Le JS Seaverns en 1883.
Le JS Seaverns en 1883.

Préserver l’histoire d’un vaisseau au fond des Grands Lacs

Éric Boutilier
Le Voyageur
LE VOYAGEUR (Ontario) – La Municipalité de Wawa pourrait avoir un site archéologique dans sa cour arrière. Des images d’une épave dans le lac Supérieur — le JS Seaverns — suscitent l’intérêt des historiens et des élus de cette communauté nord-ontarienne.

Le JS Seaverns était un navire de charge provenant des États-Unis qui a coulé en 1884, près de la communauté de Michipicoten. Le vaisseau d’une quarantaine de mètres de longueur aurait percuté un rocher en reculant d’un port situé dans cette région du grand lac. Il n’y a pas eu de perte de vies humaines, car l’incident a eu lieu dans les eaux tranquilles du port.

En 2016, deux plongeurs américains — Ken Merryman et Dan Fountain — ont repéré l’épave de ce vieux navire dans la baie Michipicoten. Sans dévoiler l’emplacement exact du vaisseau submergé, les deux explorateurs ont décidé de partager une série de photos et de vidéos avec la Ville.

Le comité du patrimoine de la Municipalité de Wawa veut protéger le site et préserver l’histoire du JS Seaverns.

Municipalité de Michipicoten dans le Nord de l'Ontario.

«Je suis entré en contact avec les chercheurs, car j’ai voulu voir s’il n’y avait pas un moyen de travailler ensemble pour ajouter l’histoire du navire à l’intérieur du récit de Wawa», raconte la présidente du comité du patrimoine, Johanna Rowe.

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«On veut protéger le site autant que possible, car le naufrage est spectaculaire. Même si d’autres personnes ne connaissent pas l’endroit exact [du JS Seaverns], l’épave se trouve à des profondeurs où la plongée est toujours possible. Ça pourrait susciter l’intérêt de ceux qui seraient plus intéressés à faire du pillage.»

Wawa : Le JS Seaverns était un navire de charge provenant des États-Unis qui a coulé en 1884, près de la communauté de Michipicoten.

La municipalité veut se servir des images pour développer une vitrine afin de raconter l’histoire de ce naufrage méconnu. Une exposition pourrait éventuellement voir le jour lorsque la pandémie sera terminée.

«Wawa est imprégnée dans plusieurs histoires et ce navire ne fait qu’ajouter une autre couche à celle de la communauté, affirme Johanna Rowe. Nous avons beaucoup d’histoire maritime dans la région, mais d’avoir un naufrage dans un état aussi parfait, c’est quelque chose qui rend Wawa unique dans le domaine du tourisme culturel.»

«Nous sommes dans un endroit que plusieurs migrants ont traversé. Il y a plusieurs histoires au niveau des Premières Nations, de la traite de fourrures, du groupe des sept et ainsi de suite. Ce sont des histoires uniques que l’on aimerait mettre en lumière, tout en protégeant le site.»