimum pour inculquer les rudiments du consentement aux enfants.

«Tu peux commencer […] en mettant les vrais mots sur les parties du corps, ce qui est une grosse partie de la prévention», suggère la directrice générale du groupe Les Essentielles Emilie Dory.

Ainsi, lorsque la victime utilise les bons mots pour parler d’une situation, les adultes autour d’elle peuvent mieux la comprendre et intervenir. Marquer une pause lorsque l’enfant demande à ne plus être chatouillé.e, et s’assurer de son consentement avant de continuer à le faire constitue une autre méthode simple selon la directrice pour initier les jeunes au consentement libre et éclairé.

Le site EndViolenceYukon.com — dont certains des onglets sont offerts en français — se veut un outil de sensibilisation aux violences sexuelles, incluant une foule de conseils pour les témoins et de ressources sur le consentement pour les parents.

Demander la permission à son enfant avant de l’aider à se laver, ou encore de lui donner un câlin sont autant de premiers pas fondamentaux suggérés sur la page Web. Des ressources d’enseignements sont aussi proposées selon l’âge pour contribuer à «travailler le muscle de l’empathie».

L’affaire de toutes… et de tous

Le site comporte également de l’information sur le rôle que peuvent jouer les hommes cisgenres dans la lutte. Camille Lebeau, assistante de direction et de projets pour Les Essentielles, croit qu’il est important que les hommes sachent qu’ils peuvent incarner des alliés importants.

Selon elle, le travail des organismes demeure «d’impliquer tout le monde» et de briser la conception erronée que «les violences sexuelles ne concernent que les femmes».

C’est d’ailleurs l’essentiel du message qu’a voulu adresser Lily Crist, présidente de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), pendant le mois de mai : «La prévention et la sensibilisation des agressions sexuelles passent par toute la société. Tant que les femmes continueront d’être victimes, nous sommes toutes et tous concernés.»