Selon Global News, c’est l’organisme Wolastoqey Nation in New Brunswick qui a demandé au gouvernement de changer le nom du fleuve.
Selon Global News, c’est l’organisme Wolastoqey Nation in New Brunswick qui a demandé au gouvernement de changer le nom du fleuve.

Nouveau-Brunswick : le fleuve Saint-Jean redeviendra-t-il le fleuve Wolastoq?

Alexandre Boudreau
Acadie Nouvelle
ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Des groupes autochtones ont officiellement demandé au gouvernement de redonner son ancien nom au fleuve Saint-Jean, soit le fleuve Wolastoq.

Des groupes en font la demande depuis déjà plusieurs années. Toutefois, la ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture, Tammy Scott-Wallace, a affirmé lors d’une réunion de comité de l’Assemblée législative que la province examinerait cette possibilité.

En plus du fleuve, cet examen portera sur les noms de lieux qui sont insensibles à la culture autochtone.

Elle a toutefois expliqué que le fleuve Saint-Jean est pancanadien, et que le changement aurait besoin d’être examiné par la Commission de toponymie du Canada et le gouvernement fédéral ainsi que le gouvernement du Québec.

Le gouvernement fédéral des États-Unis et celui de l’État du Maine devraient aussi être consultés.

Selon Global News, c’est l’organisme Wolastoqey Nation in New Brunswick qui a demandé au gouvernement de changer le nom du fleuve.

Erika Jutras, une porte-parole du ministère, a affirmé vendredi que le gouvernement a bel et bien reçu une demande visant à renommer le fleuve Saint-Jean le 26 mai.

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«Afin de s’assurer que ce projet de processus est représentatif de tous les Néobrunswickois, en particulier des Premières Nations et des autres communautés de descendants, une consultation avec les Premières Nations est prévue dans les prochaines semaines.»

Elle a expliqué que le gouvernement révise actuellement le processus d’évaluation de la dénomination et du changement de nom de sites géographiques, et qu’il évaluera par la suite la demande reçue.


« Une fois le processus d’évaluation mis à jour et adopté, l’évaluation des demandes peut être lancée. Jusqu’à ce moment, il serait inapproprié de fournir des commentaires sur des demandes individuelles, car cela pourrait nuire à leur évaluation »
Erika Jutras, une porte-parole du ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick appuie les peuples Wolastoqiyik dans leur demande.

Samuel de Champlain a donné ce nom au fleuve puisqu’il a atteint son embouchure le jour de la Saint-Jean-Baptiste, en 1604.

«Avec du recul, ce changement était complètement inutile et a contribué à effacer l’histoire et la présence des peuples autochtones sur le territoire», peut-on lire dans un communiqué publié par l’organisme mercredi.

Le président de l’organisme, Alexandre Cédric Doucet, affirme qu’il comprend «l’importance de voir sa langue et sa présence culturelle reflétées dans son environnement physique».


« Chez les francophones de la province, ceci s’est traduit par des revendications en matière d’affichage bilingue, de construction de monuments, etc. Quant à la demande de la Nation Wolastoqey, je pense que la communauté acadienne et francophone de la province a la responsabilité d’écouter, de reconnaitre ses torts historiques, de rebâtir les ponts, lorsque possible, et de devenir un partenaire et allié sincère avec les Premières Nations. »
Alexandre Cédric Doucet, président de La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick