Les rites funéraires apportent du réconfort et de l’apaisement aux personnes endeuillées.
Les rites funéraires apportent du réconfort et de l’apaisement aux personnes endeuillées.

Les rites funéraires s’adaptent partout au Canada

FRANCOPRESSE – La mort peut paraitre une épreuve insurmontable, surtout lorsqu’elle touche un être cher. Serait-ce encore plus vrai en temps de pandémie? D’est en ouest du Canada, les rites funéraires ont dû être adaptés pour respecter les nouvelles règles de quarantaine et de distanciation sociale qui font aujourd’hui partie du quotidien.

En date du 6 mai 2020, le Canada comptait 62 458 cas confirmés de coronavirus, dont 33 417 au Québec, province la plus touchée du pays. «Les funérailles sont toutes reportées», indique d’emblée Maryse Dubé, responsable des rituels funéraires au sein de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ).

Comme les rassemblements sont désormais interdits, la solution proposée aux familles endeuillées est une cérémonie diffusée sur internet. «La cérémonie est virtuelle, car on n’a pas le choix, mais ce n’est pas l’idéal», convient Mme Dubé.

Cérémonies plus courtes pour les communautés juives de Toronto

En Ontario, où 18 722 cas de COVID-19 étaient confirmés en date du 6 mai, le cimetière juif Toronto Hebrew Memorial Parks (THMP) a mis en place un protocole afin de respecter les règles dictées par le gouvernement de l’Ontario.

Depuis le 26 avril 2020, le cimetière est fermé au public, à l’exception des enterrements. Lorsqu’il y a un enterrement, les employés du service funéraire doivent créer un espace de deux mètres entre la tombe et la famille, ainsi qu’entre chaque membre de cette famille. Le rituel funéraire juif implique que la famille jette de la terre sur le cercueil avec des pelles ; en cette période de restriction, seules deux pelles sont fournies.

Dès que le dessus du cercueil est couvert de terre, tous les membres de l’assistance, qui doivent obligatoirement porter des gants jetables, sont invités à retourner dans leurs voitures. Le rituel est donc raccourci à moins de 30 minutes et ce sont les employés du cimetière qui se chargent de terminer l’enterrement.

Enfin, «afin d’atténuer le risque de propagation, nous ne fournirons pas de tasse de lavage ni d’eau à nos stations de lavage des mains extérieures dans les cimetières. Les visiteurs devront apporter leur propre eau pour le lavage rituel des mains après leurs visites», peut-on lire sur le protocole (en anglais seulement) du THMP, qui est aussi appliqué dans les trois autres cimetières juifs de la ville.

Photo du cimetière juif de Krugerdorf au nord de l'Ontario. 

Vulnérabilité accrue dans les communautés musulmanes de l’Ouest

Le 22 mars dernier, l’Association médicale musulmane du Canada (AMMC) et le Conseil canadien des imams (CCI) ont publié un document (en anglais seulement) concernant la tenue des enterrements. Dans une mise à jour datant du 5 avril, il est indiqué que «la mise en linceul est une obligation relative à la personne décédée. Si cela ne peut avoir lieu selon les préceptes de la Sunna, la personne peut être enterrée vêtue de la blouse d’hôpital qu’elle porte déjà».

Ce document stipule également les restrictions en termes de distanciation sociale et précise que «la prière de la janaza [prière funéraire] pourrait avoir lieu en présence d’un nombre minimal de personnes».

En Alberta, la mosquée Al Rashid à Edmonton fait la distinction, dans son nouveau protocole funéraire, entre les funérailles liées au coronavirus et les autres. Si la personne est décédée de la COVID-19, aucun membre de la famille n’est autorisé à assister à la cérémonie dans la mosquée. Cependant, les règles de distanciation sociale sont maintenues au cimetière et un groupe de 15 personnes au maximum peut participer au rituel en se tenant à deux mètres les uns des autres.

Salwa Kadri, employée au service funéraire de la mosquée, indique que les familles ont toutes été coopératives, mais que la peur engendrée par cette nouvelle situation les rend plus vulnérables. Deux enterrements de personnes décédées de la COVID-19 ont eu lieu dans cette mosquée depuis que le gouvernement de l’Alberta a déclaré l’état d’urgence sanitaire publique, le 17 mars dernier.

«Nous apportons des changements constants à notre protocole en fonction des directives de l’Agence de la santé publique du Canada. Chaque jour est un nouveau défi et la sécurité publique est notre priorité», conclut Mme Kadri.

La mosquée Al Rachid à Edmonton. 

Des outils pour vivre son deuil

Pour faire face à l’urgence, la FCFQ a élaboré un fascicule de quatre pages proposant des rituels à faire chez soi pour apprivoiser le deuil en cette période difficile. L’outil suggère notamment d’aménager un espace dans son logement pour le recueillement : «On peut mettre une chandelle, une plante ou une photo ; cet espace montre au défunt que sa famille pense à lui et qu’il n’est pas tombé dans le néant», suggère Maryse Dubé.

L’équipe des Formations Monbourquette sur le deuil a également mis au point le Guide pour les personnes endeuillées en temps de pandémie, diffusé auprès des familles des défunts afin de les aider à vivre leur deuil malgré tout.

Si les familles choisissent la crémation plutôt que l’inhumation, les maisons funéraires qui procèdent à la cérémonie filmée conservent les urnes funéraires pour les remettre éventuellement aux familles. Lorsque les rassemblements seront à nouveau autorisés, de nombreuses funérailles devront être organisées, prévoit Maryse Dubé. Les familles pourront récupérer les cendres, mais aussi choisir de procéder à une cérémonie funéraire en présence de la famille et des amis du défunt.

Maryse Dubé envisage déjà des mesures pour pallier l’augmentation envisagée du nombre de cérémonies : «L’une des solutions va probablement être d’organiser des funérailles sept jours sur sept», alors auparavant les rites funéraires avaient lieu uniquement les fins de semaine pour accommoder les emplois du temps des membres de la famille.

Finalement, pour aider certaines personnes qui pourraient se sentir seules et démunies face au deuil, la FCFQ s’est associée avec la Maison des Petits Tournesols. Cet organisme communautaire basé à Montréal propose un soutien téléphonique gratuit aux personnes endeuillées, quel que soit leur âge.

Foyers de soins longue durée

En soins de longue durée, chaque établissement doit suivre des règles qui assurent le bienêtre des ainés. Cependant, avec la hausse de risques chez ces derniers, spécialement lorsque des cas de COVID-19 sont découverts dans de telles résidences, le protocole est parfois vite oublié.
Emploi

LE DROIT (Ontario) – Le télétravail dans la fonction publique fédérale est là pour de bon. Il aura fallu une pandémie mondiale pour provoquer ce que de nombreux employés réclamaient depuis une décennie. Enfin, diront plusieurs, il est possible de travailler à la maison et d’éviter les interminables bouchons de circulation sur les autoroutes de la capitale du Canada.
Souveraineté alimentaire

LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Bien qu’il ne soit peut-être pas conseillé de traverser les frontières en ce moment, des denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité entrent malgré tout dans la province. Ainsi, certaines personnes craignent que le virus puisse arriver dans la province et commencent à se demander d’où vient leur nourriture. Alors que le virus oblige Terre-Neuve-et-Labrador à réfléchir davantage aux origines de ce que la province mange, que fait-on, au juste, pour assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire de la province?
Justice

FRANCOPRESSE – Comme les autres composantes de la société, les tribunaux doivent s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la COVID-19. Déjà, la Cour fédérale entrevoit que certains changements seront adoptés de façon permanente. Le 22 mai dernier, la juge en chef adjointe de la Cour fédérale, Jocelyne Gagné, a présidé un webinaire intitulé La pandémie : accélération du virage technologique de la Cour afin de discuter des transformations en cours au sein de l’institution.
Santé mentale

FRANCOPRESSE – Que l’on pense aux étudiants et aux professeurs qui ont dû s’adapter aux cours virtuels, aux entrepreneurs qui ont dû fermer leur entreprise pendant deux mois, aux employés qui ont dû demander la prestation d’urgence du gouvernement fédéral ou aux travailleurs de première ligne qui doivent soigner les malades, la pandémie est devenue source de stress pour bien des Canadiennes et des Canadiens. Selon certains experts, la santé mentale pourrait elle aussi faire les frais de la pandémie, entrainant dépression, anxiété et stress posttraumatique. Cette vague a peut-être même déjà commencé.
Éthique

FRANCOPRESSE – Lorsqu’on écrira l’histoire de la pandémie de COVID-19 au Canada, la plupart des chapitres se dérouleront dans les établissements de soins de longue durée. Au début mai, l’Institut national sur le vieillissement de l’Université Ryerson de Toronto estimait que 82 % des quelque 6 000 décès reliés à la COVID-19 au Canada sont survenus dans ces établissements. La quasi-totalité des victimes sont des résidents alors que seulement quelques membres du personnel en sont morts.
Thanatologues

Entre le 15 janvier et le 19 mai, l’Ontario a enregistré 22 384 cas de COVID-19, dont 1919 décès. Comment les entrepreneurs en pompes funèbres ou les thanatologues tirent-ils leur épingle du jeu en ces temps de pandémie? Des experts de l’Est, du Sud et du Nord de la province témoignent.
Portrait d'entrepreneure

Présidente fondatrice de MécenESS, fondatrice de l’Institut social et d’Entreprise collective, ex-directrice générale du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) : depuis 40 ans, Ethel Côté a fait de l’entrepreneuriat social son cheval de bataille, en toute solidarité avec la francophonie ontarienne.
LGBTQ+

Peu importe le genre, les facteurs de risque face à la COVID-19 sont à peu près les mêmes, mais l’orientation sexuelle peut rendre la situation plus problématique. Certains facteurs médicaux, sociaux et économiques touchent davantage les membres de la communauté LGBTQ+.
Théories du complot

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Au moins un Canadien sur dix croit être l’objet d’un complot à propos de la COVID-19, selon les résultats préliminaires d’une étude menée auprès de 600 personnes par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Québec. Comment raisonner votre parent complotiste? C’est presque impossible.
Agriculture

Les agriculteurs exercent un métier essentiel et, en pleine pandémie, leur labeur sera plus que jamais mis à contribution pour nourrir la population, aussi bien près de chez eux qu’à l’autre bout de la planète. Les producteurs saskatchewanais ne manqueront pas à l’appel et le branlebas de combat des semis printaniers a déjà pris son envol.
Provinces et territoires

FRANCOPRESSE – Malgré qu’ils aient été frappés par la pandémie de la COVID-19 à différents moments au cours de l’hiver, plusieurs pays, provinces, territoires et États semblent s’être concertés pour entamer à peu près en même temps le «déconfinement», ce néologisme qui s’est propagé dans l’espace francophone aussi vite que la maladie.
Histoire

FRANCOPRESSE – Imaginez avoir un rêve et l’audace nécessaire pour le réaliser, mais pas les moyens financiers. Les autorités qui pourraient le rendre possible refusent de vous aider. Puis, le pays ennemi vous donne toute la latitude souhaitée pour réaliser ce rêve. Et que votre rêve vous survive, et vive même encore 350 ans plus tard!
Territoires

Les résidents des territoires, déjà éprouvés par la crise de la COVID-19, voient la difficulté d’accéder à Internet s’ajouter au poids qui pèse sur leurs épaules. Non seulement les connexions disponibles sont de faible qualité, mais elles coûtent aussi très cher.
Immigration

L’EXPRESS (Toronto) – L’histoire du Canada est intimement liée aux flux migratoires. Les seuls «non-immigrants» sont les descendants des Premières Nations. La première d’une série de conférences sur l’immigration a d’ailleurs eu lieu à Ottawa en 1871, soit seulement quatre ans après la naissance du pays.
Métiers

L'AURORE BORÉALE (Yukon) – La métamorphose du travail se manifeste sous plusieurs angles. Certains travaillent de la maison, d’autres en contact direct avec la communauté. Pour tout le monde, la réalité a été modifiée, mais qu’en est-il de ces personnes qui travaillent dans des emplois désignés essentiels?
Imaginaire

Le Nord, l’Arctique, l’espace blanc: autant de termes qui nourrissent des fantasmes. Décrire cette zone souvent méconnue est complexe. Longtemps abordé sous un angle colonial, au détriment des cultures natives, le Nord a souffert au fil des années d’une description incomplète. Portrait d’un espace bien souvent mal interprété.
Sudbury

LE VOYAGEUR (Sudbury) – Plusieurs étudiants étrangers sont en quelque sorte coincés sur les campus depuis le début de la pandémie. Soit qu’ils ou elles n’ont pas eu l’occasion de rentrer chez eux, soit que ce n’était pas avantageux de le faire. Comme le reste de la population, chacun le vit différemment, mais leur situation entraine des défis bien particuliers. Le Voyageur en a discuté avec des étudiants étrangers qui vivent la pandémie à Sudbury, dans le Nord de l’Ontario.
Agriculture

AGRICOM (Ontario) – L’arrivée des travailleurs étrangers temporaires suscite beaucoup de questions depuis les dernières semaines, avec les mesures de confinement mises en place pour tout Canadien revenant de l’étranger. Le premier ministre, Justin Trudeau, a assuré aux producteurs et commerçants qu’il ne devrait pas y avoir de problème si les travailleurs effectuaient une quarantaine obligatoire de 14 jours à leur arrivée au pays.

Plusieurs communautés dans les Territoires du Nord-Ouest s’inquiètent de l’impact du réchauffement climatique sur leurs cimetières.
Pâques

FRANCOPRESSE – Historiquement religieuse, la fête de Pâques est aujourd’hui dominée en grande partie par son aspect commercial. Le chocolat a pris le dessus sur le jeûne du Vendredi saint et la messe dominicale, mais le congé pascal n’a pas forcément perdu toute sa symbolique. Martin Meunier, professeur de sociologie des religions à l’Université d’Ottawa, répond aux questions de Francopresse.
Alimentation

FRANCOPRESSE – Quels seront les effets à moyen et long terme de la crise de la COVID-19 sur les prix des aliments? Même les experts ont de la difficulté à répondre avec précision à cette question, tellement il y a d’éléments qui entrent en jeu : prix du pétrole, hausse des frais d’exploitation et des salaires dans les épiceries, restrictions de mouvement aux frontières, etc. Ils ont quand même accepté de jouer le jeu.
Impacts genrés

FRANCOPRESSE – Alors que la crise de la COVID-19 fait la Une de tous les médias, que les secteurs scientifiques et politiques luttent ensemble pour trouver les moyens d’en sortir, une réalité se laisse facilement oublier : les conséquences sociales de la pandémie touchent plus durement les femmes, dénoncent plusieurs expertes.
Médias

FRANCOPRESSE – La pandémie de la COVID-19 a entrainé une baisse substantielle et soudaine des revenus publicitaires des journaux et des radios communautaires francophones au Canada, au point de mettre en péril la situation financière de plusieurs médias.
COVID-19

Pour les parents d’enfants autistes de l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), l’école à la maison est loin d’être une solution en période de confinement. Entre le manque de ressources pédagogiques et l’angoisse exacerbée des enfants, les familles tentent de relever le défi.
COVID-19

ÉDITION ANDRÉ PAQUETTE (Est ontarien) – Crise de COVID-19 ou non, les banques alimentaires de Prescott-Russell continuent leur travail, mais elles s’attendent à une augmentation de la demande dans les semaines à venir.
Ontario

La question des abattoirs irrite plus d’un fermier dans le Nord-Est de l’Ontario. Ils ne peuvent pas vendre leur viande dans les épiceries à grande surface ou les chaines d’alimentation rapide, car ces entreprises n’achètent que de la viande d’abattoirs inspectés par le fédéral, peu nombreux et éloignés. La viande d’animaux provenant d’abattoirs inspectés par la province, comme c’est le cas dans le Nord-Est, peut être distribuée uniquement en Ontario et seulement dans les épiceries indépendantes, les restaurants familiaux.