Lorsque l’état d’urgence fait un pied de nez aux normes

En soins de longue durée, chaque établissement doit suivre des règles qui assurent le bienêtre des ainés. Cependant, avec la hausse de risques chez ces derniers, spécialement lorsque des cas de COVID-19 sont découverts dans de telles résidences, le protocole est parfois vite oublié.

«Puisque l’état d’urgence a été déclaré, les directives et règlements par rapport aux maisons de soins de longue durée ont été levés. Donc, dans un temps où les risques sont très élevés, les mesures gouvernementales ne sont plus là et ça, ça inquiète beaucoup de gens», raconte France Gélinas, députée néodémocrate de Nickel Belt et porte-parole de l’opposition en matière de soins de santé.

La situation décrite par Mme Gélinas s’est d’ailleurs produite dans une maison de soins de longue durée de la société Extendicare située au nord de l’Ontario. Au début du mois de mai, les personnes responsables des résidents, souvent l’enfant ou le/la conjoint.e, ont reçu un appel pour les informer que trois cas de COVID-19 y avaient été découverts. «Comme de raison, ç’a généré beaucoup d’anxiété chez les familles», souligne la fille de l’une des résidentes, qui a requis l’anonymat pour ne pas causer de tort à sa famille.

Une visioconférence «orchestrée»

En réponse à une demande de cette dernière, qui a dû être soumise au bureau corporatif d’Extendicare à Toronto, les familles des résidents ont eu droit à un appel en visioconférence le 14 mai dernier. Les résidents n’étaient pas présents, l’appel ayant eu lieu entre les employés du centre et les familles. Ce «privilège» n’a toutefois pas satisfait la demanderesse.

«C’était extrêmement frustrant. On ne pouvait pas voir qui étaient les autres participants et on ne pouvait pas voir les questions des autres. L’impression que ça m’a donnée, c’est que c’était un exercice de contrôle des dommages», admet-elle.

«C’était extrêmement orchestré. Toutes les réponses étaient préparées à l’avance. On voyait que l’équipe lisait des textes et qu’elle était nerveuse. Je les comprends et je ne mets pas la responsabilité sur l’équipe, mais je me questionne sur les mesures prises par la corporation Extendicare», expose-t-elle.

Passer par la porte arrière

La députée France Gélinas penche du même côté : «Extendicare, c’est l’une des trois grosses chaines de maisons de soins de longue durée privées en Ontario [avec Sienna Senior Living et Chartwell Retirement Residences]. Je te dirais que la stratégie de communication est la même dans toutes leurs maisons, parce qu’il y a des gens de différents foyers qui m’appellent et on se rend compte qu’ils reçoivent les mêmes courriels et les mêmes notes, peu importe dans quelle maison ils sont.»

Plusieurs citoyens ont fait appel à Mme Gélinas afin de déjouer le manque de communication d’Extendicare. «Dans toutes les maisons de soins de longue durée, il y a des médecins responsables des soins, mais elles doivent aussi embaucher des médecins consultants. Donc ce que je fais souvent, c’est que je trouve qui est le médecin consultant pour cette maison-là et je mets la personne en contact avec lui ou elle. Mais ce n’est pas comme ça que ça devrait être», indique France Gélinas, qui préfèrerait que les médecins responsables puissent s’adresser directement aux familles.

La députée néodémocrate de Nickel Belt et porte-parole de l’opposition en matière de soins de santé, France Gélinas.

Des communications inégales

Les maisons de soins de longue durée ont le devoir de répondre aux questions des personnes responsables des ainés. «Il y en a qui le font très bien, qui vont organiser des téléconférences et donner des mises à jour quotidiennes. Et il y en a d’autres où c’est pitoyable», déplore la députée.

Lianne Pelletier, fille d’un résident du Temiskaming Lodge, un foyer de soins longue durée de la compagnie Jarlette Health Services, rapporte qu’elle est satisfaite des mesures qui y sont mises en place.

«Il y a eu un cas de COVID-19 il y a quelques semaines et la personne est depuis guérie. Les employés du Lodge communiquent fréquemment avec ma mère par téléphone pour la tenir au courant de l’état des choses et de mon père. Certes, ils ne peuvent pas tout lui dire (par exemple l’identité ou le numéro de chambre de la personne infectée), pour des raisons de vie privée, j’imagine. Les travailleurs n’ont pas beaucoup de temps pour jaser avec elle, mais elle bénéficie quand même d’une communication directe avec le Lodge», dévoile Mme Pelletier.

Les parents de Lianne, Aimé et Diane Pelletier (2016).

Quels droits ont ces locataires?

Les places en foyers de soins longue durée peuvent couter très cher, allant parfois jusqu’à 3000 $ par mois. Mais cette somme impressionnante ne donne pas plus de droits aux locataires.

«C’est le gouvernement qui surveille les maisons de soins de longue durée et qui paye pour les soins. [Les résidents] ne tombent pas sous la Loi sur la protection des locataires. Ils tombent sous le ministère de la Santé, où il y a habituellement plus de 300 règlements à suivre. Mais parce que le gouvernement a déclaré l’état d’urgence, ces règlements-là ne sont plus applicables», explique la députée France Gélinas.

À ce relâchement s’ajoute la possibilité de recruter des bénévoles et d’annuler les formations. «Il y a des résidents qui ont des besoins très complexes et la raison pour laquelle ils sont dans une maison de soins de longue durée, c’est parce qu’ils nous disent que les services sont conçus et offerts par du monde formé», fait remarquer la fille de la résidente de la maison d’Extendicare.

La corporation Extendicare à Toronto a refusé la demande d’entrevue. En ce qui concerne le manque de communication décrié par les familles des résidents, elle répond par écrit : «La COVID-19 a augmenté le besoin de communication dans plusieurs maisons et les familles reçoivent des mises à jour par écrit deux fois par semaine. On fait aussi des tests pour des visioconférences hebdomadaires où les familles peuvent poser des questions.»

France Gélinas invite les citoyens à faire part de leurs préoccupations à leur député provincial ou à formuler une plainte au ministère de la Santé.

Racisme systémique

LE FRANCO (Alberta) – Le meurtre de Georges Floyd sous le genou d’un policier, ce 25 mai aux États-Unis a soulevé une vague d’indignation et de rassemblements à travers le monde. D’Edmonton à Calgary, où se sont tenues des manifestations, les personnes touchées par le racisme témoignent.
Un droit des commerçants?

FRANCOPRESSE – Le premier ministre de l'Ontario affirmait vendredi qu'il n'allait pas imposer le port du masque à la grandeur de la province. Doug Ford a tout de même affirmé le mois dernier que les commerçants avaient le droit de refuser des clients ne portant pas le masque, une pratique communément appelée no mask, no service. Les supermarchés T&T et Longos et le service de transport en commun d’Ottawa, OC Transpo, obligent leurs clients à porter le masque, tandis que la Commission de transport de Toronto (CTT) fera de même à compter du 2 juillet. Au Canada, un commerçant peut-il vraiment refuser l’entrée à un client qui ne porte pas le masque? La réponse est bien plus nébuleuse que ce qu’a lancé le premier ministre ontarien. Dans le cas de personnes ne pouvant pas porter le masque pour des raisons médicales, les cartes sont brouillées.
Statues

À la suite des manifestations antiracistes, plusieurs citoyens de Charlottetown appellent la Ville à enlever la statue de Sir John A. Macdonald, située à l’entrée de Victoria Row. Le conseil municipal doit trancher la question le 24 juin prochain. Déboulonner le bronze ou installer un panneau explicatif? Les avis sont partagés.
COVID alerte

L’Ontario sera la première province canadienne à tester une nouvelle application mobile de traçage des cas de COVID-19. L’application, qui sera provisoirement appelée COVID alerte, permettra d’aviser les personnes qui l’ont téléchargée s’ils ont croisé une personne ayant contracté le virus.
Pandémies

L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Fermeture des lieux publics, rassemblements interdits, quarantaine, port du masque… Ces mesures ne sont pas nouvelles pour la Saskatchewan qui a connu la grippe espagnole un siècle plus tôt, perdant quelque 5 000 habitants entre 1918 et 1920. Si la médecine n’était pas aussi avancée à l’époque, les stratégies mises en place pour endiguer la maladie ont inspiré les politiques sanitaires actuelles contre la COVID-19. Retour sur la pandémie la plus meurtrière du 20e siècle.
Racisme systémique

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Les disparitions de Rodney Levi et de Chantel Moore, tombés sous les balles de policiers, ont profondément secoué les membres des communautés autochtones à travers la province. Plusieurs souhaitent que ces deux tragédies soient le commencement d’un dialogue sur la question du racisme dont ils se disent victimes.
Grand Subdury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Si une reprise économique est nécessaire après la pandémie pour éviter l’écroulement de la société, elle doit se faire en développant parallèlement une économie plus verte et durable. C’est l’un des constats que l’on peut retenir d’une conférence en français présentée sur la page Facebook de Science Nord, avec des professeurs de l’Université Laurentienne, le 3 juin.
Linguistique

FRANCOPRESSE – Féminisation des titres, rédaction épicène, formulation neutre, grammaire non sexiste, écriture inclusive : ces différents courants, tendances ou propositions d’écriture ou de discours verbal visent à réduire ou éliminer de la langue française la discrimination des femmes, des personnes non binaires et d’autres membres de la société, en particulier dans les documents ou les déclarations publiques.
Emploi

LE DROIT (Ontario) – Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.
Souveraineté alimentaire

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Bien qu’il ne soit peut-être pas conseillé de traverser les frontières en ce moment, des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité entrent malgré tout dans la province. Ainsi, certaines personnes craignent que le virus puisse arriver dans la province et commencent à se demander d’où vient leur nourriture. Alors que le virus oblige Terre-Neuve-et-Labrador à réfléchir davantage aux origines de ce que la province mange, que fait-on, au juste, pour assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire de la province?
Justice

FRANCOPRESSE – Comme les autres composantes de la société, les tribunaux doivent s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la COVID-19. Déjà, la Cour fédérale entrevoit que certains changements seront adoptés de façon permanente. Le 22 mai dernier, la juge en chef adjointe de la Cour fédérale, Jocelyne Gagné, a présidé un webinaire intitulé La pandémie : accélération du virage technologique de la Cour afin de discuter des transformations en cours au sein de l’institution.
Santé mentale

FRANCOPRESSE – Que l’on pense aux étudiants et aux professeurs qui ont dû s’adapter aux cours virtuels, aux entrepreneurs qui ont dû fermer leur entreprise pendant deux mois, aux employés qui ont dû demander la prestation d’urgence du gouvernement fédéral ou aux travailleurs de première ligne qui doivent soigner les malades, la pandémie est devenue source de stress pour bien des Canadiennes et des Canadiens. Selon certains experts, la santé mentale pourrait elle aussi faire les frais de la pandémie, entrainant dépression, anxiété et stress posttraumatique. Cette vague a peut-être même déjà commencé.
Éthique

FRANCOPRESSE – Lorsqu’on écrira l’histoire de la pandémie de COVID-19 au Canada, la plupart des chapitres se dérouleront dans les établissements de soins de longue durée. Au début mai, l’Institut national sur le vieillissement de l’Université Ryerson de Toronto estimait que 82 % des quelque 6 000 décès reliés à la COVID-19 au Canada sont survenus dans ces établissements. La quasi-totalité des victimes sont des résidents alors que seulement quelques membres du personnel en sont morts.
Thanatologues

Entre le 15 janvier et le 19 mai, l’Ontario a enregistré 22 384 cas de COVID-19, dont 1919 décès. Comment les entrepreneurs en pompes funèbres ou les thanatologues tirent-ils leur épingle du jeu en ces temps de pandémie? Des experts de l’Est, du Sud et du Nord de la province témoignent.
Portrait d'entrepreneure

Présidente fondatrice de MécenESS, fondatrice de l’Institut social et d’Entreprise collective, ex-directrice générale du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) : depuis 40 ans, Ethel Côté a fait de l’entrepreneuriat social son cheval de bataille, en toute solidarité avec la francophonie ontarienne.
LGBTQ+

Peu importe le genre, les facteurs de risque face à la COVID-19 sont à peu près les mêmes, mais l’orientation sexuelle peut rendre la situation plus problématique. Certains facteurs médicaux, sociaux et économiques touchent davantage les membres de la communauté LGBTQ+.
Théories du complot

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Au moins un Canadien sur dix croit être l’objet d’un complot à propos de la COVID-19, selon les résultats préliminaires d’une étude menée auprès de 600 personnes par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Québec. Comment raisonner votre parent complotiste? C’est presque impossible.
Agriculture

Les agriculteurs exercent un métier essentiel et, en pleine pandémie, leur labeur sera plus que jamais mis à contribution pour nourrir la population, aussi bien près de chez eux qu’à l’autre bout de la planète. Les producteurs saskatchewanais ne manqueront pas à l’appel et le branlebas de combat des semis printaniers a déjà pris son envol.
COVID-19

FRANCOPRESSE – La mort peut paraitre une épreuve insurmontable, surtout lorsqu’elle touche un être cher. Serait-ce encore plus vrai en temps de pandémie? D’est en ouest du Canada, les rites funéraires ont dû être adaptés pour respecter les nouvelles règles de quarantaine et de distanciation sociale qui font aujourd’hui partie du quotidien.
Provinces et territoires

FRANCOPRESSE – Malgré qu’ils aient été frappés par la pandémie de la COVID-19 à différents moments au cours de l’hiver, plusieurs pays, provinces, territoires et États semblent s’être concertés pour entamer à peu près en même temps le «déconfinement», ce néologisme qui s’est propagé dans l’espace francophone aussi vite que la maladie.
Histoire

FRANCOPRESSE – Imaginez avoir un rêve et l’audace nécessaire pour le réaliser, mais pas les moyens financiers. Les autorités qui pourraient le rendre possible refusent de vous aider. Puis, le pays ennemi vous donne toute la latitude souhaitée pour réaliser ce rêve. Et que votre rêve vous survive, et vive même encore 350 ans plus tard!
Territoires

Les résidents des territoires, déjà éprouvés par la crise de la COVID-19, voient la difficulté d’accéder à Internet s’ajouter au poids qui pèse sur leurs épaules. Non seulement les connexions disponibles sont de faible qualité, mais elles coûtent aussi très cher.
Immigration

L’EXPRESS (Toronto) – L’histoire du Canada est intimement liée aux flux migratoires. Les seuls «non-immigrants» sont les descendants des Premières Nations. La première d’une série de conférences sur l’immigration a d’ailleurs eu lieu à Ottawa en 1871, soit seulement quatre ans après la naissance du pays.
Métiers

L'AURORE BORÉALE (Yukon) – La métamorphose du travail se manifeste sous plusieurs angles. Certains travaillent de la maison, d’autres en contact direct avec la communauté. Pour tout le monde, la réalité a été modifiée, mais qu’en est-il de ces personnes qui travaillent dans des emplois désignés essentiels?
Imaginaire

Le Nord, l’Arctique, l’espace blanc: autant de termes qui nourrissent des fantasmes. Décrire cette zone souvent méconnue est complexe. Longtemps abordé sous un angle colonial, au détriment des cultures natives, le Nord a souffert au fil des années d’une description incomplète. Portrait d’un espace bien souvent mal interprété.
Sudbury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Plusieurs étudiants étrangers sont en quelque sorte coincés sur les campus depuis le début de la pandémie. Soit qu’ils ou elles n’ont pas eu l’occasion de rentrer chez eux, soit que ce n’était pas avantageux de le faire. Comme le reste de la population, chacun le vit différemment, mais leur situation entraine des défis bien particuliers. Le Voyageur en a discuté avec des étudiants étrangers qui vivent la pandémie à Sudbury, dans le Nord de l’Ontario.